Dr Ali  KILIÇ
 
 
 
ELOGE POUR DERSIM- QOÇGÎRI ET LA LETTRE A LOUIS ARAGON
 
 Dédiée à Evin. Cicek, poétesse kurd
  Paris le 09-09-2006
 
1-ELOGE POUR DERSIM- QOÇGÎRI
 
 
Le sacré inconnu de la cité de Dersim qui va disparaître sous les eaux  de  huit barrages en construction, repré­sente une variation  culturelle  du réel limité. Comme le poète 1'a précisé dans sa mémoire : « Mon grand-père fut proclamé le premier mysti­que de Dersim incarné aux âmes des martyrs disparus... Son désir était d'unir les différentes parties de Dersim et de créer un pays multiculturel ». En effet, la des­cription de la cité Dersim-Qocgîrî, n'obéis­sait pas donc à une motivation de mise en scène, de schématisation d'un archétype à cause des conditions du régime social mis en place dès l'époque de la décadence de l'empire ottoman.
 
Néanmoins, on peut se demander si le discours, en raison de sa logique entre l'imaginaire et le rationnel, de sa temporalité ouverte sur le futur Dersim, est à même de tenir ses promesse et de jouer son rôle idéal dans cette société où vivent actuelle­ment les êtres humains.Deux questions se posent : d'une part la logique descriptive permet-elle vrai­ment d'attester l'idéalité et la perfection de l'espace social limité par le système politi­que d'exil, en raison duquel l'oeuvre litté­raire n'évolue plus sans sa mémoire écrite? D'autre part, la projection dans la symbo­lique d'un espace réel peut-elle relayer la fonction imposée à la littérature de Dersim-Qocgîrî sous peine de se discrédi­ter dans sa raison d'être face a la raison d'Etat dont les Dersimis ne disposent pas ?
 
Dans ces conditions la littérature apparaît comme un paradoxe : par son refoulement de toute philosophie de l'histoire, par l'occultation de l'espérance, elle semble présenter le tableau d’un genre homogène, qui permet à l'imagination de projeter dans des livres des paysages de cités hâtivement qualifiés d’idéales.
 
Si la connaissance littéraire aussi est le reflet du monde extérieur dans le cerveau humain, la littérature témoigne de l'apti­tude de l'imagination créatrice individuelle a renouveler sans cesse les combinaisons d'images dans le champ symbolique selon des genres, des styles, des tempéraments variés, alors la question de la littérature peut être posée de la manière suivante : Comment un phénomène autonome de la réalité objective doit-il donc être étudié en tant que tel, dans la mesure où les condi­tions de vie et d'existence de l'écrivain du Dersim ne lui permettront pas d'évoluer sans la liberté d'expression dont les Dersimis ne disposent pas? Autrement dit, comment la littérature et la linguistique peuvent être explorées avec les méthodes et les techniques littéraires tout à fait limitées? Au fond, nous sommes un peuple méso­potamien qui cherche à mettre la main sur l'imagi­nation, sans voir qu’elle nous enchaîne déjà dans notre quotidienneté. L’Homme de Dersim s'ap­prête à renoncer à sa raison si longtemps pour ten­ter le grand voyage vers la vérité du monde objectif, sans tenir compte du fait qu'il ne trouvera rien de plus dans les paradis artifi­ciels que dans sa raison philosophique et histori­que. Dans les coins et les recoins de son esprit, dans la clarté et l'évidence de ses concepts, dans la confusion et l'exaltation de ses fantasmes, l'auteur nourrit l'aspira­tion à une cité idéale, à un ultime espace temps dernier. La littérature est loin de ser­vir de voie royale aux symboles, à la richesse culturelle de notre peuple mais elle est soumise à la prison des tortures réelles.
 
Certes la réalité humaine au pays Dersim-Qocgîrî n'est qu'une utopie, mais elle peut être un moyen privilégié de socialisation de la pratique nouvelle. Poésie, littéraire, arts plastiques, philoso­phie, linguistique ont exploré pendant des siècles d'autres axes imaginaires, et consti­tuent notamment la mémoire vivante de l'imagination Dersim-Qocgîrî.
Une première réponse concerne la spécificité de l'objet de la mémoire don­née. Cela peut-être permet de vivre de la vie littéraire. Car l'efficacité linguistique de chaque élément de l’oeuvre littéraire est la fonction de sa singularité structurelle. Mais la plupart des écrivains de Dersim sont plutôt d’un avis opposé. Peur eux, le pro­blème de la littérature se range parmi les ultimes questions que l'on pose sur le passé de la société, et c’est seulement en partant de ces questions qu'on peut le trai­ter. Chez eux, la spéculation passéiste porte d’abord sur l'objet connu et ce n'est qu’ensuite qu'elle revient sur l'acte de connaître. Mais les éloges pour Dersim ou pour Kirmanciaya Belekhée ne sont pas le passé, elles sont aussi l'avenir de notre peuple.
 
La différence n'est pas purement méthodologique, elle est aussi épistémologique. Elle prend sa source dans une conception radicalement différente. C'est pourquoi il est nécessaire que nous donnions au moins une définition provisoire et celà précisément en vue d'éclater nos recherches sur la connaissance littéraire à partir des mémoires de Dersim-Qocgîrî. Que faut-il donc entendre par la Mémoire?
           
D'abord, du point de vue théori­que, la mémoire littéraire doit être envisagée comme structure, c'est-à-dire un ensemble de propositions et de rapports entre les éléments donnés. Ensuite, ce système apparaît en mouvement, les traits et les éléments qui le composent suivent des courbes différentes, soit indépendantes les unes des autres, soit reliées par couples. Puis la compréhension de la mémoire litté­raire, de ses composantes, de sa fonction passe nécessairement par sa propre his­toire. Quand à la mémoire littéraire, c'est un matériau lexical organisé qui révèle de la compétence linguistique.L'œuvre donnée, en effet, est plus qu'une des manifestations de la création linguistique collective: c'est le résultat d'une sélection individuelle et d'une trans­formation créatrice des moyens verbaux de l'époque visant à donner une expres­sion esthétiquement efficace à un champ clos de représentations et d'émotions. La question préliminaire et essentielle concerne la fixation de son entrée dans l'histoire de la culture. Est-elle production intellectuelle propre à un lieu et un temps déterminés, ou au contraire peut-elle être assimilée à une forme universelle de l'ima­gination de Dersim-Qocgîrî, ou bien Kir­manciaya Belekhée.
                           Paris le 09-09-2006
Dr Ali  KILIÇ
 

 
Dr Ali  KILIÇ
 
 2-LA LETTRE A LOUIS ARAGON
Dijon, le 19 Février 1981
  
 A
 Louis Aragon
Membre au Comité Central du P.C.F.
et au Comité de Défense des Droits de l' homme 
2, Place du Colonel Fabien
75940 PARIS - Cedex.19
 
Cher Camarade,
Non seulement notre parti, ses membres et le peuple français, mais encore tous les partis communistes et les peuples du monde savent que vous avez des responsabilités au Comité de défense des droits de l’homme dirigé par George Marchais, ainsi que au Comité Central du parti.
 
Notre parti est le défenseur des droits de l’homme dans le monde entier; sur ce point la politique du parti est claire. Les princi­pes de la lutte ont été expliqués avec précision par George Marchais et l’opinion publique mondiale est au courant de l’activité de nos camara­des au Comité de Défense des Droits de l’homme .
 
Camarade,
Je viens du Kurdistan et je suis actuellement membre du P.C.F depuis deux ans. Nous vivons dans la même époque. Vous êtes le poète et l’écrivain le plus connu, vous êtes aussi le véritable communiste du monde. Vous avez vécu les grands évènements de notre époque. Et vous avez soutenu de nombreuses luttes légitimes de bien des peuples. Vous avez rencontré plusieurs écrivains du monde entier. Je crois que, sauf erreur de ma part, c'est la première fois qu' un communiste du Kurdistan vous parle au sujet des droits démocratiques et nationaux du peuple kurde.
 
Camarade,
Malgré votre âge, le fait de prendre une responsabilité au Comité Central de notre parti est source de joie, non seulement pour les communistes , mais encore pour tous les poètes et écrivains du monde. Car de nos jours, plusieurs écrivains et poètes refusent de prendre des responsabilités au parti communiste. Plusieurs penseurs nient la lutte politique et tournent le dos à la révolution de leurs pays et se rangent aux côtes de la bourgeoisie; par contre vous êtes épaule contre épaule avec la classe ouvrière dans les rangs de notre parti. Notre caractère commun n'est pas d’être dans le même parti, mais de lutter pour les mêmes objectifs.
 
Je vous envoie une brochure qui a été publiée par les communistes kurdes. Vous envoyer cette brochure m’est autant une tâche de compatriote que de communiste. Ce n'est pas explicitement au nom de mon peuple que je vous envoie cette brochure, mais au nom des devoirs les plus importants des communistes du monde, non seule­ment pour la libération et la construction du socialisme dans le Kurdistan, mais encore pour que celui-ci soit une aide à venir pour les révolutions dans les pays du Moyen Orient.       C'est pour cette raison que, quelque soit le contenu de cette brochure, les communistes doivent aujourd'hui soutenir les mouvements nationaux légitimes des peuples du monde entier.
 
Camarade,
Aujourd'hui les poètes et les intellectuels du Kurdistan, lequel est partagé entre quatre états, n’ont pas le droit de faire usage de leur langue maternelle, particulièrement en Turquie où elle est interdite à douze millions de personnes. Le peuple kurde n’a aucun droit sauf en l' Union Soviétique; les écrivains et les poètes kurdes n’ont pas le droit da publier leurs oeuvres dans leur langue maternelle. Personnellement je n'ai écrit que dans les organes clan­destins. Les écrivains du Kurdistan consacrent leurs œuvres à la disposition du mouvement de libération. Car, les buts des écrivains du Kurdistan s’adressent tant à la révolution du Kurdistan qu’à celle d’autres pays. Je vous envoie ci-joints des poèmes que j’ai moi-même écrit, ainsi que quelques dessins; dans mon pays au Kurdistan de Turquie et en Turquie la dictature fasciste militaire applique sa politique belliciste contre la classe ouvrière; les travailleurs des diffé­rentes nations et le peuple kurde les démocrates et toutes les forces progressistes; la lutte révolutionnaire connaît des conditions très difficiles. L impérialisme américain et ses valets ont supprimé tou­tes les libertés et toutes activités politiques et démocratiques. Depuis soixante ans, le parti communiste est clandestin. Les conditions d’illégalité se sont aggravées. Nos camarades sont à l’article de la mort et de la torture; moi personnellement, j’ai vécu cette torture et cette oppression de 1971 à 1973 dans la prison militaire à Diyarbakir, au Kurdistan de Turquie. Voilà les documents suivants qui expliquent le vrai visage des conditions de vie et de travail de la Turquie d’au­jourd’hui et du Kurdistan turc.
 
Mon pays Kurdistan, où mon peuple vit depuis des milliers d’années, est partagé entre plusieurs pays et notre peuple est soumis à une oppression nationale sans exemple.
 
 Le Kurdistan fut pendant les premiers de notre ère la cible des envahisseurs. Chaque fois les valeurs matérielles et culturelles de notre pays furent brutalement anéanties. Ensuite, le Kurdistan fut pendant plusieurs siècles le théâtre de conflits, entre les empires ottoman et iranien. Au cours de ces conflits, il a été brûlé, détruit et pillé. Les deux empires ont exploité les trésors du Kurdistan, perçu des impôts et appelé les hommes du Kurdistan comme soldats sous leurs drapeaux. La première division du Kurdistan se fit par le traité de Kasr-Sirin en 1939 entre les deux empires ottoman et iranien.
 
A partir du début du I9e siècle, les puissances coloniales européennes ont accordé plus d'attention au Kurdistan et ont joué de­puis un grand rôle pour le destin de notre peuple. Après la 1ère Guerre impérialiste l' empire ottoman fut disloqué; le Kurdistan fut divisé une nouvelle fois entre les pays impérialistes selon leurs inté­rêts; le Kurdistan du sud avec ses gisements riches de pétrole fut at­tribué à l' Iraq qui était sous mandat britannique.
 
Le sous-développement économique et social du Kurdistan fut déterminé par les guerres incessantes entre les ottomans et les perses ainsi que par l' exploitation et l' oppression. Ensuite les nouveaux états nationaux constitués, la Turquie, l' Iran, l' Iraq et la Syrie ont poursuivi, et même renforcé, leur politique d’ exploitation            et d' oppression. Les rapports de ces pays avec le Kurdistan sont ceux de colonisateurs et de colonisés. Pendant que les propres régions natio­nales de ces pays se développaient du point de vue économique et cultu­rel, le Kurdistan resta sous-développé. La culture de peuple kurde ne put se développer du fait de l'oppression brutale. Le Kurdistan devient pour les impérialistes et les colonisateurs un marché pour leurs marchan­dises et un réservoir pour une main-d'oeuvre bon marché et pour des ma­tières premières.
 
Le colonialisme a empêché le développement des forces pro­ductives du Kurdistan et conservé la structure féodale arriérée des Asirets (tribu kurde). Les états qui ont partagé le Kurdistan entre eux ont poursuivi et poursuivent envers notre peuple une politique brutale d’oppression nationale raciste, essayèrent parfois ensemble, parfois seuls, d' anéantir l' histoire et la culture de notre peuple et ont mê­me empêché notre peuple de parler sa propre langue.
Le Kurdistan, au cours de l’histoire, a opposé sa rési­stance aux innombrables attaques et conquêtes. A partir du début du 19ème siècle, des mouvements nationaux se sont formés les uns après les autres, qui avaient pour but la libération du Kurdistan. Les ottomans et les iraniens ont plusieurs fois mené des guerres pour réprimer les révoltes et " reconquérir " le Kurdistan; les impérialistes qui, vers la fin du 19ème siècle, montraient de l' intérêt pour le Kurdistan, aidèrent d’une part ces deux états, essayèrent d' autre part de conquérir eux-mêmes le Kurdistan.
 
Le peuple du Kurdistan a mené des grandes révoltes de masse contre la dure exploitation et l’oppression. Dans le Kurdistan iraquien le peuple s'est soulevé dès 1915 plusieurs fois contre le colonialisme britannique et les dirigeants racistes de Bagdad. Dans le Kurdistan iranien le peuple a mené plusieurs fois de durs combats pour retrouver sa liberté. Mais toutes les révoltes n’ont pas mené au succès; parce que d’une part les kurdes n' étaient pas d' accord entre eux à cause de l' existence des structures féodales des Asirets , et d' autre part parce que le peuple n' était pas organisé; le Kurdistan n'a pas de parti communiste; les états qui avaient colonisé le Kurdistan , étai­ent eux d' accord entre eux. La République de Mahabad fut supprimée avec l’aide des impérialistes américains et britanniques par le régime réactionnaire du Chah.
 
Depuis la création de la république turque, le Kurdistan de Turquie avait connu plusieurs révoltes. Les révoltes les plus connues sont les suivantes:
 
La révolte du Kocgiri: le 5 Mars 1921 le peuple de Kocgiri commença sa révolte en Iran, puis en Turquie contre l' oppression. Elle a pu envoyer une délégation jusqu' à l’assemblée nationale turque, en demandant la création d' une région kurde, avec un gouvernement kurde à sa tête mais le gouvernement a neutralisé cette révolte grâce à l’armée au mois de juin 1921.
 
La révolte du Cheik Sait: Cette révolte commença et dura 62 jours, mais les dirigeants fascistes de Turquie commencèrent à les exterminer par groupes, ils pendirent le Cheik Sait et 40 autres diri­geants kurdes, envoyant des milliers d’autres en exil.
 
La révolte de Raman Reckotan: commencée en 1925 elle se propagea en peu de temps dans les autres régions kurdes; cette fois l'armée de l'air brisa ce mouvement en coupant la tête de ses diri­geants qu' ils ont montré par la suite à la population de Mus.
 
La révolte de Koc Usag commença en 1926 dans les régions d' Horat, Ovacik et Cemisgerek, mais le gouvernement Kémaliste l’a contrôlée.
 
La révolte de Semdinli: le village de Semdinli se situe à la frontière turco-iranienne, et à cause de cela la population de ce village subissait la répression la plus dure. La population s’est révoltée en Avril 1926 sous la direction de Seyit Fahmi, avec environ 5000 personnes que les gendarmes, les soldats ont fait prisonniers: Cette révolte se propagea en peu de temps dans toutes les régions du Kurdistan. Mais le gouvernement fit envoyer les forces armées pour mas­sacrer toute la population; les dirigeants des révoltés se réfugièrent en Iraq.
 
La révolte de Sason: commença en 1928 dans les régions de Sason, Kozlu, Pevar et dura deux ans dans les montagnes, mais fut contrôlée par l’armée à la fin.
 
La révolte de Zilan: en 1930, les paysans kurdes se sont révoltés contre la répression exercée par les gendarmes, pendant 20 jours Mais le renforcement de l’armée fasciste a pu le neutraliser; la plupart des paysans s’enfuit en Kurdistan iranien. Dans la région d’Agri, de 1928 à 1932 eurent lieu des révoltes permanentes, mais Mustafa Kémal en s’associant avec le Shah d' Iran, envoya une troupe armée sous le commandement de Salih Omurtak et fit massacrer une dizaine de milliers de paysans kurdes.
 
La grande révolte du Kurdistan; la révolte de Dersim, en 1936 et 1941 bombardés par les avions des classes dominantes de la Turquie, les villages de Demenan, Koye Suri, Heyderan, Ovaciq, Xorat furent incendiés. Les dirigeants de cette révolte ont été pendus par le gouvernement fasciste. L’un des dirigeants qui s’appelle Heme Mirze Sili était mon grand père. Et ma mère a participé à cette ré­volte et elle a perdu son premier mari dans la guerre. Elle n’a pas quitté la lutte armée, elle a lutté jusqu'au bout. Mais le combat du peuple kurde pour sa liberté ne pouvait être empêché, il continue.
 
La forte résistance nationale au Kurdistan iraquien, qui dura de 1961 à 1970 et se termina en 1970 par un traité d' autonomie, échoua d' une part à cause de la politique sournoise du régime chauvin de Bagdad qui, après avoir gagné du temps, ne tint pas ses promesses; d' autre part, la politique réactionnaire est prête à tous les compromis des dirigeants du Parti Démocratique du Kurdistan iraquien ne put atteindre ses objectifs qui étaient de trouver une solution avec l' aide des impérialistes.
 
Camarade,
Aujourd’hui dans mon pays, en Turquie et au Kurdistan deTurquie, beaucoup de choses ont changé ....... L’impérialisme américain et ses valets fascistes ont supprimé même la démocratie bourgeoise limi­tée. La constitution a été abrogée par la junte fasciste. Le parlement a été dissous. Un grand nombre de parlementaires ont été arrêtés. Tous les partis ont été interdits. 95% des organisations démocratiques sont dissous. Parmi celles-ci se trouvent aussi plusieurs des chambres d' avocats qui avaient faits des rapports ces derniers mois sur les tortures par les autorités de la loi martiale; la confédération syndica­le des ouvriers révolutionnaires ( DISK ) etc. Selon la déclaration du ministre de la justice de la junte fasciste militaire au 4 novembre 1980 ( dans le quotidien turc " Milliyet " ), de 1975 à 1980, 5.200 au total sont morts en Turquie. Selon le ministre de la junte fasciste il y a 64.751 prisonniers en Turquie. A cause de la capacité insuffisante des prisons ils ont décidé de reconstruire 636 nouvelles prisons. Et le général Evren, chef de la junte fasciste a déclaré "nous avons arrêté des milliers de militants de gauche et nous n’envisageons pas de partir avant d'exterminer leurs racines " (Cumhuriyet, le 18 Janvier 1981 , p. 10 ). Et il déclare : " Nous ne pourrons pas séparer ce pays, c’est à dire il n' y aura aucune liberté à la classe ouvrière de la Turquie et au peuple kurde. Et il répéta: " il n' y aura aucun « –isme » mais seulement Kémalisme", c'est-à-dire l’idéologie fasciste et offi­cielle de la Turquie depuis la fondation de la république. La junte fasciste est " un nouveau gouvernement fort " pour Vehbi Koc, le premier capitaliste de Turquie ( ibid , 18.04.79);­ est « une dictature », que " le conseil      de la libre entreprise prétend qu' une poignée de traîtres a demandé qu' on établisse une dictature en Turquie " ( ibid, 17.02.80 ). La dictature fasciste est l’ennemi de nos peuples et de la classe ouvrière du monde.
 
Notre pays, la Turquie et le Kurdistan de Turquie est une cible particulière pour ces attaques de l'impérialisme américain et de l’OTAN. Même cinq mille soldats de l'OTAN ont été massés au 10 février 1981 près d' Erzurum, dans la région montagneuse située au nord-ouest du Kurdistan de Turquie. Dans ce territoire, toutes les villes et villages ont été encerclés par les chars et des milliers de démocrates kurdes - turcs et de communistes ont été arrêtés. Parmi eux, il y a beaucoup de femmes et d' enfants. Le chef de la junte fasciste a annoncé lui-même que l’on voulait encore renforcer les attaques contre le Kurdistan. Le peuple kurde, est menacé d’ethnocide.
 
Je vous demande cher camarade, de ne pas tolérer l’oppres­sion des travailleurs, paysans, enseignants et étudiants, c’est-à-dire de toutes les forces qui s' engagent en Turquie pour la liberté et la démocratie contre la junte fasciste; d’élever la voix pour empêcher un ethnocide imminent au Kurdistan et de ne pas observer en silence les meurtres de la junte.......
 
Fraternellement,
 
 Ali  KILIÇ, Dijon, le 19 Février 1981
 
 
 
 

 

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