Dr Ali KILIC

Paris le 30-12-2007

 

Benazir Bhutto est tombée martyr

 

 

Benazir Bhutto, le 26 décembre 2007 à Peshawar ...

 

Benazir Bhutto ,Présidente du Parti du Peuple Pakistanais (PPP) est tombée martyr..Elle a été remplacée par son fils à lâge de 19 ans. Son Parti principal mouvement de l'opposition, accuse le pouvoir du dictateur  Pervez Musharraf de l'avoir "tuée" en lui refusant une sécurité appropriée alors qu'elle faisait l'objet de menaces "précises". Elle avait été la cible, le 18 octobre, d'un double attentat suicide à Karachi, le plus meurtrier de l'histoire du pays, avec 139 morts. Certaines artères, essentiellement à Karachi, mégalopole de 12 millions d'habitants et fief du parti de Benazir Bhutto, portaient des traces des violences entre émeutiers et forces de sécurité qui ont reçu l'ordre vendredi de "tirer à vue", selon un journaliste de l'AFP.au moins 38 personnes ont péri dans ces combats de rue depuis la mort de l'ex-leader de l'opposition, dont 24 dans la province méridionale du Sind.Quelque 16.000 soldats des troupes paramilitaires y ont été déployés dont 10.000 pour la seule Karachi, la capitale provinciale. Une nouvelle manifestation a éclaté samedi à Lahore, la grande ville du nord-est, où 10.000 personnes ont scandé des slogans anti-gouvernement et prié pour l'ancienne Premier ministre.

 

Née le 21 juin 1953 à Karaçi fille de  Begum Nusret Bhutto  d’origine kurde et Zulfikar Ali Bhutto/ En effet,Benazir Bhutto était une politicienne née, tout comme l'était avant elle son père, Zulfiqar Ali Bhutto, le tout premier premier ministre élu démocratiquement au Pakistan, et son grand-père Shaw Nawaz Khan, fondateur du premier parti politique du Sind avant la naissance du Pakistan, en 1947, et premier ministre de l'État de Junagadh avant la Partition.

 Benazir avec sa maman, Begum Nusret Xanum.

Tôt, son père cerne les capacités de Benazir pour se lancer dans la politique. Tranquillement, il la prépare à ce rôle. Il l'envoie étudier dans les universités étrangères les plus réputées: Harvard aux États-Unis et Oxford à Londres. Il lui conseille aussi de lire des biographies d'hommes d'État célèbres, comme Napoléon, Lincoln et d'autres.

 

En 1979, après l'exécution de son père, condamné à mort par le général Zia, au lieu de se retirer de la vie publique et de mener une existence aisée avec sa famille, Mme Bhutto choisit de se battre avec acharnement. Il n'est pas question qu'elle quitte le pays. Sur l'insistance de sa mère, elle poursuivra l'oeuvre d'Ali Bhutto et se consacrera entièrement à la politique. Rien d'ailleurs ne l'arrêtera: ni la prison ni l'assignation à résidence.

Pendant son séjour à Harvard, Benazir Bhutto était très intéressée par la politique. Elle participait aux activités des étudiants de même qu'aux manifestations. Elle s'opposa, entre autres, à la guerre au Vietnam. Plus tard, quand elle étudia à Oxford, elle continua de s'impliquer dans les débats de l'Union des étudiants de cette université, dont elle devint la présidente.

 

Alan Duncan, l'un des responsables du parti conservateur, était son «directeur de campagne» au moment de son élection à la tête de l'Oxford Union, et leur amitié s'est poursuivie après l'université. Il y a quelques jours encore, ils avaient échangé des courriers électroniques, le député lui promettant de lui rendre visite lorsqu'elle redeviendrait premier ministre.Etudiante en politique, philosophie et économie à partir de 1973 au Lady Margaret Hall d'Oxford, Benazir Bhutto était «très charismatique», témoigne l'une de ses anciennes amies, Victoria Schofield.


            Lorsque le père de Benazir, Zulfiqar Ali Bhutto, qui était premier ministre, a été renversé en 1977, quelques semaines après l'élection de sa fille à la présidence de l'Oxford Union, une vague d'indignation et de mobilisation s'est emparée des étudiants comme des enseignants de l'université.
«Tout au long de l'année où elle a été présidente, il y a eu des campagnes, des réunions à Oxford», s'est rappelé Alan Duncan.Mais c'est la mort de son père, pendu en 1979, qui a véritablement accéléré le destin politique de Benazir Bhutto, assure-t-il. «Ce n'était pas une femme politique née, elle avait toujours voulu être diplomate, mais l'histoire et un drame personnel l'ont poussée dans une autre direction», témoigne un autre ancien ami, Tariq Ali, dans les colonnes du Guardian. «La mort de son père l'a transformée». L'Oxford Union a annoncé vendredi qu'il organiserait un débat à la mémoire de Benazir Bhutto le 17 janvier prochain.Mme Bhutto fut élue deux fois: en 1988 à l'âge de 36 ans, puis en 1993 au poste de premier ministre. C'était la première fois qu'une femme occupait ce poste dans un État islamiste. Il s'agit d'une première dans l'histoire des musulmans. Elle était l'une des rares personnes à connaître aussi bien la culture musulmane que celle de l'Occident.  Ce n'est pas la première fois qu'on essaie d'assassiner Benazir Bhutto. Au cours des deux mandats de celle-ci, Yousaf Ramzi, l'un des terroristes du World Trade Center à New York, a tenté de l'assassiner deux fois. En 1989, Oussama ben Laden a essayé de renverser son gouvernement en appuyant ses opposants. «Sous le prétexte qu'une femme ne peut pas diriger un pays», m'a déclaré Mme Bhutto lors d'une entrevue accordée à Washington en 1999. «Je ne crains pas la mort», m'avait-elle alors lancé.


       
Dans un article publié dans Le Monde cet automne, avant de retourner au Pakistan, la politicienne avait déclaré: «Je retournerai au Pakistan consciente que des jours difficiles s'annoncent.  Cette résistante courageuse  Benazir Bhutto a affirmé qu'elle était d'origine kurde, de par sa mère. La presse kurde avait octroyé une place importante. J’ai des souvenirs  de son cher père Zulfikar Ali Bhutto et son destin triste. Depuis une semaine que je travaille sur les génocides de Kotchgiri et de Dersime et ainsi que sur le bombardement  de l’aviation  turque au Kurdistan Sud, mais la  mort de Benazir Bhutto est un élément de notre histoire dispersée et elle fait partie de notre mémoire. Après ses études à Oxford,

 

elle rentre au Pakistan en 1977 peu avant que son père, président du pays, soit renversé par le général Zia ul-Haq. Après sa détention et son exil, elle revient au pays en 1986 et dirige l'opposition à la loi martiale.

 

 

 

 Benazir  avec sa mère et  sa soeur

 

Le  17 août 1988 Zia ul-Haq meurt dans un mystérieux accident d'avion et en novembre de la même année, à la tête du PPP, le parti socialiste pakistanais créé par son père, Bhutto gagne d'une faible majorité les élections législatives et devient Premier ministre le 1er décembre 1988, la première femme à occuper ce type de poste dans un pays musulman.

 

Son gouvernement est démis par le président Ghulam Ishaq Khan sous l'accusation de corruption et d'abus de pouvoir en août 1990. Son époux Asif Alî Zadari est maintenu en détention de 1990 à 1993, puis est acquitté, mais le parti de Bhutto perd les élections de 1990.

 

En 1993, cependant, elle devient à nouveau Premier ministre. Elle agit maintenant en politicienne plus chevronnée, fait des alliances, y compris avec des militaires, ce qui lui permet de traiter certains des problèmes de façon plus efficace que lors de son premier mandat, mais elle doit faire face à la montée du fondamentalisme musulman. En novembre 1996, son parti perd à nouveau les élections au profit de la Ligue musulmane.

 

En 1999, Bhutto et Zadari sont à nouveau tous les deux condamnés pour corruption ; Bhutto, en exil en Angleterre et aux Émirats arabes unis, conteste ce jugement. En 2002, ne s'étant pas présentée au procès en appel, elle est condamnée à ne plus pouvoir pénétrer sur le territoire pakistanais. De plus, le président pakistanais Pervez Musharraf fait voter cette même année un amendement à la constitution interdisant de faire plus de deux mandats de Premier ministre, ce qui lui interdit tout retour au pouvoir. le 12 octobre 2007, elle revient de son exil et échappe de peu à un attentat. Elle est tuée le 27 décembre 2007 à la fin d'un meeting de son parti par un kamikaze. Durant l'été 2007, de longues transactions ont lieu avec le président Musharraf, pour un partage du pouvoir.

 

Le 5 octobre 2007 Musharraf signe l'ordonnance sur la réconciliation nationale, en accordant l'amnistie à Bhutto et Zadari dans toutes les affaires judiciaires à leurs encontres, y compris toutes les charges de corruption. D'autres dirigeants politiques comme l'ancien premier ministre en exil Nawaz Sharif sont exclus de cette amnistie. En retour, Bhutto et son parti, ont convenu de ne pas boycotter l'élection présidentielle. Bhutto est alors fortement critiquée par sa famille politique et certains membres du parti pour avoir signé un accord avec le chef de la junte.

 

Le 6 octobre 2007 Pervez Musharraf remporte l'élection présidentielle, toutefois, la Cour suprême a statué que le vainqueur ne peut être officiellement proclamé jusqu'à la décision de savoir s'il peut être président tout en restant général de l'Armée.

 

Après huit années d'exil à Londres, Benazir Bhutto est de retour à Karachi, le 18 octobre 2007 afin de préparer les élections législatives de 2008. En larmes, elle est accueillie par de nombreux sympathisants dès sa descente d'avion à l'aéroport international Jinnah. En route pour un rassemblement dans la capitale, deux explosions se produisent. Elle est la cible d'un attentat-suicide, dont elle sort indemne mais 136 personnes sont tuées dont au moins 50 des gardes de sécurité de son parti et 6 policiers, qui formaient une chaîne humaine autour de son camion pour la protéger d'éventuelles attaques et nombreux sympathisants.

 

Le 3 novembre alors qu'elle est à Dubaï depuis le 1er novembre pour voir ses enfants, elle rentre après que le président Musharraf a décrété l'état d'urgence pour lutter contre l'augmentation des attentats-suicides et l'ingérence de la justice dans le domaine politique. Il annonce également le report des élections législatives prévues pour la mi-janvier.

 

Le 7 novembre, elle appelle à manifester en masse contre l'état d'urgence. 400 de ses partisans sont arrêtés. Le 8 novembre, Pervez Musharraf annonce la tenue des élections législatives avant le 15 février 2008 et promet de démissionner de son poste de chef des armées avant de prêter serment pour son deuxième mandat en tant que chef de l'État.

 

Le 9 novembre, elle est assignée à résidence pour lui éviter de participer au meeting de son parti interdit par l'état d'urgence et par crainte d'attentats-suicides. Malgré l'interdiction, elle réussit à passer deux barrages de police avant d'être stoppée. Dans la nuit son assignation est levée, le lendemain, elle participe à une manifestation organisée par des journalistes. Dans une déclaration, elle lance un appel à une « longue marche » le 13 novembre entre Lahore et la capitale Islamabad pour exiger du pouvoir la fin de l'état d'urgence et le maintien des législatives mi-janvier. Alors qu'elle souhaite rencontrer l'ancien président de la Cour suprême et leader de l'opposition à Musharraf, le juge Iftikhar Muhammad Chaudhry assigné à résidence, elle est bloquée par la police

 

Le 10 novembre, elle part pour Lahore, d'où elle compte mener une « longue marche » de protestation vers la capitale*

 

Le 11 novembre, Musharraf annonce la dissolution du Parlement pour le 15 novembre, la tenue d'élections législatives avant le 9 janvier 2008 et l'abandon de son uniforme de général si sa réélection est validée par la cour suprême.

           

Le 12 novembre, elle annonce que les négociations pour un éventuel partage du pouvoir avec Musharraf sont rompues. Elle menace le président de boycotter les législatives s'il ne met pas fin à l'état d'urgence. Elle est a nouveau assignée à résidence dans la nuit du 12 au 13 novembre pour une période de 7 jours dans le but notamment de l'empêcher de participer à une manifestation interdite prévue le 12 novembre et contre son opposition au président. 20 000 policiers sont déployés à Lahore, dont 4 000 aux abords de la maison où elle séjourne.

 

Le 13 novembre, dans une interview, elle demande à la communauté internationale de cesser de soutenir le président Musharraf et réclame sa démission. Elle exclut également de devenir premier ministre tant qu'il sera au pouvoir. Elle propose à son ancien rival et ancien premier ministre en exil Nawaz Sharif de former ensemble une alliance. Celui-ci s'est dit favorable à cette proposition. 1 500 de ses sympathisants ont été arrétés alors qu'ils essayaient de mener la « longue marche » prévue.

 

Le 16 novembre, son assigation est levée quelques heures avant la visite du numéro deux américain des Affaires étrangères John Negroponte. Elle tient une conférence de presse dans laquelle elle affirme que le gouvernement de transition mis en place aujourd'hui avec à sa tête le président du Sénat Mohammedmian Soomro, nouveau premier ministre et qui est chargé d'organiser, sous l'état d'urgence, les élections législatives et provinciales qui doivent se tenir avant le 9 janvier 2008, n'est pas acceptable.

 

Le 25 novembre, elle annonce sa candidature dans la circonscription sud de Karachi pour les élections législatives du 8 janvier. Alors qu'elle essaye de fédérer l'ensemble de l'opposition face à Musharraf et contrairement à certains partis qui ont appelé au boycott du scrutin, elle n'a pas encore décidé si elle le boycotterait.

 

Le 28 novembre, elle accueille favorablement la démission du président Musharraf de la tête de l'armée mais s'est dite peu pressée de le reconnaître comme un président civil légitime. Le lendemain, Musharraf prête serment pour un second mandat et annonce la levée de l'état d'urgence pour le 16 décembre. Le même jour, Bhutto annonce que son parti participera aux élections législatives et provinciales du 8 janvier mais se réserve le droit de décider plus tard de les boycotter.

 

Le président Musharraf leve l'état d'urgence le 15 décembre, et annonce que les élections prévues le 8 janvier prochain seront équitables et transparentes.

 

 Le 27 décembre 2007, Benazir Bhutto est tombée  des suites de ses blessures après un attentat suicide qui a visé un de ses meetings dans Rawalpindi, une ville proche de la capitale Islamabad. D'après la police locale, au moins une quinzaine d’autres personnes ont été tuées par l'explosion.

 

  "Elle est morte en martyre", a déclaré Rehman Malik, un responsable de sa formation, le Parti du peuple pakistanais (PPP). Et Benazir Bhutto, 54 ans, est décédée dans un hôpital de Rawalpindi. Selon la chaîne de télévision Ary-One, elle a reçu une balle en pleine tête. Selon la police, le kamikaze a tiré plusieurs coups de feu en direction de Bhutto au moment où celle-ci quittait une réunion électorale organisée dans un parc public. L'homme s'est ensuite fait exploser. "L'homme a d'abord tiré sur le véhicule de Bhutto. Elle a baissé la tête et il s'est alors fait exploser", a déclaré –t-il.

L'époux de Bhutto, Asif Ali Zardari, qui est à Doubaï, avait auparavant annoncé avoir été informé que sa femme se trouvait dans un état grave.La police a fait état de seize victimes dans cet attentat. Un correspondant de Reuters présent sur les lieux a entendu deux coups de feu, puis l'explosion.

Des responsables du PPP avaient dans un premier temps annoncé que l'ancien Premier ministre n'avait pas été blessé. Un correspondant de Reuters a vu huit corps gisant sur la route ainsi que la tête mutilée d'une personne. A son retour au Pakistan après huit années d'exil, Bhutto, 54 ans, avait déjà été la cible le 18 octobre d'un attentat qui avait fait 139 morts dans la foule qui s'était massée à Karachi pour l'accueillir.

Au lendemain d’une nuit de carnage sans précédent, c’est avec un calme surprenant que Benazir Bhutto s’est adressé vendredi à la presse dans son QG de Karachi, la Bilawal House, où les journalistes étaient fouillés trois fois avant de pouvoir entrer. «Je connais au fond de mon cœur qui sont mes ennemis, a t-elle déclaré avec emphase dans son micro grésillant. Ce qui s’est passé hier, ce n’est pas une attaque contre un individu mais contre la démocratie et l’intégrité du Pakistan».

Ce qui pose néanmoins problème, c’est le fait que l’ex-Premier ministre, de retour après huit ans d’exil connaissait les risques encourus et qu’elle ait cependant maintenu son programme. Rassembler une foule de 250 000 personnes dans Karachi, avec une procession qui devait durer quatorze heures, peut dès lors sembler irresponsable. Benazir Bhutto avait été informée des risques qui pesaient sur sa vie. Au point qu’elle avait donné au président, le général Pervez Musharraf, une liste des personnes qui devaient être considérées comme coupables si quelque chose lui arrivait.

«Je suis fière des gens qui ont osé venir me soutenir, sachant que ce n’était un secret pour personne que des terroristes allaient essayer de m’assassiner, a lancé vendredi Benazir Bhutto. Je rends hommage à nos braves martyrs qui ont donné leur vie pour la démocratie. Je n’ai pas peur de la mort.» Trois heures après l’attentat qui a tué au moins 133 personnes et blessé 400 autres, l’ex-Premier ministre du Pakistan Benazir Bhutto a déclaré qu’elle avait eu «énormément de chance» de ne pas être touchée par l’explosion des deux bombes près du cortège.   «Quelques minutes avant les explosions, je suis descendue à l’intérieur du camion pour relire le discours politique que je devais prononcer plus tard. J’étais protégée par les parois blindées du camion et c’est ce qui m’a sauvée», a raconté Benazir Bhutto à un journaliste de Paris-Match à Karachi.  «Je sais exactement qui veut me tuer. Ce sont les dignitaires de l’ancien régime du général Mohamad Zia ul-Haq (1977-1988), qui sont aujourd’hui derrière l’extrémisme et le fanatisme», a déclaré Benazir Bhutto .

L’ex-Premier ministre du Pakistan âgée de 54 ans dit vivre avec «la douleur de l’assassinat de (son) père et de (ses) frères». Le père de Benazir Bhutto, l’ex-Premier ministre Zulfiqar Ali Bhutto, avait été renversé en 1977 par le général Zia, puis exécuté deux ans plus tard.

 «Je sais qu’à chaque fois que j’annoncerai mon intention d’organiser une grande réunion politique, avance Benazir Bhutto, le gouvernement va désormais me répondre : “Il y a des kamikazes à vos meetings, le risque est trop grand”. Mais ce qui s’est passé est de sa faute, car il n’a pas été capable de prévenir cette tragédie.»

On sait que le dictateur Pervez Musharraf, qui a pris le pouvoir il y a huit ans par un coup d’Etat sans violence et négocie depuis plusieurs mois un partage du pouvoir avec elle, lui a présenté ses condoléances pour les personnes tuées mais lui a demandé de ne pas «commencer à accuser les uns et les autres». Benazir Bhutto et les autorités disaient redouter un attentat à la suite de menaces brandies dans la presse par un commandant de combattants islamistes proches des talibans et d’Al-Qaeda, présents dans les zones tribales du nord-ouest du Pakistan. La question qui se pose qui a tué Benazir Bhutto ? Quelles  sont les organisations terroristes  soutenus par les Etats colonialistes  dans le cas Benazir Bhutto avait gagné  les élections.

Le Président Messoud Barzani [1] dans sa lettre  envoyée à la Famille de Mme Bhutto a condamné  l’acte odieux avec la grande fermetée. De l’autre  côté, Mr  Nicolas  Sarkozy « Le terrorisme et la violence n’ont pas leur place dans le débat démocratique et dans le combat des idées et des programmes.  Ancien Premier Ministre, présidente du Parti du Peuple du Pakistan, Benazir Bhutto était rentrée dans son pays pour participer à la campagne en vue des élections législatives du 8 janvier prochain. Aujourd’hui, elle paie de sa vie son engagement au service de ses concitoyens et de la vie politique du Pakistan.La France, comme l’Union européenne, est particulièrement attachée à la stabilité et à la démocratie au Pakistan. Il est plus que jamais indispensable que les élections législatives du 8 janvier se préparent et aient lieu dans des conditions de pluralisme, de transparence et de sécurité qui permettront au peuple pakistanais de s’exprimer et de choisir librement ses représentants élus..  »[2]Des centaines de milliers de Pakistanais en deuil, pleurant et hurlant des slogans contre le pouvoir se sont réunis vendredi devant le mausolée de la famille de Benazir Bhutto à Garhi Khuda Baksh, village du sud du pays où l'opposante assassinée la veille a été inhumée. Des violences ont éclaté à travers le Pakistan.

La foule arrivée en tracteur, en car et en voiture s'est massée dans les rues entourant le vaste monument de marbre où reposait déjà le père de l'ancienne Première ministre, l'ex-président et ex-Premier ministre Zulfikar Ali Bhutto, fondateur du PPP, renversé par un putsch en 1977 et exécuté.

Une ambulance blanche a amené jusqu'au mausolée le simple cercueil de bois de Benazir Bhutto, entouré du drapeau rouge, vert et noir du Parti populaire du Pakistan (PPP). La procession est passée devant les restes encore fumants d'un train brûlé la veille par des partisans de l'opposante à l'annonce de sa mort, devant aussi les panneaux plantés il y a deux mois pour célébrer le retour de l'ex-Première ministre de huit ans d'exil. Sur l'un d'eux, quelqu'un avait inscrit: "Benazir, tu es l'espoir des pauvres."

En attendant le cercueil devant le mausolée, certains agitaient le drapeau du PPP en criant: "Aussi longtemps que la lune et le soleil vivront, le nom de Bhutto vivra". "Elle n'était pas seulement le leader du PPP, elle était un leader pour tout le pays. Je ne sais pas ce qui va arriver au pays maintenant.

Le gouvernement pakistanais a toutefois décidé de maintenir les élections législatives prévues pour le 8 janvier. Le PPP de Benazir Bhutto y était l'un des grands favoris. Et son fils  est vient de remplacer la direction politique du PPP à l’âge de 19 ans. Selon  le Journal le Monde [3]l'âge de 19 ans, le fils aîné de Benazir Bhutto reprend le flambeau de sa mère en devant le troisième leader du Parti du peuple pakistanais, fondé par son grand-père Zulfikar Ali Bhutto. Bilawal est né en septembre 1988, un mois avant que sa mère ne remporte les élections générales, sous le régime du dictateur Zia-ul-Haq. Longtemps exilé, il connaît mieux les rues commerçantes de Dubaï et de Londres, où il a grandi, que le jeu compliqué de la politique pakistanaise. Il a étudié allé dans un prestigieux lycée de Dubaï et a été admis à Oxoforf, marchant sur les traces de sa mère.

 

 

 

Les fréquents voyages de sa mère et les huit années de prison de son père pour des accusations "montées de toutes pièces" de corruption l'ont profondément marqué. Bilawal va devoir assumer le lourd héritage d'une des dynasties les plus puissantes du Pakistan.

 


Je présente, ainsi qu’à la famille de Benazir Bhutto, à Monsieur , Asif Ali Zardari et à ses enfants  et aux proches des autres victimes de l’attentat et au peuple pakistanais tout entier mes condoléances les plus vives , et ainsi tous les membres de son parti afin de lutter contre la dictature pakistanaise et contre les religieux islamiques réactionnaires.

 



Paris le 30 décembre 2007

 Dr Ali KILIC



[1] La lettre du Président Messoud Barzani  à la Famille de Mme Benazir Bhutto, in www.Kurdistantv.net

[2] ; Lettre du Président  Nicolas Sarkozy   à Pervez  Musharraf ,27-12-2007

[3] , Le Monde 30-12-2007

 

 

 

 

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