Dr Ali KILIÇ

Lettre á Elisabeth GUIGOU

                             

Objet:RAMAZAN ALPASLAN

 

A l’attention de Madame Elisabeth GUIGOU

     Le Garde des Sceaux , Ministre de la Justice

       13, Place Vendôme 75001 Paris

 

                Madame La Ministre de la Justice,

 

En tant qu’universitaire d’origine kurde, réfugié politique, Secrétaire du CESUT, j’ai l’honneur de solliciter, au nom de toutes les valeurs de l’humanité, votre intervention auprès de votre Gouvernement pour qu’une enquête internationale soit entamée sur les circonstances et les causes du suicide de Ramazan ALPASLAN; jeune réfugié politique universitaire kurde « qui n’avais pas cessé en vain, , au cours de plus de dix mois de détention de clamer son innocence >(1) et nous vous demandons pour qu’une procédure soit entamée à l’encontre de la Section anti terroriste du Parquet de Paris et plus particulièrement contre le Juge d’instruction Jean François RICARD conformément à la Constitution Française, à la Déclaration Universelle des Droits de l’Homme et du citoyen votée lors de la Révolution française le 26 août 1789 et en vertu des articles 5,6,7,8,9,10,11 de la Convention de sauvegarde des droits de l’homme et des libertés fondamentales et en vertu de l’article 6 de la Convention du 9 décembre 1948.

 

EXPOSE DES FAITS:

 

«Le 4 décembre 1996, à 6h du matin, à la demande du juge d’instruction, Jean François RICARD, les domiciles des Alpaslan sont perquisitionnés sans aucune raison apparente. Chez Ramazan les policiers trouvent l’arme sous son matelas.

 

Cette arme, dont les expertises balistiques ont par la suite démontré qu’elle n’avait jamais servie, le juge RICARD la transforme un moyen de pression voire de chantage permanent contre Ramazan Alpaslan pour qu’il dise qu’il l’avait achetée à un militant du PKK ou à un Kurde.

 

Refusant catégoriquement la proposition du juge RICARD de dénoncer un Kurde, il est cependant de plus en plus convaincu que le juge ne le lâchera pas tant qu’il ne lui fournira pas d’éléments lui permettant de remplir son «dossier kurde».

 

A cinq reprises les demandes de Ramazan de mises en liberté formulées par ses avocats Maîtres Daniel et Anne Carinne Jacoby, furent rejetées par le Juge RICARD et sa détention provisoire fut prolongée.

 

En septembre 1997, à sa comparution devant le Juge d’instruction RICARD, ce dernier fait comprendre à Ramazan qu’il restera comme un otage dans ses mains tant qu’il n’aura pas donné de version à sa convenance. Devant cette attitude du juge RICARD, Ramazan tente de se suicider en se coupant la gorge, ce qui va motiver une ultime demande de mis en liberté, rejetée comme les autres par le juge d’instruction.

 

La mort de Ramazan, Alpaslan, non seulement a endeuillé la communauté kurde dans ce pays, mais également elle met en lumière un certain nombre de pratiques injustes auxquelles se trouve confrontée à la communauté kurde en France »(2). Lors de la Conférence de Presse organisée par la LDH, à Paris le 30-10-1997 la famille et les amis de Ramazan ont posé les questions sur le sort du suicide, de Ramazan. Selon le Communique de Presse de l’IDH,« détenu à la Maison d’Arrêt de Fleury -Mérogis depuis le 6 décembre 1996, sur mandat de dépôt de Monsieur Jean François RICARD, juge d’instruction au Tribunal de Grande Instance de Paris, s’est suicidé dans sa cellule dans la nuit du 27- au 28 octobre 1997.»(3) D’abord, selon 3 Parquet d’Ivry, le suicide est fait par une ceinture alors que dans la maison d’arrêt la porte de ceinture est interdite.« Comment ça se fait que la Direction de la Maison d’Arrêt ne lui a pris sa ceinture alors qu’il avait fait une tentative de suicide auparavant? Pourquoi Ramazan n’était pas sous surveillance en permanence alors que son Etat psychologique était fragile? Pourquoi la famille et l’avocat de Ramazan ne sont pas prévenus le soir même de drame?”(4) Est ce que la Justice Française laisserait encore le pouvoir dans les mains de Jean François RICARD pour qu’il ait d’autres RAMAZANS? Alors que selon, l’article 2 de la Convention de sauvegarde des Droits de l’Homme,

- «le droit de toute personnes à la vie est protégé par la loi.»

«Nul ne peut être soumis à la torture ni à des peines ou traitements inhumains ou dégradants.»( Art.3)

«Toute personne a droit à la sûreté. Nul ne peut été privé de sa liberté»’Art.5).

«Toute personne arrêtée ou détenue, dans les conditions preuves au paragraphe 1,c du présent article, doit être aussitôt traduite devant le juge ou un magistrat habilité par la loi à exercer des fonctions judiciaire t a le droit d’être jugée dans un délai raisonnable»(idem).

« Toute personne a droit à ce que sa cause soit entendue équitablement, publiquement et dans un délai raisonnable, par un tribunal indépendant et impartial, établi par la loi, qui décidera, soit des contestations sur ses droits et obligations de caractère civil, soit bien fondé de toute accusation en matière pénale dirigée contre elle. Le jugement doit être rendu publiquement.»(Ar.6).

 

Mais quels sont les autres Ramazans? Comment et pour quelles raisons les autres ont été arrêtés ? Parmi eux, Quel était le crime commis par M ULUCAN Mehmet ? Alors qu’il a été arrêté à l’aéroport de Paris dans la zone Schengen en raison de sa situation sans papier et il a été condamné par le Tribunal de Créteil à un mois à peine de prison, mais le Juge RICARD l’emprisonne depuis plus de deux ans sans rendre un jugement ni de trouver des preuves contre ce jeune kurde qui a entamé à quatre reprises de grève de la faim? Si suite à nos manifestations Mr ULUCAN est mise en liberté soumis au contrôle judiciaire, il a été emprisonné à tort pendant 21 mois dans pays des droits de l’Homme et pour quelle raison Eyyup Faruk DORU, militant de la causse kurde et réfugié politique est en détention provisoire depuis le 28-05-1996 à la Prison de FLEURY MEROGIS?

 

Quel rapport établir entre le suicide de RAMAZAN et la tragédie des Kurdes dans les prisons de votre pays qui sont inséparables de la lutte pour la liberté et l’indépendance du Kurdistan et en quoi consiste la politique menée par la section anti terroriste du parquet de Paris en liaison avec les autorités turques? Quelle est la responsabilité des juristes face à la participation directe de la Justice française et de la désinformation de la presse française à l’oppression contre le Peuple Kurde? Quel est le sens du suicide de Ramazan pour la Justice Française? Autrement dit qu’est ce que le suicide de Ramazan? Qu’est-ce que le suicide des autres Kurdes? Au sujet du suicide Durkheim disait tout cas de mort qui résulte, directement ou indirectement; d’un acte positif ou négatifs accompli par la victime, elle même, et qu’elle savait produire ce résultat »(3).Mais le résultat de suicide de Ramazan n’est pas d’autre chose que de mettre en évidence les pratiques inhumaines du juge Ricard l’utilisation de la détention provisoire aux fins de pressions sur les Kurdes mises en examen poursuivis pour appartenance au PKK, Parti des Travailleurs du Kurdistan, présenté comme une entreprise terroriste. Le prétexte que le PKK est une organisation terroriste” n’est qu’invention des militaires et du gouvernement turcs. S’il y a terreur au Kurdistan nord, c’est bien de leur fait. Ce n’est peut pas d’Aêtre de l’approche d’un juge français, ni des autorités françaises. Car, depuis 14 ans une sale guerre continue en Turquie et au Kurdistan, le bilan de cette guerre en un mot est terrible. Laissons les droits de l’Homme, le Kurdistan est une zone de guerre où, sans distinguer les hommes et les femmes, les enfants tous et toutes sont massacrées. Autrement dit la dépense annuelle de la guerre menée par l’Etat turc au Kurdistan coûte 10 milliard de dollars.Le résultat de guerre déclenchée à l’encontre du peuple kurde est une destruction totale et catastrophique. et Voici quelques preuves

-Environ 30 000 morts (y compris les civils)

-3500 villages détruits, évacués, déshumanisés.

-3  millions d’exilés.

-10.000    de prisonniers politiques

Il   faut ajouter les incendies des forets, les dévastations des champs cultivés, autrement dit, la destruction de la nature prend une dimension considérable. La contribution des Etats européennes à la guerre contre les Kurdes est une criminalité qui doit être

L’objet d’une procédure devant les instances juridiques internationales. En résume, il est impossible de mettre côte à côté la Turquie et la conception des Droits de l’Homme. Car, la démocratie en Turquie, n’est qu’une apparence avec toutes les structures étatiques ,dirigées par l’armée et ses gouvernements donc la Turquie reste comme un pays sous l’ombre 5 qui refuse la tentative minime de la paix concernant la question kurde. Dans ce sens, la pratique du Juge RICARD représente une autre forme du terrorisme d’Etat inscrite dans l’objectif de l’Alliance Atlantique contre les Kurdes qui ont fui du fascisme turc et qui ont sollicité l’asile politique en France. Est ce que le Juge RICARD a le droit de ces pratiques injustes à la manière de la police politique turque à l’encontre des Kurdes?

 

Face à cette situation une question se pose: Est ce que les pratiques de votre justice sont compatibles avec la Déclaration Universelle des Droits de l’Homme et avec le but de la Sauvegarde et le développement des droits de l’homme été des libertés fondamentales? Si non, quelle est l’entité morale du suicide de Ramazan? Est-ce que la manière dont Ramazan se comportait volontairement devait entraîner sa mort ou non, s’il n’ y avait pas d’accusation du Juge RICARD qui a utilisé a transformé l’appareil juridique en une machine de criminalité par ses méthodes tortionnaires ? Est ce que Ramazan avait l’intention d’agir en causant sa propre mort alors qu’il luttait pour la libération du Peuple Kurde? Quelle est la valeur de l’action de Ramazan et quelle est l’universalité de ce cri humain face à l’injustice à la quelle le Peuple Kurde est soumis? Autrement dit, quelle est l’action éthique de celui qui se tue lui même, sans dénoncer l’autrui et qui a remplacé le juge RICARD à la place du criminel? Qu’est ce qu’un juge? Comment un juge devient un criminel?

 

Je tiens à vous rappeler que Marx disait« un philosophe produit des idées” Madame la Ministre un poète des vers, un pasteur des sermons, un professeur des manuels etc. un criminel produit des crimes.» Si l’on considère d’un peu plus près le rapport qui existe entre cette branche de production et l’ensemble de la société, on viendra de bien des préjugés dit Marx. Le criminel ne produit pas seulement des crimes, mais encore le droit criminel, le professeur qui fait des cours sur le droit criminel (..) le criminel produit en outre l’organisation de la police et de la justice criminelle, les agents et les juges, les bourreaux, les jurés.» Alors comment un juge-anti terroriste devient un tortionnaire terroriste? Comment la justice devient l’injustice, comment pouvons nous expliquer l’aliénation de la Justice dans les pratiques Ricardiennes? Autrement dit en quoi consiste l’accusation du juge d’instruction RICARD concernant le « motif d’association de malfaiteurs en relation avec une entreprise terroriste, sans qu’aucun fait ne soit venu justifié cette accusation, à moins de considérer comme qui refuse la tentative minime de la paix concernant la question kurde. Dans ce sens, la pratique du Juge RICARD représente une autre forme du terrorisme d’Etat inscrite dans l’objectif de l’Alliance Atlantique contre les Kurdes qui ont fui du fascisme turc et qui ont sollicité l’asile politique en France. Est ce que le Juge RICARD a le droit de ces pratiques injustes à la manière de la police politique turque à l’encontre des Kurdes?

 

Face à cette situation une question se pose: Est ce que les pratiques de votre justice sont compatibles avec la Déclaration Universelle des Droits de l’Homme et avec le but de la Sauvegarde et le développement des droits de l’homme été des libertés fondamentales? Si non, quelle est l’entité morale du suicide de Ramazan? Est-ce que la manière dont Ramazan se comportait volontairement devait entraîner sa mort ou non, s’il n’ y avait pas d’accusation du Juge RICARD qui a utilisé a transformé l’appareil juridique en une machine de criminalité par ses méthodes tortionnaires ? Est ce que Ramazan avait l’intention d’agir en causant sa propre mort alors qu’il luttait pour la libération du Peuple Kurde? Quelle est la valeur de l’action de Ramazan et quelle est l’universalité de ce cri humain face à l’injustice à la quelle le Peuple Kurde est soumis? Autrement dit, quelle est l’action éthique de celui qui se tue lui même ,sans dénoncer l’autrui et qui a remplacé le juge RICARD à la place du criminel? Qu’est ce qu’un juge? Comment un juge devient un criminel?

Je tiens à vous rappeler que Marx disait« un philosophe produit des idées” Madame la Ministre “ , un poète des vers, un pasteur des sermons , un professeur des manuels etc. un criminel produit des crimes.» Si l’on considère d’un peu plus près le rapport qui existe entre cette branche de production et l’ensemble de la société , on viendra de bien des préjugés dit Marx. Le criminel ne produit pas seulement des crimes, mais encore le droit criminel, le professeur qui fait des cours sur le droit criminel (..) le criminel produit en outre l’organisation de la police et de la justice criminelle, les agents et les juges, les bourreaux, les jurés.» Alors comment un juge anti terroriste devient un tortionnaire terroriste? Comment la justice devient l’injustice, comment pouvons nous expliquer l’aliénation de la Justice dans les pratiques Ricardiennes? Autrement dit en quoi consiste l’accusation du juge d’instruction RICARD concernant le « motif d’association de malfaiteurs en relation avec une entreprise terroriste, sans qu’aucun fait ne soit venu justifié cette accusation, à moins de considérer comme  un délit le fait d’informer le monde politique , la société civile et l’opinion publique des violations des droits de l’homme en Turquie et de défendre les droits culturels et politiques du Peuple Kurde?

 

Madame la Ministre,

Les Kurdes constituent un peuple à part entière, le quatrième en importance dans la région, estimé de nos jours, sans doute, près de 34 millions un peu plus de la moitie, près de 18 millions, vivent en Turquie. Tous ont fort sentiment d’identité nationale, une langue une culture, une histoire Qui leur propres,et une patrie, je devais dire un pays, qui fut leur durant des millénaires,où ils représentaient une large majorité de la population. Après l’arrivée au pouvoir de Mustafa Kemal, le Kurdistan a été partagé entre plusieurs états nations unitaires, qui poursuivent contre les Kurdes, sous différentes formes et à des degrés véritables , une politique d’oppression nationale et de sous-développement, tentant à une totale élimination ou à leur assimilation forcée en tant que peuple distinct. C’est parce qu’ils ont été placés, contre leur gré et sans avoir été consultés, sous la juridiction de tels états -nations totalitaires,que les Kurdes se battent pour l’autodétermination, pour une forme d’état dans le cadre du fédéralisme qui consacrait leur identité nationale et leur garantirait un progrès économique et social.

 

En effet, le Kurdistan, est assimilé à une colonie, militairement occupée et économiquement exploitée sans même qu’un statut colonial lui soit reconnu par l’ONU. Effectivement, on peut dire que c’est une colonisation pratiquée, en dehors de tout contrôle international par des systèmes totalitaires dans les faits, pire que le colonialisme classique tel qu’il était exercé autrefois par les puissances occidentales”(....)”Cette situation conséquence de trois quarts de siècle de révoltes, de répressions et da massacres,demeure encore assez méconnue,sinon ignorée de l’opinion internationale: Une Etrange conspirations de silence n’a cessé de dissimuler ce génocide. Les divers appels à l’ONU, aux Etats, à la conscience universelle lancés par ce peuple opprimé, voué à l’extermination, n’ont recueilli jusqu’à présent aucun echo.  (Révolution N°467-1989).Officiellement il n’ y a ni Kurdes, ni Question Kurde en Turquie. Un génocide identique a lieu depuis 1992, dans le Kurdistan de Turquie, conte la population kurde civile, de part la volonté du Conseil National de Sécurité Turc et sous l’égide de la Loi Anti Terroriste d’avril 1991. La Turquie est indiscutablement régie par des lois. Dois- je ajouter que  Allemagne hitlérienne était législateur? Le Préambule, §3, de la Déclarations Universelle des Droits de l’Homme déclare la chose suivante:”Considérant qu’il est essentiel que les droits de l’Homme, soient protégés par une régime de droit pour que l’homme ne soit pas con train t, en suprême recours, à la révolte contre la tyrannie et l’oppression.”. La Loi se devant d’être fondée sur les grands principes de justice et d’équité toute rébellion contre la tyrannie est légitime. C’est dans ce sens que le PKK mène la lutte de libration Nationale contre l’armée colonialiste et fasciste de Turquie pour libérer le peuple Kurde de Jung colonial comme le Général De Gaulle qui avait mené la lutte armée contre l’occupation fasciste hitlérienne et contre le nazisme pour la libération de la France. Mais les nazis ont accusé le Général Charles De Gaulle et les résistants français comme «terroristes », alors que les terroristes étaient des nazis. Aujourd’hui au nom de quoi le juge Ricard pratique l’injustice contre les Kurdes qui ont été persécutés par le régime fasciste turc qui ont fui l’oppression? Cette Pratique ne représente pas la participation de la responsabilité juridique française directe à l’oppression dont le Peuple Kurde a fait l’objet? Comment la Justice devient l’injustice? Comment le juge devient tortionnaire et criminel? Comment l’innocent devient coupable qu’il sera condamné pour des délits qu’il n’a jamais commis? Pour quelles raisons les Kurdes en France font l’objet du terrorisme d’Etat pratiqué par vos juges et par la Section Anti Terroriste du Parquet de Paris? Qu’est ce qui détermine la nature de l’appareil judiciaire et l’exécution de la procédure pénale appliquée aux Kurdes en France? Y - a- t-il une différence avec les pratiques systématiques de la torture pratiquée par les tortionnaires turcs contre les kurdes et entre de celles des pratiques du Juge RICARD? Est ce que ce sont échanges commerciaux entre la France et la Turquie, les ventes d’armes et les hélicoptères et des avions de bombardements, des armes chimiques françaises utilisées par la Turquie contre les Kurdes qui déterminent les pratiques du Juge Jean François RICARD? Oui ou Non? Si oui comment Madame la Ministre vous allez faire en sorte que le droit assure à la fois la différence identitaire inaliénable et les contraintes de la nécessaire vie commune dans laquelle vivent les Kurdes en France? Comment conjuguer avec justesse liberté et égalité, liberté et contrainte? Quels critères fixer d’une harmonie judicieuse entre droit subjectif et droits objectif en matière de l’existence du Peuple Kurde? Si non, comment vous allez expliquer la responsabilité des Etats et surtout de l’Etat français en matière du Droit International?

Comme vous le savez Madame la Ministre, les Kurdes, peuple sans état, ne sont pas sujet de droit pour la législation internationale, en tant que communauté ethnoculturelle à part entière, ainsi que tout peuple en durant les même conditions.Ils ne peuvent s’adresser eux-mêmes aux organes de l’ONU, à l’Assemblée Générale, Au Conseil de Sécurité ou au Conseil Economique et Social (CEOSOC) pour que justice soit leur rendue. Officiellement, les nations Unies ignorent l’existence des Kurdes, considérés comme citoyens de Turquie d’Iran, d’Irak de Syrie ou peut être de Russie soumis comme tels aux lois intérieures des états souverains auxquels ils appartiennent. ces Etats sont maîtres de leur législation et de leur police, les Etats membres de l’ONU, représentés par leurs gouvernements respectifs, peuvent être démocratiques, plus au moins démocratiques, dictatoriaux, coupables de grave violations des droits de l’Homme, ou même de génocide, cela est sans importance.Aussi longtemps que de telles violations ne seront pas officiellement reconnues, leurs auteurs continueront de jouir pleinement de leur appartenance au Club, avec toute la considération qui leur est due de la part des Ministères européens. Seuls les états peuvent demander à porter une question à l’ordre du Jour auprès des organes de l’ONU, ce qui est une décision politique en soi. Les membres de l’organe, par un autre votre dans lequel interviendront des considérations commerciales, diplomatiques, stratégiques et autres pourront accepter ou non cette question soit mise à l’ordre du jour.

Comme vous le savez Madame la Ministre, depuis l’adoption de la Déclaration à l’O.N.U.sur l’octroi de l’indépendance aux pays et aux peuples coloniaux démontrent à l’évidence chaque fois que les peuples ont résisté aux pressions du néocolonialisme, ceux-ci ont triomphé et ont été libérés. L’article 1er de la Déclaration d’Octroi de l’indépendance des pays et des Peuples Colonisés, du 4 décembre 1960, mentionne “La sujétion des peuples à une soumission, domination et exploitation étrangères constituant un déni des droits humains fondamentaux, est contraire à la Charte des nations Unies et est une entrave à l’avancée de la paix dans le monde et à son entraide” L’article de cette déclaration poursuit de même:’ Tous les peuples ont droit à l’autodétermination; en vertu de ce droit ils choisiront librement leurs statu~~ts politiques et mèneront leur développement économiqL~kç~, social et culturel’~ L’article 4 ajoute« “Toute action armée ou mesure répressive et quelque de sorte que ce soit, dirigée à l’encontre des peuples non indépendants doit cesser, afin de  leur permettre d’exercer librement et pacifiquement leur droit à une complète indépendance, et l’intégrité de leur territoire national doit être respectée.»

 

Mais pourquoi les Nations Unies devraient-elles aider à la libération des seuls peuples et territoires placés sous domination occidentale ou européenne? Pourquoi le colonialisme serait-il seulement la faute d’un certains nombre de puissances européennes industriellement avancées? C’est pourquoi nous appelions habituellement le colonialisme officiel, l’autre forme étant, telle qu’on peut la trouver dans des Etats du Tiers Monde, celle du colonialisme honteux. .Le droit à l’autodétermination, défini par l’ONU et par une doctrine approfondi, est universel. Car le droit des peuples et des nations à l’autodétermination est devenue un principe universellement reconnu du droit international.ll signifie non seulement le droit de chaque peuple à élire la forme de direction étatique qu’il considère comme convenant le mieux à son développement, mais aussi l’obligation des autres Etats et peuples à prêter au peuple en question assistance dans la réalisation de son droit à l’autodétermination.

 

La question qui se pose Madame la Ministre quelle est la responsabilité des Etats au Conseil de Sécurité des Nations Unies vis à vis de la situation du Kurdistan conformément à la Charte des Nations Unies et à la Déclaration sur le progrès et le développement ainsi qu’aux deux Protocoles additionnels aux Conventions de Genève du 12 août 1949 adoptés en 1977 représentent un incontestable progrès du droit humanitaire?

 

Le Protocole I, relatif à la protection des victimes des conflits armés internationaux, a reconnu comme tels “les conflits armés dans lesquels les peuples luttent contre la domination coloniale et l’occupation étrangère et contre les régimes racistes dans l’exercice du droit des peuples à disposer d’eux-mêmes, consacré dans la Charte des Nations Unies..” Alors quelle est la politique de la France en matière de la Question Kurde?

Le Protocole II est relatif aux conflits armés non internationaux  et s’appliquent aux conflits qui se déroulent sur le territoire d’une Haute Partie contractante entre ses forces armées et des forces armées dissidentes ou des groupes armés organisés qui, sous la conduite d’un commandement responsable, exercent sur une partie de son territoire un contrôle..”

 

Deuxièmement,le premier chapitre de la Charte des Nations Unies selon lequel” l’un des buts des Nations Unies est de développer entre les nations des relations amicales fondées sur le respect du principe de l’égalité des droits des peules et de leur droit à disposer d’eux- mêmes.”Autrement dit le droit à disposer d’eux-mêmes pour tous les peuples et le respect universel et effectif des droits de l’homme et des libertés fondamentales pour tous, sans distinction de race, de sexe, de langue ou religion.” Cela favorise les Nations Unies” en

Vue de créer les conditions de stabilité et bien-être nécessaires pour assurer entre les nations des relations pacifiques et amicales fondées sur le respect du principe de l’égalité des droits des peuples et de leur à disposer eux-mêmes.” Il faut insister sur le droit à l’auto détermination de la nation Kurde.

 

Troisièmement, le document fondamental qui contient la définition universellement admise du développement est la Déclaration sur le progrès et le développement dans le domaine social, adoptée par l’Assemblée Générale de l’O.N.U. en 1969.Elle proclame:”Le développement et le progrès dabs le domaine social sont fondés sur le respect de la dignité et de la valeur de la personne humaine et doivent assurer la promotion des droits de l’homme ainsi que la justice sociale, ce qui exige:

 

a)                    L’élimination immédiate et définitive de toutes les formes d’inégalité, d’exploitation des peuples et des individus, du colonialisme, du racisme y compris le nazisme et l’apartheid et de toute autre politique et idéologie contraires aux buts et aux principes des Nations Unies;

 

b)                    La reconnaissance et la mise en oeuvre effective des droits

Civils et politiques ainsi que des droits économiques, sociaux et culturels sans aucune discrimination”. Si les obstacles fondamentaux rencontrés dans la voie du développement dans le monde contemporain, sont l’inégalité,  l’exploitation, la guerre, le colonialisme et le racisme, alors comment l’abolition de ces obstacles est possible pour le Kurdistan qui est un pays de 34 millions d’habitants dont la langue et la culture sont interdites? Comment cela est possible alors qu’il est morcelé, colonisé par quatre Etats colonialistes, militairement occupé, économiquement exploité sans même qu’un statut colonial lui soit reconnu par l’ONU? Autrement dit comment cela est possible sans la création des conditions pour la défense du droit à l’autodétermination de la nation Kurde y compris la fondation de son propre Etat? Le suicide de Ramazan, est le fondement historique de cette lutte pour la liberté tous les chercheurs et scientifiques Kurdes * persécutés qui sont prêt de mourir pour cette idéal humain.

 

                                        DR.A1i KILIÇ

                                Secrétaire du CESUT

 

 

(1), Communique de Presse, signé par Patrick Arapian, Jean Jacques de Felice, Benoit Dietsch, Anne Carinne Jacoby, Daniel Jacoby, Jean Louis Malterre, Christine Martineau, Mourad Oussedik, Fric Pouvier, Dominique Tricard, Avocats à la Cour de Paris. le 03-1 1-1997

 

(2), Communique de la Communauté kurde de Paris et la Famille’

Alpaslan , le 03-11-1997.

(3),Communique de Presse de l’IDH

(‘4) E.Durkheim, Le Suicide, Introduction.p. 5

(5)   , La lettre de la Famille.

* Voir l’article intitulé « La liberté pour la Recherche Scientifique»

 

 

 

 

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