CENTRE DE LA RECHERCHE SCIENTIFIQUE

 DU KURDISTAN

(crsk)

Dr Ali KILIÇ 

 

Lettre ouverte-I

á Monsieur Lord Russell-Johnston 

                                               Président de l’Assemblée parlementaire du Conseil de l’Europe,

          Monsieur  le Président,

 Tout  d’abord  je tiens á vous remercier  en raison  de votre  rapport   N°11006 en date du  7 juillet 2006 que  vous avez  présenté devant la  Commission de la culture, de la science et de l'éducation en qualité  rapporteur Royaume-Uni, Alliance des Démocrates et des Libéraux pour l'Europe, puis, en tant que philosophe  et philologue né á Dersim en 1945 au  Kurdistan Nord ,réfugie politique   en  France depuis 27ans je souhaite   apporter  mes critiques   á l’ égard de votre rapport ,au sujet du Kurdistan, des erreurs  juridiques, historiques,politiques et linguistiques qu’il porte , ainsi que  sur vos idées réductrices  relatives á   la falsification du statut  de la nation du Kurdistan. Je condamne fermement   les députés  turcs  qui ont  manifesté contre  la prise de parole de  l’un de nos  scientifiques kurdes lors de la séance.

Monsieur le Président,  Lord Russell-Johnston,

Dans votre rapport ,vous attirez  " l'attention sur la situation culturelle des 25 à 30 millions de Kurdes qui habitent principalement la région montagneuse où l'Iran, l'Irak, la Syrie et la Turquie se rencontrent et qui constituent une des plus grandes "nations apatrides" du monde." Excusez –moi Monsieur le Président  Lord Russell-Johnston, mais votre argument concernant  «  principalement la région montagneuse » est un  concept qui a été utilisé par votre compatriote A. Tonybée  l’invité cheri de M. Kemal et de  Hitler. La réduction de la situation de la nation du Kurdistan au même titre que des«  Tziganes" porte une atteinte á l’honneur  et á la dignité de mon peuple et  de ma nation. Car, la  nation du Kurdistan  ne fait pas partie  des  "nations apatrides" du monde".Autrement dit,  le Kurdistan  en tant que pays,  existe au même titre qu’Angleterre   et qu’ á la France  et  vous savez très bien que le Kurdistan  a été divisé entre l’Empire Perse et  Ottoman en 1639  et partagé par le Traite Sykes -Picot  conclu en 1916 entre l’impérialisme anglais et français. Il me semble qu’avec  quelques «  Tziganes" kurdes – français, allemads, sudeois »,   autour de vous  que vous portez atteinte á l’honneur, á la dignité de ma patrie et á ma nation du Kurdistan. C’est pourquoi, il est indispensable  saisir la Cour Européenne des Droits de l’Homme

 Monsieur  le Président, Lord Russell-Johnston,

Le statut culturel du Kurdistan n’a rien avoir  avec "  les Tziganes en Europe "avec les  yiddish" ou " la minorité csango en Roumanie " La question du Kurdistan, n’est pas une  question  culturelle ou minoritaire,on ne peut pas on ne pourra pas  déduire  une nation  de 45 millions au statut minoritaire sur un territoire défini plus grand que la France,  au même niveau que  des Tziganes  d’autres minorités en Europe que je ne nie pas des droits des  Tziganes  des réalités humaines de ces  populations « appatrides »  du monde. Mais la solution de la question  nationale du Kurdistan  n’a rien avoir avec les droits bénéficiant aux  «  Basques, Catalans, Ecossais, Lapons, Sud Tyroliens ou Wallons ». Le Peuple du Kurdistan, de  plus de 45 millions d’âmes, le Peuple le plus grand du Moyen Orient qui a été partagé, colonisé en 1916 par l’impérialisme français et anglais. Mon peuple a été massacré par  M. Kemal, chef fasciste de l’Etat Turc. En derniere analyse  la question de la nation du Kurdistan  n’est pas une  de minorité, est une question de l’indépendance nationale, une question coloniale et nationale, internationale qui peut être résolue avec l’application de la déclaration conformément   à l’article 1 de la Charte de l’ONU et à la déclaration du 14 décembre 1960 qui prévoit l’octroi de l’indépendance aux pays et aux peuples coloniaux. Ces déclarations sont au service de l’Etat colonialiste turc. C’est votre tache  Monsieur le Président,  Lord Russell, de faire appliquer  les principes du Droit International, mais pas mettre la nation du Kurdistan au meme plan que  Tziganes. Car le Kurdistan est une colonie internationale.

Deuxièmement, «  la Charte des Nations Unies, déclarées résolues à proclamer à nouveau leur foi dans les droits fondamentaux de l'homme, dans la dignité et la valeur de la personne humaine, dans l'égalité de droits des hommes et des femmes, ainsi que des nations, grandes et petites, et à favoriser le progrès social et instaurer de meilleures conditions de vie dans une liberté plus grande,

Consciente de la nécessité de créer des conditions de stabilité et de bien-être et des relations pacifiques et amicales fondées sur le respect des principes de l'égalité des droits et de la libre détermination de tous les peuples, et d'assurer le respect universel et effectif des droits de l'homme et des libertés fondamentales pour tous sans distinction de race, de sexe, de langue ou de religion,

Reconnaissant le désir passionné de liberté de tous les peuples dépendants et le rôle décisif de ces peuples dans leur accession à l'indépendance,

Consciente des conflits croissants qu'entraîne le fait de refuser la liberté à ces peuples ou d’y faire obstacle, qui constituent une grave menace à la paix mondiale,

Considérant le rôle important de l'Organisation des Nations Unies comme moyen d'aider le mouvement vers l’indépendance dans les territoires sous tutelle et les territoires non autonomes,

Reconnaissant que les peuples du monde souhaitent ardemment la fin du colonialisme dans toutes ses manifestations,

Convaincue que le maintien du colonialisme empêche le développement de la coopération économique internationale, entrave le développement social, culturel et économique des peuples dépendants et va à l'encontre de l'idéal de paix universelle des nations Unies,

Affirmant que les peuples peuvent, pour leurs propres fins, disposer librement de leurs richesses et ressources naturelles sans préjudice des obligations qui découleraient de la coopération économique internationale, fondée sur le principe de l'avantage mutuel, et du droit international,

Persuadée que le processus de libération est irrésistible et irréversible et que, pour éviter de graves crises, il faut mettre fin au colonialisme et à toutes les pratiques de ségrégation et de discrimination dont il s'accompagne, . ,

Se félicitant de ce qu'un grand nombre de territoires dépendants ont accédé à la liberté et à l’indépendance au cours de ces dernières années, et reconnaissant les tendances toujours plus fortes vers la liberté qui se manifestent dans les territoires qui n'ont pas encore accédé à l’indépendance,

Convaincue que tous les peuples ont un droit inaliénable à la pleine liberté, à l'exercice de leur souveraineté et à l'intégrité de leur territoire national,

Proclame solennellement la nécessité de mettre rapidement et inconditionnellement fin au colonialisme sous toutes ses formes et toutes ses manifestations ;

Et à cette fin,  Déclare ce qui suit :

1. La sujétion des peuples à une subjugation, à une domination et à une exploitation étrangères constitue un déni des droits fondamentaux de l'homme, est contraire à la Charte des Nations Unies et compromet la cause de la paix et de la coopération mondiales.

2. Tous les peuples ont le droit de libre détermination ; en vertu de ce droit, ils déterminent librement leur statut politique et poursuivent librement leur développement économique social et culturel.

3. Le manque de préparation dans les domaines politique, économique ou social ou dans celui de l'enseignement ne doit jamais être pris comme prétexte pour retarder l'indépendance.

4. Il sera mis fin à toute action armée et à toutes mesures de répression de quelque sorte qu'elles soient dirigées contre les peuples dépendants, pour permettre à ces peuples d'exercer pacifiquement et librement leur droit à l'indépendance complète, et l'intégrité de leur territoire national sera respectée.

5. Des mesures immédiates seront prises, dans les territoires sous tutelle, les territoires non autonomes et tous autres territoires qui n'ont pas encore accédé à l’indépendance, pour transférer tous pouvoirs aux peuples de ses territoires, sans aucune condition ni réserve, conformément à leur volonté et à leurs vœux librement exprimés, sans aucune distinction de race, de croyance ou de couleur, afin de leur permettre de jouir d'une indépendance et d'une liberté complètes.

6. Toute tentative visant à détruire partiellement ou totalement l'unité nationale et l'intégrité territoriale d'un pays est incompatible avec les buts et les principes de la Charte des Nations Unies.

7. Tous les Etats doivent observer fidèlement et strictement les dispositions de la Charte des Nations Unies, de la Déclaration universelle des droits de l'homme et de la présente Déclaration sur la base de l'égalité, de la non-ingérence dans les affaires intérieures des Etats et du respect des droits souverains et de l'intégrité territoriale de tous les peuples.

Monsieur le Président,  Lord Russell-Johnston,

Le point du départ de votre  rapport  est la raison d’Etat, qui n’est pas légitime,est opposé au Droit international. De plus, le Parlement et le Conseil de l’Europe considèrent    la question du Kurdistan comme une  question interne des Etats colonialistes. Ce  qui est en contradiction avec l’application de la déclaration de l’ONU citée ci-dessus. Vous justifiez par votre rapport  que " L'Assemblée encourage la Turquie, en sa qualité de pays membre du Conseil de l'Europe, mais également l'Iran, l'Irak et la Syrie à reconnaître que la langue et la culture kurdes font partie de leur patrimoine et qu’elles constituent une richesse qui mérite d’être préservée et non une menace contre laquelle il faut lutter et leur demande de prendre les mesures nécessaires.». Monsieur Lord, oǔ vous étiez   au moment notre peuple et notre nation  sont massacrés par ces états colonialistes, qui a fait l’objet d’un génocide oǔ était  votre   Etat ? C’est une honte pour l’Europe, plus particulièrement  pour l’Angleterre, si « .       On ne connaît pas le nombre des Kurdes puisqu' aucun des principaux pays où ils vivent (l'Iran, l'Iraq, la Syrie et la Turquie) n’indique l’ethnie dans ses recensements. On estime leur nombre à 25-30 millions, ce qui fait d’eux une des plus grandes nations "apatride" du monde. »

             En effet ,au nombre des évolutions marquantes de la seconde moitié du XX siècle dans le domaine du droit international, s'ils n'en sont pas les acquis majeurs, on peut sans conteste ranger l'insertion, notamment dans la Charte des Nations unies, la Déclaration universelle des droits de l'homme et les instruments juridiques postérieurs, du principe du droit des peuples à disposer d'eux-mêmes et celui des droits de l'homme. La réinscription de ces deux principes dans le champ du droit des gens, opération qui renoue avec les sources juridico humanistes de la Révolution française, leur matrice commune, consacre véritablement l'universalité d'un droit, qui apparaissait jusqu'alors, sur la foi des quatorze Points du président Wilson, et en contradiction avec sa propre définition,

 

Au coeur de ce Proche-Orient, les Kurdes constituent un peuple de 40 à 45 millions de personnes écartelé entre la Turquie, l'Iran, l'Irak et la Syrie, mais aussi en Arménie et en Géorgie. Victime de la partition de l'Empire ottoman et de la création des États modernes du Proche-Orient après la Première Guerre mondiale, le peuple kurde s'est réfugié dans une région de hautes montagnes qu'il appelle le Kurdistan.

Le Kurdistan est donc une région de hautes terres du sud-ouest de l'Asie. Cette région de 530 000 km² s'étend sur le nord-ouest de l'Iran, le nord-est de l'Irak et l'est de la Turquie, au sud du mont Ara rat. Ainsi, bien que partagés entre plusieurs États – Turquie, Irak, Iran, Syrie, Arménie, Géorgie, Azerbaïdjan, Turkménistan, Kirghizie et Kazakhstan – qu'ils ne contrôlent pas, les quelque 30 millions de Kurdes sont restés relativement concentrés dans leur Kurdistan ancestral, à cheval sur quatre frontières. On compte aujourd’hui environ quatre millions de Kurdes en Irak, soit 18 % de la population du pays. On compte aussi 15 millions de Kurdes en Turquie (24 % de la population du pays), 6 millions en Iran (18 %), 800 000 en Syrie (8 %) et quelque 115 900 disséminés en Arménie, en Géorgie, en Azerbaïdjan, au Turkménistan, en Kirghizie et au Kazakhstan. En outre, on estime que 700 000 Kurdes sont réfugiés en Europe. 

On compte aujourd'hui 23,1 millions de Kurdes en Turquie (25 % de la population du pays), 9,2 millions en Iran (14 %), 4,7 millions en Irak (18 %), 1,2 million en Syrie (8 %) et quelque 300 000 dans certaines républiques de l'ex-URSS, dont l'Arménie, la Géorgie, l'Azerbaïdjan, leTurkménistan, laKirghizie et le Kazakhstan, où ils ne représentent que 0,01 % de la population de l'ex-URSS; on compte aussi 300 000 Kurdes au Liban.


                La très grande majorité des Kurdes (80 %) ne parlent pas d'autre langue que le kurde, une langue qui, à l'instar du persan, de l'afghan, du baloutche, etc., fait partie de la branche iranienne issue de la famille indo-européenne. Ainsi, le kurde n'est apparenté ni à l'arabe ni au turc. Avec les Arabes, les Perses et les Arméniens, les Kurdes constituent l'un des peuples les plus anciens de la région. La région qu'ils habitent est appelée le Kurdistan

Conséquence du fractionnement politique des Kurdes, la langue kurde n'est pas unifiée; elle est fragmentée en plusieurs variétés dialectales dont le kurmancî et le soranî, les variétés les plus importantes, puis le zazaî, le lorî, le bakhtyarî et le goranî. Le kurmancî est parlé par environ 90 % des Kurdes de Turquie; il est également parlé dans les régions kurdes d'Iran et d'Irak, ainsi qu'en Syrie, soit 60 % de l'ensemble des Kurdes. Le soranî est parlé dans les régions centrales du Kurdistan en Iran et en Irak; le kirmancki(dimili) est parlé dans certaines régions du Kurdistan de Turquie plus particulièrement à Dersim et à Koçgiri ; dans les trois parties du sud du Kurdistan, on parle le goranî et d'autres dialectes. De plus, les Kurdes de Géorgie et d'Arménie écrivent leur langue en alphabet cyrillique, ceux de Turquie en alphabet latin, ceux d'Irak, d'Iran et de Syrie en alphabet arabe ou arabo-persan. Les Kurdes sont davantage unifiés par la religion, étant presque tous des musulmans sunnites. 

             Bien que partagés entre plusieurs États qu'ils ne contrôlent pas, les 45 millions de Kurdes sont restés relativement concentrés dans leur Kurdistan, à cheval sur quatre frontières. Ils possèdent toutes les caractéristiques d'une nation, sans pouvoir disposer d'un État qui leur appartienne en propre. Pour conserver leur identité, les Kurdes ont dû s'opposer à des gouvernements centralisateurs et répressifs, la plupart du temps par la violence, à défaut d'autres solutions que leur refusent conjointement les États dans lesquels ils sont intégrés. Retranchés dans leurs chaînes de montagnes et hauts plateaux d'accès difficile, les Kurdes résistent farouchement aux dominations étrangères depuis plus de 70 ans. 

                    Au XIXe siècle, les diverses tentatives d'assimilation de la part de l'Empire ottoman ont entraîné la création de plusieurs principautés kurdes indépendantes, toutes plus ou moins écrasées. Mustafa Kemal Atatürk poursuivit le combat avec plus d'acharnement.

                    Suite à l'effondrement de l'Empire ottoman en 1918, le traité de Sèvres (1920), imposé par la Grande-Bretagne et les Alliés, avait prévu la création d'un Kurdistan indépendant.  En  automne 1919, Monsieur Mustafa Kemal arrive à Sivas  où il a rencontré   le fils de Mustafa Pascha, Alischan Beg, de Koçgiri  et Aliscahn Beg  refuse les propositions  de M. Kemal   et il ne veut pas être  député au Parlement Turc,il critique  violement  la participation des  autres  72 députés  kurdes au Parlement. Il organise les force de Koçgiri contre les forces  gouvernementales. Le frère d’Alisan Beg a établi des relations avec   Société  Sociale  du Kurdistan,il envoie  des  Télégrammes  à la Conférence de Paix à Paris en précisant que «  les débutés  au Parlement turc ne représentent pas  le  peuple  du Dersim qui  revendique son indépendance, » il demande que «  les exigences  de Dersim soient  admises par le Gouvernement d’Ankara  et il réclame un système fédéral. En raison du refus des kémalistes la Révolte de Koçgiri  commence.  ( A suivre)

Dr Ali KILIC, Paris le 20-07-2006

 

 

 

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