DR Ali KILIC                                                              
Paris le 09-10-2006

La persécution du Peuple Kurde en Syrie et la question nationale

 

 

La question nationale et coloniale   du Kurdistan Sud Ouest (Welate maye bin Xete) est l’ordre du jours .Apres  la mort d’ Hafýz El Assad, son fils Bashar el Assad a suývý la   politique  agressive   a l’ encontre  de notre  peuple, la partie intégrante  de notre pays  annexée  colonisée par l’Etat colonialiste syrien. Le 7 octobre 2006 d es centaines de  Kurdes  ont manifesté hier à Londres contre la  politique du gouvernement colonialiste de Basschar El Assad  devant l’Ambassade de Syrie à Londres et Soixante-quinze Kurdes du, Kurdistan Sud Ouest  arrêtés le 20 mars par les forces de sécurité à Alep, dans le nord de la Syrie, ont été relâchés dimanche 3 septembre 2006, a annoncé le président de L’Organisation nationale des droits de l’Homme en Syrie (ONDHS), Ammar al-Qorabi."Les autorités syriennes ont libéré hier 75 détenus Kurdes arrêtés le 20 mars pendant les célébrations du nouvel an kurde à Alep", a déclaréM. Qorabi.Précisant qu’avec ces libérations, toutes les personnes arrêtées lors de ces célébrations ont été relâchées, il a appelé "les autorités à libérer tous les détenus politiques, les détenus d’opinion ainsi que les détenus de conscience pour clore ce dossier définitivement".Quelque 3.000 Kurdes portant des drapeaux kurdes s’étaient rassemblés le 20 mars dans un quartier d’Alep pour célébrer le nouvel an kurde, le Newroz. Les policiers étaient intervenus pour les disperser à coups de gaz lacrymogènes et les manifestants avaient riposté en jetant des pierres sur les forces de l’ordre.Une centaine de personnes avaient alors été arrêtées. Réagissant à ces libérations, le secrétaire général du Parti démocratique progressiste kurde, Aziz Daoud, a qualifié de mesure de "positive", précisant qu’"elle répondait à une lettre ouverte adressée par des avocats kurdes au président syrien Bachar al-Assad lui demandant de les amnistier"Il a souhaité, dans une déclaration, que cette mesure "soit suivie de la libération des autres Kurdes en détention, et en particulier 45 arrêtés lors d’une manifestation de Kurdes à Qamichli (ville située à 680 km au nord-est de Damas) le 5 juin 2005 qui réclamaient que la lumière soit faite sur le meurtre d’un ouléma kurde syrien, cheikh Mohammad Maachouk Khaznaoui.Des affrontements sanglants avaient opposé en mars 2004, pendant cinq jours, des Kurdes aux forces de l’ordre ou à des tribus arabes dans le nord de la Syrie, notamment à Qamichli et Alep, faisant 40 morts selon des sources kurdes, et 25 morts selon les autorités syriennes. Avec les événements du 12 mars 2004 le Peuple Kurde au Kurdistan  sud ouest   a fait l’objet  d’une  politique  discriminatrice  sans cesse. Autrement dit, les massacres dont notre peuple a fait l’objet ne débute pas  depuis mars 2004, date à laquelle  des milices armées par les baathistes syriens s'en prenaient lors d'un match de football à des supporters kurdes de la ville de Qamishlo. Mais, le massacre du peuple kurde en Syrie est  au-delà de cette date. Les Kurdes avaient riposté avec une énergie qui avaient surpris tout le monde et les violences s'étaient alors propagées dans la plupart des villes kurdes. Devant l'ampleur du soulèvement, (serhildan en kurde), le gouvernement syrien avait paru reculer et Bashar el Assad avait tenté, dans un discours télévisé aux accents pluralistes pour le moins inhabituels, d'apaiser les esprits. Mais une fois le calme revenu, les Kurdes qui avaient été arrêtés n'ont pas tous été relâchés et d'autres arrestations ont suivi.  L’année dernière  la Cour de sûreté de l'Etat a condamné quinze d'entre eux à des peines de prison allant de deux à trois ans pour "agressions contre les autorités" (le fait de ne pas se laisser abattre comme des moutons par les milices d'Etat étant compris comme une agression par la Syrie), pour "faire partie d'une organisation secrète visant à faire annexer une partie de la Syrie par un pays étranger" (en gros les Kurdes de Syrie sont soupçonnés de vouloir être rattachés au Kurdistan d'Irak, et de ce fait, ils vivent si bien en Syrie qu'on ne voit vraiment pas pourquoi ils auraient de pareilles idées), pour "dissensions confessionnelles" (là j'ignore pourquoi, le serhildan ayant été une révolte aux accents  nationaux mais pas du tout religieux) et "incitations à la sédition".  La question qui se pose  comment cette partie du Kurdistan a été colonisé par l’Etat colonialiste syrien et quel rapport établir entre le colonialisme français et britannique et de celui du colonialisme arabe syrien ? Quelle était la finalité  du colonialisme français et britannique au Moyen Orient, quelles étaient des causes de la domination turque, arabe, perse par rapport à la politique impérialiste  française et britannique ? Qui était le responsable de la division politique, économique, culturelle du Kurdistan ? Quelles sont les perspectives de luttes politiques  contre le colonialisme arabe syrien actuel pour la libération du  Kurdistan sud ouest ?

 

Au fond,  l’origine  de cette question réside  dans le   partage du Kurdistan  dès 1916. «  A la suite d'un long échange de lettres entre M. Paul Cambon, ambassadeur de France a Londres, et Sir Edward Grey, Secrétaire d'Etat au Foreign Office, un accord ultra-secret est conclu a Downing Street entre Sir Mark Sykes, pour I'Angleterre et M. François Georges-Picot, pour la France. II équivaut a un véritable depecaage de I'espace compris entre la mer Noire, la Méditerranée, la mer Rouge, I'océan Indien et la mer Caspienne, Cette région est découpée en  Une zone bleue française, d'administration directe ( Liban et Cicilie ) ; Une zone arabe A, d'influence française ( Syrie du nord et province de Mossoul ) ; Une zone rouge anglaise, d'administration directe ( Koweit et Mésopotamie ) ; Une zone arabe B, d'influence anglaise, (Syrie du sud, Jordanie et Palestine ) ; Une zone Brune, d'administration internationale comprenant St-Jean d'Acre, Haiffa et Jérusalem. (Cf. Jean Pichon : Le Partage du Proche-Orient, p. 92.) Cela mérite de poser la question du colonialisme français et britannique. Sans poser cette question nil est impossible de lutter contre le colonialisme arabe syrien qui domine sur une partie du territoire du Kurdistan.

 

Du colonialisme français  et britannique au colonialisme arabe

 

Jules Ferry, dans son Discours devant la Chambre des députés, 28 juillet 1885 disait". "Les colonies sont, pour les pays riches, un placement de capitaux des plus avantageux. Au temps où nous sommes et dans la crise que traversent toutes les industries européennes, la fondation d’une colonie, c’est la création d’un débouché… Messieurs, dans l’Europe telle qu’elle est faite, dans cette concurrence de tant de rivaux que nous voyons grandir autour de nous, la politique de recueillement ou d’abstention, c’est tout simplement le grand chemin de la décadence. .Francis Garnier   en 1864 ajoutait qu’« Un pays comme la France, quand il pose le pied sur une terre étrangère et barbare, doit-il se proposer exclusivement pour but l'extension de son commerce et se contenter de ce mobile unique, l'appât du gain ? Cette nation généreuse dont l'opinion régit l'Europe civilisée et dont les idées ont conquis les monde, a reçu de la Providence une plus haute mission, celle de l'émancipation, de l'appel à la lumière et à la liberté des races et des peuples encore esclaves de l'ignorance et du despotisme. Eteindra-t-elle en ses mains le flambeau de la civilisation vis-à-vis des ténèbres profondes de l'Annam ? » pour Merignhac  « Coloniser, c'est se mettre en rapport avec des pays neufs, pour profiter des ressources de toute nature de ces pays, les mettre en valeur dans l'intérêt national, et en même temps apporter aux peuplades primitives qui en sont privés les avantages de la culture intellectuelle, sociale, scientifique, morale, artistique, littéraire, commerciale et industrielle, apanage des races supérieures. La colonisation est donc un établissement fondé en pays neuf par une race avancée, pour réaliser le double but que nous venons d'indiquer » (Merignhac Précis de législation et d'économie coloniales, 1882.Georges Clemenceau  « Les races supérieures ont sur les races inférieures un droit qu'elles exercent et ce droit, par une transformation particulière, est en même temps un devoir de civilisation. Voilà, en propres termes, la thèse de M. Ferry et l'on voit le gouvernement français exerçant son droit sur les races inférieures en allant guerroyer contre elles et les convertissant de force aux bienfaits de la civilisation. Races supérieures ! Races inférieures ! C'est bientôt dit. Pour ma part, j'en rabats singulièrement depuis que j'ai vu des savants allemands démontrer scientifiquement que la France devait être vaincue dans la guerre franco-allemande, parce que le Français est d'une race inférieure à l'Allemand. Depuis ce temps, je l'avoue, j'y regarde à deux fois avant de me retourner vers un homme et vers une civilisation et de prononcer : homme ou civilisation inférieure ! ... Je ne veux pas juger au fond la thèse qui a été apportée ici et qui n'est autre chose que la proclamation de la puissance de la force sur le Droit. » (Georges Clemenceau, Discours devant la Chambre des Députés, 30 juillet 1885.)— Aimé Césaire, p. 21-22 Discours sur le Colonialisme, 1950. « Entre colonisateur et colonisé, il n'y a de place que pour la corvée, l'intimidation, la pression, la police, le vol, le viol, les cultures obligatoires, le mépris, la méfiance, la morgue, la suffisance, la muflerie, des élites décérébrées, des masses avilies." "J'entends la tempête. On me parle de progrès, de "réalisations", de maladies guéries, de niveaux de vie élevés au-dessus d'eux-mêmes." "Moi, je parle de sociétés vidées d'elles-mêmes, des cultures piétinées, d'institutions minées, de terres confisquées, de religions assassinées, de magnificences artistiques anéanties, d'extraordinaires possibilités supprimées." "On me lance à la tête des faits, des statistiques, des kilométrages de routes, de canaux, de chemin de fer." "Moi, je parle de milliers d'hommes sacrifiés au Congo Océan. Je parle de ceux qui, à l'heure où j'écris, sont en train de creuser à la main le port d'Abidjan. Je parle de millions d'hommes arrachés à leurs dieux, à leur terre, à leurs habitudes, à leur vie, à la danse, à la sagesse." "Je parle de millions d'hommes à qui on a inculqué savamment la peur, le complexe d'infériorité, le tremblement, l'agenouillement, le désespoir, le larbinisme." "On m'en donne plein la vue de tonnage de coton ou de cacao exporté, d'hectares d'oliviers ou de vignes plantés." "Moi, je parle d'économies naturelles, d'économies harmonieuses et viables, d'économies à la mesure de l'homme indigène désorganisées, de cultures vivrières détruites, de sous-alimentation installée, de développement agricole orienté selon le seul bénéfice des métropoles, de rafles de produits, de rafles de matières premières. « Aimé Césaire, p. 21-22 Discours sur le Colonialisme, 1950.  Lieutenant-colonel de Montagnac, Lettres d'un soldat, Plon, Paris, 1885; Alain Ruscio, Y'a bon les colonies, Autrement n° 144, Oublier nos crimes, avril 1994, p. 4C’est vrai. La Méditerranée c’est la "mère de la civilisation", le théâtre de la domination coloniale française. Le colonialisme, surtout en France, obtint son sommet dans la fin du XIX siècle. Dans les ans précédents, le territoire noir, l’Afrique, était occupée par les pays européens pour le 10% du territoire : la France occupait l’Algérie, le Sénégal, le Gabon, les portugais l’Angola et le Mozambique, l’Angleterre le Sud Afrique d’aujourd’hui. La nouvelle expansion partit avec la conquête de la Tunisie (1881) par la France, et de l’Egypte par les anglais (1882). Dans ces ans, il y a la rivalité entre les deux pays pour la division de l’Afrique noire, qui durera pour une période de vingt ans, en engendrant la course à la conquête. Le 1883 c’est l’an de la pénétration française dans l’Haut Niger. En 1884 se déroule la conférence de Berlin, où pour initiative de Bismarck, s’établirent les principes pour la division de l’Afrique entre les pays européens. En 1885 les propriétés françaises de l’Afrique occidentale viennent assemblés dans l’Afrique Occidentale Française. Les anglais et les français s’accordent sur les confines de rispectives zones d’influence dans l’Afrique septentrional en 1889, parce que l’an précédent, pour l’incident de Fashoda, la France et l’Angleterre avaient cassés les rapports. Pour cet incident la France avait renoncé à la conquête du Nil dans l’Egypte. En 1902 il y a l’accord entre l’Italie et la France pour la reconnaissance de propres intérêts dans la Tripolitaine et dans le Maroc. Le pays nord-africain deviendra un protectorat français en 1912. Parallèlement aux conquêtes africaines, la France déroula une colonisation aussi dans l’Empire Orientale, dans la Chine et dans l’Indochine. Au commencement du XX siècle la France possédait la plupart de l’Afrique nord occidentale, vastes territoires dans l’Afrique centrale, et au sud il avait la grande île du Madagascar. »

Janvier 1918 : Le nouveau gouvernement bolchevik divulgue le texte du traite SYKES-PICOT

Ayant trouve le texte du traite Sykes-Picot dans les archives du Ministère des affaires étrangères de Petrograd, le Gouverneur bolchevique, qui a supplante le régime tsariste depuis octobre 1917, le porte a la connaissance du Gouvernement ottoman. Les Turcs y voient un moyen de discréditer les Anglais et les Frangais aux yeux des Arabes. Ils le communiquent au Cherif Hussein de la Mecque qu'ils pressent de se retirer de la coalition et de conclure une paix séparée avec eux.

18 Février 1918 : Réponse du Gouvernement britannique a la demande d'explications formulée par le Cherif hussein.:

« Le Gouvernement de sa Majesté et ses allies n’ont pas abandonné leur politique qui consiste à apporter leur concours le plus entier à tous les mouvements qui luttent pour la libération des Nations opprimées. En vertu de ce principe, ils sont plus que jamais résolus à soutenir les peuples arabes dans leur effort pour instaurer un Monde arabe dans lequel la loi remplacera I'arbitraire ottoman et ou I'unité prévaudra sur les rivalités artificiellement provoquées par les intrigues des administrations turcs. « Le Gouvernement de Sa Majesté confirme ses promesses antérieures concernant la libération des peuples arabes. ».(Preparatory Notes for the Palestine problem, A white paper, Amman, 1964, p. 12.13)

9 Novembre 1918 : Proclamation franco-anglaise aux peuples arabes :

Le 30 octobre 1918, la Turquie vaincue signe avec les allies un armistice a Moudros.L'Empireottoman a cesse d'exister. mais les population arabes, profondément troublées par la publication du traite Sykes-Picot, se demandent avec angoisse ce que I'avenir leur reserve.Pour calmer leur appréhensions, les Gouvernements frangais et britannique publient conjointement la déclaration suivante :« Le but qu'envisagent la Grande-Bretagne et la France en poursuivant en Orient la guerre dechainee par I'ambition allemande, est I'affranchissement complet et définitif des peuples si longtemps opprimes par les Turcs et I'établissement de Gouvernements nationaux et d'Administrations, puisant leur autorité dans I'initiative et le libre choix des populations indigènes.« Pour donner suite a ces intentions la Grande-Bretagne et la France sont d'accord pour encourager et aider a établissement de Gouvernements et d'Administrations indigènes en Syrie et en Mésopotamie, actuellement libérées par les allies, ou dans les territoires dont ils poursuivent la libération, et pour reconnaître ceux-ci aussitôt qu'ils seront effectivement établis.

« Loin de vouloir imposer aux populations de ces régions telles ou telles institutions, elles ont d'autre souci que d'assurer, par leur appui et par une assistance efficace, le fonctionnement normal des Gouvernements et Administrations qu'elles se seront librement données.« Assurer une justice impartiale et égale pour tous, faciliter le développement économique du pays en suscitant et en encourageant les initiatives locales, favoriser la diffusion de I'instruction, mettre fin aux divisions trop longuement exploitées par la politique turque, tel est le rôle que les deux Gouvernements allies revendiquent dans les territoires libères. »

 

Britanniques et Arabes participèrent à la prise de Damas en 1918. L’année suivante, les forces britanniques se retirèrent de la zone d’influence revenant à la France, cédant son contrôle aux troupes françaises. En 1920, la Société des Nations (SDN) confia à la France un mandat sur la Syrie et le Liban, lesquels devaient rapidement aboutir, du moins en théorie, à l’indépendance des deux territoires. Toutefois, les nationalistes syriens, organisés depuis la fin du XIXe siècle, espéraient la création d’une Syrie indépendante, incluant la Palestine et le Liban. En mars 1920, le Congrès national syrien (élu en 1919) refusa le mandat français et proclama unilatéralement l’indépendance du pays. Celui-ci devint une monarchie constitutionnelle dirigée par le fils de Hussein, le prince Fayçal.

 

Néanmoins, en avril 1920, la conférence de San Reno confirma les accords Sykes-Picot, qui légitimaient l'intervention militaire française: les troupes du général Gouraud entrèrent à Damas en juillet. Fayçal, contraint à l’exil, trouva alors refuge en Irak, où il sera couronné en 1921. Ce fut alors l'effondrement du «grand projet arabe» de rassembler autour de Damas les terres arabes autrefois placées sous contrôle ottoman. Alors qu'elle avait été hostile envers les Turcs, la population syrienne développa rapidement un sentiment antifrançais. Le mandat français sur la Syrie fut organisé en un «Grand Liban» composé de quatre provinces: les sandjaks de Damas, d'Alep et l'État alaouite (1920), et l'État du djebel druze (1921), auxquels s'ajouta, en mars 1923, le sandjak d'Alexandrette (au nord) détaché d'Alep et peuplé d'une minorité turque. La même année, le général Gouraud créa la Fédération syrienne, qui regroupait Damas, Alep et l'État alaouite, sans le Djebel druze, ni Alexandrette. En 1924, l'État alaouite en fut également séparé. De 1925 à 1927, le Djebel druze entra en état d'insurrection, dirigée par le sultan Pacha-El-Atrache. Le général Sarrail y fut chargé de rétablir l'ordre français. En 1926, le «Grand Liban» devint la République libanaise.

La frontière syro-libanaise a été tracée par les Français, protecteurs traditionnels des chrétiens au Levant, pour satisfaire les ambitions des maronites à la création d'un «plus grand Liban». La Syrie n'a jamais reconnu ce tracé. Sachant proche l'indépendance du mandat français du Levant, la Turquie fit savoir, dès 1936, qu'elle se refusait à ce que la population minoritaire turque du sandjak d'Alexandrette puisse passer sous l'autorité syrienne indépendante. Paris, soucieux de ne pas contrarier un État dont la position revêtait une grande importance stratégique quant à la défense des intérêts français au Levant, accéda à la demande d'Ankara, et le sandjak d'Alexandrette (ou république du Hatay) passa sous souveraineté turque le 23 juin 1939, sous le nom de «province du Hatay», au grand dam des nationalistes syriens.

Malgré son hostilité à l’égard de la France, la Syrie se rangea aux côtés des Alliés en 1939. En juin 1940, après la capitulation française, la Syrie passa sous le contrôle du gouvernement de Vichy. En 1941, les forces de la France libre et les Britanniques chassèrent le général Dentz, haut-commissaire du Levant. Le général Catroux, au nom de la France libre, reconnut officiellement l’indépendance de la Syrie, mais les troupes franco-britanniques demeurèrent sur le sol syrien.  Les Français ne se retirèrent totalement du Liban et de la Syrie qu’en 1946, après avoir violemment réprimé de nouvelles émeutes nationalistes et bombardé Damas. Cette même année, la Syrie devient membre des Nations unies.

 C'est dans le Kurdistan syrien beaucoup d'intellectuels Kurdes persécutés en Turquie vinrent trouver refuge bien qu'ils ne disposaient d'aucun droit politique. Les Kurdes ont bel et bien demandé leur autonomie à l'intérieur des frontières du pays. Une pétition fut adressée à l'Assemblée constituante de Syrie le 23 juin 1928 et y a inclus les trois demandes suivantes:

1) L'usage de la langue kurde dans les zones kurdes, concurremment avec d'autres langues officielles (arabe et français);
2) L'éducation en langue kurde dans ces régions;
3) Le remplacement des employés du gouvernement de ces régions par des Kurdes.

Les autorités colonialistes  du mandat français ne favorisèrent pas l'autonomie kurde dans cette partie de la Syrie en raison de l'intolérance manifestée par la Turquie et l'Irak à l'égard «d'un territoire autonome kurde» près de leurs frontières. En fait, l'usage du kurde était libre, sans être officielle, dans la région. Mais l'absence de matériel pédagogique en langue kurde aurait rendu l'organisation de l'éducation particulièrement difficile, bien que ce soit des considérations d'ordre politique qui ait joué. Sous  ce colonialisme français  général Pierre Rondot avait établi des liens avec la famille  Beder Khan, plus particulièrement Celadet Emir  Ali Beder Khan  et Kamuran Ali Beder Khan.. Pierre Rondot  est le père de Philippe Rondot, général de division français qui sera brutalement mis sur le devant de la scène médiatique au cours de l'affaire Clearstream 2, dans laquelle des corbeaux avaient tenté de manipuler l'enquête sur l'affaire des frégates de Taïwan.Saint-cyrien, membre des services secrets, il a servi au Proche-Orient et a notamment participé à la création des services de renseignement syriens et libanais sous mandat français. Le général Pierre Rondot eut une immense activité d’analyste, de commentateur et de pédagogue de toutes les questions touchant le monde arabe et l'Islam. Spécialiste du monde arabo-musulman, il a été directeur du Centre de hautes études sur l’Afrique et l’Asie modernes (CHEAM) de 1954 à 1967. Il a publié de nombreux ouvrage de référence sur le monde arabe et l'Islam, notamment Les chrétiens d'Orient, L'Islam et les musulmans d'aujourd'hui(2e édition 1965), L'Islam(1965), son .Philippe Rondot est un général de division français. A la retraite depuis décembre 2005, il est un « vétéran» du renseignement français. Il a travaillé à la fois pour la DST et à la DGSE, deux services traditionnellement rivaux, et fut le conseiller pour le renseignement et les opérations spéciales (CROS) de différents ministres de la Défense de droite ou de gauche (Alain Richard, Pierre Joxe et Michèle Alliot-Marie). Spécialiste du monde arabe, il est également l'auteur de plusieurs ouvrages sur le Moyen-Orient , il fut aussi membre de l'IFRI et l'auteur de plusieurs articles dans le journal Le Monde. Philippe Rondot ancien commando parachutiste, il est docteur en sociologie politique.Philippe Rondot entre en 1965 dans les services spéciaux, où il est officier au service action du SDECE (l'ancêtre de la direction générale de la sécurité extérieure, la DGSE).  En 1981, il rejoint la DST, le contre-espionnage français. Son père le Général Pierre Rondot dans son  Journal intime  écrivait à Damas, le 25- juin 1940 » je vais visiter mes vieux amis kurdes les Beder khan. Un accueil qui me va au cœur. Je ressens là  un attachement profond. J’y  ai mis  le prix. J’ai joué leur jeu ; J’ai tenu leurs secrets et j’ai été leur complice ; » (Etudes Kurdes  N°2 nov.2000, p.101) ; le général Pierre Rondot eut une immense activité d’analyste, de commentateur et de pédagogue de toutes les questions touchant le monde arabe et l'Islam. Y compris l’analyse sur les alphabets kurdes.  C’est Pierre Rondot qui a exclu  le Kirmanckî-Dimilî- Zaza de l’unification de langue kurde en 1928-1936 ; Ce membre  des services secrets français qui dirigeait les travaux de la Revue Hawar avec la collaboration de la Commission Britannique en 1930 sur la bases des travaux de VOLNEY, Constantin-François de Chasseboeuf  et de Jacques de Morgan

 

Sur le plan de l’organisation politique, Le Parti Démocratique du Kurdistan (PDK-Syrie), crée en 1957 pour revendiquer l'autonomie culturelle des Kurdes, est interdit à partir de 1959, et ses responsables sont arrêtés et emprisonnés.Même si les Kurdes de Syrie ne se sont jamais soulevés contre leur gouvernement, ils ont toujours été de tous les combats de leur peuple dans les autres parties du Kurdistan en leur fournissant cadres, combattants et logistique. En 1927, c'est en Syrie que quelques intellectuels Kurdes décident de créer l'organisation indépendantistee Khoybûn du Kurdistan de Turquie. Dans les années 1930 et pendant les premières années de la Deuxième Guerre mondiale, lorsque le peuple kurde au Kurdistan de Turquie subissait une oppression qui avait atteint son paroxysme, les Kurdes de Syrie et parmi eux, des émigrés kurde de Turquie, prenaient en quelque sorte la relève du mouvement culturel kurde. Il faut examiner l’histoire politique  du mouvement de libération du Kurdistan. Avant le Mahabad  et après le programme politique qui a accentué dans son programme politique c’était le Parti Communiste du Kurdistan fondé d’abord au Moyen Orient puis au Kurdistan Sud. En raison des fautes  de Staline et des  communistes arabes irakiens  ce programme politique a échoué.

Lorsque la guerre  dirigée par le Général  Molla Mustafa  Barzani éclate en Irak, en 1961, les Kurdes de Syrie se montrent tout naturellement solidaires de ce mouvement. Le gouvernement syrien comprend le danger et prend des dispositions pour isoler et disperser les Kurdes de Syrie. En 1962, il procède à un recensement de la population. Après sa réalisation, le gouvernement déclare que les quelques 120 000 Kurdes de la région de djezireh-tous ressortissants syriens-n'étaient pas des syriens mais des étrangers se trouvant illégalement en Syrie.

Par un simple subterfuge administratif, on leur demande de remettre aux autorités leur carte d'identité afin d'en refaire de nouvelles. Mais les nouvelles cartes ne leur sont jamais délivrées, de sorte que ces Kurdes, 120 000 à l'époque, se trouvent des apatrides dans leur propre pays.

À partir de 1961, le gouvernement syrien commença à accuser les Kurdes d'avoir des visées anti-arabes. En 1962, le gouvernement appliqua la politique dite de la «ceinture arabe» qui prévoyait expulser toute la population kurde de la région de Djazira le long de la frontière turque et de la remplacer par des Arabes; il semble que la découverte du pétrole à Karatchok ne soit pas étrangère à cette politique. Une fois recensés, les Kurdes syriens se sont vu retirer leur droit à la citoyenneté syrienne. En effet, sous prétexte de débusquer les Kurdes turcs qui auraient illégalement franchi la frontière turco-syrienne, le gouvernement déclara que les quelques 120 000 Kurdes de la région du Kurdistan — tous des ressortissants syriens — n'étaient pas des Syriens, mais des «étrangers se trouvant illégalement en Syrie». 

En réalité, le Kurdes ont, depuis 1962, un statut d'«étrangers kurdes» ou de «citoyens étrangers» (en arabe: ajanib. Ce statut est officialisé par une carte d'identité rouge distribuée par le ministère de l'Intérieur). Comme ce statut se transmet de père en fils ou de mère en fille, le nombre de personnes concernées ne cesse d'augmenter avec les années. En 1996, quelque 67 465 kurdes possédaient ce statut, selon les chiffres officiels, contre 200 000 selon des sources kurdes.

Dans un document secret intitulé«Étude de la province de Jazira sur les aspects nationaux, sociaux et politiques» (1963), Hilal, le chef de la police politique de la région de Hasaka, proposait un «plan» d'arabisation en douze points:

- dispersion des Kurdes de Syrie;
- interdiction d'établissements d'enseignement en kurde;
- mise au chômage des Kurdes;
- extradition des Kurdes du Kurdistan Nord vers la Syrie pour être emprisonnés;
- application du principe de «diviser pour régner» entre les Kurdes;
- instauration d'une «ceinture arabe» autour de la région;
- colonisation du territoire par des «Arabes purs et nationalistes»;
- proclamation d'une «ceinture militaire» pour surveiller le départ des Kurdes et l'arrivée des Arabes;
- établissement de «fermes collectives» (mazari' jama'iyya) pour les Arabe;
- suppression des droits civils pour tout ressortissant ignorant la langue arabe;
- abolition de l'autorité religieuse des mollahs kurdes et leur remplacement par des religieux «purs arabes»;
- interdiction des «assemblée kurdes», sauf pour des rassemblements religieux.

 

En 1963, l'Etat syrien crée ce qu'on a appelé "la ceinture arabe". A l'est du pays, la riche région agricole et pétrolière kurde de Djézireh, longue de 280 km et profonde d'une quinzaine de kilomètres, avec ses 332 villages à l'époque, devait être évacuée pour permettre la création de cette "ceinture". A la place de ces villages, des fermes d'Etat, devaient être bâties et réservées aux Arabes, des Arabes qui devaient être amenés d'autres régions de Syrie pour remplacer les Kurdes. Cette politique a provoqué l'extermination, lors de la déportation, de plusieurs dizaines de milliers de Kurdes, en majorité de confession yézidi. Les Kurdes furent ainsi dépossédés des terres qu'ils cultivaient depuis des générations. L'oppression nationale a donc commencé à ce moment-là. On a même assisté, comme en Turquie, à l'arabisation progressive de la toponymie kurde de la région.

La prise du pouvoir par le parti Baas, en 1963, s’inspirant d’une idéologie pan-arabiste (ultra- nationaliste) aggrave la situation des Kurdes. Le premier acte important du gouvernement syrien sera d’envoyer une partie de son armée (plus de 3 000 soldats) et de ses chars d’assaut au secours de l’Irak dans sa guerre contre ses propres Kurdes. On essaiera ensuite de démonter «scientifiquement que les Kurdes qui n’ont ni histoire, ni civilisation, ni langue ne constituent pas une nation ». Un plan en douze points établi par l’un des idéologues du nouveau régime préconise déportation et dispersion des Kurdes pour mettre fin à leur existence ethnique en Syrie, et arabiser leur région en y installant des tribus arabes nomades. Mais ce plan ne sera que partiellement mis en place. Après la déportation et la nationalisation des terres de plus de 100 000 Kurdes en 1967, la guerre qui venait d’être déclenchée contre Israël arrête la mise en pratique de ce plan d’extermination.

Depuis l’accession au pouvoir de Hafez el Assed, en 1972, il faut mentionner que les mesures racistes à l’égard des Kurdes ont été très sensiblement atténuées, non pas par sympathie pour les Kurdes, mais plutôt grâce essentiellement à la situation politique fragile du Président Assed qui s’appuie, dans l’exercice de son pouvoir, sur la minorité religieuse alaouite dont il est issu, à l’état de guerre contre Israël, ainsi qu’aux conflits frontaliers et politique qu’il a avec la Turquie et l’Irak. Il n’en reste pas moins que le parti Démocratique Kurde de Syrie est toujours interdit et aucune association à caractère social ou culturel n’est autorisée. Toutes les publications en langue Kurde ou sur les Kurdes sont également interdites. Le régime syrien qui avait privé de la nationalité syrienne des Kurdes de Djézireh astreint cependant ces Kurdes « non syriens » au service militaire pour les utiliser dans l’occupation militaire du Liban ou la persécution de l’opposition interne, alors qu’ils ne peuvent même pas se marier civilement faute de documents d’identité ou se faire hospitalier. Le nombre de Kurdes déchus ainsi de leur citoyenneté serait actuellement plus de 300 000 personnes.

La crise économique terrible qui sévit en Syrie frappe tout particulièrement les Kurdes. Dans les régions kurdes, il y a un exode rural vers les grandes villes de l’intérieur et à Damas. Le nombre de désœuvrés et de chômeurs parmi les jeunes Kurdes de Syrie est très élevé et  beaucoup prennent le chemin de l’exode. Ces dernières années, des dizaines de milliers d’entre eux se sont exilés en Allemagne u dans d’autre pays d'Europe, y compris en France.

Le Parti Bass prit le pouvoir en 1963 à la suite d'un coup d'État militaire. Un Conseil de commandement de la révolution fut chargé de diriger le pays; l’industrie, le pétrole et le commerce furent nationalisé. Cependant, le Parti Baas resta divisé par la rivalité entre ses dirigeants et les jeunes officiers plus radicaux, appartenant pour la plupart à la minorité alaouite. Ces derniers prirent le pouvoir le 23 février 1966 et emprisonnèrent les dirigeants historiques du Parti Baas. Les nouveaux dirigeants baasistes, s’inspirant de l'idéologie pan-arabiste (ultra-nationaliste), aggravèrent la situation des Kurdes syriens, comme de toutes les minorités non arabes et non islamistes.

Pour toute minorité, le droit d’avoir ses propres écoles est fondamental: aussi la communauté chrétienne de Syrie avait-elle durement ressenti l'«étatisation», en septembre 1967, des établissements d’enseignement privés, et notamment de plus d’une centaine d’écoles catholiques, qui furent fermées ou expropriées.

Puis le gouvernement envoya 3000 soldats accompagnés de chars d'assaut au secours de l’Irak dans sa guerre contre les Kurdes irakiens afin de supprimer tout velléité d'autonomie. Les autorités syriennes tentèrent par la suite de démonter «scientifiquement que les Kurdes qui n’ont ni histoire, ni civilisation, ni langue et qu'ils ne constituent pas une nation». Le nouveau régime adopta une politique prévoyant la déportation et la dispersion des Kurdes afin de les liquider et d'arabiser leur région en y installant des tribus arabes nomades. Toutefois, cette politique ne sera que partiellement mis en place. En effet, après la déportation et la nationalisation des terres de plus de 100 000 Kurdes en 1967, la guerre qui venait d’être déclenchée contre Israël arrêta la mise en oeuvre de cette politique. 

-En novembre 1970, le général Hafez al-Assad, un alaouite appuyé par l'armée, chassa du pouvoir les extrémistes du Baas, puis accéda à la présidence de la République en mars 1971. Al-Assad instaura un pouvoir autocratique assis sur l'armée et les services de sécurité.

Les mouvements d'opposition furent victimes d'une sévère répression policière. Reste que le pouvoir alaouite par essence minoritaire n'a réussi à se maintenir qu'au prix d'un contrôle social rigoureux qui le contraignit à «jouer serré» en maintenant une pression extérieure, comme c'était jusqu'à présent le cas au Liban ou en lâchant la bride au Hezbollah pour étoffer, selon les besoins du moment, sa capacité de négociation avec Israël, Damas trouvant dans cet état de tension permanent la justification au maintien d'un sévère régime intérieur.

La libéralisation progressive de l’économie fut engagée, tandis que le nouveau régime, consacré par la Constitution de 1973, tenta de rompre l’isolement diplomatique du pays. Mais la Syrie poursuivit sa guerre contre Israël. La troisième guerre israélo-arabe de 1973, qui se solda par une nouvelle victoire d’Israël, entraîna un coût élevé pour la Syrie, laquelle perdit l’essentiel de ses infrastructures industrielles. En 1975, l’armée syrienne intervint au Liban, déchiré par la guerre civile. Israël annexa unilatéralement le plateau du Golan (occupé depuis 1967) appartenant à la Syrie. En 1976, le président Hafez al-Assad renonça officiellement à la nouvelle mise en oeuvre de la «ceinture arabe» et décida «de laisser des choses comme elles sont».

Les forces syriennes et israéliennes s’affrontèrent en 1982, lors de l’invasion israélienne du Liban. À l'intérieur, l’armée syrienne intervint en 1982 pour réprimer une révolte islamiste menée par le mouvement des Frères musulmans. Mais la préoccupation essentielle d’Hafez al-Assad demeura le Liban. En 1985, la Syrie obtint le retrait israélien de la plus grande partie du Liban; en février 1987, elle dépêcha 7000 hommes en renfort dans le secteur musulman de Beyrouth pour rétablir l’ordre, et opéra la réunification de la capitale libanaise. Les accords de Taef, en 1989, consacrèrent la tutelle exercée de fait par la Syrie au Liban. En mai 1991, le gouvernement syrien et le gouvernement libanais signèrent un traité d’amitié et de coopération précisant que leurs deux pays appartenaient à une «même nation». La présence militaire syrienne se poursuivit au Liban.

Pendant tout ce temps, le régime d’Hafez al-Assad qui avait privé de la nationalité syrienne des Kurdes de Djézireh obligea les Kurdes «non syriens» au service militaire afin de les utiliser dans l’occupation militaire du Liban ou la guerre contre Israël.  En novembre 1986, le gouvernement édicta un décret interdisant l'usage de la langue kurde sur les lieux de travail. En décembre 1989, il promulgua un autre décret interdisant les chansons kurdes lors des mariages et des fêtes. En octobre 1992, plusieurs centaines de Kurdes furent arrêtés parce qu'ils revendiquaient l'égalité des droits civiques et culturels. De plus, le gouvernement en vint à dissoudre les associations kurdes et interdit aux fonctionnaires de l’état civil d'enregistrer les enfants portant un prénom kurde. En même temps, la presse turque accusait la Syrie de soutenir «les séparatistes kurdes» de Turquie.

Puis les États-Unis continuèrent d’accuser le régime syrien de soutenir les actions de différents groupes terroristes. Le président Assad rompit définitivement l’isolement diplomatique de son pays lorsque ses troupes se joignirent à la coalition anti-irakienne durant la guerre du Golfe en 1991. Cette participation valut à la Syrie un regain d’intérêt de la part des investisseurs occidentaux, encouragés par de nouvelles mesures d’ouverture économique. En 1992, le président Assad fit un nouveau geste en autorisant les juifs de Syrie à voyager: 4000 d’entre eux émigrèrent aux États-Unis. Dans le même temps, des détenus politiques furent libérés. En avril 1996, la Syrie intervint dans le contrôle du cessez-le-feu au sud du Liban et prit en juin 1997 l’initiative d’un rapprochement tactique avec l’Irak, avec qui Damas n’entretenait plus de relations officielles depuis 1980. La question de la succession d’Hafez al-Assad activa les luttes de clans au sein du pouvoir. En octobre 1998, soumise à des pressions et des menaces militaires par la Turquie, la Syrie signait avec ce pays un accord, par lequel elle s'engageait à ne plus fournir d'appui financier, militaire ou logistique aux Kurdes. Au Liban, pays dans lequel elle exerce une influence déterminante, la Syrie intervint dans la désignation du chef de l'État.

En février 1999, Hafez al-Assad fut réélu président de la République syrienne pour une durée de sept ans, mais il mourut en juin de l'année suivante. Un processus institutionnel, politique et électoral fut mis en place afin que son fils cadet, Bachar Al-Assad, largement plébiscité par le Parti Baas et commandant d'une division blindée de l'armée syrienne depuis 1994, puisse lui succéder. Il fut nommé général et commandant en chef des armées, proclamé chef du Parti Baas et choisi par le Parlement comme candidat unique à la présidence. Ce choix fut confirmé, pour un mandat de sept ans, par le référendum du 10 juillet. Bachar Al-Assad inaugurait une ère inédite au Proche-Orient: la république héréditaire. Le nouveau président semble être revenu à la ligne politique autoritaire de son père, avec une direction collégiale d'un État toujours dominé par la minorité alaouite. Après quelques velléités de changement dans la gestion des affaires intérieures, Bachar fait maintenant machine arrière et à l'extérieur sa politique lui est plus que jamais imposée par l'État israélien.

       En ce qui  concerne  la réalité actuelle  du Peuple  Kurde au Kurdistan de Syrýe en rapport avec  les dernières  événements  du 12 mars 2004 présentés dans un communiqué  de presse publié par  Amnesty International  le 16 mars 2004 nous  trouvons  la situation des Kurdes  au Kurdistan de Syrýe   de la manière  suývante ;

«  Amnesty International a fait savoir ce mardi 16 mars 2004 qu’elle était gravement préoccupée par les informations selon lesquelles pas moins de 20 personnes ont été tuées et des centaines de Kurdes de Syrie interpellés par les forces de sécurité depuis le 12 mars 2004.


Ces arrestations auraient fait suite à des affrontements entre des supporters kurdes et arabes lors d’un match de football qui s’est déroulé à El Qamishli le 12 mars. Les forces de sécurité auraient ouvert le feu sur la foule, tuant au moins 20 personnes. Trois enfants auraient trouvé la mort dans la bousculade, alors que la foule tentait d’échapper à la fusillade.


Après cet événement, des heurts ont éclaté entre les Kurdes de Syrie et les forces de sécurité syriennes à El Qamishli, Alep et El Haseke dans le nord, et à Damas. Des centaines d’hommes, dont des jeunes parfois âgés de quatorze ans, auraient été interpellés à leur domicile. Leurs familles restent sans nouvelles d’eux. Selon Amnesty International, il est à craindre que les personnes ayant trouvé la mort aient été victimes d’homicides délibérés ou d’un recours excessif à la force. “Il est probable que les victimes et les personnes arrêtées ont été prises pour cibles en raison de leur origine kurde, a déclaré Amnesty International. Les détenus risquent d’être soumis à des actes de torture et autres mauvais traitements, d’autant que leur lieu de détention demeure inconnu.”Amnesty International demande qu’une enquête indépendante et impartiale soit diligentée sur ces homicides et que les responsables présumés soient traduits en justice dans le respect des normes internationales d’équité des procès.
“Les autorités syriennes doivent informer les personnes concernées du lieu où sont incarcérés les prisonniers, afin d’éviter qu’ils ne soient victimes de mauvais traitements ou que de nouvelles violences n’éclatent”, a insisté l’organisation de défense des droits humains. Selon les estimations, 1,5 million de Kurdes vivent en Syrie, majoritairement dans la région de Jazira, dans le nord-est du pays. Actuellement, 150 000 Kurdes sont privés de la nationalité syrienne et de leurs droits civiques.

 

Depuis longtemps, de violentes confrontations opposent les autorités syriennes aux Kurdes. En mars 1986, lors des festivités du Nawruz (nouvel an kurde), des heurts entre les deux camps s’étaient soldés par plusieurs morts et blessés. En octobre 1992, les Kurdes ont commémoré le 30e anniversaire du recensement qui a privé nombre d’entre eux de leur nationalité syrienne et de leurs droits civiques élémentaires. En réaction, les forces de sécurité syriennes ont procédé à des arrestations massives. En 1995, les autorités syriennes ont interdit les célébrations traditionnelles du Nawruz et arrêté des dizaines de Kurdes.

Le 9 mars 2004, sept Kurdes de Syrie auraient été interpellés à leur domicile, au petit matin, semble-t-il à la suite de manifestations organisées par les Kurdes à El Qamishli et El Haseke le 8 mars (voir l'Action urgente publiée par Amnesty International le 12 mars,

 Syrie. Prisonniers d'opinion présumés / Craintes de torture ou de mauvais traitements, index AI : MDE 24/018/2004).


   Sur le même sujet   de l’Agence France Presse  le 17 Mars2004   a déclaré que  de nouveaux heurts ont eu lieu mercredi avant l'aube dans le nord de la Syrie, où au moins 35 personnes ont été tuées depuis le début des violences opposant des kurdes aux forces de l'ordre ou à des tribus arabes le 12 mars.

Le vice-président syrien, Abdel Halim Khaddam, le premier responsable syrien de ce rang à évoquer publiquement ces heurts, a accusé des "parties étrangères d'exploiter" les troubles qui, a-t-il dit en soirée devant la presse, "sont terminés car personne n'est capable de porter atteinte à l'unité nationale".

M. Khaddam a refusé d'identifier ces "parties étrangères". Il a dans le même temps accusé "les médias d'avoir gonflé les incidents" mais reconnu que "des destructions à grande échelle avaient été commises" par les émeutiers kurdes.

Selon Machaal Timo, membre du bureau politique du parti de l'Union du peuple kurde (interdit), de nouveaux affrontements mortels ont eu lieu la nuit de mardi à mercredi à Alep et sa région (nord-ouest), mais aussi à Qamichli, à 600 km au nord-est de Damas.

"Depuis vendredi, les affrontements, commencés à Qamichli, ont fait 30 morts kurdes dans les gouvernorats d'Hassaké (nord-est) et d'Alep", a indiqué Abdel Aziz Daoud, secrétaire général du Parti démocratique progressiste kurde (interdit).

Salah Kiddo, autre membre de l'Union du peuple kurde, a confirmé ce chiffre et fait état de 250 blessés kurdes.

Cinq Arabes syriens ont été tués, dont un responsable de la police, et dix autres blessés, dont cinq policiers, durant la même période, selon le gouverneur de la ville de Hassaké, Salim Kabboul.

Les affrontements du week-end, limités au gouvernorat d'Hassaké, se sont étendus mardi à Alep où, selon des responsables kurdes trois des leurs ont été tués par les forces de l'ordre lors d'une commémoration du massacre de Halabja (Irak) où 5.000 Kurdes ont péri gazés par l'armée de Saddam Hussein en 1988.

Les troubles avaient commencé à Qamichli, où vit une importante communauté kurde, avant un match du championnat de football national, lorsque des partisans de l'équipe adverse ont lancé des slogans hostiles aux chefs kurdes et brandi des portraits du président déchu Saddam Hussein.

A Erbil, dans le nord de l'Irak, plusieurs milliers de Kurdes ont réclamé l'intervention de l'Onu et des Américains pour défendre les Kurdes en Syrie.Ces heurts ont été évoqués lors de la brève visite mercredi à Ryad de M. Assad, où il a été reçu par le prince héritier Abdallah.

A Washington, le porte-parole adjoint du département d'Etat, Adam Ereli, a appelé la Syrie à cesser sa répression des Kurdes."Nous avons fait savoir nos inquiétudes (à Damas), et nous appelons le gouvernement de Syrie à cesser de réprimer les manifestations politiques non-violentes en Syrie (...)", a-t-il dit affirmant que les Kurdes protestaient contre "l'inégalité des droits".Il a accusé les forces de Damas "d'avoir non seulement blessé et tué des manifestants", mais aussi d'avoir profité de ces événements pour "étendre la répression sur les villes à majorité kurde".Les Kurdes de Syrie représentent environ 9% de la population du pays et sont installés essentiellement dans le nord. Ils réclament d'être traités comme des citoyens à part entière. »

Dan un Communique de Presse la Communauté Kurde  en France à Paris   a déclaré que

  TROIS CENT MILLE KURDES CONDAMNÉS À VIVRE COMME DES ÉTRANGERS CLANDESTINS DANS LEUR PROPRE PAYS.

 «  Au moment où le président syrien Bachar al-Assad effectue une visite officielle en France et où des commentateurs complaisants évoquent " le printemps syrien ", il est important de rappeler que sur place aucun pas significatif n’a encore été fait dans les domaines de la démocratisation, du respect des droits de l’homme et du sort des minorités.

En effet, le 1,5 million de Kurdes de Syrie, qui peuplent les districts de Djézireh, Koban (Aïn Arab) et de Kurd Dagh, continuent d’être privés de droits culturels et linguistiques élémentaires. Ils ne sont toujours pas autorisés à publier de livres et des journaux dans leur langue, ils ne possèdent aucune école kurde, aucune émission en kurde à la radio ou à la télévision, ils n’ont pas le droit de créer leurs propres associations et partis.

Cette situation de déni de droit est particulièrement tragique pour les quelques trois cent mille " sans papiers " kurdes. Il s’agit des habitants de 332 villages kurdes de Djézireh qui dans les années 1960 ont été arbitrairement déchus de la nationalité syrienne dans le cadre d’une politique d’arabisation consistant à créer " une ceinture arabe " large de 10 à 15 km tout au long des frontières turque et irakienne afin de couper les districts kurdes de Syrie des territoires contigus du Kurdistan turc et irakien.

Ces Kurdes " sans papiers ", qui ne sont ni expugnables ni intégrés vivent en étrangers clandestins dans leur propre pays. Tolérés, ils ne peuvent se marier à la mairie, occuper un emploi public, être admis dans des hôpitaux et écoles publiques, avoir un compte bancaire à leur nom, voyager à l’étranger. Ces Kurdes espéraient que le nouveau président syrien ferait un geste en leur faveur pour les réintégrer. Aucun pas n’ayant été fait en ce sens, la plupart d’entre eux, sans avenir et sans espoir, dans leur pays, tentent d’émigrer vers l’Europe.

La communauté kurde de France et les organisations de défense des droits de l’homme attendent des autorités françaises qu’elles fassent pression sur le président syrien pour la réintégration de ces Kurdes dans leur citoyenneté et pour que Damas reconnaisse enfin des droits culturels élémentaires à sa minorité kurde. »  Amnesty International demande également aux autorités syriennes de respecter la Déclaration sur le droit et la responsabilité des individus, groupes et organes de la société de promouvoir et protéger les droits de l'homme et les libertés fondamentales universellement reconnus qui a été adoptée le 9 décembre 1998 par l’Assemblée générale des Nations unies. Cette déclaration stipule dans son article 1 que « chacun a le droit, individuellement ou en association avec d’autres, de promouvoir la protection et la réalisation des droits de l’homme et des libertés fondamentales au niveau national et international ».

Les manifestants, principalement des étudiants kurdes irakiens mais aussi syriens, ont défilé à Ainkawa, le quartier chrétien d'Erbil, où se trouvent les principaux bâtiments de l'Onu, dont le personnel étranger a quitté le pays depuis plusieurs mois en raison des problèmes de sécurité.

Ils ont lancé des slogans hostiles au régime du président Bachar al-Assad et dénoncé la "répression sanglante" dont sont victimes, selon eux, les Kurdes en Syrie depuis vendredi.

"Qamichli, Halabja" scandaient les jeunes manifestants faisant un parallèle entre la ville syrienne, située à 600 km au nord-est de Damas où ont débuté les affrontements, et la ville kurde de la province irakienne de Souleymaniyeh victime de bombardements chimiques par le régime de Saddam Hussein qui avaient fait quelque 5.000 morts il y a 16 ans.

Les manifestants ont rédigé un mémorandum adressé au secrétaire général de l'Onu Kofi Annan dans lequel ils réclament la "fin de la violence ... et des crimes perpétrés contre le peuple kurde au Kurdistan syrien".

 

 Dans un deuxième  temps  «  Une délégation de Kurdes irakiens a déposé à l'ONU une pétition de plus de 1,7 million de signatures demandant la tenue d'un référendum sur l'indépendance éventuelle des régions majoritairement kurdes du nord. La délégation du Mouvement référendaire kurde, qui se dit non affilié à un parti et en faveur de l'indépendance, a rencontré plusieurs responsables des Nations unies cette semaine. Le porte-parole de l'ONU, Fred Eckhard, a confirmé jeudi la réception de la pétition.Dans un communiqué, le Mouvement référendaire appelle à la nomination d'un émissaire spécial de l'ONU dans la région kurde et à l'envoi d'une délégation pour évaluer «la véritable volonté du peuple kurde (...) et d'engager les démarches pratiques pour organiser un référendum afin de permettre au peuple kurde d'exercer son droit à l'autodétermination». Le gouvernement intérimaire irakien et la Turquie Syrien s'opposent à la création d'un État kurde indépendant. ».

 Je pense que la solution politique   à la question kurd  dans l’ensemble du Kurdistan est liée  a  l’application  de  l’article 1 de la Charte de l’ONU et à la déclaration du 14 décembre 1960 qui prévoit l’octroi de l’indépendance aux pays et aux peuples coloniaux. Ces déclarations sont au service de l’Etat colonialiste turc.

Deuxièmement, «  la Charte des Nations Unies, déclarées résolues à proclamer à nouveau leur foi dans les droits fondamentaux de l'homme, dans la dignité et la valeur de la personne humaine, dans l'égalité de droits des hommes et des femmes, ainsi que des nations, grandes et petites, et à favoriser le progrès social et instaurer de meilleures conditions de vie dans une liberté plus grande,

Consciente de la nécessité de créer des conditions de stabilité et de bien-être et des relations pacifiques et amicales fondées sur le respect des principes de l'égalité des droits et de la libre détermination de tous les peuples, et d'assurer le respect universel et effectif des droits de l'homme et des libertés fondamentales pour tous sans distinction de race, de sexe, de langue ou de religion,

Reconnaissant le désir passionné de liberté de tous les peuples dépendants et le rôle décisif de ces peuples dans leur accession à l'indépendance,

Consciente des conflits croissants qu'entraîne le fait de refuser la liberté à ces peuples ou d’y faire obstacle, qui constituent une grave menace à la paix mondiale,

Considérant le rôle important de l'Organisation des Nations Unies comme moyen d'aider le mouvement vers l’indépendance dans les territoires sous tutelle et les territoires non autonomes,

Reconnaissant que les peuples du monde souhaitent ardemment la fin du colonialisme dans toutes ses manifestations,

Convaincue que le maintien du colonialisme empêche le développement de la coopération économique internationale, entrave le développement social, culturel et économique des peuples dépendants et va à l'encontre de l'idéal de paix universelle des nations Unies,

Affirmant que les peuples peuvent, pour leurs propres fins, disposer librement de leurs richesses et ressources naturelles sans préjudice des obligations qui découleraient de la coopération économique internationale, fondée sur le principe de l'avantage mutuel, et du droit international,

Persuadée que le processus de libération est irrésistible et irréversible et que, pour éviter de graves crises, il faut mettre fin au colonialisme et à toutes les pratiques de ségrégation et de discrimination dont il s’accompagne,

Se félicitant de ce qu'un grand nombre de territoires dépendants ont accédé à la liberté et à l’indépendance au cours de ces dernières années, et reconnaissant les tendances toujours plus fortes vers la liberté qui se manifestent dans les territoires qui n'ont pas encore accédé à l’indépendance,

Convaincue que tous les peuples ont un droit inaliénable à la pleine liberté, à l'exercice de leur souveraineté et à l'intégrité de leur territoire national,

Proclame solennellement la nécessité de mettre rapidement et inconditionnellement fin au colonialisme sous toutes ses formes et toutes ses manifestations ;

Et à cette fin,

Déclare ce qui suit :

1. La sujétion des peuples à une subjugation, à une domination et à une exploitation étrangères constitue un déni des droits fondamentaux de l'homme, est contraire à la Charte des Nations Unies et compromet la cause de la paix et de la coopération mondiales.

2. Tous les peuples ont le droit de libre détermination ; en vertu de ce droit, ils déterminent librement leur statut politique et poursuivent librement leur développement économique social et culturel.

3. Le manque de préparation dans les domaines politique, économique ou social ou dans celui de l'enseignement ne doit jamais être pris comme prétexte pour retarder l'indépendance.

4. Il sera mis fin à toute action armée et à toutes mesures de répression de quelque sorte qu'elles soient dirigées contre les peuples dépendants, pour permettre à ces peuples d'exercer pacifiquement et librement leur droit à l'indépendance complète, et l'intégrité de leur territoire national sera respectée.

5. Des mesures immédiates seront prises, dans les territoires sous tutelle, les territoires non autonomes et tous autres territoires qui n'ont pas encore accédé à l’indépendance, pour transférer tous pouvoirs aux peuples de ses territoires, sans aucune condition ni réserve, conformément à leur volonté et à leurs vœux librement exprimés, sans aucune distinction de race, de croyance ou de couleur, afin de leur permettre de jouir d'une indépendance et d'une liberté complètes.

6. Toute tentative visant à détruire partiellement ou totalement l'unité nationale et l'intégrité territoriale d'un pays est incompatible avec les buts et les principes de la Charte des Nations Unies.

7. Tous les Etats doivent observer fidèlement et strictement les dispositions de la Charte des Nations Unies, de la Déclaration universelle des droits de l'homme et de la présente Déclaration sur la base de l'égalité, de la non-ingérence dans les affaires intérieures des Etats et du respect des droits souverains et de l'intégrité territoriale de tous les peuples. » Y compris  le Peuple du Kurdistan du Sud Ouest.

 

Dr Ali KILIÇ   Paris le 09-10-2006

 



 

 

 

 

 

 

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