CENTRE DE LA RECHERCHE SCIENFIQUE

DU KURDISTAN

(CRSK)

Dr Ali KILIC

Emeil :dralikilic@yahoo.fr

 

L’analyse critique de la politique extérieure des USA

dans la géopolitique du Kurdistan

De Monsieur Henry Kissinger au rapport de Monsieur James BAKER

             Cette recherche est consacrée à l’étude de la  diplomatie des USA dans la géopolitique  du Kurdistan  d’une part et  à l’analyse  de la politique  extérieure et intérieure des Etats  qui ont partagé notre pays le Kurdistan  d’autre part. Le but est  d’élaborer  les problèmes internationaux liées à la guerre, à la paix dans le cadre  de la géopolitique du Kurdistan et préciser les  autres facteurs qui détermineront le processus  social et politico-militaire, afin de mettre en évidence sur le caractère essentiel du prochain référendum sur Kerkouk et sur l’avenir  du Kurdistan Sud. Le Président du Kurdistan Sud Monsieur   Massoud Barzani lui-même  a répondu  aux questions posées  par les journalistes  afin de clarifier  nos relations avec USA  les raisons  de la visite du Chef de l’Etat Major turc Mehmet Yasar Buyukkanit aux USA. Le général  fondateur du Jitem, force criminelle de l’armée turque qui a massacré le   Peuple du Kurdistan  Nord, le plus  haut responsable criminel qui devait être jugé par la Cour Internationale de Justice à Lahey en raison des  crimes de guerre commis  au Kurdistan avec les autres généraux turcs. A refusé de dialoguer avec le Président du Kurdistan Monsieur   Massoud Barzani. Alors que l’investissement du capital financier  de la structure impérialiste de l’OYAK   de l’Armée turque qui a pour but de  coloniser par les exportations de ses  capitaux militaires  vers le Kurdistan   Sud  qui occupe le Kurdistan Nord continue d’exploiter les richesses fondamentales  de notre pays  et exige les intérêts  impérialistes  sur Kerkouk.

 

     De ce point de vue, la question de la géopolitique  du Kurdistan relative à la guerre de pétrole   est mérite d’être posée        afin d’analyser  les systèmes internationaux et les principes des rapports dans le cadre des systèmes  et la logique de la dynamique internationale. La question qui se pose,  quelle était la nature de nos rapports avec les USA, quelles sont les conséquences négatives  dans le passé  dans la diplomatie de Henry Kissinger ? Quel rapport établir  entre la diplomatie des USA du passé avec le nouveau rapport présenter par Monsieur James Baker ? Quelles seront les conséquences  pour l’avenir du Kurdistan ? Le Kurdistan Sud sera –t-il abandonné aux colonialistes ? Aurons nous de l’objet de nouveaux  massacres  chimiques ?

 

 Une telle tâche  particulièrement  importante de la science politique  comparative, est l’analyse des principales tendances  du développement social, propice à la guerre  ou à la paix, à l’étude des facteurs influents  sur l’évolution des rapports internationaux, la recherche  des possibilités d’introduire des éléments de la connaissance exacte  de telles ou telles solutions politiques y compris la proclamation de l’indépendance du Kurdistan. Car .l’existence  des bases militaires de l’OTAN au Kurdistan  Nord occupé et colonisé par l’Etat colonialiste turc, représente   des buts militaires  communs  des  Etats qui sont opposés à la solution de la question nationale du Kurdistan. Tony Blaire était le premier   qui a précisé la politique  coloniale impérialiste britannique au Moyen Orient. C’est pourquoi   le partage du Kurdistan avec le Traité du Sykes Picot en 1916 est le début de cette politique anglo-française conduit par les génocides. Sans aide militaire et financière  des Etats anglais et français, bolchevik  il était impossible de fonder le nouveau état militaire turc le Traité de Lausanne ne pourra pas exister.

 

Face à ces problèmes l’approche  sociologique  des problèmes  des relations internationaux dans le cadre de la géopolitique du Kurdistan qui a été erronée par les certains  chercheurs  ( les données en question se sont de s  données fournies par les Etats colonialistes  qui ont partagé le Kurdistan) et les manœuvres entamées par la Turquie pour stopper le processus  social exiger les intérêts impérialistes sur la ville de Kerkouk,, exaltation de guerre au Kurdistan Sud, de forcer  les unités des combattants kurdes à Qandil et de les transformer  en outil  contre l’indépendance du Sud Kurdistan donc la situation exige une analyse scientifique  de la prise des décisions  en matière  de la politique extérieure ; qui constitue  une des  questions principales de la théorie de la politique. La science   et la politique se rapprochent  surtout dans le cadre  de cette théorie qui étudie le fonctionnement du pouvoir politique des Etats concernés dans la question du Kurdistan y compris la politique extérieure et la diplomatie américaine depuis 1970.

 

La vérité  c’est que , l’analyse  des problèmes  de la politique mondiale  dans le cas du  Kurdistan nécessite que  soit précisée  la notion  de « paix », une paix universelle  comme catégorie  correspondant  à l’intérêt  de toute  l’humanité, qui est conforme  aux principes de la Chartre de l’ONU, qui n’a pas reconnu jusqu’au nos jours, le statut colonial du Kurdistan qui doit être un facteur déterminant dans la stabilité des rapports des forces  au Moyen  et Proche Orient. Il est évident que certaines lois propres à l’ensemble du système mondial concernent chacun des systèmes sociaux de classe. Tous ces systèmes représentent un ensemble de rapports entre Etats juridiquement indépendants. Les formes des rapports sont fixées selon une procédure fondée sur les normes du droit pour le Kurdistan. Comme je 1'ai précisé dans mon article du 10 février 1989 paru dans la revue "Révolution"(N°467),"le Kurdistan est assimilé à une colonie, militairement occupée et économiquement exploitée sans même qu'un statut colonial lui soit reconnu par 1'ONU. Effectivement, on peut dire que c'est une colonisation pratiquée en dehors de tout contrôle international par des systèmes totalitaires dans les faits, pire que le colonialisme classique tel qu'il était exerce autrefois par les puissances occidentales"(...)" Cette situation, conséquence de trois quarts de siècle de révoltes, de répressions et de massacres, demeure encore assez méconnue, sinon ignorée de 1'opinion internationale; Une étrange conspiration de silence n'a cesse de dissimuler ce génocide. Les divers appels à 1'ONU, aux Etats, à la conscience universelle lancés par ce peuple opprimé, voue à 1'extermination, n'ont recueilli jusqu'à pressent aucun écho." Sans doute 1'Appel de 1'Academicien Sakharov a une valeur importante et est tout a fait conforme au Droit International et a la Déclaration sur 1'octroi 1'independance aux et aux peuples coloniaux adoptée par la XV. session de I'Assemblée Générale de 1'ONU, en 1960.Mais la réalisation d'une telle tache exige d'abord, la reconnaissance du statut colonial du Kurdistan par 1'ONU.

C'est la raison pour laquelle nous posons la problématique historique de la question nationale et coloniale au Moyen Orient et la politique intérieure et extérieure des Etats concernés en matière du règlement de la question nationale du Kurdistan qui nécessite de venir sur nos relations avec la diplomatie des USA et les politiques des Etats colonialistes qui occupent notre pays.

 

 

Outre Les systèmes  militaires politiques  (OTAN) sont des groupements spécifiques d’Etats se posant des buts militaires communs. C’est la forme la plus traditionnelle d’associations inter-Etats, qui entre toujours davantage en contradiction aigue avec les tendances d’évolution du système mondial des rapports internationaux, et s’oppose à ses institutions, l’ONU notamment. Toutefois, la politique des blocs demeure un instrument des Etat en fait contre le développement de la coopération internationale d’Etats.

-I. SUR LA DIPLOMATIE DE HENRY KISSINGER ET  SUR LA QUESTION DU KURDISTAN

              Toute d’abord,  il s’agit d’une critique  d’ Henry Kissinger*,Conseiller du président  des Etats –Unis  pour la sécurité nationale de 1969 à 1975, dans son ouvrage « Les années de renouveau »(1), dans la partie concernant  «  la tragédie des Kurdes » il  a écrit que «  Les dieux ne souriaient pas aux amis  de l’Amérique au printemps 1975.Au moment précis  où le Congrès  livrait  le peuple  de l’Indochine au joug  communisme, le shah d’Iran  laissait  les Kurdes d’Irak sans défense face au régime  radical  de Bagdad contrôlé si non  encore officiellement dirigé par Saddam Hussein »(p .505)

 Et puis trente et un ans après la pendaison de Saddam Hussein  sans être jugé pour les crimes  qu’il a  commis contre le peuple du Kurdistan, qui a fait  la disparition de 182.000 kurdes ,8000 kurdes Barzanis et l’utilisation d’armes Les dieux ne souriaient pas aux amis de l’Amérique au printemps 1975. Au moment précis où le Congrès livrait le peuple de l’Indochine au joug communiste, le shah d’Iran laissait les Kurdes d’Irak sans défense face au régime radical de Bagdad contrôlé, sinon encore officiellement dirigé, par Saddam Hussein.Selon  Henry  Kissinger

--* Henry Kissinger est certainement le diplomate américain le plus célèbre de son siècle et, à ce titre, l’une des grandes figures de l’histoire contemporaine. Très attendu, ce troisième et dernier tome des Mémoires s’ouvre sur la démission de Richard Nixon, victime de la crise du Watergate, le 9 août 1974, et court jusqu’à la fin de l’administration Ford, vice-président devenu président des États-Unis jusqu’à l’entrée en fonctions de Jimmy Carter en janvier 1977. Pendant toute cette période, Henry Kissinger continue d’exercer ses responsabilités de secrétaire d’État. L’expérience accumulée dans les couloirs de la Maison-Blanche (air de lui l’homme fort de la nouvelle administration. L’époque est féconde en secousses politiques. Il y a d’abord les turbulences consécutives à la défaite au Vietnam: le Congrès affirme ses prétentions dans la conduite des affaires étrangères face à une administration qui assiste, impuissante, au démantèlement de ses services de renseignement. C’est aussi la crise de Chypre, puis les débuts de la guerre au Liban. Mais ces années voient également l’amorce d’une politique de paix au Moyen-Orient, avec la rencontre

 

 

 

 

Sur la tragédie des Kurdes

Les origines du programme

 

 Selon Monsieur Kissinger les États-Unis aidaient les Kurdes depuis 1972, bien que leur engagement fût négligeable comparé à l’action qu’ils avaient menée en Indochine. Mais, alors que nous aurions pu empêcher la chute de l’Indochine — au moins en 1975  en accordant à nos alliés l’aide qu’ils étaient en droit d’espérer, sauver les Kurdes nous aurait obligés à ouvrir un nouveau front dans des montagnes inhospitalières proches de la frontière soviétique. Notre engagement aurait dû de faire au grand jour, sur une échelle considérable et sans que nous puissions avoir la moindre idée des conséquences d’une telle intervention, alors que l’Indochine était en pleine désintégration. Les relations Est-Ouest battaient de l’aile et les négociations au Moyen-Orient s’étaient enlisées. Et tout cela pour soutenir une «opération clandestine», et au moment où l’offensive parlementaire contre ce type d’activités prenait de la vitesse.

 

Or, en l’espace de quelques mois, le sort des Kurdes allait devenir l’enjeu de l’un de ces épisodes d’auto flagellation par lesquels le narcissisme propre aux années 1970 tenta d’expier l’optimisme exubérant.du début des années 1960. Les commissions parlementaires stigmatisèrent en effet l’administration Nixon pour avoir voulu aider les Kurdes à parvenir à l’autonomie, et l’administration Ford pour ne pas avoir empêché le shah de se désolidariser de cette entreprise conjointe. C’est ainsi, entre autres, que certains grands responsables de l’abandon de l’Indochine se mirent en règle avec leur conscience.entre Sadate et Yizhac Rabin, le sommet de Vladivostok, au cours duquel un pas décisif est franchi vers la limitation des armements nucléaires, le dialogue avec la Chine, la reconnaissance progressive de la règle de la majorité en Afrique australe. Ainsi s’amorce le renouveau américain.

 

Avec un rare talent pédagogique et le sens de l’histoire qu’on lui connaît, Henry Kissinger s’attache à lire, à la lumière de ces événements, les conflits et les situations politiques les plus brûlants d’aujourd’hui. Mais c’est avant tout en écrivain que ce témoin privilégié raconte et brosse les portraits de Richard Nixon, Gerald Ford, Valéry Giscard d’Estaing, Mao, Zhou Enlai, Deng Xiaoping, Brejnev, et avec eux bien d’autres hommes d’État.Comme Brejnev et les autres  dirigeants des USA, Henry Kissinger, est aussi criminel de la guerre impérialiste. Il a compté mal les Kurdes comme les colonialistes  turc arabes et perse « Compte aujourd’hui plus de 25 millions d’individus, a été victime d’événements qui remontent à des siècles. Depuis son avènement à la fin de la Première Guerre mondiale, cet Etat nation du Moyen-Orient a été partagé entre l’Iran, l’Irak, la Syrie, la Turquie et l’ex-Union soviétique. On avait promis aux ‘Kurdes un pays indépendant, mais, lorsqu’elles tracèrent les frontières du Moyen-Orient après la Première Guerre mondiale, les puissances européennes ne tinrent aucun compte de leur désir d’autodétermination, Depuis, les aspirations nationales kurdes ont toujours posé un problème délicat à leurs pays hôtes, dont les relations avec les États-Unis couvrent toute la gamme des possibilités certains, telle la Turquie, ont été des alliés; d’autres, tel l’irak., se sont montrés plus souvent des adversaires; l’iran. a été l’un ou l’autre selon la période considérée; la Syrie, quant à elle, se qualifierait volontiers de non alignée. D’autres pays encore, tels Israel et la Jordanie, ont pris position à l’occasion pour des raisons d’opportunité politique et pour affaiblir un adversaire — généralement l’Irak (voir la carte, p. 2).La question qui se pose pour quelle raison les Etats-Unis se sont mêlés  à la question Kurde et ont participé aux crimes contre le peuple kurde  à côtés des Etats colonialistes ?

Pour Henry Kissinger, « L’engagement américain a une double origine, idéologique et stratégique. La tradition wilsonienne nous pousse à soutenir l’autodétermination nationale, mais elle engendre aussi ce qui semble en passe de devenir l’éternel dilemme politique de l’Amérique : les limites de ses obligations dans des zones aussi lointaines et inaccessibles que les enclaves kurdes, au coeur de pays qui influent profondément sur l’intérêt national américain. Comment définir le moment où le soutien sans réserve aux aspirations des Kurdes doit faire place à leur abandon dans une région qui forme le pivot stratégique du croissant du Moyen- Orient détenteur de pétrole et du golfe Persique? »

 

Lé problème s’est révélé d’autant plus complexe que l’aide américaine ne pouvait parvenir aux zones kurdes que par le territoire de pays alliés des États- Unis — l’Iran pendant la période de Ford, la Turquie pendant celle de Clinton. Mais l’objectif que ces pays partageaient avec l’Amérique (empêcher un régime communiste, ou à tout le moins hostile, de mettre la main sur les enclaves kurdes) n’était commun que jusqu’à un certain point. Ni l’iran. Des années 1970, ni la Turquie des années 1990 n’avaient en effet le moindre intérêt à voir le nationalisme embraser leur propre population kurde, et ils n’étaient pas davantage disposés à céder leur minorité à un État kurde unifié, En même temps, ces deux pays occupaient une place centrale dans la stratégie globale de l’Amérique.

 

De sorte que les entreprises américaines dans les régions kurdes de l’Irak se sont caractérisées par leur ambivalence avant de sombrer. Des États voisins tels que la Turquie et iran. Apportaient leur appui aux Kurdes pour détourner les pressions irakiennes de leurs propres territoires. Mais à aucun moment ils ne furent disposés à se rallier à l’idée d’un État kurde. De même, les administrations Nixon, Ford, Bush et Clinton ne soutinrent jamais l’indépendance des Kurdes irakiens, et encore moins des Kurdes des pays voisins. Toutes s’efforcèrent dd’ concilier l’autonomie kurde et la sauvegarde de

L’intégrité territoriale de l’Irak apparut, surtout après que iran. Fut devenu un État fondamentaliste hostile sous la direction de l’ayatollah Khomeyni, pouvoir faire contrepoids aux ambitions iraniennes. »

« Pour les Kurdes, l’interaction de ces objectifs conflictuels ne pouvait engendrer que des désillusions, voire une tragédie. Ce fut le cas en mars 1975, quand l’Iran et l’Irak parvinrent à un accord qui mit fin aux espoirs d’autonomie des Kurdes au nom des intérêts nationaux de ces deux voisins, La situation se répéta en 1996, lorsque Saddam Hussein rogna considérablement l’autonomie kurde mise en place sous l’égide des Américains après la guerre du Golfe en 1991, au moment où une faction kurde rallia son camp pour abattre ses rivaux soutenus par les Américains. L’administration Ford avait de meilleures raisons que celle de Clinton, à mon sens, de ne pas étendre son engagement, mais ces deux exemples illustrent les limites et les incertitudes de l’intérêt américain dans le lointain pays kurde. »

 

Quels sont les intérêts des USA dans la résolution de la question du Kurdistan  du fait  qu’au moment  de l’adoption  de la déclaration de 1964, à l’ONU, les USA ont voté contre cette déclaration ?  , Mais Mr  Kissinger  falsifie la réalité  par la déclaration suivante : «  L’idée de soutenir de l’extérieur les aspirations autonomistes des Kurdes ne revient pas aux administrations Nixon et Ford, comme on l’affirme habituellement, mais celles-ci furent les premières à les appuyer directement en mobilisant des ressources américaines. Comme nous soutenions un groupe ethnique contre son gouvernement légal, et que d’autres pays, en particulier l’iran. Et Israélo, participaient à l’opération, celle-ci devait forcément être «clandestine » — située dans cette zone grise entre la force non dissimulée et la diplomatie. » La solution des USA, prévoyait l’autonomie, alors le Traité de l’autonomie avait été signé en 1970. Or, il ne s’agit du droit  à l’autonomie culturelle, il s’agit du droit à l’autodétermination de la nation kurde, les USA étaient contre.

 

Henry Kissinger ajoute «  Notre engagement direct avec les Kurdes découlait de la visite que Nixon fit au shah d’Iran en mai 1972, à la suite de son sommet avec Brejnev à Moscou. Le fait d’avoir bénéficié pendant une semaine de l’hospitalité du Kremlin pour célébrer la détente n’avait pas modifié les priorités stratégiques de Nixon. Tout en favorisant la détente, il chercha toujours à s’assurer la marge de manoeuvre la plus large dans la confrontation qui opposait les États-Unis et l’Union soviétique.

Cette confrontation avait pris pied à ce moment précis en Irak, à la porte du shah. Elle portait sur l’orientation politique future d’un pays qui venait immédiatement après l’Arabie saoudite par l’importance de ses réserves en pétrole et qui disposait de ce fait des ressources nécessaires pour menacer l’équilibre au Moyen-Orient, et en particulier dans le Golfe. En 1968, le parti Baas, qui défendait un programme socialiste radical sur le plan intérieur et professait une hostilité militante vis-à-vis de l’Occident, était revenu au pouvoir à Bagdad. Comme on pouvait s’y attendre, l’Irak de Saddam Hussein se rapprocha de plus en plus de l’Union soviétique, et cela à un moment où la présence de quinze mille soldats soviétiques en Égypte soulignait le danger de voir le Moyen-Orient tout entier passer sous l’influence de Moscou. Indépendamment de la détente, la réduction de cette influence constituait un objectif central de notre stratégie. De fait, la détente nous paraissait un moyen de tenir la stratégie soviétique, par des armes soviétiques, se jugeaient particulièrement menacés par la nouvelle orientation irakienne. Tous trois étaient amis des États-Unis. Tous trois aidaient les Kurdes en sous-main. Les aspirations de ceux-ci à l’autonomie dans le nord montagneux et peu hospitalier de l’Irak représentaient une carte à jouer pour ces pays qui souhaitaient éloigner les forces et les ressources du régime baasiste de leurs frontières Sans participer concrètement à cette aide clandestine, nos services de renseignement en étaient informés par leurs homologues de chacun des États en cause. Et, bien entendu, tous ces pays recevaient une aide économique et militaire des États-Unis.

 

Pendant un court moment, on crut les Irakiens et les Kurdes sur le point de régler leurs différends. Le 11 mars 1970, Bagdad et le chef kurde Mustafa Barzani parvinrent à un accord 1• Le gouvernement baasiste acceptait de transformer l’Irak en un Etat multiethnique composé de deux nationalités principales, les Arabes et les Kurdes. L’accord prévoyait l’institution d’un vice-président kurde, le statut de langue officielle pour le kurde, et une représentation kurde proportionnelle dans le nouveau parlement irakien.

 

        Au cours des mois suivants, l’accord achoppa sur la définition de l’autonomie, comme c’est habituellement le cas lorsqu’on tente de répartir le pouvoir entre deux groupes ethniques antagonistes. Pour Barzani, l’autonomie signifiait qu’on se dirigeait vers une indépendance de facto, alors que Saddam Hussein considérait l’accord comme un pas tactique vers la mise en oeuvre de l’idéal baasiste un État unitaire.

 

À l’automne 1971, les relations entre les Kurdes et Bagdad atteignirent de nouveau un point de rupture. Les Kurdes imputèrent une tentative d’assassinat de Barzani à Saddam Hussein, qui accrut encore leurs soupçons en favorisant la formation d’un gouvernement d’unité nationale avec le parti communiste. Ce recentrage isola les Kurdes, qui reprirent la guérilla avec l’appui de l’Iran et d’Israel. En novembre 1971, puis de nouveau en mars 1972, le shah demanda son concours à Nixon pour aider Barzani. Le 28 mars, le roi de Jordanie servit d’intermédiaire pour en appeler à Nixon au nom de Barzani, Et Israel, bien que s’étant toujours abstenu de lancer directement un appel de fonds, nous tint régulièrement informés de ses inquiétudes quant à l’orientation de la politique irakienne et de l’intérêt que présentaient pour lui des zones kurdes autonomes. » C’est ici qui réside les enjeux de la Question du Kurdistan. D’une part « 

Une visite du Premier ministre soviétique Alexeï Kossyguine à Bagdad en avril 1972 nous incita néanmoins à revoir notre politique de non-intervention. Le 9 avril, Kossyguine signa en effet un traité d’amitié avec l’Irak qui, même véritable enjeu géopolitique, était en passe de s’affirmer comme le principal allié des Soviétiques dans la région. Plus puissamment armées, les forces irakiennes intensifièrent leurs attaques contre les Kurdes, qui bientôt ne purent plus faire face en dépit de l’aide clandestine iranienne et israélienne. Des heurts s’ensuivirent entre unités irakiennes et iraniennes le long de leur frontière commune. » Et d’autre part «  la visite 4e Nixon au shah à Téhéran, les 30 et 31 mai 1972. Nous étions tous épuisés par la tension physique et nerveuse qui avait entouré le sommet de Moscou, et que Nixon avait mené à bien malgré le bombardement et le blocus du Nord Vietnam, allié des Soviétiques — quinze jours avant la visite prévue et six mois avant une élection présidentielle. » Finalement le Kurdistan Sud est sacrifié aux intérêts des USA.

 

Considérant que le PDK Irak est originaire d’une forme de l’organisation politique  formé par les soviétique, Kissinger  a dit clairement «  Nous nous efforçons de faire échec à l’influence des Soviétiques partout où elle se manifeste et de les épuiser où qu’ils s’aventurent. Nous voulons que le BureauLe shah trouve donc en Nixon un interlocuteur attentif lorsqu’il dit craindre que «les Soviétiques ne forment une coalition entre Kurdes, partisans du Baas et communistes».

Nixon prit deux décisions à la suite de sa discussion avec le shah. Pour contrer l’accord Kossyguine-Sadate sur les livraisons d’armes, il approuva la vente d’avions à haute performance commandés par le shah, mais en suspens en raison de querelles internes au Pentagone sur la question de savoir si on livrerait à l’Iran le F-15 de l’Air Force ou le F-14 de la Marine. Le Président résolut le problème en approuvant les deux modèles et en laissant le choix final au shah. (À la suite de quoi l’on s’empressa de colporter que Nixon avait ordonné au Pentagone de livrer au shah ce qu’il voulait. Or, les instructions présidentielles étaient limitées au choix entre F-14 et F-15.)

En même temps, Nixon parvint à la conclusion que, sans le soutien américain, la rébellion des Kurdes contre le gouvernement de Bagdad courait à l’échec. Il fallait une participation de l’Amérique sous une forme ou une autre pour maintenir le moral d’alliés majeurs comme l’Iran et la Jordanie, même si leurs mobiles différaient, et pour contribuer à l’équilibre des forces dans la région.

Nous voulions accroître le coût, pour les Irakiens, d’imposer leur régime et étendre le pouvoir de négociation des Kurdes afin d’inciter Bagdad à mener une politique plus attentive à la sécurité de ses voisins et à l’autonomie de la minorité kurde. La participation de l’Amérique jouerait un rôle déterminant: »C’est ainsi que la criminalité de la Maison Blanche est constituée. « les services de renseignement américains comme des combattants fanatiques de la guerre froide, agissant en marge de toute autorité politique, et toujours prêts à mettre en péril les positions américaines pour mener à bien leurs machinations délirantes. Cette CIA, si elle a vraiment existé, resta dans l’ombre sous Nixon et Ford. Toutes les grandes opérations clandestines de cette époque — le Chili, les Kurdes, l’Angola — furent ordonnées par la Maison-Blanche et, si elles furent conduites en secret, c’est surtout parce qu’elles n’étaient pas adaptées à la diplomatie menée au grand jour. La rébellion kurde se produisit sur le territoire souverain d’un allié reconnu des États-Unis, et un groupe de pays alliés aux Etats-Unis et bénéficiant de leur appui financier la soutenait déjà en secret. Il existait un risque d’escalade, mais voisins. Le moment venu, cette subversion, appuyée par les forces armées irakiennes en rapide expansion, était susceptible de menacer sérieusement les États du Golfe, l’Iran, voire la Turquie. » (p ; 512) H. Kissinger affirme que «. Surtout, nous aurions dû mieux comprendre que les Kurdes pouvaient être des partenaires inconstants, trouvant difficilement leur place dans une stratégie globale quelconque. Quoi qu’en disent leurs chefs, seule la recherche de l’indépendance — ou du moins de l’autonomie totale — les mobilisait, et ils résistèrent toujours aux tentatives des puissances extérieures d’adapter leurs priorités à l’équilibre géopolitique tel qu’elles le concevaient » (.) Les États-Unis allouèrent 250000 dollars par mois en soutien direct pour l’exercice 1973, plus 2 millions de dollars pour les munitions, soit quelque 5 millions de dollars par an. Le shah versa une subvention plus élevée, Le montant total de l’aide aux Kurdes, à laquelle contribuèrent également Israel, la Grande-Bretagne et l’Iran, atteignit presque un million de dollars par mois. Au vu des normes de la guerre froide, ce n’était pas un effort important.

 

En juillet 1972, alors que nous délibérions du bien-fondé de la participation de l’Amérique, l’Égypte expulsa les troupes et les conseillers soviétiques. Cette décision accentua l’importance de l’irak pour la stratégie soviétique au Moyen-Orient et n’en incita que plus Moscou à renforcer ses liens avec le régime de Bagdad. À la fin d’août, Mikhaïl Souslov, membre du Bureau politique, pressa Barzani d’accepter de faire partie du nouveau gouvernement

«  Avec l’approbation de Nixon, j’adressai donc le message suivant à Barzani le 16 octobre: «Nous ne pensons pas — je répète, nous ne pensons pas — judicieux pour vous d’entreprendre l’action militaire suggérée par les Israéliens. » Toute autre décision menaçait d’entraîner la destruction des Kurdes sans pour autant aider Israel Barzani reçut mon message le jour précis où le général Ariel Sharon traversa le canal de Suez avec ses blindés. Six jours plus tard, le cessez-le-feu était proclamé. »

 

• Le shah lança un avertissement: une défaite des Kurdes compromettrait l’équilibre en Irak et accroîtrait l’influence des extrémistes et des Soviétiques dans la région, amplifiant la menace contre le Golfe et l’Iran.

• Israel s’en mêla en appelant à un soutien accru des Kurdes; Golda Meir souleva le problème avec moi à plusieurs reprises pendant la navette d’où sortit l’accord de désengagement sur les hauteurs du Golan en mai 1974.

• Barzani s’empressa de relever le gant. Il vit dans la rupture des pourparlers avec Bagdad une occasion de se dégager des contraintes imposées par sestonomie, mais qui se confondait avec l’indépendance. Le 16 mars 1974, Barzani nous présenta deux options pour la stratégie qu’il envisageait: 180 millions de dollars pour l’autonomie pleine et entière, 360 millions de dollars pour mettre en place ce qu’il appelait une infrastructure d’indépendance «appropriée».

Barzani avait la détermination sans laquelle peu de luttes pour l’indépendance ne verraient jamais le jour. Invariablement menées contre des forces supérieures au départ, ces luttes se nourrissent d’une foi extraordinaire et d’une sorte d’indifférence totale aux considérations ordinaires d’équilibre des forces. Si la motivation se révèle souvent capable de compenser le manque de ressources matérielles, il existe néanmoins une limite objective qu’aucun attachement inconditionnel à une cause ne modifiera jamais. L’autonomie kurde selon Barzani n’aurait jamais eu l’aval du shah (ni celui de la Turquie en l’occurrence). Et les États-Unis ne se trouvaient pas en mesure de dégager les crédits qu’il demandait : même son chiffre minimal excédait le budget total alloué à l’ensemble des opérations secrètes américaines en cours.La requête de Barzani déclencha un déluge de communications de Colby, sonnant l’alerte contre toute augmentation de l’aide américaine. Les réticences de Colby manquaient tout autant de réalisme que l’exaltation de Barzani. (;;), je poussai en faveur d’une aide accrue aux Kurdes et demandai à Dick Heims et à Brent Scowcroft de soumettre une proposition.

 

Au début d’avril 1974, tous deux présentèrent leurs conclusions. Celles-ci prévoyaient un doublement ou presque des ressources octroyées aux Kurdes; la contribution secrète américaine passait de 5 à 8 millions de dollars. Et l’on augmentait d’un million de dollars le secours aux réfugiés, alloué officiellement. Le shah accepta de porter sa participation de 30 à 75 millions de dollars par an; la Grande-Bretagne et Israel maintinrent leur aide aux niveaux existants.

Pour aider à définir une stratégie commune, sinon un objectif commun, je demandai à Helms de dire ceci au shah et à Barzani:

Tels que nous les voyons, les intérêts américains sont les suivants

: (A) donner aux Kurdes la capacité de maintenir une position car une zone kurde indépendante ne serait pas viable sur le plan économique, et les États-Unis et l’Iran n’ont aucun intérêt à fermer la porte à de bonnes relations avec un Irak doté d’un gouvernement modéré. Colby reçut des instructions similaires. La CIA, en charge de l’application du nouveau programme pour / le camp américain, traîna les pieds; le shah rechercha l’impasse défensive; et Barzani tenta de remporter la victoire avec des ressources à peine suffisantes pour défendre son bastion.

 

On se heurtait à trois problèmes la stratégie de Colby visait surtout à éviter les tracasseries des commissions parlementaires et se désintéressait de la situation sur le terrain; celle de Barzani ne pouvait être couronnée de succès que par une guerre conventionnelle, et non de guérilla; celle de la Maison-Blanche et de l’Iran sous-entendait que l’autonomie kurde exigeait une impasse quasi permanente — or les impasses contre un adversaire déterminé sont difficiles à tenir par des opérations clandestines non reconnues.

 

Le comportement des Kurdes ne simplifiait pas l’évaluation de leurs véritables besoins. À certains moments, US semblait être dans une situation désespérée; à d’autres, ils exultaient. Ainsi, le 27juillet 1974, le shah fit suivre une demande instante d’aide émanant de Barzani en l’accompagnant d’une mise en garde personnelle contre les graves conséquences — pour l’Iran et pour le Golfe tout entier — d’un éventuel effondrement de la résistance kurde.

 

Or, à peine quelques semaines plus tard, au début de septembre, Barzani proposa de lancer des opérations offensives kurdes contre les gisements de pétrole de Kirkuk, Nous rejetâmes cette proposition le 18 septembre, car nous ne voulions pas aggraver la crise de l’énergie, déjà sévère, en enclenchant un cycle de violence contre les raffineries du Moyen-Orient. Mais les campagnes périodiques de Barzani en faveur d’actions offensives renforcèrent les arguments des adversaires d’un accroissement de l’aide si les Kurdes réclamaient un supplément d’armes pour mener une grande offensive, c’est qu’ils possédaient sûrement les ressources nécessaires pour défendre leur bastion.

 

 Si nous avions suivi le conseil de la CiA et refusé de fournir des moyens additionnels, les Kurdes se seraient sûrement effondrés. Or, nous ne pouvions absolument pas les soutenir ouvertement; cette guerre posait de grandes difficultés logistiques, elle était menée dans une région très éloignée des États-Unis, et elle était peu compréhensible pour l’opinion américaine. La victoire recherchée par Barzani exigeait en effet une intervention iranienne manifeste, appuyée par les États-Unis. Mais l’ouverture d’un nouveau front au moment où le Vietnam chancelait, où le Moyen- Orient se trouvait dans une situation précaire, et où la détente subissait une guerre de harcèlement, aurait compromis dangereusement le sort d’un autre allié et aurait été, à coup sûr, refusée par le Congrès.

Lorsque, le 26 août 1974, j’informai le nouveau président de la situation dans la région, je lui dis que le shah envisageait d’y envoyer des forces régulières (il avait déjà dépêché des auxiliaires habillés en Kurdes). Mais je lui déconseillai une action de ce type, tentante mais trop imprécise et trop dangereuse. Sauf s’il me donnait des instructions contraires, j’étais partisan de laisser tomber. Le Président ne donna pas suite.

 

Pris dans ces courants contradictoires, j’eus l’idée de deux expédients provisoires. Nous allouâmes ouvertement des fonds d’aide économique aux Kurdes au titre des secours aux réfugiés. Et, le 26 août, Ford approuva un projet que l’ambassadeur israélien Simcha Dinitz et moi-même peaufinions depuis plusieurs semaines. Il prévoyait de transférer aux Kurdes le matériel soviétique pris par Israel au cours de la guerre de 1973, cependant que nous compléterions l’arsenal d’Israel d’une quantité équivalente d’armes américaines. (L’opération se révéla un nouveau cauchemar bureaucratique, qui exigea des mois de négociations entre les agences.) En définitive, l’équivalent d’environ 28 millions de dollars de matériel soviétique fut ainsi transféré, jusqu’au moment où Israel eut épuisé son stock d’armes soviétiques adaptées aux combats en terrain kurde.

À l’automne 1974, alors que l’offensive irakienne contre les Kurdes s’intensifiait, nous reçûmes des appels de plus en plus pressants de ceux-ci ils réclamaient une aide additionnelle, le plus souvent avec le soutien du shah. La CIA s’opposa à toutes ces demandes «Notre aide à Barzani pour les mesure de donner aux Kurdes toute l’assistance dont ils ont besoin; aussi l’Agence recommande-t-elle que de nouvelles augmentations de l’aide aux Kurdes soient laissées aux Iraniens. » Mais le shah, s’il portait à un niveau très supérieur les 75 millions de dollars d’aide qu’il fournissait déjà, se heurterait au même problème Israel À moins que nous ne décidions de lui fournir des armes de remplacement, il affaiblirait ses propres forces armées. Et, si nous le faisions, nous nous engagerions dans une bataille parlementaire perdue d’avance.

 

Lorsque la résistance kurde s’effondra, Washington entama les manœuvres l’Amérique, pour proposer de dissocier la CIA de toute l’entreprise. La politique américaine ayant consisté à acheminer l’aide via l’Iran, écrivait Colby, toute aide directe aux Kurdes. Mais, au moment où Saddam Hussein lança une offensive généralisée, les représentants locaux de la CIA furent soudain profondément choqués par la tragédie qui se déroulait autour d’eux. La crise kurde se termina tristement, comme ce serait de nouveau le cas plus de vingt ans après pour des raisons plus générales: une géographie décourageante, des mobiles ambivalents de la part des pays voisins, et des motivations incompatibles au sein de la communauté kurde elle-même, Les âmes vertueuses qui parlèrent plus tard de « cynisme» et de «trahison » — alors qu’elles restaient silencieuses, ou pis, sur la tragédie infiniment plus considérable qui se déroulait en Indochine — ne proposèrent jamais aucune autre ligne d’action à laquelle rien ne nous aurait empêchés de nous rallier.

 

En tant qu’étude de cas, la tragédie kurde est riche d’enseignements sur la nécessité de clarifier les objectifs d’entrée de jeu, de fixer des buts compatibles avec les moyens disponibles, de réexaminer périodiquement une opération, et sur le caractère indispensable de la cohésion parmi les alliés. Tous ces principes furent pris en compte à un moment ou à un autre, mais peut-être pas avec l’attention requise. En outre, leur application à la situation en question se révéla illusoire. Taire et l’épuisement progressif de notre adversaire. Mais rien ne nous permettait de savoir, lorsque nous lançâmes le programme kurde, à quel point nos turbulences internes allaient grever notre endurance. Vingt ans ont passé, et je continue de penser que toute autre décision eût été pire. Si, en effet, nous avions refusé de nous lancer dans l’opération kurde en 1972 et si nous avions donc laissé toute liberté aux Irakiens de concentrer leurs efforts sur le Golfe, le cours de la diplomatie au Moyen-Orient en aurait peut-être été changé, surtout pendant et après la guerre israélo-arabe d’octobre 1973. Ce qui ne consolera guère le peuple kurde, éternelle victime de l’Histoire. (P 505-524)

 

Après la défaite  kurde, Les USA, la France, Angleterre, Russie Soviétique   ont fourni l’aide militaire à l’Iran et à l’Iran et les armes  chimiques  ont été utilisées contre la population civile  kurde à Halabja et dans les autres endroits  .Il nous semble que « Les dieux » d’ Henry Kissinger cachent  des vérités des peuples encore. » « Les Etats –Unis aidaient les Kurdes depuis 1972, » selon Henry Kissinger «   bien que  leur engagement  fut négligeable comparé  à l’action  qu’ils avaient menée en Indochine.Mais alors  aurions  pu empêcher  la chute de l’Indochine-au moins en 1975-en accordant à nos alliées l’aide qu’ils étaient en droit d’espérer, sauver  les Kurdes nous aurait  obligés à ouvrir un nouveau  dans des montagnes inhospitaliers proches de la  frontière  soviétique ».Mais comme  ses  dieux, Henry Kissinger, a caché la vérité  qui était la base de la politique  extérieure des USA. La question qui se pose  pour quelle  raison   la CIA avait établi ses relations avec les Kurdes avant 1972 alors les Kurdes étaient des alliées de l’Union Soviétique ? Comment  les Etats-Unis  pourraient résoudre la solution de la question nationale du Kurdistan alors chez  ses alliés la Turquie et l’Iran, qui  ont massacré les Kurdes, la République de Mahabad a été supprimée ? De plus avec l’aide de l’impérialisme britannique  et de la complexité hypocrite de Staline   le Peuple Kurde au Kurdistan Ouest   a fait  l’objet du génocide  grâce à l’aide des alliés  de la politique  militaire américaine. Actuellement les USA disposaient des  bases militaires  sur le sol du Kurdistan Nord, utilisées contre le droit à l’autodétermination de la nation du Kurdistan. Y a-t-il des points communs avec le rapport de James Baker ?

 

     A sa manière, Henry Kissinger veut donner la réponse à sa manière en exposant toutes la contradiction s de la politique extérieure et intérieure des USA face à la question kurde et à la question de l’Indochine. «  Notre engagement  aurait dû  se faire  au grand jour, sur une échelle considérable  et sans que  nous puissions avoir  la moindre  idée des conséquences d’une telle intervention, alors que  l’Indochine était en plaine  désintégration. Les relations  Est –Ouest battaient  de l’aile  et les négociations au Moyen Orient s’étaient  enlisées. » Selon  Henry Kissinger, «   Les commissions parlementaires  stigmatisèrent  en effet, l’administration  Nixon  peut avoir voulu aider  les Kurdes  à parvenir  à l’autonomie , et l’administration Ford pour ne pas  avoir empêché le chah  de se  désolida    riser  de cette entreprise conjointe ».Cette approche est contradictoire, car Henry Kissinger,  lui m^me précisé que «  le 11 mars 1970 Bagdad et  le chef kurde  Mustafa Barzani parvirent à un accord . Le gouvernement baasiste acceptait   de transformer l’Irak  en un Etat multiethnique composé de deux nationalités  principales, les arabes te les Kurdes» (p ; 509) Or, il  y a aucune contribution des USA à l’accord pour l’autonomie au Kurdistan, qui n’  était pas une solution  pour résoudre la  question du droit à l’autodétermination de la nation du Kurdistan, et qui n’a pas été respecté par Saddam qui a tenté d’assassiner Mustafa Barzani en automne 1971. « L’engagement  américain  a une double origine idéologique  et stratégique » selon Henry Kissinger, «  la tradition wilsonienne nous pousse  à soutenir  l’autodétermination nationale »,(..),mais «  les  l’administration Nixon,Ford ;Bush, Clinton, ne soutinrent jamais  l’indépendance  des Kurdes  irakiens et encore  moins  des Kurdes  des pays voisins. »(p.507). Henry Kissinger pose la question  lui-même  semblable à la problématique du rapport de James Baker «  Comment définir  le moment où le soutien sans réserve  aux aspiration des Kurdes  doit  faire place  à leur  abandon  dans une région  qui forme le pivot stratégique  du croissant du Moyen Orient  détenteur  de pétrole  et du Golfe Persique ? »(p.507).

     En quoi consistait  la politique de «   l’administration Nixon,Ford ;Bush, Clinton ? »

  Lors de son arrivée au pouvoir en 1969, le républicain Nixon appela l’expert en politique étrangère Henry Kissinger au poste d’assistant pour les affaires de sécurité nationale. Ce duo mena la politique la plus réaliste (et la moins idéologique) de l’histoire des Etats-Unis. Kissinger renouait avec le réalisme traditionnel de Roosevelt en le modernisant, Nixon partageant cette vision du monde : le duo poursuivit certes la politique d’endiguement vis à vis de l’URSS, mais il porta un regard froid sur cette lutte en refusant de prendre en compte le facteur idéologique.


         Nixon et Kissinger considérèrent la Guerre Froide comme un affrontement entre deux grandes puissances dont les intérêts étaient concurrents. La mise en sourdine de la lutte idéologique permit à Nixon de se retirer du Vietnam en 1973 et de fonder une alliance stratégique avec l’autre grand pays communiste qu’était la Chine. Ce revirement inattendu constitua un véritable « coup de poker » du duo qui se révéla être un grand succès diplomatique, menant à la « détente » (accords avec l’URSS sur la limitation des armes stratégiques, SALT I en 1972 et SALT II en 1974).


           Pourtant les Etats-Unis se fourvoyaient dans des alliances avec des états autoritaires, participant au renversement de Salvador Allende par le Général Pinochet au Chili, en 1973. Après la démission de Nixon suite au scandale du Watergate, Gerald Ford (1974-1977) reprit le flambeau présidentiel en conservant Kissinger à la tête de la politique étrangère du pays. La continuation de la politique précédente aboutit à la signature des accords d’Helsinki en 1975, fondant la CSCE (Conférence sur la Sécurité et la coopération en Europe, avec participation de l’URSS et des USA).


            Nixon et Kissinger, en pratiquant un réalisme poussé qui n’avait pas été repris depuis Théodore Roosevelt, bouleversèrent les données de la politique étrangère américaine pour une courte durée. En effet, dès 1977, le démocrate Carter, renoua avec la tradition américaine mêlant morale et politique.En 1977, après les présidences républicaines de Nixon et Ford, le démocrate Carter réinstaura la morale et le droit dans la politique américaine, par la promotion et la défense des droits de l’homme dans le monde. Ce nouveau cheval de bataille lui permit de continuer à s’opposer à l’URSS sur ce point tout en nouant des alliances plus morales et moins opportunistes. Cela permit pour un temps de redonner une « virginité idéologique » aux USA, qui s’étaient compromis avec des régimes autoritaires durant les années 1970. Le meilleur exemple en est sans aucun doute le travail que fit Jimmy Carter pour qu’israéliens et égyptiens signent un accord de paix. La rencontre de Camp David entre Anouar el-Sadate, président égyptien, et Menahem Begin, premier ministre israélien en 1979, fut l’un des faits marquants de la présidence de Carter. Cependant, l’idée de la supériorité et de l’exception américaines étaient toujours présents : « Nous avons notre forme de gouvernement démocratique que nous pensons être la meilleure. Dans tout ce que je fais concernant la politique intérieure ou extérieure, j’essaie de faire en sorte que les gens réalisent que notre système fonctionne […] et que cela puisse servir d’exemple à d’autres. » (Carter, Discours du 2 mai 1977).


            Souhaitant se rallier d’autres partenaires, les Etats-Unis pratiquèrent une politique d’ouverture, de séduction et de « coexistence pacifique » avec l’Union Soviétique notamment. Pourtant, l’invasion de l’Afghanistan par l’URSS en 1979 marqua la fin de cette politique et le retour à la politique de Contaient.

D’un côté, il entraîna l’URSS dans la « Guerre des étoiles »,

 projet titanesque qui contribua en grande partie à grever les finances déjà vacillantes de l’Union Soviétique, il fit financer et armer les opposants au communisme dans plusieurs pays (antisandinistes du Nicaragua, combattants afghans et surtout islamistes en Afghanistan…), et gagna l’opinion publique à sa politique en la présentant en des termes manichéens, désignant l’URSS comme « l’Empire du mal », et s’attaquant déjà à « la confédération des Etats terroristes » , visant essentiellement l’Iran et la Libye. (Discours sur l’état de l’Union de 1985).


- D’autre part, Reagan se fit le fer de lance de la lutte pour la diffusion de la démocratie dans le monde. S’appuyant sur une théorie formulée par Jeanne Kirkpatrick selon laquelle les dictatures de droite, contrairement à celle de gauche (communisme) sont capables de s’auto-réformer au point de se transformer en démocraties libérales, il élargit de façon conséquente les territoire d’application de la démocratisation et justifiait l’importance des moyens qu’il désirait consacrer à cette cause : « Autour du monde aujourd’hui, la révolution démocratique gagne en force […]. Nous devons être fermes dans notre conviction que la liberté n’est pas uniquement la prérogative de quelques privilégiés mais un droit inaliénable et universel pour tous les êtres humains » (Discours du 8 juin 1982).Mêlant dans ses discours des idées de puissance et de morale, Reagan réussit ainsi à construire une véritable « morale stratégique » américaine : combattre pour la démocratie dans le monde devait permettre la préservation des intérêts américains en tant que première démocratie.

Agissant selon des pratiques réalistes, il désirait cependant renverser le statu-quo au profit des Etats-Unis, et non plus maintenir l’équilibre, comme le fit Nixon. Il utilisait la démocratie non seulement comme fin, mais également comme moyen pour arriver à des fins plus pragmatiques : la chute de l’URSS.

George Bush eut la charge difficile d’être le premier président américain depuis près de 50 ans à faire passer le monde de l’ancien système international bipolaire de la Guerre Froide à un nouveau contexte mondial dans lequel les Etats-Unis avaient le statut d’unique grande puissance. Le président, qui appartenait à la branche « réaliste » et gestionnaire des reaganiens s’attacha, dans un contexte international très instable, à créer de nouveaux liens avec l’ancien ennemi russe et ses satellites qui proclamaient alors tour à tour leur indépendance. Décider des nouveaux objectifs de politique étrangère des Etats-Unis dans le monde de l’après Guerre Froide, il lança, avec ses conseillers, le concept de « Nouvel Ordre Mondial », éminemment wilsonien, puisqu’il se basait sur le respect du droit international et des grandes institutions de coopération : « Nous devons aujourd’hui, en tant que peuple, d’avoir une intention de rendre meilleure la face de la nation et plus douce la face du monde » (George Bush, Curent Documents, 1989, p. 4).

 
         C’est en partie au nom de ce nouvel ordre mondial que les Etats-Unis s’opposèrent militairement à l’invasion du Koweït par l’Irak en 1990-1991, et ce dans le cadre d’une politique multilatéraliste, puisque la coalition dirigée par les Etats-Unis s’était constituée dans le cadre officiel des Nations Unies. Cependant, cette guerre, dite « Guerre du Golfe », allait avoir des conséquences désastreuses dans les années 1990 et le début du XXIème siècle : la présence américaine sur les lieux saints de l’islam et l’évidente hégémonie économique et militaire des Etats-Unis révélèrent au monde entier que l’on était bien passé à une autre ère de l’histoire des relations internationales… Les Etats-Unis allaient-ils devenir les « gendarmes du monde », voire imposer au monde entier leur système de valeurs ?

          L’originalité de Bill Clinton a été d’étendre à la sphère économique le concept de sécurité nationale américaine. « Wilsonien pragmatique », il a lié le libéralisme économique au modèle démocratique. Bill Clinton a ainsi conduit une politique de soutien aux pays les plus prometteurs dans ces deux domaines, afin de rendre le monde plus sûr pour les démocraties et les Etats-Unis.

« Notre stratégie de sécurité nationale est donc fondée sur l’objectif d’élargir la communauté des démocraties de marché tout en dissuadant et en limitant la gamme des menaces qui pèsent sur notre nation, nos alliés et nos intérêts. Plus la démocratie et la libéralisation politique et économique s’imposeront dans le monde, notamment dans les pays d’importance stratégique pour nous, plus notre nation sera en sécurité et plus notre peuple sera susceptible de prospérer ».
Extrait du document Stratégie de sécurité nationale présenté par le Conseil de sécurité Nationale de l’administration Clinton (1994 et 1996)

Contrairement aux réalistes, Clinton a favorisé le Soft power (Pouvoir attractif) aux dépens du Hard power (pouvoir coercitif, notamment les moyens militaires). Ce concept de Soft power, qui est « la capacité d’arriver à ses fin par un pouvoir de séduction et d’attirance, plutôt que par la menace ou la marchandage. », a été défini par Joseph S. Nye, secrétaire adjoint à la Défense de 1994 à 1995. Il s’appuyait notamment sur la coopération internationale et donc le multilatéralisme. Cependant, la politique étrangère de Clinton devint de plus en plus unilatéraliste sous l’influence du Congrès très conservateur. Bill Clinton enregistra des demi-succès : Accords Rabin-Arafat en 1993 et accords de Wye Plantation en 1998, mais remise en cause de ces progrès en 2001 ; intervention et victoire de l’OTAN en 1999 au Kosovo, mais persistance des conflits dans la région, entre autres.

Comme plusieurs ouvrages (America is back, Washington et le monde…) et documentaires (Fahrenheit 9/11, le monde selon Bush) le notent, il convient d’abord de souligner a quel point le nouveau président Bush est apparu en novembre 2000 comme peu intéressé par les questions de politique étrangère, laissant envisager un isolationnisme modéré (projet du bouclier antimissile).
Mais le poids de l’entourage du président et l’accélération des événements suite aux attaques attentats du 11 septembre 2001 ont provoqué un grand changement de stratégie internationale des Etats-Unis. Dans l’équipe présidentielle composée essentiellement de néo-conservateurs (v.def) d’obédience reaganienne, les modérés, des gestionnaires réalistes (Colin Powell, Secrétaire d’Etat, Condoleezza Rice, secrétaire à la Sécurité Nationale), s’effacent derrière le poids des extrémistes (Donald Rumsfeld, Ministre de la Défense, Paul Wolfowitz, son conseiller, et John les mesure, ministre de la justice), qui font partie des wilsoniens réalistes. 

      En tant que scientifique je me suis interrogé  en 1974 sur la tragédie de mon peuple au Kurdistan Sud qui est devenu victime de la politique de s USA et de l’URSS. Au moment  les discussions  sont passées dans la prison militaire  de Diyarbakir, en 1974  parmi mes camarades, Ferit Uzun  Avocat Ibrahim Guçlu et Avocat Mumtaz Kotan, savaient ma prise de position. Les  sympathisants du Général Barzani (proches du PDK –Turquie) sauf  quelques personnalités  les autres ne font que cinq fois prière par jour sous la direction de Shewap Bilgiç, Imam sunnite dans la prison.

A travers de la tragédie, de  ce point de vue, la question de la géopolitique  du Kurdistan est mérite d’être posée         afin d’analyser  les systèmes internationaux et les principes des rapports dans le cadre des systèmes  et la logique de la dynamique internationale.

 Une telle tâche  particulièrement  importante de la science politique  comparative,est l’analyse des principales tendances  du développement social, propice à la guerre  ou à la paix, à l’étude des facteurs influents  sur l’évolution des rapports internationaux, la recherche  des possibilités d’introduire des éléments de la connaissance exacte  de telles out telles solutions politiques .L’existence  des bases militaires de l’OTAN au Kurdistan  Nord occupé et colonisé par l’Etat colonialiste turc, représente   des buts militaires  communs  des  Etats qui sont opposé à la solution de la question nationale du Kurdistan. Tony Blaire était le premier   qui a précisé la politique  coloniale impérialiste britannique au Moyen Orient. C’est pourquoi   le partage du Kurdistan avec le Traité du Sykes Picot en 1916 est le début de cette politique anglo-française.

Face à ces problèmes l’approche  sociologique  des problèmes  des relations internationaux dans le cadre de la géopolitique du Kurdistan qui a été erronée par les chercheurs  ( les données en question se sont de s  données fournies par les Etats colonialistes  qui ont partagé le Kurdistan) exige une analyse scientifique  de la prise des décisions  en matière  de la politique extérieure ; qui est une des  questions principales de la théorie de la politique. La science   est la politique se rapprochent  surtout dans le cadre  de cette théorie qui étudie le fonctionnement du pouvoir politique des Etats concernés dans la question du Kurdistan.

La vérité  c’est que , l’analyse  des problèmes  de politique mondiale  dans le cas du  Kurdistan nécessite que  soit précisée  la notion  de « paix », une paix universelle  comme catégorie  correspondant  à l’intérêt  de toute  l’humanité, conforme  aux principes de la Chartre de l’ONU, qui n’a pas reconnu le statut colonial du Kurdistan.

II.SUR LE RAPPORT DE JAMES BAKER

Le Rapport du groupe d’étude sur l’Irak (Iraq Study Group Report), composé par dix individus sans connaissances approfondies du pays, déterre d’anciennes vaines politiques américaines au Moyen-Orient dont il voudrait faire la substance de la politique actuelle.

L’analyse du Rapport de Monsieur JAMES BAKER

Plus concrètement, en ce qui concerne le rôle de l’Amérique en Irak, le rapport coupe niaisement la poire en deux quant au maintien ou du départ des troupes sans réexaminer un seul instant la prémisse essentielle du gouvernement américain selon laquelle il aurait à assumer la responsabilité de détails irakiens tels que la mise sur pied de projets de création d’emplois. Non, le rapport accepte étourdiment cette supposition stratégique et se contente de modifier des tactiques marginales.

Le cœur du rapport est constitué d’une interminable liste de 79 recommandations. Celles-ci contiennent des perles telles que l’implication de l’Organisation de la Conférence islamique (financée par des fonds Saoudiens) ou de la Ligue arabe (no 3) dans les décisions portant sur l’avenir de l’Irak. On y propose également de créer un « groupe de soutien international » qui inclurait l’Iran, la Syrie (no 5) et le secrétaire général des Nations unies (no 7).

D’autres brillantes recommandations appellent le Conseil de sécurité des ONU à traiter le problème du nucléaire iranien (no 10) et ledit groupe de soutien à persuader Téhéran de « prendre des mesures spécifiques en vue d’améliorer la situation en Irak » (no 11). Oui, le régime iranien, dont le président envisage un « monde sans l’Amérique », irait sauver la mise de Washington. De tels conseils relèvent au mieux de ce que le Jerusalem Post appelle une « naïveté stupéfiante » et au pire d’une insondable sottise.

Bien sûr, des esprits étroits affirment que les problèmes irakiens sont « inextricablement liés » au conflit israélo-palestinien – réitérant ainsi précisément l’erreur commise par James A. Baker III en 1991. L’homme conduisit alors les efforts menant à l’abandon du Golfe Persique au profit d’une concentration sur les Palestiniens, permettant ainsi à Saddam Hussein de passer une douzaine d’années de plus au pouvoir, ce qui contribua directement au désordre actuel. Dans son nouveau rapport, Baker et ses collègues demandent la création d’un État palestinien (no 12) et exigent même qu’un accord final règle le « droit au retour » des Palestiniens (no 17) – une manière de parler du démantèlement de l’État juif. Ils déclarent de manière péremptoire que « les Israéliens devraient restituer les Hauteurs du Golan » en échange d’une garantie de sécurité des États-Unis (no 16).

Outre l’incroyable suffisance de ces déclarations olympiennes, on se demande comment exactement la satisfaction des Palestiniens pourrait mettre un terme à la guerre civile irakienne. Ou pourquoi le conflit israélo-arabe non résolu serait plus important pour l’Irak que le celui, plus proche, mettant aux prises l’Arménie et l’Azerbaïdjan.

Pire encore, Baker a eu le toupet d’admonester l’administration Bush, l’avertissant de ne pas traiter les 79 recommandations du rapport « comme une salade de fruits », c’est-à-dire de n’en prendre que quelques idées et d’en rejeter d’autres, mais de les accepter globalement. Même à Washington, une ville où l’arrogance ne surprend plus guère, cette déclaration a fait tourner les têtes. Que Baker et son adjoint aient pris la pose avec la célèbre photographe Annie Liebovitz pour Men’s Vogue, un magazine de mode, confirme, si besoin est, la vacuité de leur effort. Idem pour leur mandat à la société Edelman, un géant des relations publiques.

Dans l’ensemble, le rapport du groupe d’étude sur l’Irak est une singulière combinaison de précaution bureaucratique, de faux bipartisme, d’analyse insignifiante et de platitudes conventionnelles.

Selon le rapport du Comité éditorial du WSWS ,le président Bush a clairement indiqué jeudi qu’il rejetait les conclusions et les prescriptions politiques du Groupe d’étude sur l’Irak, la commission bipartisane dirigée par l’ancien secrétaire d’Etat James Baker et l’ancien congressiste démocrate Lee Hamilton.

Le rapport de la commission présente un portrait sombre de la position américaine en Irak et conclut que la politique militaire et diplomatique de Bush a été un échec. Mais moins de 24 heures après sa publication, Bush a réitéré sa perspective de victoire militaire en Irak et a rejeté l’appel de la commission pour une stratégie militaire retapée combinée à une initiative diplomatique pour sauver la position américaine qui comprendrait des pourparlers directs avec la Syrie et l’Iran. Pour quelle raison ? C’est la raison pour laquelle  que Donald Rumsfeld, Ministre de la Défense a rendu visite à Saddam pour négocier ? Pour quelle Saddam n’a pas été jugé en raison de l’utilisation d’armes chimiques à Halabja et au Kurdistan Sud ?

A une conférence de presse conjointe avec le premier ministre britannique Tony Blair, Bush a remercié la commission et a louangé son rapport, le décrivant comme une « étude sérieuse » et « très constructive », et a ensuite continué en rejetant ses conclusions.

Il a signalé son rejet du rapport dans ses remarques d’introduction, faisant clairement mention de la « victoire » en Irak. Il a resservi ses phrases toutes faites décrivant l’agression américaine en Irak comme une partie de la « lutte idéologique » mondiale entre les forces de « l’extrémisme » et de la « haine » d’un côté et la « démocratie », la « liberté » et la « civilisation » de l’autre.

Il a encore une fois invoqué le 11-Septembre et comparé le conflit en Irak à la Deuxième Guerre mondiale, citant l’anniversaire de Pearl Harbor ayant eu lieu un 7 décembre pour déclarer : « Dans cette guerre, notre nation se tient solidement debout. Et il y a eu des moments difficiles durant cette guerre ce qui n’a pas empêché les dirigeants de nos deux nations de ne pas perdre la foi en leur capacité à vaincre. Nous tenons solidement debout encore une fois dans cette première guerre du 21e siècle. »

La rhétorique de la « croisade pour la démocratie », recyclée de la pile des précédents discours de Bush, a une signification encore plus grande alors que le Groupe d’étude sur l’Irak a décidé de laisser tomber les prétentions démocratiques de l’occupation américaine. La commission sur l’Irak, tout comme le candidat de Bush au Pentagone, Robert Gates, ont été clair qu’ils considéraient que le but en Irak n’était pas une démocratie « fabriquée aux Etats-Unis », mais plutôt un régime client irakien pouvant assurer un minimum de sécurité et de stabilité.

Bush a minimisé la signification du rapport du Groupe d’étude sur l’Irak en la présentant comme une parmi plusieurs études présentement en cours sur l’Irak, y compris les évaluations préparées par le Pentagone, le département d’Etat et le Conseil de sécurité nationale.

Dans la période de questions des journalistes qui a suivi sa présentation, Bush a carrément rejeté l’appel de la commission Baker-Hamilton pour que les Etats-Unis entreprennent des pourparlers directs avec la Syrie et l’Iran comme partie d’une initiative diplomatique à travers le Moyen-Orient pour stabiliser le régime irakien. Il a implicitement rejeté la conclusion de la commission qu’un désastre américain en Irak ne pouvait être évité que par une tentative de lancer une nouvelle ronde de pourparlers de paix entre Israël et les Palestiniens.

Il a réitéré sa position que les Etats-Unis ne parleraient pas à l’Iran avant qu’il ait accepté de suspendre son programme d’enrichissement nucléaire. « Nous avons fait notre choix. L’Iran a maintenant la responsabilité de faire le sien », a-t-il déclaré.

De la même façon, il a exclu d’entreprendre des pourparlers avec la Syrie avant qu’elle ait accepté une série de demandes américaines concernant son rôle en Irak, au Liban et avec l’Autorité palestinienne. « Notre position est très claire. Et la vérité est que la question est que ces pays doivent maintenant faire un choix », a-t-il dit.

Alors que le rapport du Groupe d’étude sur l’Irak caractérise la situation en Irak comme « grave et se détériorant », qu’il donne l’avertissement que les Etats-Unis sont en train de perdre leur influence et que le « temps commence à manquer », Bush ne va pas plus loin que concéder qu’il a été « déçu du rythme du succès ».

Pour insister sur le fait qu’il privilégie une politique de continuation et d’intensification de la violence militaire, il a déclaré : « Un choc idéologique se produit maintenant. Et la question est : avons-nous la volonté et la confiance que la liberté prévaudra ?... Ce n’est pas une question que ce gouvernement va se poser, puisque nous nous sommes fait une idée. »

Le rejet rapide par le président américain des conclusions d’une commission dirigée par James Baker - qui fut secrétaire d’Etat dans l’administration de Bush père et qui a été de nombreuses fois le réparateur politique de l’establishment - se traduit par une intensification de la crise politique et des divisions acerbes au sein des cercles dirigeants des Etats-Unis sur la question de l’Irak.

L’opposition aux propositions de la commission a aussi trouvé expression lors du témoignage de Baker et d’Hamilton devant le Comité sénatorial des forces armées jeudi.

Le sénateur John McCain de l’Arizona, l’un des favoris à l’investiture présidentielle républicaine de 2008, a dénoncé l’appel du comité au retrait de toutes les brigades combattantes américaines de l’Irak d’ici 2008, le qualifiant de « recette qui mènera à notre défaite en Irak ». Il a de la même façon rejetée la conclusion que l’armée des Etats-Unis était déjà trop utilisée pour permettre une importante augmentation du déploiement de troupes d’occupation en Irak.

Il a rejeté la proposition d’entreprendre des pourparlers avec l’Iran et la Syrie, déclarant : « Je ne crois pas qu’il y ait d’avantages à court terme à faire une conférence pacifique avec des personnes qui sont vouées à vous exterminer. » Comme McCain, le sénateur Joseph Lieberman a aussi critiqué le rapport du comité, mettant carrément en doute les propositions de pourparlers avec l’Iran et la Syrie. Le sénateur républicain Lindsey Graham, de Caroline du Sud, a défendu la position d’augmenter considérablement le déploiement de troupes américaines en Irak. Un démocrate en vue, le sénateur Joseph Biden du Delaware, le prochain président de la commission sénatoriale des affaires étrangères, a lui aussi critiqué la proposition du rapport du Groupe d’étude sur l’Irak que les Etats-Unis, relancent les pourparlers de paix entre Israël et l’Autorité palestinienne, et avec la Syrie. « Le concept qu’un traité de paix entre Israël et la Palestine mettrait fin à une guerre civile en Irak dépasse l’entendement », a déclaré Biden lors d’un discours devant le Forum politique d’Israël.

Quant à lui, le premier ministre israélien Ehoud Olmert a rejeté jeudi les propositions du Groupe d’étude sur l’Irak. « Tenter d’établir un lien entre la question irakienne et la question du Moyen-Orient : notre perspective est différente », a déclaré Olmert. Il a ajouté : « Durant les dernières années, à ce que je sache, le président Bush avait aussi une perspective différente sur la question. »

L’opposition aux recommandations du comité a trouvé son expression la plus hostile dans l’éditorial du Wall Street Journal de jeudi, un journal qui a constamment reflété les perspectives de droite à l’intérieur de l’administration Bush.

Intitulé « The Iraq Muddle Group » (Groupe de confusion sur l’Irak), l’éditorial a déclaré : « la voie vers la victoire en Irak se trouve dans un plus fort appui des Etats-Unis pour la coalition à majorité chiite au pouvoir à Bagdad, et non dans une confusion stratégique bipartie ragaillardie pour des raisons de politique interne ».

Le Journal a toutefois été d’accord pour affirmer que le rapport avait au moins servi « à quelque chose d’utile ». Il a affirmé : « En appelant à un retrait de la plupart des soldats d’ici 2008, si les conditions de sécurité le permettent, le rapport rejette tout retrait rapide ou à courte échéance. De la même façon, cela renforce l’idée défendue par Bush à propos des conséquences horribles pour les intérêts américains d’un échec en Irak. » Cette position, a ajouté le journal, servira « à isoler la gauche qui demande un retrait immédiat ».

Le rapport du Groupe d’étude sur l’Irak n’est d’aucune façon une ordonnance pour mettre un terme à l’intervention américaine en Irak. Les propositions concrètes incluses dans le document prévoient le maintient de dizaines de milliers de soldats en Irak dans un avenir prévisible, y compris des forces de « réaction rapide » et « d’opérations spéciales », des forces aériennes américaines, ainsi que 20 000 « conseillers ». L’utilisation d’une telle force pourrait s’avérer davantage fatale, en terme de pertes irakiennes et américaines, que le déploiement actuel de troupes.

Les conclusions du rapport recommandaient spécifiquement de « réorganiser l’industrie pétrolière nationale [irakienne] en tant qu’entreprise commerciale », c’est-à-dire, la subordonner aux intérêts du capital financier américain et des importants conglomérats du pétrole.

Un passage significatif enseveli dans les recommandations portant sur « une stratégie militaire pour l’Irak » notait que les membres, après en être arrivé à la conclusion qu’un déploiement soutenu d’un nombre significativement plus élevé de soldats - de 100 000 à 200 000 de plus - n’était pas réalisable, « nous pourrions cependant, réussir un redéploiement à court terme des forces de combat américaines pour stabiliser Bagdad. »

Il est significatif que la demande pour une augmentation à court terme du déploiement américain ait également été reprise par un futur membre dirigeant de la direction démocrate au Congrès. Le représentant Silvestre Reyes du Texas, qui doit prendre la présidence du Comité de la Chambre sur le renseignement, a dit au magazine Newsweek cette semaine qu’il appuyait le déploiement de 30 000 soldats supplémentaires pour « sortir la milice et stabiliser l’Irak ».

Une telle proposition, par les deux partis au Congrès, aussi bien que par le Groupe d’étude sur l’Irak lui-même, suggère qu’à court terme, l’impérialisme américain prépare une escalade majeure des attaques sanglantes en Irak, probablement en lançant des offensives simultanées contre le mouvement de résistance sunnite et contre la milice chiite de Sadr City à Bagdad.

Les divisions qui ont fait surface sur la question du rapport ne portent pas uniquement sur des questions politiques et tactiques en Irak et au Moyen-Orient, mais, ce qui est encore plus important, sur la situation politique aux Etats-Unis mêmes.

« La prolongation des problèmes en Irak pourrait mener à une plus grande polarisation aux Etats-Unis, » avertit le rapport, référant aux deux tiers de la population qui s’opposent actuellement à la guerre. Le rapport suggère que le changement tactique proposé par le comité aurait pour effet de permettre à l’administration de demander « un large appui au peuple américain » et atténuer le sentiment anti-guerre.

Le conflit au sein de l’élite dirigeante américaine sur sa politique en Irak a mis la crise prolongée de la démocratie américaine à l’avant-scène. Une expression de cette crise est le spectacle de Bush - au nom de la démocratie au Moyen-Orient - déclarant que les élections nationales dans lesquelles les électeurs ont rejeté la guerre en Irak n’auront aucun impact sur sa politique en Irak ou ailleurs.

Un mois après les élections au Congrès américain, il est de plus en plus clair que la politique gouvernementale ne peut pas être changée par un vote populaire. Malgré les résultats désastreux de ses politiques en Irak, en Afghanistan et ailleurs, Bush sent qu’il peut défier l’opinion populaire et même le point de vue de sections considérables de l’élite dirigeante. Il y a plusieurs raisons à cela.

Premièrement, en dépit de toutes leurs différences, toutes les sections de l’élite dirigeante, et ses deux partis, sont impliqués dans cette guerre illégale en Irak, et tous sont d’accord qu’une défaite totale aurait des conséquences catastrophiques pour les USA - en Irak, au Moyen-Orient et à travers le monde. Cela aurait, de plus, des ramifications politiques et sociales explosives aux Etats-Unis.

Deuxièmement, Bush et ses alliés, représentent de la manière la plus nette et brutale les objectifs globaux  de l’élite dirigeante américaine dans son ensemble.

Troisièmement, il n’y rien que l’on puisse sérieusement considéré comme un parti d’opposition au sein de l’establishment politique américain. Bush sait qu’il ne risque pas de se voir forcer de changer sa politique en Irak, puisque le seul moyen qui existe dans le système constitutionnel américain pour le faire, c’est la procédure de destitution et les démocrates ont rejeté cette voie. 

Le constat : il n’existe pas de «formule magique» pour sortir du marasme irakien. Selon  du Groupe d'étude sur l'Irak remis mercredi au président Bush, la «situation est grave et se détériore». «Un glissement vers le chaos pourrait entraîner l'effondrement du gouvernement irakien et une catastrophe humanitaire. Les pays voisins pourraient intervenir», poursuit le texte.

 

Le retrait des troupes de combat : le rapport ne fixe pas de calendrier de retrait militaire, mais suggère toutefois une date butoir pour les troupes de combat: au premier trimestre 2008, l’essentiel d’entre elles doit avoir quitté le sol irakien. Selon ce document, «la mission principale des forces armées américaines en Irak devrait évoluer vers un soutien apporté à l'armée irakienne, qui devrait prendre en charge les opérations de combat».

 

Un groupe international de soutien : le coprésident républicain et ex-secrétaire d’Etat, James Baker, se dit favorable à une conférence à laquelle participerait l’Irak, tous ses voisins, dont la Syrie et l’Iran, mais aussi l’Egypte et les Etats du Golfe, ainsi que des représentants des nations unies et de l’Union européenne.

 

Un dialogue avec la Syrie et l’Iran : la commission Baker prône de prendre «directement» contact avec Téhéran et Damas «afin de tenter d'obtenir de leur part un engagement à pratiquer une politique constructive vis-à-vis de l'Irak et d'autres questions régionales».

 

Une pression sur gouvernement irakien : le premier ministre Nourri al-Maliki doit faire des progrès substantiels en matière de sécurité et réconciliation nationale, au risque de perdre le soutien «politique, militaire et économique» de Washington. 

 

Une solution globale au Proche-Orient : selon les dix membres de la commission, «il doit y avoir un engagement renouvelé et permanent des Etats-Unis envers une solution globale de paix», à travers des discussions directes au Proche-Orient impliquant d'une part Israël et d'autre part les Palestiniens, le Liban et la Syrie.

Si la presse a réagi à ce radotage avec ce que Daniel Henninger, dans le Wall Street Journal, appelle une « allégresse névrotique », Robert Kagan et William Kristol l’ont pour leur part déclaré « mort à l’arrivée" et le président irakien, Jalal Talabani, l’a même dit « mort-né ». Il faut espérer qu’ils auront raison, que le président George W. Bush ignorera ces recommandations et que ce « nouveau chapeau sur un très vieil épouvantail » (Spencer Ackerman) disparaîtra rapidement du paysage.

Ce qui ne veut pas dire que Bush devrait simplement « maintenir le cap », car cette approche n’a pas marché, de toute évidence. Une série d’idées créatives ont été proposées par plusieurs réels experts de l’Irak qui apprécient l’objectif de l’administration Bush visant à édifier un Irak libre, démocratique et prospère et qui n’agissent pas par simple gloriole. La Maison Blanche devrait inviter ces gens talentueux à se réunir, à réfléchir ensemble et à opposer leurs arguments afin de faire émerger des idées utiles sur le rôle futur de l’Amérique en Irak.

Mais il faut pour cela rompre avec une tradition présidentielle remontant au moins à 1919 et que je qualifie de diplomatie moyen-orientale « par l’ignorance ». À l’époque, Woodrow Wilson chargea deux Américains totalement non qualifiés de diriger une commission d’enquête au Levant parce que, comme l’expliqua un assistant, Wilson « avait l’impression que ces deux hommes étaient particulièrement appropriés pour cette mission en Syrie justement en raison de leur ignorance de ce pays ». Cette démarche fondée sur l’ignorance a conduit l’Amérique à l’échec il y a 87 ans et elle vient d’échouer une nouvelle fois.

LE RAPPORT de James Baker, qui propose un changement radical de la politique américaine en Irak, provoque une levée de bouclier au Kurdistan autonome. Les responsables de cette région quasi indépendante depuis la chute du régime de Saddam craignent de faire les frais d'un retour de Washington à la realpolitik. Allié des États-Unis, le président  du Kurdistan Massoud Barzani, a jugé « irréalistes et inappropriées » les conclusions du groupe d'études sur l'Irak (ISG). « Nous n'allons en aucun cas nous conformer à ce rapport », a-t-il assuré. D'autres responsables kurdes, comme le député Mahmoud Othmane, ont estimé la nouvelle approche conseillée par l'ancien secrétaire d'État aux Affaires étrangères de Bush père, en opposition totale avec leurs aspirations. Ils redoutent un affaiblissement de leur gouvernement régional qui lorgne sur les champs pétrolifères de Kir­kouk.

 

Les critiques concernent à la fois les principes et la méthode prônés par James Baker. Les Kurdes voient d'un mauvais oeil l'attention particulière accordée aux sunnites, autrement dit aux Arabes, une communauté accusée d'avoir colonisé le nord de l'Irak sous l'ancien régime, et s'inquiètent d'une centralisation des pouvoirs.

 

Une plus grande prise en compte des intérêts des pays limitrophes - Turquie, Iran et Syrie - est également source de préoccupation. Seule partie de l'Irak épargnée par la guerre civile, le Kurdistan redoute d'être sacrifié sur l'autel des bonnes relations américano-turques.

 

Le Président du Kurdistan Massoud Barzani accuse  son «  ami américain » de ne pas avoir voulu l'écouter. Le rapport de l'ISG, qui évite d'aborder la question de l'entité politique kurde, est en effet particulièrement sévère avec les projets kurdes d'annexion du secteur pétrolier de Kirkouk. Il demande, ni plus ni moins, le report de l'organisation du référendum consacré à l'avenir de la capitale pétrolifère où vivent désormais une majorité de Kurdes, mais aussi des Arabes et des Turkmènes. Les Kurdes s'appuient sur l'article 140 de la Constitution pour planifier une consultation populaire en 2007. Une initiative qualifiée d'« explosive » par l'ISG, qui préconise des « arbitrages internationaux » pour désamorcer les violences entre communautés. « Tout délai aura de graves conséquences et ne sera pas accepté par le peuple du Kurdistan », rétorque le Président du Kurdistan Massoud Barzani.

 

 

L'ISG préconise aussi de centraliser les revenus des hydrocarbures à Bagdad puis de les redistribuer en fonction du nombre d'habitants de chaque province. Il estime incompatible avec une politique de réconciliation nationale la formule permettant une prise de contrôle par la région autonome kurde des nouveaux gisements. Si elles étaient appliquées, ces recommandations mettraient fin aux privilèges du Kurdistan, unique province à revendiquer vouloir garder pour elle l'intégralité des dividendes des découvertes pétrolifères. Ces questions controversées sont au coeur d'interminables tractations entre Bagdad et le gouvernement autonome kurde. Les Kurdes réclament 17 % des revenus pétroliers, mais le gouvernement central propose d'en reverser seulement 13 %. Et ils exigent de pouvoir continuer à signer des contrats avec des grandes sociétés étrangères en vue de l'exploitation de zones regorgeant d'or noir.

 

Enfin, les Kurdes reprochent aux auteurs du rapport d'être favorables à une mise sous tutelle gouvernementale de toutes les forces de sécurité. La mesure aurait pour conséquence l'abandon par les forces de sécurité kurdes de la surveillance des frontières extérieures du Kurdistan autonome et, à terme, la dissolution des peshmergas, les milices kurdes.

 

L'émotion soulevée par un possible revirement de la politique américaine est accentuée par l'extrême dépendance des Kurdes vis-à-vis de leur parrain américain. Assisté par son conseiller spécial, le diplomate américain Peter Galbraith, le Président  Massoud Barzani proteste avec d'autant plus de vigueur qu'il sait sa marge de manoeuvre étroite.

 

En quoi consiste cette réalité ?

 D’abord, pas de retrait précipité mais un coup d'accélérateur en matière de formation de l'armée irakienne et une diminution substantielle du nombre de G.I. d'ici le printemps 2008, le tout assorti de négociations avec «tous les voisins» de l'Irak, y compris l'Iran et la Syrie, et d'une relance du processus de paix israélo-arabe.

Telles sont les grandes lignes du rapport qu'a remis hier le Groupe d'étude sur l'Irak présidé par le républicain James Baker et le démocrate Lee Hamilton.En insistant sur le caractère bipartisan de leur travail, les membres du Groupe d'étude sur l'Irak ont ainsi proposé un changement de cap afin non pas de remporter la victoire en Irak mais d'accroître les chances de succès d'une intervention qui s'enlise et qui divise la société américaine. «Il n'existe pas de formule magique pour résoudre les problèmes en Irak», a dit en conférence de presse le coprésident républicain du groupe, James Baker. «La politique des États-Unis ne devra pas se limiter à la situation militaire, ni même à la situation de l'Irak uniquement», a ajouté l'ancien secrétaire à la Défense dans le cabinet du président George Bush père.

«Nous ne recommandons pas de garder le cap», a affirmé M. Baker avant de répondre aux questions des journalistes. Les membres du groupe estiment d'ailleurs que si la situation continue de se détériorer, on risque un «glissement vers le chaos [qui] pourrait entraîner la chute du gouvernement irakien et provoquer une catastrophe humanitaire». «La situation en Irak est grave et se détériore», peut-on lire au tout début du résumé du rapport. «Nous ne savons pas si la situation peut être redressée, mais nous devons essayer», a même reconnu M. Hamilton .

«Les États-Unis devraient immédiatement [avant la fin de l'année] lancer une nouvelle offensive diplomatique visant à bâtir un consensus international sur la stabilité en Irak. Cet effort devrait s'étendre à tous les pays qui ont intérêt à éviter le chaos en Irak, y compris à ses voisins», lit-on dans le rapport. «L'Iran devrait arrêter le flux d'armes et d'instructeurs vers l'Irak, respecter la souveraineté et l'intégrité territoriales de l'Irak et user de son influence sur les groupes chiites pour encourager une réconciliation nationale», poursuit le document. «C'est l'Iran qui exerce le plus d'influence en Irak», a constaté le Groupe d'étude sur l'Irak.

«Les États-Unis ne pourront pas atteindre leurs objectifs dans la région à moins de se mobiliser directement dans [la résolution] du conflit israélo-arabe et de l'instabilité dans la région [du Proche-Orient]», souligne par ailleurs le rapport, qui propose entre autres la restitution des hauteurs du Golan par Israël à la Syrie. «Des négociations doivent s'engager en vue d'un accord de paix final, sur la base de propositions du président Bush pour une solution par deux États [palestinien et israélien] en vue de répondre aux questions clés sur les frontières, les implantations, Jérusalem, le droit de retour et la fin du conflit», stipule le document, qui compte un total de 79 recommandations.

Le rapport Baker préconise également la formation d'un groupe international de soutien à l'Irak, qui pourrait comprendre tous les voisins de l'Irak, dont l'Iran et la Syrie, de même que les cinq membres permanents du Conseil de sécurité de l'ONU, l'Union européenne, le secrétaire général de l'ONU et les pays du golfe Persique.

On préconise même le dialogue avec les dirigeants chiites radicaux irakiens. «Les États-Unis doivent trouver un moyen de parler avec l'ayatollah Ali Sistani [la plus haute autorité chiite d'Irak], Moqtada Sadr et les chefs des milices et des insurgés», indique le rapport.

Par ailleurs, selon le document, «la mission principale des forces armées américaines devrait évoluer vers un soutien apporté à l'armée irakienne, qui devrait prendre en charge les opérations de combat». Et «au premier trimestre 2008», une grosse partie des troupes «pourraient être retirées d'Irak», indiquent prudemment les dix membres de la commission, cinq républicains et cinq démocrates. Un tel désengagement permettrait de déplacer des forces en Afghanistan, où on recommande aux États-Unis d'accroître leur «soutien politique, économique et militaire».

Pour permettre ce retrait, «les États-Unis doivent augmenter de façon significative le nombre de leurs soldats, y compris de combattants, qui seront intégrés ["imbedded"] au sein des unités de l'armée irakienne ou qui lui apporteront un soutien. À mesure que ces activités se dérouleront, les forces combattantes pourront commencer à quitter l'Irak». Pour aider les dirigeants irakiens à reprendre le contrôle du pays, «nous recommandons [...] de multiplier par cinq les effectifs de l'armée américaine chargés de la formation des troupes irakiennes pour les faire passer, disons, de 4000 à 20 000», a dit James Baker.

On sert par la même occasion un avertissement très clair au gouvernement irakien: «Les États-Unis doivent faire savoir clairement au gouvernement irakien qu'ils peuvent mener à bien leurs plans, y compris ceux visant un redéploiement des troupes, même si le gouvernement irakien ne réalise pas les changements proposés.»

Réagissant à la publication du rapport, le porte-parole du président Bush, Tony Snow, a refusé d'y voir un désaveu de la politique de son patron. Il a insisté sur les points d'accord: «Nous reconnaissons que la situation s'est dégradée, a dit M. Snow. Nous reconnaissons aussi que les Irakiens doivent prendre plus de responsabilités.» La Maison-Blanche a en outre dit qu'elle excluait toute négociation directe avec l'Iran en ce qui concerne l'Irak si Téhéran ne suspend pas ses activités nucléaires.

Le Congrès américain, dominé par les démocrates à partir de janvier prochain, entend cependant s'appuyer sur le rapport Baker pour exiger des républicains de véritables changements dans la politique menée en Irak. «Nous allons surveiller de très près» la mise en oeuvre des recommandations du Groupe d'étude sur l'Irak, a prévenu le prochain chef de la majorité du Sénat, Harry Reid, ajoutant que celui-ci témoignait d'«un rejet de la politique de l'administration Bush».

Le gouvernement irakien s'est quant à lui félicité des recommandations formulées dans le rapport Baker-Hamilton. «Ce rapport va dans le sens de l'opinion du gouvernement irakien, à savoir que la sécurité doit être assumée par les Irakiens et que l'Irak doit diriger les opérations», a dit le vice-premier ministre irakien Barham Salih. En revanche, un porte-parole du principal bloc sunnite représenté au Parlement, le Front irakien de la concorde, s'est déclaré déçu que le rapport ne dicte aucun calendrier de retrait des troupes américaines. «Nous ne voulons pas d'un retrait immédiat qui provoquerait le chaos, mais nous voulons un calendrier de retrait», a affirmé le porte-parole de la formation, Salim al-Djibouri.

Israël a plutôt mal accueilli ce document. Un haut responsable israélien a jugé que ce «rapport est préoccupant pour Israël, particulièrement du fait qu'il mentionne pour la première fois la question d'un "droit de retour" des réfugiés palestiniens de 1948». Les Palestiniens ont quant à eux exprimé leur satisfaction. «Un règlement du problème palestinien ouvrira la voie au règlement de tous les problèmes au Proche-Orient», a soutenu Nabil Abou Roudeina, porte-parole du président palestinien Mahmoud Abbas. «Toute solution doit commencer en Palestine.»

Je pense que le conflit israélo-palestinien n’est pas un conflit majeur.Il ne faut pas  déformer la résolution de la question nationale du Kurdistan  de réduire aux conflits  israélo-arabes. La position de l’UE à cet égard est contradictoire. Elle est la cause  de l’insécurité du Vieux continent, elle n’as pas capable de résoudre cette question que de prolonger le statut colonial du Kurdistan, dont elle est responsable. C’est pourquoi elle est restée à côté de Saddam Hussein et comme elle est restée à côté de Mustafa Kemal. Comme précisé le Président du Kurdistan, le droit à l’autodétermination de la nation kurde, est un droit légitime, naturel conforme au droit international.

Charles-Philippe David, titulaire de la chaire Raoul-Dandurand en études stratégiques de l'Université du Québec à Montréal et directeur de l'Observatoire sur les États-Unis, s'est pour sa part dit «surpris» que la commission aborde de front l'«enjeu humanitaire», une «dimension oubliée du conflit». Pour lui, cela met la «communauté internationale devant une réalité qu'elle refuse de voir», soit que «l'Irak pourrait vivre une catastrophe humanitaire d'envergure». M. David estime par ailleurs que «si les recommandations ne fonctionnent pas, on voit mal comment on pourrait éviter une sortie tout à fait pathétique et unilatérale sans laisser derrière une situation stable».

 

Le document recommande un retrait progressif des troupes américaines de combat au 1er trimestre 2008. Bush a promis d'étudier le rapport "très sérieusement".

 

GEORGE BUSH VA DEVOIR COMPOSER AVEC LES DÉMOCRATES

George Bush

 

Le rapport du Groupe d'étude sur l'Irak remis à George Bush mercredi 6 décembre par la commission coprésidée par l'ancien secrétaire d'Etat James Baker vise le premier trimestre 2008 pour parvenir à un retrait de l'essentiel des troupes de combat américaines d'Irak. "D'ici le premier trimestre 2008, en liaison avec la situation sécuritaire sur le terrain, toutes les brigades de combat pas nécessaires pourraient être retirées d'Irak", affirme le rapport remis au président américain.

Selon ce document, "la mission principale des forces armées américaines en Irak devrait évoluer vers un soutien apporté à l'armée irakienne, qui devrait prendre en charge les opérations de combat".

 

 Selon le Washington Post de mercredi, le Groupe d'études sur l'Irak co-présidé par l'ex-secrétaire d'Etat James Baker va recommander à Washington de prendre des sanctions contre le gouvernement irakien s'il n'obtient pas plus de résultats en matière de sécurité. Selon d'autres médias américains, il devait surtout préconiser un retrait progressif d'ici à début 2008 de l'essentiel des troupes de combat américaines sans prévoir de calendrier de retrait précis.

.  A ce sujet  le Président du Kurdistan  Sud Massoud Barzani  le 15 février avait répondu aux questions suivantes :


Quelles seraient les conséquences pour le Kurdistan d'un retrait américain ?



Il est trop tôt pour prédire ce qui arriverait et quelles seraient les conséquences. Le plus important est que nous sommes déterminés à nous défendre, à protéger ce que nous avons acquis, quel qu'en soit le prix. En ce qui concerne les Etats-Unis, nous avons de bonnes relations avec les démocrates et les républicains.


           
Notre situation actuelle n'est pas comparable à celle de 1975, quand nous avions des contacts secrets. Cette fois, il ne s'agit pas seulement de nous, mais de tout l'Irak. Nous allons continuer à jouer un rôle positif. Quand il y aura des développements, quand il sera question d'un retrait (américain d'Irak), nous essaierons de préserver ce que nous avons accompli. Même si la situation tourne au chaos, le Kurdistan pourrait devenir le point de départ pour mener des réformes dans le reste de l'Irak.

             La guerre américaine n'est pas un succès. Les Kurdes donnent parfois l'impression que, pendant que les sunnites et les chiites s'entre-tuent, eux estiment qu'ils en deviennent plus forts.

               Si certains se réjouissent des combats entre sunnites et chiites, c'est une erreur. Sur le plan humain, nous sommes accablés par la guerre et son lot de morts quotidien. Sur le plan des intérêts, nous appartenons à l'Irak. Tout ce qui touche Bagdad a un impact sur le Kurdistan.

                  Imaginez que la maison de votre voisin est en feu. Même si les flammes n'atteignent pas votre maison, la fumée vous affecte. Donc, pour vous protéger, vous allez essayer de résoudre son problème. Nous poursuivons nos efforts. Mais nous ne faisons pas partie du problème et ne ferons jamais partie du problème.

Le référendum sur le statut de Kirkouk est un sujet sensible pour les Kurdes mais aussi pour la Turquie, qui s'y oppose. Redoutez-vous une intervention turque ?

                Kirkouk est une ville du Kurdistan et une ville d'Irak. L'article 140 de la Constitution irakienne stipule une solution qui consiste à normaliser la situation (renvoyer les populations déplacées par l'ancien régime baasiste dans leur lieu d'origine et ramener les habitants qui en avaient été chassés), procéder à un recensement puis organiser un référendum avant la fin 2007. Il s'agit d'un processus légal. Kirkouk est pour nous une affaire importante. Nous ne sommes prêts à aucune concession. Nous avons fait preuve de la plus extrême flexibilité pour obtenir une solution légale.

                   La Turquie n'a aucun droit d'interférer dans les affaires internes d'Irak. Je ne crois pas que les Turcs iront jusqu'à l'agression, ni même qu'ils traverseront la frontière. Je suis confiant dans le fait qu'ils comprennent les conséquences (d'une telle décision). La route ne serait pas pavée de fleurs pour les accueillir.

Pensez-vous qu'il sera plus facile de renouer le dialogue avec Ankara après les élections turques, quel que soit le vainqueur ?

              Même maintenant, nous faisons des efforts. Nous abordons des sujets sur lesquels nous pouvons nous entendre, mais aussi des sujets qui suscitent chez eux des craintes. Après les élections, la situation sera probablement plus claire. Si les extrémistes et les nationalistes prennent le pouvoir, je ne crois pas qu'il y aura beaucoup de possibilités de dialogue. Si c'est le parti actuel, le Parti de la justice et du développement (AKP), qui l'emporte, je pense qu'il est plus ouvert au dialogue.

             Cela fait des années que vous et Jalal Talabani (le dirigeant kurde actuellement président de l'Irak) essayez de convaincre les Etats-Unis d'établir une base militaire au Kurdistan. Est-ce toujours une possibilité ?

               Cela ne pourra se faire que dans le cadre d'un accord entre le gouvernement irakien et les Etats-Unis. Cette question a été discutée dans le passé. Les vraies négociations n'ont pas vraiment commencé concernant les relations à long terme entre le gouvernement fédéral d'Irak et les Etats-Unis, sur la présence américaine et le nombre de soldats dans le futur. Officiellement, cela n'a pas été discuté. Ce serait dans l'intérêt des Etats-Unis mais aussi de l'Irak. Nous, Kurdes, accueillerions volontiers (la base américaine) au Kurdistan.

Vous avez annoncé l'envoi de deux brigades à Bagdad. Cela ne crée-t-il pas un danger de voir les Kurdes entraînés dans le conflit entre sunnites et chiites ?

             Jusqu'à présent, les Kurdes ont réussi à éviter de s'impliquer dans les violences communautaires. Selon la Constitution, ces hommes seront incorporés dans l'armée irakienne, qui dépend du ministre de la défense. Beaucoup d'entre eux sont d'anciens peshmergas (combattants kurdes) mais ils appartiennent maintenant à l'armée irakienne. Nous n'avons pas de problème quand il s'agit de combattre le terrorisme et nous pouvons constituer une sorte de force d'interposition entre les sunnites et les chiites.

Etait-ce une demande américaine ?

Plus que les Américains, ce sont les sunnites et les chiites qui nous ont demandé de faire preuve de solidarité et de les aider. Les brigades kurdes n'interviendront pas dans les quartiers de Bagdad, elles seront chargées de protéger les hôpitaux, les universités, l'aéroport. Le plus important est qu'ils ne donnent pas l'impression de prendre parti, de soutenir l'un ou l'autre des deux camps.

CONCLUSIONS

I. Nous ne sommes pas dans les  mêmes conditions de 1970 à 1975, il n’y plus de l’Union Soviétique, mais, les USA et la CIA n’avaient de droit d’intervenir auprès d’Iran et d’Israel pour ses propres intêrets de mettre victime  le Peuple du Kurdistan Sud. La stratégie diplomatique  de Monsieur Kissinger n’ a servi  qu’au régime fasciste et colonialiste de Saddam et à la politique révisionniste de l’Union Soviétique   qui l’a collaboré sous prétexte de l’Intervention de l’impérialisme  des USA dans la région. J’affirme qu’ il  y a aucune contribution des USA à l’accord pour l’autonomie au Kurdistan, qui n’  était pas une solution  pour résoudre la  question du droit à l’autodétermination de la nation du Kurdistan, et qui n’avait  pas été respecté par Saddam qui a tenté d’assassiner Mustafa Barzani en automne 1971. « L’engagement  américain  a une double origine idéologique  et stratégique » selon Henry Kissinger, «  la tradition wilsonienne nous pousse  à soutenir  l’autodétermination nationale »,(..),mais «  les  l’administration Nixon,Ford ;Bush, Clinton, ne soutinrent jamais  l’indépendance  des Kurdes  irakiens et encore  moins  des Kurdes  des pays voisins. »(p.507). Henry Kissinger pose la question  lui-même  semblable à la problématique du rapport de James Baker «  Comment définir  le moment où le soutien sans réserve  aux aspiration des Kurdes  doit  faire place  à leur  abandon  dans une région  qui forme le pivot stratégique  du croissant du Moyen Orient  détenteur  de pétrole  et du Golfe Persique ? »(p.507). Suite à cette logique  les USA  ont commencé de fournir  les armes chimiques  aux ennemis du Peuple du Kurdistan, à l’Iran, à l’Iran et a militarisé la Turquie sous les  benniers de l’OTAN.

II. Nous ne sommes pas des sous-traitants de la politique des USA, au Moyen  Orient et au Proche Orient, car   nous sommes une nation de 45 millions  et un peuple qui a le droit de décider  à l’autodétermination à décider pour son avenir libre et indépendant  et nous  ne voulons  pas des sous-traitants de la politique des USA, je répète nous sommes une nation de 45 millions  et un peuple qui a le droit à l’autodétermination à l’indépendance et de se séparer de ces Etat colonialistes et fascistes  et de s’unifier notre pays et notre nation et de vivre en paix avec les autres peuples de la région en bonnes relations diplomatiques avec tous les peuples du monde.. Dans ce sens,  décider des nouveaux objectifs de politique étrangère des Etats-Unis dans le monde de l’après Guerre Froide, il lança, avec ses conseillers, le concept de « Nouvel Ordre Mondial », éminemment wilsonien, puisqu’il se basait sur le respect du droit international et des grandes institutions de coopération : « Nous devons aujourd’hui, en tant que peuple, d’avoir une intention de rendre meilleure la face de la nation et plus douce la face du monde » (George Bush, Curent Documents, 1989, p. 4). C’est la politique des USA, n’est pas notre politique du Kurdistan. Nous sommes libres  et décider nous-mêmes.

 
         C’est en partie au nom de ce nouvel ordre mondial que les Etats-Unis s’opposèrent militairement à l’invasion du Koweït par l’Irak en 1990-1991, et ce dans le cadre d’une politique multilatéraliste, puisque la coalition dirigée par les Etats-Unis s’était constituée dans le cadre officiel des Nations Unies. Cependant, cette guerre, dite « Guerre du Golfe », allait avoir des conséquences désastreuses dans les années 1990 et le début du XXI.ème siècle : la présence américaine sur les lieux saints de l’islam et l’évidente hégémonie économique et militaire des Etats-Unis révélèrent au monde entier que l’on était bien passé à une autre ère de l’histoire des relations internationales… Les Etats-Unis allaient-ils devenir les « gendarmes du monde », voire imposer au monde entier leur système de valeurs ?  C’est dans cette logique que, nous les Kurdes nous ne voulons pas être  les victimes de la politique des USA dans la guerre du Golfe. Mais nous accordons une importance particulière aux forces de l’alliance anti-Saddam qui ont renversé le régime de Saddam, si il n’est pas jugé  en raison des crimes d’Anfal et de Halabja, le renversement de la dictature fasciste et militaire était une très bonne chose, l’utilisation du potentiel militaire EUX-MÊMES contre la dictature fasciste militaire de Saddam en alliance avec les forces du Progrès  et la lutte du Peuple du Kurdistan Sud, doit aboutir aux objectifs du futur de la fondation de l’Etat indépendant du Kurdistan libre et démocratique. Comment pouvons nous avoir la confiance à la politique des USA et à ces conséquences, les USA avec ses forces en Irak au Sud Kurdistan, mais la diplomatie des USA accuse les combattants du PKK de mener  la lutte autodéfense contre l’armée occupante de Turquie sur le sol du Kurdistan Nord sous prétexte  est membre de l’OTAN. La question qui se pose, pour quelle raison le Pentagone dit rien sur les massacres  et sur les déportations plus de six millions Kurdes  du Kurdistan Nord ? C’est la grande doute  qui causé la tragédie  des  Kurdes dont les USA et l’Angleterre, Allemagne, la France, Espagne, Italie, etc. sont responsables.

III. Après l’empire Ottoman ,l’Etat  colonialiste et fasciste de Turquie  occupe   de puis 1920 le Kurdistan Nord,  chasse  plus six millions  Kurdes de ses natales, et son Ministre  des Affaires  Etrangères vient  de défendre, ridiculement l’unité politique de l’Irak, alors que La Turquie plus de 60 fois a violé les frontières de ce pays avec l’accord de Saddam pour massacrer les résistants  du Kurdistan Nord. La question qui se pose ,est de savoir  pour  quelle raison  le rattachement de Kirkouk , ville pétrolière du Kurdistan Sud où cohabitent, des arabes ,sunnites ,chiites et des chrétiens  et des Turcomans «  pourraient avoir un « effet négatif »  avec la participation  de tous les groupes ethniques ? C’est le fondement de la politique impérialiste  de Turquie  qui est le facteur négatif dans l’équilibre et de la stabilité  du Moyen et du Proche Orient. L’Etat Major turc voyait depuis 11-09-2001 un vide géostratégique  dans cette région, elle tente d’occuper de nouveau avec l’idée pan-islamiste et panturquisme les pays de Caucasie, de l’Asie Centrale y compris le Kurdistan Sud. La vérité  c’est qu’avec  la perspective d'un vote, par le Congrès américain, d'une loi reconnaissant le génocide arménien ne pourra accroître  les tensions entre les Etats-Unis et la Turquie. La Turquie doit être condamnée non seulement pour le génocide des arméniens, mais aussi pour le génocide des grecs et des assyro-chaldéens et des Kurdes. A mon avis la dégradation des relations entre les deux pays ne  pourrait pas d’avoir de lourdes conséquences sur la situation en Irak. Car la proclamation de l’Indépendance du Kurdistan  renforcera la stabilité de la région, contribuera à la paix et la fraternité entre les peuples. Contrairement au courrier International « Le partenariat américano-turc bat sérieusement de l'aile, au point de remettre en question l'alliance qui lie les deux pays membres de l'OTAN. "A l'heure actuelle, leur relation se dirige vers une rupture qui pourrait être spectaculaire, à la suite de la décision de la nouvelle majorité de la Chambre des représentants de suivre la voie de la France et de condamner officiellement le génocide de 1915 des Arméniens chrétiens par les Turcs musulmans. »Le Courrier international a oublié les grecs et les assyro-chaldéens et les Kurdes  dont les dirigeants de l’Union et Progrès avec la politique impérialiste allemande et la complicité des cadres Juifs  des jeunes Turcs, Djavid bey Emmanuel Carroso loge massonique de Salonique y compris Mustafa Kemal ont réalisé les génocides avec  l’aide des Bolcheviks  aux criminels Enver, Celam, Talat Kemal, Ismet et Kazim  .C’est  pourquoi,  les consultations à divers niveaux entre représentants turcs et américains se sont multipliées ces derniers jours, avec les visites à Washington du ministre des Affaires étrangères turc Abdullah Gül et du chef d'état-major, le général Yasar Büyükanit. Mais le chef de la diplomatie turque a essuyé un camouflet de la présidente de la Chambre des représentants, la démocrate Nancy Pelosi, qui n'a pas souhaité le rencontrer. La position de Pelosi s'explique par la forte minorité d'origine arménienne vivant en Californie, Etat dans lequel elle a été élue.

 

               Le général  Mehmet  Yasar Büyükanit a exprimé sans détour l'embarras de la Turquie, qui, selon lui, "n'a jamais été confrontée à autant de risques et de menaces depuis la création de la République turque en 1923", rapporte Hürriyet, le grand quotidien turc. Le chef de l'armée turque s'en est même pris à la diaspora turque, qu'il accuse de ne pas se mobiliser en faveur des intérêts nationaux de la Turquie. "Si la voix des Turcs vivant à l'étranger pouvait s'élever aussi haut que celle des autres, les revendications arméniennes sur le génocide n'auraient pas éclaté de cette façon et les Turcs n'auraient pas à subir tout cela." Après ses entretiens à Washington, le Gl. Büyükanýt a tenu une conférence de presse :

 

            A Kirkouk, les registres fonciers ont été détruits, la structure ethnique, modifiée... Les affrontements, qui suivront le référendum, supprimeront complètement l’intégrité de l’Irak. Une Irak disloquée n’est pas dans les intérêts sécuritaires de la Turquie. La déstabilisation affectera toute la zone... C’est pour cela que nous nous intéressons à Kirkouk. Nous en avons fait part aux responsables américains... »

 

                  Je pense que, lors de mes contacts, les responsables américains ont bien saisi la lutte contre le PKK... Il faudra voir les résultats... La lutte contre le terrorisme a plusieurs dimensions... Quant au mécanisme de coordination (dont le Gl Joseph Ralston et le Général  Edip Baþer font partie), qui suscite des critiques, il ne va pas terminer le PKK à lui seul, il contribuera à la lutte... Une organisation terroriste ne peut survivre sans support extérieur. » Bien sur que c’est le rêve de Turquie  de massacrer des kurdes par les Kurdes avec plus des protecteurs  dirigeants expérimentés.

 

Par rapport au projet de loi sur le ’génocide’ arménien, l’administration des E.-U y est opposée. Les militaires aussi. J’ai constaté que les milieux influents sont aussi contre ce projet de loi... » 17/2

 

Interrogé sur les propos de Büyükanýt : « Moi, je n’ai rien à leur dire... » Opposés à ceux du PM Erdoðan (16/2) : « il n’est pas exclu que nous développions nos relations avec l’autorité régionale kurde d’Irak du Nord... », Le ministre des Affaires étrangères (MAE), Abdullah Gül, explique « ...Avant d’en arriver aux armes, il y a des choses que les politiciens et les diplomates doivent entreprendre ; le tout va dans le même sens et se complète. Il n’y a pas à en faire une polémique ».

La presse relève « les divergences de vues, qui se manifestent au sommet de l’Etat » : « Le gouvernement pense qu’on peut s’entretenir aussi bien avec le président irakien Talabani, qu’avec le  Président du Kurdistan  Massoud Barzani ; les militaires et le Président Sezer refusent, eux, tout entretien avec les leaders kurdes, qui ’’aident le PKK’’ ». Radikal 22/2

 

« La question sera certainement débattue au Conseil national de Sécurité de vendredi (23/2). ».

 

Selon le CHP : L’approche d’Erdoðan est contradictoire avec la politique en faveur de l’intégrité territoriale de l’Irak : « Si vous évaluez l’autorité kurde d’Irak du Nord indépendamment de Bagdad, vous êtes en état d’accepter son indépendance... ».

 

 Selon la thèse turque, Si l’autorité du Kurdistan Sud  veut gagner l’amitié de la Turquie, la première chose à faire est de ne plus abriter le PKK à l’intérieur de ses frontières.... Cette thèse  nie hypocritement que le Kurdistan  Sud est aussi notre pays, nous avons le droit y résider comme au Nord. Face à cette thèse,  le parti Pro-Kurde DTP annonce qu’il invitera les leaders kurdes Talabani et Barzani à Diyarbakýr, pour la fête de la Névrose, le 21 mars. Le chef départemental du DTP, Aydoðdu, va plus loin : « Pour nous, une intervention à Kirkouk, c’est une intervention à Diyarbakýr ». Ce n’est pas la politique du PKK, Ocalan  défend sans condition  l’Etat unitaire turc que l’Etat Kurde au Sud Kurdistan et il défend  l’annexion du Kurdistan Sud pour les intérêts  impérialistes de l’Etat Turc. Il a déclaré  à plusieurs reprises qu’il veut rejoindre l’Etat colonialiste turc, il ne préfère pas   l’Etat indépendant du Kurdistan Sud. Il l’a qualifié «  deuxième Etat Israélien ». Alors c’est l’Etat fasciste turc qui a signé le Traité de coopération Militaire et technologique avec l’Etat Israel. C’est Abdullah Ocalan qui a écrit sous l’influence de Mahabarate de Syrie des thèses anti-sémiques  qui a renforcé  l’alliance  entre les israéliens et les généraux juifs turcs.  Il est impossible d’attendre d’Abdullah Ocalan  de la décision du Général Molla Mustafa Barzani qui a pris la défense de la République de Mahabad avec 8000 barzanis en 1946

J’ajoute lors de l’Assemblée Générale  du Congrès du Kurdistan national  tenue à Londres en août 1991  j’avais proposé l’unification des toutes  les forces militaires du Kurdistan sous une seul direction de l’Etat Major collective afin de mener la lutte contre les Etats colonialistes pour la liberté  et l’indépendance du Kurdistan. Mais, le PDK  irakien  et YNK n’ont pas assisté  au Congrès, mais le PKK avait envoyé des observateurs passifs. Alors qu’au au même moment  la direction du PKK collaborait avec les Mollahs  et le régime de Saddam et d’Hafiz El Essad

 

           Pour Washington, l'enjeu est de taille sur le plan stratégique. "Les responsables américains assurent que des intérêts vitaux sont en jeu", rapporte The Economist. Si Ankara a refusé l'utilisation de son territoire par les troupes américaines pour entrer en Irak, "la Turquie a accepté depuis le début de la guerre quelque 4 900 sorties américaines à destination de l'Irak à travers son espace aérien pour des missions de soutien au combat, ainsi que le traitement de soldats américains blessés dans des hôpitaux turcs". C’est une obligation que, demain la Turquie doit donner l’autorisation  de l’utilisation des basses de l’OTAN en Turquie  contre l’IRAN.

 

Jusqu'à présent, "les administrations américaines successives avaient tué dans l'œuf toute résolution sur le génocide, considérant que la Turquie était un allié trop précieux pour risquer de le perdre. Les groupes juifs, reconnaissants en raison des chaleureuses relations que la Turquie entretient avec Israël, ont appuyé dans ce sens. On se pose la question pourquoi  l’Israel nie le génocide des arméniens de l’Arménie occidentale, alors que ce génocide a été réalisé avec l’aide  des juifs de l’Union et du Progrès et les neufs députés au Parlement de Jeunes  turcs avec l’appui l’impérialisme allemande ? Sans oublier que Hitler et Mustafa Kemal étaient des juifs et Hitler a massacré  six millions  juifs et pour les brûler les charbons a été envoyé de Turquie suite  au Traité signé en 1941 entre Hitler et Ismet Inonu. C’est pourquoi l’Etat Israélien ne doit pas encore de se mêler dans cette affaire et la diaspora  juive aux USA doit prendre la conscience humaine.

 

Mais la donne a changé", prévient The Economist. C’est ici que réside la question clé. D’une part, l’identité juive  de plusieurs généraux turcs ont été identités  y compris le Général  Buyukkanit, fondateur des forces criminelles de la guerre au Kurdistan, de JITEM, de la Contre guérilla et  Le département des forces spéciales  avec le Traité  de Coopération Militaire  et Technologique signé avec l’Etat Israel et la participation directe de l’aviation  israélienne au bombardement  contre les Kurdes dans les montagnes du Kurdistan Nord et la négation du génocide des arméniens  de l’Arménie Occidental par l’Etat Israélien nous  mettrons en évidence le processus. Si  "la Turquie joue la carte de la sécurité contre la loi sur le génocide arménien" en publiant six volumes de livres  pour nier le génocide dont les fondateurs  de l’Etat turc composé par l’Union et Progrès  Emmanuel Carosso, Salem, Sassun Fardji et  Djavid bey  descendant  Bacruchiah Russe selon  The London Times  du 11 Juillet 1911 ont contribué  au génocide  des arméniens, alors nous faisons traduire des généraux turcs devant la Cour Internationale de Lahey en raison du génocide des arméniens, des grecs et des assyro-chaldéens et des Kurdes , dont l’Etat  Israélien sera complice  si Israel  nie  le génocide des arméniens  grecs  assyro-chaldéens  et des Kurdes, alors nous voulons exposer les criminalités jouées par d’éléments juifs  de l’Union et du Progrès que j’ai cité

 . Considérant que le fondateur de l’Etat turc Mustafa Kemal  était aussi d’origine juive, comme le général  Mehmet Yasar Buyukkanit avec de nombreux autres généraux juifs turcs on comprend mieux  le fondement idéologique  de la négation du génocide des arméniens par l’Etat Major Turc et l’Etat Israélien. . Si l’armée turque  a   contribué   aux forces de l'OTAN en Afghanistan et au Kosovo, son appui substantiel aux Etats-Unis dans le Caucase c’est parce qu’elle a été payé par l’OTAN de  5.500 milliards de l’année dernière  et 274. 000.000 euros par l’Union Européenne à l’échange de ces pratiques militaires. De plus avec l’investissement du grand capital de l’OYAK, l’armée colonialiste  veut coloniser le Kurdistan Sud et utiliser le rapport des forces en sa faveur .La coopération militaire et stratégique avec Israel dans la région ne pourra pas modifier la stabilité du Kurdistan, dans la mesure notre lutte pour la liberté et l’indépendance du Kurdistan, est totalement conforme avec  le droit international. 

 

Une telle tâche  particulièrement  importante de la science politique  comparative,est l’analyse des principales tendances  du développement social, propice à la guerre  ou à la paix, à l’étude des facteurs influents  sur l’évolution des rapports internationaux, la recherche  des possibilités d’introduire des éléments de la connaissance exacte  de telles out telles solutions politiques .L’existence  des bases militaires de l’OTAN au Kurdistan  Nord occupé et colonisé par l’Etat colonialiste turc, représente   des buts militaires  communs  des  Etats qui sont opposé à la solution de la question nationale du Kurdistan. Tony Blaire était le premier   qui a précisé la politique  coloniale impérialiste britannique au Moyen Orient. C’est pourquoi   le partage du Kurdistan avec le Traité du Sykes Picot en 1916 est le début de cette politique anglo-française.

 

Face à ces problèmes l’approche  sociologique  des problèmes  des relations internationaux dans le cadre de la géopolitique du Kurdistan qui a été erronée par les chercheurs  ( les données en question se sont de s  données fournies par les Etats colonialistes  qui ont partagé le Kurdistan) exige une analyse scientifique  de la prise des décisions  en matière  de la politique extérieure ; qui est une des  questions principales de la théorie de la politique. La science   est la politique se rapprochent  surtout dans le cadre  de cette théorie qui étudie le fonctionnement du pouvoir politique des Etats concernés dans la question du Kurdistan.

 

La vérité  c’est que , l’analyse  des problèmes  de politique mondiale  dans le cas du  Kurdistan nécessite que  soit précisée  la notion  de « paix », une paix universelle  comme catégorie  correspondant  à l’intérêt  de toute  l’humanité, conforme  aux principes de la Chartre de l’ONU,elle  doit  reconnaître  le statut colonial du Kurdistan afin d’appliquer la déclaration de l’ONU relative   l’octroi de l’Indépendance  au Kurdistan.

 

SOLUTION DIPLOMATIQUE

 

Nous savons que 1'O.N.U. est une Organisation particulière dans le système des relations internationales contemporaines. Elle compte presque tous les pays du monde parmi ses membres et possède une compétence quasi universelle.Pour apprécier 1'importance permanent et le rôle   et la place de 1'O.N.U. dans la politique mondiale.Il faut remonter a sa création issue de la victoire des forces de la démocratie et du progrès sur celles du fascisme et du militarisme.L'4rganisation des Nations Unies a été un des résultats de cette lutte pour débarrasser les peuples asservis du joug fasciste et colonial.

 

Depuis 1'adoption de la Déclaration a 1'ONU.sur 1'octroi de 1'independance aux pays et aux peuples coloniaux démontrent à 1'evidence chaque fois que les peuples ont résisté aux pressions du néo-colonialisme, ceux-ci ont triomphe et ont été libérés. .Mais le militarisme et le néo-colonialisme font bloc dans la sphère du mouvement de libération nationale et la nature de 1'imperialisme n'a pas changé. Le militarisme et le néo-colonialisme ont beaucoup en commun. Le droit des peuples et des nations a I'autodetermi-­nation est devenue le  principe universellement reconnu du droit international. Il signifie non seulement le droit de chaque peuple à élire la forme de direction étatique qu'il considère comme convenant le mieux a son développement, mais aussi 1'obligation des autres Etats et peuples a prêter au peuple en question assistance dans la réalisation de son droit à I'autodétermination.La  question qui se pose quelle est la responsabilité des Etats au Conseil de Sécurité des Nations Unies vis-à-vis de la situation du Kurdistan conformément a la Charte des Nations Unies et a la Déclaration sur le progrès et le développement ainsi qu' aux deux Protocoles additionnels aux Conventions de Genève du 12 août 1949 adoptes en 1977 représentent un incontestable progrès du droit humanitaire ?

Comme on le sait le  Protocole I, relatif a la protection des victimes des conflits armes internationaux> a reconnu comme tels "les conflits armes dans lesquels les peuples luttent contre la domination coloniale et 1'oceupation étrangère et contre les régimes racistes dans I'exercice du droit des peuples a disposer d'eux-mêmes, consacre dans la Charte des Nations Unies.»

Le Protocole 11 est relatif aux. Conflits armes non internationaux

et s'appliquent aux conflits " qui se déroulent sur le territoire d'une Haute Partie contractante entre ses farces armées et des forces armées dissidentes ou des groupes armes organisés qui, sous la conduite d'un commandement. Responsable, exercent sur une partie de son territoire un c6ntroie.»

Deuxièmement, le premier chapitre de la Charte des Nations Unies selon lequel" 1'un des buts des Nations Unies est de développer entre les nations des relations amicales fondées sur te respect du principe de 1'egalite des droits des peules et de leur droit a disposer d'eux-mêmes."Autrement dit " Le droit à disposer d'eux-mêmes pour tous les peuples et le respect universel et effectif des droits de 1'homme et des libertés fondamentales pour tous, sans distinction race, de sexe, de langue ou religion." Cela favorise les Nations Unies " en

Vue de créer Les conditions de stabilité et bien-être nécessaires pour assurer entre les nations des relations pacifiques et amicales fondées sur le respect du principe de 1'egalite des droits des peuples et de leur a disposer EUX-MÊMES_" Il faut insister sur le droit a 1'autodetermination de la nation Kurde.

Troisièmement, le document fondamental qui contient la définition universellement admise du développement est la Déclaration sur le progrès et. Le développement dans le domaine social, adoptée par 1'Assemblee Générale de 1'O.N.U. en 1969.Elle proclame:"Le développement et le progrès dans le domaine social sont fondés sur le respect de la dignité et de la valeur de la personne humaine et doivent assurer la promotion des droits de 1'homme ainsi que la justice sociale, ce qui exige:

a) L'élimination immédiate et définitive de toutes les formes d'inégalité, d'exploitation des peuples et des individus, du colonialisme , du racisme y compris le nazisme et 1'apartheid et de toute autre politique et. Idéologie contraire aux buts et aux principes des Nations Unies;

 b) La reconnaissance et la mise en oeuvre effective des droits civils et politiques ainsi que des droits économiques, sociaux et culturels sans aucune discrimination'.

Si les obstacles fondamentaux rencontres dans la voie du développement dans le monde contemporain, sont 1'inegalité, 1'exploitation, la guerre, le colonialisme et Le racisme, alors comment 1'abolition de ces obstacles est possible pour Ie Kurdistan qui est un pays de 45 millions d'habitants dont la langue et la culture sont interdites? Comment cela est possible alors qu'il est morcelé, colonisé par quatre Etats colonialistes, militairement occupé économiquement exploité sans même qu'un statut colonial lui soit reconnu par 1'ONU? Autrement dit comment cela est possible sans la création des conditions pour la défense du droit a 1'autodetermination de la nation Kurde y compris la fondation de son propre Etat indépendant unifié?

 

Dr Ali KILIC, Paris le 06-03-2007

 

 

 

 

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