Dr Ali KILIÇ

LETTRE  à Monsieur le Prof.Dr. Jean BRUN

Dijon le 26-08-1988

 

Monsieur le Professeur Jean BRUN*

Professeur de Philosophie à l’Université de Dijon

Directeur du Département de Philosophie

12, Rue Dauphiné Fontaine les Dijon  21000-DIJON

 

          Monsieur le Professeur,

En tant qu’universitaire d’origine kurde, réfugié politique, philosophe d’un peuple opprimé, fils d’une famille résistante du Kurdistan qui a mené la lutte héroïque pour sauver la vie de 5000 arméniens contre les états colonialistes turc, perse et arabe qui ont fait verser le sang de 170 000 kurdes dans la grande révolte de Dersim, j‘ai l’honneur de solliciter, au nom de toutes les valeurs de l’humanité, de bien vouloir rédiger une lettre et de l’envoyer à toutes les personnes, à toutes les directions administratives qui ont vous demandé des références sur moi, avec lesquelles vous avez communiqué et envers lesquelles vous, m’avez qualifié « l’agent du KGB ». Je vous prie d’avoir la sagesse de dire la vérité et de me parvenir un exemplaire l’une de ces lettres en me demandant vos excuses. Si non, face à l’histoire de la vie académique, scientifique et universitaire vous serez considéré comme un universitaire irresponsable et vous serez condamné

par l’histoire d’avoir accusé un intellectuel d’un pays qui est partagé entre quatre états colonia1o-fascistes et d’une nation opprimée qui lutte pour la liberté et l’indépendance de son pays.

 

Malgré vos capacités intellectuelles, vos études dans le domaine philosophico- théologique, il est impossible de trouver des mots pour qualifié votre accusation. C’est une accusation honteuse de type nazi, sadique, maniaque, psycho schizophrénique, utilisée par les milieux impérialistes contre tous les démocrates, anti-fascistes et les progressistes. C’est une méthode de guerre psychologique dirigée contre toutes les personnalités humanistes. C’est un élément de la propagande fasciste et impérialiste faisant appel aux préjugés. La même accusation fut portée au moment où mon grand père dirigeait la lutte armée contre le colonialisme turc de 1936 à 1942. Les autorités fascistes de Turquie ont eu les mêmes approches « aidé par les russes » « aidé par les communistes de Moscou». Alors que l’Union Soviétique aidait la Turquie. La Turquie, grâce à l’aide de l’Union Soviétique a eu son indépendance et le parti communiste deTurquie a été au côté du gouvernement turc contre les intérêts démocratiques et légitimes de mon peuple. La révolte a coûté la vie de 170.000 personnes et 740.000 ont été déportées par le régime. Quatre ans plus tard, quand nous avons fondé la République de Mahabad en 1946, l’impérialisme anglais, le colonialisme turc et perse ont tenu les mêmes propos, la même par l’histoire d’avoir accusé un intellectuel d’un pays qui est partagé entre quatre états colonia1o-fascistes et d’une nation opprimée qui lutte pour la liberté et l’indépendance de son pays.

Malgré vos capacités intellectuelles, vos études dans le domaine philosophico- théologique, il est impossible de trouver des mots pour qualifié votre accusation. C’est une accusation honteuse de type nazi, sadique, maniaque, psycho schizophrénique, utilisée par les milieux impérialistes contre tous les démocrates, anti-fascistes et les progressistes. C’est une méthode de guerre psychologique dirigée contre toutes les personnalités humanistes. C’est un élément de la propagande fasciste et impérialiste faisant appel aux préjugés. La même accusation fut portée au moment où mon grand père dirigeait la lutte armée contre le colonialisme turc de 1936 à 1942. Les autorités fascistes de Turquie ont eu les mêmes approches « aidé par les russes » « aidé par les communistes de Moscou». Alors que l’Union Soviétique aidait la Turquie. La Turquie, grâce à l’aide de l’Union Soviétique a eu son indépendance et le parti communiste de Turquie a été au côté du gouvernement turc contre les intérêts démocratiques et légitimes de mon peuple. La révolte a coûté la vie de 170.000 personnes et 740.000 ont été déportées par le régime. Quatre ans plus tard, quand nous avons fondé la République de Mahabad en 1946, l’impérialisme anglais, le colonialisme turc et perse ont tenu les mêmes propos, la même  propagande. L’Union Soviétique n’est pas intervenue même sur le plan démocratique .Mon peuple a été massacré par les colonialistes fascistes et les impérialistes anglais et les dirigeants de notre jeune République ont été pendus. Plus récemment, en 1979 quand la monarchie iranienne a été renversée par le soulèvement populaire, le Parti Démocratique du Kurdistan d’Iran a pris une distance par rapport à la politique réactionnaire et fanatique de Khomeiny, puis le parti communiste d’Iran a soutenu sans condition la politique réactionnaire du régime iranien et a qualifié le Secrétaire Général du Parti Démocratique du Kurdistan « d’agent de la CIA ». Ce sont les communistes iraniens eux-mêmes qui ont servis la CIA en proposant certains des agents de la SAVAK candidats communistes aux élections générales. Finalement, les dirigeants du parti Toudeh ont été arrêtés et torturés. Ils ont fournit au régime la liste de 11000 membres du parti qui ont été tués en une nuit. Après avoir signé des contrats sur les armes avec les USA et le Japon, cette fois les réactionnaires iraniens ont commencé par qualifier le Docteur Ghasemlou d’« agent du KGB». Mais l’Union Soviétique soutenait la politique du parti Toudeh qui était à la disposition des ayatollahs. En vérité, le peuple kurde mène une lutte difficile contre quatre états colonialo-fascistes et les combattants kurdes luttent ni pour l’Union Soviétique ni pour les intérêts d’autres impérialistes. Notre peuple mène la lutte armée pour la liberté et l’indépendance du Kurdistan sans soutien de l’Union Soviétique et des pays socialistes. Depuis neuf ans la République Islamique impose une guerre au peuple Kurde du Kurdistan d’Iran. En mars 1979, cette guerre a débuté par des affrontements locaux pour se transformer en août de la même année, en guerre totale touchant l’ensemble du territoire du Kurdistan iranien, qui compte plus de sept millions d’habitants. Elle a fait jusqu’à présent plus de 40.000 victimes dans la population civile et de centaines de milliers de sans abri, réduits à l’errance. Si vous êtes  humaniste, démocrate Monsieur Brun, si vous ressentez une responsabilité humaine vis à vis des conditions d’existence de ce peuple martyrisé, alors vous pouvez écrire un article dans l’un des journaux de votre pays sur l’utilisation des armes chimiques contre le peuple kurde. Si non, vos propos réactionnaires et fascisants aident les régimes sanguinaires de Turquie, d’Iran et d’Irak.Pendant que je rédige cette lettres Monsieur Brun, les forces armées iraniennes et irakiennes, par l’emploie d’armements modernes et sophistiqués anéantissent des milliers de villages kurdes et causent d’importants dégâts aux centres économiques et à la population citadine. L’opinion publique mondiale confirme l’utilisation par l’Irak des armes chimiques dans le nord du Kurdistan. Des milliers de civils ont été tués. L’Amnesty International affirme qua ces plus de sept millions d’habitants. Elle a fait jusqu’à présent plus de 40.000 victimes dans la population civile et de centaines de milliers de sans abri, réduits à l’errance. Si vous êtes humaniste, démocrate Monsieur Brun, si vous ressentez une responsabilité humaine vis à vis des conditions d’existence de ce peuple martyrisé, alors vous pouvez écrire un article dans l’un des journaux de votre pays sur l’utilisation des armes chimiques contre le peuple kurde. Si non, vos propos réactionnaires et fascisants aident les régimes sanguinaires de Turquie, d’Iran et d’Irak.

Pendant que je rédige cette lettres Monsieur Brun, les forces armées iraniennes et irakiennes, par l’emploie d’armements modernes et sophistiqués anéantissent des milliers de villages kurdes et causent d’importants dégâts aux centres économiques et à la population citadine. L’opinion publique mondiale confirme l’utilisation par l’Irak des armes chimiques dans le nord du Kurdistan. Des milliers de civils ont été tués. L’Amnesty International affirme qua ces massacres s’inscrivent dans une politique systématique et délibérée visant à éliminer un grand nombre de civils kurdes. Plus de 300.000 civils kurdes encerclés par l’armée irakienne qui empêche de rejoindre les quelque cent mille Kurdes passés au Kurdistan de Turquie. Pour réprimer la peuple kurde le gouvernement iranien comme irakien a dépêché sur place une armée de 200.000 hommes, disséminés dans 3000 bases, installées dans les villages et les montagnes. A l’heure actuelle cette région est totalement militarisée et transformée en une vaste caserne. Les revendications de la population du Kurdistan sont simples: l’autonomie pour le Kurdistan et la démocratie pour l’Iran et de l’Irak.

La lutte du peuple Kurde a une histoire qui date le début de l’élaboration du programme de création d’armes binaires par les services chimiques de l’armée des différents pays. En 1963, les villages Kurdes sont incendiés par l’armée irakienne. Près 40.000 Kurdes sont expulsés de la région de Kirkuk. Les Matières toxiques à base de phosphore organique ont été utilisées contre le peuple Kurde. Le 2 avril 1965 l’armée irakienne est engagée au Kurdistan avec les Migs et des Hunter de l’aviation.

En 1974, l’aviation irakienne a bombardé pendant deux mois Navperdan, Qaladiza, et Halabja. C’est le début de la mise au point technique de l’Opus IM-736 Binaire. Depuis 1975, les autorités irakiennes poursuivent leur campagne d’évacuation du peuple kurde de leurs villages. Dans le secteur de Renia, 42 villages ont été incendiés après évacuation, dans le secteur de Halabja, Qaladiza, Dernadi Khan 400 villages dont 100 incendiés. Dans la Province de Suleimania total 493 villages, dans la province d’Arbil 196 villages, de la province dans la Dehouk 153 villages, à Mosul 250 villages, de Diyala 105 villages sont incendiés par le gouvernement irakien. Au total, les villages kurdes évacués dans cette région et pour lesquels on dispose de statistiques, atteint le nombre de 1226. Une lettre officielle adressée par l’administration de Sinjar à l’administration de la province de Ninéve, portant le numéro 4243 et datée de 1975, nous donne l’idée moyenne du nombre des personnes évacuées dans ce même secteur : 39 villages-2954 maisons-19.503 personnes et au Chaikhan: 37 villages 43.000 personnes, au total pour 96 villages 62.503 personnes.

 

Durent la Guerre d’Irak et d’Iran, plusieurs fois l’aviation Irakienne, Iranienne et Turque ont bombardé en collaboration les villages, les villes, les montagnes du Kurdistan. En mai 1983, l’armée turque avait déjà pénétré en Irak pour une opération contre le Mouvement de Libération du Kurdistan. Dans ces conditions Monsieur Brun, je condamne votre accusation ainsi que toutes les activités et toutes les pratiques des organisations policières spéciales, des renseignements généraux du monde entier. Je condamne tous les états qui ont délivrés les armes chimiques pour massacrer les peuples de la Région. Je condamne toutes les personnes qui ont collaboré, ont servi, travaillé avec ces organismes concernés. Je condamne toutes les activités subversives des organismes spéciaux, en premier lieu le KGB, la CIA, la MIT, la SAVAMA, MOSAD, PIDE, etc. Je condamne vos mensonges et les organismes qui vous ont fourni des renseignements. Mais êtes vous prêt Mr Brun, auriez vous le courage de condamner de la même façon tous les organismes spéciaux du monde entier? Si non, comment pouvez-vous expliquer que juste après la rupture de nos relations, la décision du Comité Militaire des Relations Extérieures auprès de la dictature fasciste militaire de Turquie ait annulé mon congé et qui m‘ait convoqué pour retourner en Turquie? Alors que ce congé m’avait été accordé en 1978 avec l’avis favorable du Conseil de mon Université, par le gouvernement progressiste et social démocrate de l’époque deux ans avant l’arrivée du fascisme au pouvoir? Avez vous envoyé des lettres aux dictateurs turcs comme vous en envoyez certaines aux ambassadeurs africains? Pensant à certaines de lettres adressées au Secrétariat du Président de l’Université de Dijon je commence à comprendre mieux la réalité, la personnalité d’un « philosophe » français! Avez vous joué un râle dans cette affaire?

Monsieur le Professeur,

Comme vous, le savez, après ma libération en 1973 acquittée par le Tribunal Militaire de Diyarbakir au procès des intellectuels kurdes, j ‘ai été réintégré à mon poste de travail, puis j’ai été nommé Maître-assistant au Département de Philosophie à l’Université de Hacettepe d’Ankara de 1977 à 1979. J’ai été chargé du 1er octobre 1979 au 30 novembre 1983, par le gouvernement progressiste de l’époque d’effectuer des travaux théoriques pour la faculté des Etudes Académiques en tant que responsable de la recherche j’ai pu étudier en France à l’Université de Dijon à condition qu’à mon retour je travaille pour une période de dix ans à l’Université de Cumhuriyet à Sivas au Kurdistan de Turquie. Vous avez dirigé ma thèse intitulée « l’existence humaine chez Sartre et Gabriel Marcel » jusqu’ au jour le régime issu du coup d’Etat militaire du 12 Septembre 80 a exclu 1086 universitaires turcs de leurs postes y compris le mien. Vous avez refusé mon inscription à 1’Université. Mon congé a été annulé par le Général Ulusu, premier ministre de la dictature militaire qui m’a fait convoquer à Ankara. J’ai refusé le retour en Turquie, démissionné de mon poste et demandé l’asile politique, abandonnant ainsi tous mes travaux précédents dirigés par Mme J.P. Vial et par vous. C’était une responsabi1ité scientifique et académique qui concernait l‘éthique philosophique de la science et qui nous obligeait à philosopher à la manière de notre siècle.

 

Dans les conditions de guerre civile en Turquie, j ‘ai dirigé l’Union des Universitaires de Turquie, la section d’Ankara. J’ai défendu la liberté scientifique et académique des universités de mon pays. Derrière ma via académique aucun démocrate ne peut prendre vos propos sauf les fascistes turcs. Quittant mon pays à l’aube de la liberté où j‘ai perdu les meilleurs scientifiques de mon peuple dans la guerre civile contre lesquels la bourgeoisie fasciste a agit comme vous, je m’imaginais la dureté épuisante du voyage qui m’a séparé de mes amis et de mon peuple, mais je n’ai jamais pensé que le pays auquel j‘ai sollicité la liberté en exil délivrerait des armes chimiques aux ennemis de mon peuple pour massacrer des milliers des de gens. Et je n’ai jamais imaginé non plus qu’un professeur de philosophie comme vous, qui m’avez accueilli à Dijon au Département de Philosophie, parlant d’un disciple kurde de Platon, prendrait des mesures policières, hypocrites, mensongères, contre ma personnalité, contre ma vie universitaire et académique en me collant l’étiquette « d’agent du KGB » pour l’avenir dans ma profession. C’est honteux, inhumain, inexplicable, inimaginable, en un mot, c’est un crime contre l’homme, contre la création des êtres humains. Je pense que Madame le Professeur J. Parain Vial avait absolument raison quand elle disait: « Brun, c’est l’homme le plus méchant du monde. II est capable de faire tout»

Sans doute Monsieur Brun, mes connaissances a priori m’ont permis de prendre une conscience réelle de la politique extérieure de certains pays sur laquelle j’avais des jugements négatifs et positifs a posteriori en matière de droits de l’homme ou bien sur la personnalité de tel ou telle personne, d’un philosophe, d’un écrivain concernant la vie académique, des capacités philosophiques, mais la pratique a confirmé une fois de plus, le critère de la vérité dans l’expérience. Après l’utilisation des armes chimiques fabriquées en France, puis délivrées à l‘Irak et employées par les régimes fascistes d’Iran et d’Irak contre le peuple Kurde et qui ont coûté à 6000 personnes à Halabja., votre forme désinformation votre mensonge, ont les mêmes effets que 1’ypérite, arme chimique plus connue sous le nom «gaz moutarde » dijonnais à votre manière de tuer les individus qui ne sont pas de votre avis.

 

Vous vous souvenez Mr Brun, combien de fois vous avez parlé de vos collègues de philosophie et des philosophes vous avez raconté un jour dans votre cours devant tous les étudiants de philosophie que Jean Paul Sartre n’avait fait la résistance, il était nul, aveugle et malade. Vous vous en êtes moqué avec presque tous les philosophes. Le seul philosophe existe et juste c’est Brun. Tous tes autres sont mauvais sauf Brun. Comment s’appelle cet état? En mettant des étiquettes « d’agent du KGB » sur le dos des démocrates qui ne sont pas d’accord avec vous ne représentez-vous l’aspect psychopathologique de votre maladie schizophrénique? Votre maladie a-t-elle rendu beaucoup de services aux dictateurs africains et autres? Vous avez dit avoir participé à la résistance contre l’occupation hitlérienne. On se demande Mr Brun pourquoi vous êtes si hostile au KGB, alors que le KGB était l’une des forces principales dans la coalition des forces anti-hitlériennes et donc de la résistance contre le fascisme allemand contre l’occupation, pour la libération de la France? Vous avez lutté avec le KGB contre le fascisme hitlérien? Oui ou non? Si oui, alors vous êtes aussi un agent du KGB. Si non, vous êtes resté à côté de la Gestapo sous la direction du Général Pétain contre le Général Charles de Gaulle?

 

Vous savez très bien Mr Brun que les peuples soviétiques ont infligé une défaite écrasante à l’Allemagne fasciste. La guerre a emporté 20 millions de vies soviétiques et les nazis ont transformé en ruines 1700 villes soviétiques, plus de 70 000 villages, ils ont laissé sans toit 25 millions de personnes et détruit des dizaines milliers d’entreprises. Sans doute cette victoire d’une portée universelle et historique remportée sur le fascisme hitlérien et le militarisme japonais était communs des. peuples et des armées des pays de coalition anti-hitlérienne, des maquisards, résistants, démocrates et patriotes, des millions de combattants pour la liberté. Mais la vérité historique est que précisément les peuples soviétiques ont barré la route au fascisme allemand et lui ont interdit l’accès à la domination mondiale et apporté une contribution décisive à la victoire. Vous savez très bien que le fascisme allemand a envahi les pays d’Europe les uns après autres. La Pologne bourgeoise a tenu 35 jours; 24 heures ont suffit à l’Allemagne pour occuper le Danemark, la Norvège, la Belgique, les Pays Bas et le Luxembourg ont été occupés. L’armée française n’a résisté que 44 jours. Le 22 juin 1941 l’armée française déposait les armes sens avoir épuisé, loin s’en faut, toutes ses possibilités de résistance. L’Allemagne fasciste occupa une grande partie de la France y compris Paris. Un gouvernement fantoche profasciste dirigé par Pétain aux ordres des nazis, fut mis en place dons la partie sud non occupé. Avez vous oublié la haine de Hitler pour la France Mr Brun, en mettent dans le programme de philosophie Martin Heidegger? Pour Hitler : « …l’ennemi mortel, l’ennemi impitoyable du peuple allemand est et reste la France » ( Mein Kampf, p.315, Ed. Alm. Munich, 1935) ; pour M. Heidegger, « Le Führer lui-même est seul le présent et l’avenir de la réalité allemande et sa loi ». Vous savez qu’il avait prononcé un discours devant les étudiants à Fribourg le 12 novembre 1933 : « la volonté de prendre à soi les responsabilités de soi-même, n’est seulement la foi fondamentale de la mise en oeuvre de son Etat national-socialiste. A partir de cette volonté dépendre de soi-même ses propres responsabilités. Seul le Führer est la réalité allemande d’aujourd’hui et de demain. Approfondissez toujours plus votre savoir. A partir de maintenant toute chose exige de la décision, et tout acte de la responsabilité. Heil Hitler »[1]! Et vous avez écrit dans votre livre « Les conquêtes de l’Homme »[2] « Et c’est peut-être pourquoi on ne sait très bien, si pour Heidegger, c’est l’homme qui est le berger de l’Etre, ou au contraire, l’Etre qui est le berger de l’homme » [3]. Mais non Mr Brun, remplacez le Führer à la place de « l’Etre » vous voyez bien qui est le « berger ». Je suis sur que vous commencez à comprendre mieux la question que vous manquez. «…qu’est-ce ce qui donne le plus à penser que cet Appelant, bref cet l’Etre?» (ibid. p.241). Vous dites « la philosophie de Heidegger apparaît à un moment où l’homme est parvenu à développer une technique à l’échelle planétaire technique lui donna la possibilité d’explorer le cosmos et de provoquer un suicide de l’Etre générique » (ibid. p.212). Non Mr Brun, contrairement à votre pensée romantique cette « technique à l’échelle planétaire » n’est rien d’autre que la base économique et technique du fascisme allemand qui a provoqué « un suicide de l’Etre générique ». Vous savez que dans la lutte contre ce fascisme pour la libération de la France, les membres du KGB, de l’Armée Rouge, les communistes soviétiques ont versé leur sang. Dans un message de félicitations adressé au Présidium du Soviet Suprême de l’URSS à l’occasion du 40ème anniversaire de la victoire sur le fascisme, F. Mitterrand a écrit que les français n’oublient pas les sacrifices consentis par le peuple soviétique, qu’ils se souviennent du prix que cela a coûté et sont profondément reconnaissants au peuple soviétique. Alors comment vous, les philosophas français, anglais qui vous avez mené une lutte dans la résistance contre le fascisme allemand, avez vous pu mettre en même temps la pensée nazie comme objet des commentaires philosophiques sans qu’il était un idéologue du nazisme? Comment les philosophes français peuvent répondre à. cette situation contradictoire? Car ces philosophes se présentent à la fois des philosophes anti-fascistes, parce qu’ils ont mené une lutte non seulement militaire mais aussi idéologique et politique contre le fascisme allemand pour la libération de l’Europe Occidentale? Comment la pratique d’une philosophie nazie est compatible avec l’éthique philosophique des philosophes? Si les philosophes n’ont pas compris le caractère nazi de la pensée Heidegger, alors ils ont enseigné le nazisme à la place de philosophie? Que pensez vous Mr Brun? Devant les cris de SS Heidegger ce lui qui pose la question « Heidegger a-t-il été nazi? Sa philosophie est-t-elle nazie? N’est pas un philosophe, il continue à enseigner le nazisme dans les Départements de Philosophies. Cette manière de philosopher n’est pas compatible avec l’esprit du philosophe, par contre est, un crime contre l’humanité. Philosopher de cette manière à mon avis, est une participation directe aux crimes du fascisme allemand et de tourner son dos à la responsabilité scientifique et philosophique de notre siècle.

Par contre en luttant contre le fascisme turc, contre l’impérialisme et contre les états colonialistes, qui occupent et partagent ma terre natale, j‘ai gardé l’honneur de la pensée philosophique. J’ai pu sauver la vie des démocrates, des universitaires, des scientifiques, des intellectuels de mon pays dans les prisons turques. J’ai l’honneur de lutter avec tous les démocrates français, chrétiens, croyants, libéraux de droite, socialistes et communistes dans la lutte contre le fascisme. J’ai l’honneur de travailler avec, la Commission Juridique du Conseil de l’Europe et de contribuer à la création de la Commission de Sauvegarde des libertés en Turquie avec le soutien des parlementaires européens. J’ai l’honneur de demander au Président de la République Française pour la libération des universitaires de mon pays, au Président du Conseil et du Parlement Européen, au Secrétaire Général de l’ONU, d’envoyer des délégations parlementaires en Turquie avec les responsables d’Amnesty International. J’ai l’honneur de contacter avec les ambassades des pays socialistes pour la diffusion la plus large des informations sur la vie des universitaires de mon pays. J’ai l’honneur de diffuser les informations sur les pays socialistes sur la Radio K Libre et de diffuser des émissions sur le 40ème anniversaire de la victoire sur le Fascisme allemand. J’ai l’honneur d’inviter les journalistes, les syndicalistes même l’Académicien Blokhin, Président de l‘Académie des Sciences Médicales de l’URSS. J’ai écrit au Président de l’Académie des Sciences de l’URSS, même à Mikhaïl Gorbatchev, demandant l’aide des peuples soviétiques en faveur de la lutte de mon peuple dans la lutte contre le fascisme. Je ne cache rien Mr Brun, j ‘ai pu montrer le visage du fascisme turc à l’opinion publique mondiale en tant qu’intellectuel kurde, j‘ai gardé ma responsabilité scientifique au dessus des toutes les idéologies. Grâce à la campagne lancée par notre comité et la Fédération d’Yonne du PCF pour la libération de l’avocat kurde Mumtaz Kotan, nous avons pu les libérer. Le docteur Ismail Besikçi est resté durant 14 ans dans la prison, quant à l’avocat kurde a subi 13 ans de prison. De plus dans le procès de mon épouse le Ministre des Affaires Intérieures de Turquie est condamné par leurs propres tribunaux. Notre procès contre le gouvernement turc est en cours.

Dans la lettre du 10 février l986 j ‘ai demandé à Monsieur le Président de la République la libération des démocrates de mon pays dont voici un extrait:

En tant que secrétaire du Comité d’Europe de Solidarité avec les Universitaires de Turquie, je tiens à vous remercier Monsieur le Président, d’être intervenu pour la libération de mon épouse, Mme Sevgi KILIC, détenue en Turquie avec quatorze autres professeurs, qui ont été torturé pendant treize jours. Grâce à votre intervention la vie de ces personnes est sauvée. Par ma lettre du 10 février 1984 ci-jointe, votre Ministère des Relations Extérieures s’est chargé de suivre cette affaire et a interrogé votre Ambassade à Ankara sur le sort de ces prisonniers. Ceci a éprouve le prix que la France attache à la défense des droits de l’homme dans le monde et surtout l’action de la France auprès de la Commission de sauvegarde des droits de l’homme du Conseil de l’Europe qui procédait à un examen approfondi des violation des droits de l’homme en Turquie. (…)

En fixant un idéal commun à atteindre par toutes les nations et par tous les peuples, la Déclaration Universelle proclame que tous les êtres humains naissent libres et égaux en dignité et en droits. Chacun peut se prévaloir de tous les droits et de toutes les libertés proclamés dans cette Déclaration « sans distinction de race, de couleur, de sexe, de langue, de religion, d’opinion politique ou autre, d’origine nationale ou sociale, de fortune, de naissance ou de toute autre situation ». La Déclaration Universelle aussi proclame que « ....nul ne sera soumis à la torture, ni à des traitements cruels, inhumains ou dégradants (…) nul ne peut être arbitrairement arrêté et torturé » alors que depuis le coup d’état militaire du 12 septembre 1980, 200.000 arrestations, 120.000 détenus politiques (chiffre officiel donné par la dictature turque) ont été perpétrés. Plusieurs personnes sont mortes sous la torture. La lettre de Sevgi KILIC, éditée par Amnesty International publiée en 1983, témoigne la torture en Turquie: «Les séances d’interrogatoires se sont répétées cinq fois. Ils voulaient savoir pour quel parti je militais, qui était Untel ou Untel puis ils m’ont questionné sur ton (c’est à moi qu’il s’adressait) sujet. Ils m’ont fait subir des électrochocs. C‘était quelque chose d’horrible, d’incroyab1e et terriblement douloureux. Quand ils arrêtaient l’électricité, ils me demandaient les noms des autres professeurs qui auraient des tendances de gauche. Mais j ‘ai pu résister et ne rien dire. (...) Avec huit autres collègues détenus comme moi au secret, sans droit de visite et sans contact avec l’extérieur, nous sommes restés quinze jours au centre de torture allongés à même le sol, les yeux bandés. Nous étions, disaient les policiers, des « traîtres » et des « ennemis de la patrie » (Annexe-1).

La Convention européenne des Droits de l’homme constitue la garantie collective sur le plan européen de certains des principes énoncés dans la Déclaration Universelle des Droits de l’homme, renforcée par un contrôle international judiciaire dont les décisions doivent être respectées par les Etats signataires. Techniquement, la Convention européenne est un traité international, une sorte du contrat aux termes duquel les Etats assument certaines obligations.

Par ailleurs, la Convention permet à un individu allèguent une violation des droits d’engager, sous certaines conditions, une procédure contre le gouvernement qu’il juge responsable. Les gouvernements sont tenus de veiller à ce que les droits et les libertés de tous ceux qui relèvent de leur juridiction soient protégées conformément à la Convention. Ces obligations se singularisent en reconnaissant aux individus certains droits. La plupart des droits et des libertés par exemple «  le droit à la liberté d’expression, le droit à la liberté de circulation et le droit de choisir sa résidence, le droit de quitter n’importe quel pas y compris le sien » sont protégés par la Convention alors que la Turquie en tant que pays signataire de la Convention bafoue en permanence la Déclaration Universelle des droits de l’homme, bafoue la Charte des Nations Unies et les principes de la Déclaration des droit de l’enfant. Depuis le 10 février 1984, 1086 Universitaires, 26000 enseignants et fonctionnaires ont été exclus de leurs postes. Plusieurs professeurs de l’Université et d’autres intellectuels ont été arrêtés, parmi lesquels le professeur Dr. Ismeil Besikçi qui est en prison depuis 13 ans à cause des recherches sociologiques qu’il entreprend sur la situation du peuple kurde et du Kurdistan. Quant à mon épouse, elle a été arrêtée le 24 Janvier 84, torturée jusqu~au 13 février, jugée avec un groupe de huit professeurs par le Tribunal Militaire N°2 du Commandent de l’Etat de Siège d’Ankara selon les paragraphes 141/5, 173/31,33, du Code Pénal turc calqué du régime fasciste de Mussolini selon lequel « toute personne participant à l’activité d’une association mentionnée aux aliénas de cet article sera punie par 5 è 12 ans de réclusion ». Mais dans sa décision du 16/03/1984 ci-jointe, le président du Tribunal Militaire a déclaré que « devant le tribunal les professeurs ont confirmés qu’ils ont été torturés au centre de la torture par le groupe de DAL (Degerlendire ve Arastirma Laboratuari), pour sauver leurs vies ils ont signé des déclarations. Les seules preuves existantes contre eux sont ces déclarations faites sous la torture bien qu’ils soient des adhérents à aucune organisation clandestine ». Finalement, ils sont acquittés le 16 mers 1984 (Annexe-11).

 

Mais le 1er mai 1984, mon épouse a été exclue de son poste de professeur de philosophie par le commandant de l’état de siège d’Ankara sans aucune preuve. Elle a sollicité son passeport pour quitter le pays avec nos deux enfants. Cette demande lui a été refusée par les autorités turques depuis deux ans. Son avocat a porté plainte contre le ministère des affaires intérieures il y a deux ans ; les responsables du ministère ne sont pas venus à l’audience sous prétexte que La Loi 1402 appartient aux pouvoirs des commandants de l’état de siège.

Le 7 avril 1986, elle a demandé au Commandant de l’état Major de Turquie d’examiner sa situation. Au nom du Commandant de l’Etat Major de Turquie, le Général Fuat Senel lui a répondu qu’il « est impossible d’examiner l’exclusion de votre poste par le commandant de l’état de siège, car l’existence juridique de celui-ci n‘existe plus depuis le 19 juillet 1985 » (Annexe-111). Dans une lettre que mon épouse a adressée à Mme Loriaux, membre d’Amnesty International de la Section Belge, elle lui expose sa situation en ces termes : « Aujourd’hui je vis dans un pays où à chaque moment, les policiers peuvent entrer dans votre domicile, sans aucune décision du tribunal, ni du juge. Vous serez arrêtée immédiatement, enfermée sans contact avec l’extérieur, au minimum pour une durée de 45 jours. Durant cette période, aucune personne de votre famille n’a le droit de vous rendre visite, il vous est strictement interdit de voir même votre avocat. Les yeux bandés, vous devez rester sur le béton régulièrement mouillé. Et on vous empêche de dormir même dans une cellule sans lit. La torture commence par la falaka (bastonnade) et l’électrochoc; ce sont des événements quotidiens...» (Annexe-IIIb).

 

Monsieur Brun, votre accusation n’est loin du traitement des policiers turcs. Ce n’est pas étonnant de votre, ni de la droite française et leur collaboration étroite avec le régime fasciste turc et les réactionnaires iraniens et irakiens. Après avoir condamné le gouvernement turc par ses propres tribunaux, dès l’arrivée de mon épouse et de mes enfants en France en 1987 le maire de Talant n’est pas resté loin des activités des renseignements généraux de Turquie. A ce sujet j ‘ai demandé à la Fondation de Danielle Mitterrand contre l’expulsion de mon épouse dont voici un extrait :

« (…) Suite à l’arrestation de mon épouse le 24 janvier 1984, le 10 Février 1984, j’ai écrit au Président de la République sollicitant son intervention pour la libération de mon épouse détenue en Turquie avec quatorze autres professeurs (Voir lettre ci jointe; Annexe-I). Le Ministère des Relations Extérieures de l’époque est chargé de suivre cette et « a interrogé son Ambassade à Ankara sur le sort de ces prisonniers ». Grâce à l’intervention de Monsieur le Président de la République la vie de ces personnes a été sauvée.

Comme j‘ai écrit à Monsieur le Président dans ma lettre du 10 Novembre 1986, la reconnaissance de la dignité inhérente à tous les membres de la famille humaine et de leurs droits égaux et inaliénables constituent le fondement de la liberté, de la justice et de la paix dans le monde. Mais en tant qu’universitaire d’origine kurde, je considère que les pays qui ont partagé le Kurdistan entre eux, n’ont jamais permit à mon peuple de vivre en paix. Le cas douloureux de mon épouse et de mes enfants est un élément inséparable du destin de mon peuple contre lequel les régimes inhumains turc, perse et arabe ont engagé une campagne d’agression systématique.

Mais de depuis l’arrivée de mon épouse en France, (avec un visa d’établissement délivré par l’Ambassade de France en Turquie, un regroupement familial réalisé par l’intermédiaire du Haut Commissariat des Nations Unies pour les réfugiés, suite à l’application d’une décision du 4ème Tribunal Administratif d’Ankara qui a condamné le Ministère des Affaires Intérieures Turques) nous avons subit les mêmes conséquences de la part de milieux réactionnaires en France. D’abord le Maire de Talant n’a pas délivré le certificat d’hébergement pour le regroupement familial, alors que le même certificat avait été légalisé par la même municipalité. Cela signifia l’engagement d’un maire du RPR contre notre présence à Talant d’une part contre notre demande pour passer à la nationalité française d’autre part. Nous considérons qu’une telle attitude est un élément inséparable de la politique de l‘oppression brutale dirigée contre les réfugiés politiques, elle est inadmissible. Après avoir été interrogé par les policiers, l’Académie de Dijon n’a pas attribué une aide financière pour mes recherches philosophiques sur la classification des sciences et les fondements philosophiques de l’informatique, ce qui a eu pour conséquence une démarche de la Préfecture de la Côte d’Or pour annuler le visa d’établissement de mon épouse. Cela détermine le caractère du régime qui a déclaré la guerre ouvertement contre les réfugiés politiques. Je pense que dans ces conditions que la France n’est plus la Terre d’Asile si le dictateur Duvalier, l’assassin du peuple haïtien, a obtenu le statut de réfugié politique. Alors que les simples gens kurdes sont expulsés par le régime actuel. Face aux expulsions votre attitude envers des réfugiés nous a donné beaucoup du courage. En effet, nous avons une expérience révolutionnaire contre le fascisme en Turquie, contre les états colonialistes qui ont partagé le Kurdistan entre eux. Notre situation intellectuelle est inséparable de la situation de notre peuple kurde qui mène une lutte difficile contre les régimes inhumains pour la liberté et l’indépendance. Nous sommes sûr de la victoire, le Kurdistan sera alors un pays de liberté, nos enfants seront libres, indépendants dans la société mondiale et nous ne seront plus des réfugiés dans le monde. En tant que philosophe je pense, avec un grand humanisme à la vérité objective du monde réel qui nous oblige à lutter pour exister dans notre responsabilité scientifique et humaniste pour l’existence nécessaire de la fondation d’une République démocratique socialiste unifié du Kurdistan et je suis prêt à mourir au nom du bonheur de cet idéal humain ».

Pour cet idéal je porte l’honneur de la responsabilité scientifique et académique, je continue à. lutter pour la liberté et l’indépendance du peuple du Kurdistan et de tous les peuples opprimés du monde entier. Je pense qu’il sera utile tout d’aborde de vous connaître la réalité de ma lutte et de vous donner un cours d’histoire politique de mon pays que vous connaissez très mal.

Le Kurdistan, pays de plus de 42 millions d’habitants, dont la langue et Culture sont interdites, est morcelé, colonisé par quatre étais colonialistes. Les colonialistes, avec les impérialistes et les forces féoda1es et tribales kurdes, ont exploité les richesses du pays depuis des centaines d’années. Cette politique a jeté le peuple kurde dans la misère, la pauvreté et l’ignorance et l’a condamné à une vie esclavage dans son propre pays. Des dizaines de milliers de Kurdes vivent dans des conditions inhumaines à cause du chômage, de l’oppression ou de l’exil forcé, ce qui est devenu le lot de presque chaque famille kurde.

La résistance du peuple kurde contre le partage de sa patrie, le jung colonialiste, l’oppression nationale pour le droit à l’autodétermination a été réprimée par 18 terreurs et la barbarie. Cette oppression est encore aujourd’hui exorbitante, mais le combat du peuple kurde continue sous l’utilisation des armes chimiques contre l’Irak, l’Iran et la Turquie.

Après la guerre d’indépendance, la bourgeoisie turque s’étant emparée du territoire du Kurdistan de Turquie, en mettant à part les droits du peuple kurde et des autres minorités, s’est alliée avec les pays capitalistes et impérialistes. Par le Traité de Lausanne signé en 1923 le Kurdistan a été divisé en quatre parties entre la Turquie, l’Iran, l’Irak et la Syrie. D’autre part ce partage a imposé au Kurdistan un statut colonial, il a été soumis à la domination dans les domaines de l’exploitation, de l’oppression et du génocide. A l’intérieur du pays l’unité des peuples et des minorités ethniques a été menacée surtout par trois idéologies et politiques nationalistes chauvines importantes. En premier lieu, il s’agissait de l’idéologie étatique colonialiste prônant l’existence d’une «nation turque unique » dont « la souveraineté appartient inconditionnellement à la nation turque ». La Grande Assemblée Nationale de Turquie est unique représentant légitime de cette nation, c’est au nom de celle-ci qu’elle exerce son droit de souveraineté. Elle nie l’existence d’une nation kurde indépendante, ce qui a provoqué le retard du Kurdistan dans les domaines politique, économique, social, culturel. Cette idéologie était la politique de la bourgeoisie turque, car l’existence d’une majorité nationale et d’une nation devait justifier le droit à la création d’un Etat unique sur le territoire vivaient des minorités ethniques importantes de la nation kurde opprimée. C’est pourquoi la parenté historique, culturelle, linguistique et autre de la nation kurde et son subconscient d’affiliation ont été exploités en faveur de cette politique réactionnaire et fasciste.

En deuxième lieu, c’est la politique d’oppression nationale. Héritage de l’autocratie et de la monarchie appuyée par les grands propriétaires fonciers, les capitalistes et la petite bourgeoisie, qui veulent ainsi « non seulement » préserver leurs privilèges de classe et diviser les peuples et aussi conquérir le marché du Kurdistan et revendiquer la terre des autres peuples pour réaliser de nouveaux génocides.

En troisième lieu, c’est le nationalisme, le chauvinisme et le social chauvinisme turc: qui représentent un grand danger non seulement pour les peuples de Turquie, mais aussi pour les autres peuples de la région. En effet le social chauvinisme de la nation dominante turque, poussé et inspiré par le panturquisme et le pantouranisme est inscrit dans la Constitution turque de la manière:

             « Par le nationalisme turc qui unit tous les individus en tout indivisible»

Selon lequel

             « Tout individu lié à l‘Etat turc par les liens de citoyenneté est turc.»

Donc, le peuple kurde et les autres minorités n’existent pas. Ceci se manifeste ouvertement dans la politique intérieure et extérieure de Turquie.

Dans la politique intérieure, depuis huit ans les peuples de Turquie comme le Chili, El Salvador subissent une répression avec les attestations massives des chasses à. l’homme, des pendaisons, des tortures, des peines à vie. La structure “juridique” d’un état fascisto-néo-colonialiste à l’encontre de tous les droits et de toutes les libertés fondamentales de l’homme a été mise en place par « des décrets émanant de cinq généraux putschistes, collaborateurs de l’impérialisme USA et de l’OTAN. La dictature fasciste militaire a transformé la vie quotidienne en un enfer, non seulement pour les peuples turc et kurde, mais aussi pour les peuples de la région. Plus de 12 millions de kurdes vivent sans libertés en Turquie. La junte fasciste, en applique les décisions des firmes multinationales et du FMI, de la Banque Mondiale, a transformé la Turquie en une prison des peuples de l’OTAN et des classes dominantes.

Mais en 1982. Kenan Evren disait : « Un Etat d’abord, doit pratiquer le Droit et la justice de façon à donner confiance dans toutes les affaires de l’Etat, afin d’exister comme tout indivisible avec son pays et sa nation et de transformer tous les citoyens en une masse sans classe ni privilège ». (Newspot, Information de Turquie, du 10 septembre 1982, Ankara). Au fond cela constitue le fondement idéologique et politique du fascisme turc : La supériorité de l’Etat et de la nation est un élément du fascisme.

Le fascisme en Turquie Mr Brun n’est pas le fascisme classique de Benito Mussolini, ni de Hitler, ni de Salazar et de Franco. Dans ce sens là, le fascisme en Turquie est essentiellement l’essence de la stratégie militaire de l’impérialisme USA et de l’OTAN dans une sorte de violence et l’application militaire par l’armée en se basant sur la supériorité de l’Etat et de la Nation turque en s’appuyant sur l’idéologie des classes dominantes : le Kémalisme. Ce néo fascisme implique l’unité totale de toutes les doctrines fascistes se basant sur le nationalisme turc qu’il n’est pas seulement un nationalisme bourgeois, c’est un chauvinisme bestial. C’est un système gouvernemental de banditisme politique, un système de provocation et de tortures à l’égard de la classe ouvrière et des éléments révolutionnaires de la paysannerie de la petite bourgeoisie et des intellectuels. C’est la barbarie médiévale et la sauvagerie. C’est une agression effrénée à l’égard des autres peuples et des autres pays. Etes vous d’accord avec ce régime Mr Brun? Si vous étiez à ma place accepteriez vous de retourner en Turquie sur la convocation des généraux putschistes? Philosophez vous sous l’occupation barbare niant l’existence de douze millions kurdes ?

« Du point de vue des intérêts de la recherche, que les Universités turques proclamant leur appui aux “peuples opprimés” alors que cela est très loin de la vérité. « Cet aspect de l’idéologie officielle est pris pour argent comptant. Pourtant les choses ne sont pas aussi simples. Mis à part son côté scientifique, le problème a aussi un côté éthique qui est le suivant : les réflexion critiques sur le Kurdistan et la question « des peuples opprimés » sont passibles de poursuites. Il arrive fréquemment que ceux qui s’occupent de ces questions-là soient envoyés en prison. Par contre, on accord tout le soutien moral et financier nécessaire à ceux qui défendent l’idéologie officielle édifiée sur des mensonges. L’Etat se sert souvent des procès judiciaires pour étouffer et réprimer les pensées qui critiquent l’idéologie officielle. Les Universités, les professeurs, les écrivains et la presse ne manifestent aucune réaction. Le problème n‘est pas discuté en Turquie du point de vue de l’égalité des droits. Ainsi, même la politique de l’Etat n’est pas critiquée .On laisse toute possibilité de se développer à une forme de pensée c’est-à-dire à la défense de l’idéologie officielle. Loin de traiter sur pied d’égalité les défenseurs de l’esprit scientifique, on fait pression sur eux et les incarcèrent ». Dans son travail de recherche sur l’idéologie d’Etat en Turquie, à savoir le kémalisme, tel qu’il exerce sa domination à travers les organes de l’Etat - si l’on met à part l’existence de la nation opprimée, Besikçi nous montre les lignes de force de l’hégémonie kémaliste. « Nous avons à faire à un fait social. Ce fait social, c’est la nation kurde. Atatürk, lui, n’est pas partisan d’une solution démocratique de ce problème. Il s’engage pour une solution du problème par la violence, la pression, la contrainte, la cruauté. C’est pourquoi il s’engage du côté d’une idéologie qui légitime l’emploi de la violence.» Dix ans plus tard, La Convention Internationale sur le génocide considérait qu’un tel crime est consommé lorsqu’on se trouve en présence d’actes de massacres ou de persécutions contre un groupement humain considéré comme une entité nationale, ethnique ou religieuse. Etes vous religieux Mr Brun? Si oui, que pensez vous au massacre du peuple Kurde Halabja? Que pensez vous aux 300.000 personnes qui ont été encerclées par l’armée irakienne? Avez vous envoyé dans votre vie une boîte de médicament aux enfants qui meurent sous les armes chimiques? Avez vous manifesté une fois dans votre vie contre l’injustice?

Et maintenant, sur le mur de ma maison, devant une photo du soleil brillant comme un feu, tourne dans ma tête le destin de 300.000 enfants, femmes, hommes, morts sous le gaz toxique comme l’effet de votre accusation la lumière des lumières se promène dans mes veines, me retire au-delà du temps et de l’espace, sur cette colline bleue, met ses étincelles dans mes forêts, mes pâturages, où mon peuple a été massacré par les armes chimiques délivrées par les pays occidentaux aux états qui partagent ma terre natale.

A travers l’image de cette photo du soleil, les crimes commis par les régimes et votre accusation affreuse, sont devant mes yeux dans la solitude de Halabja. Haute cité de la résistance dans les zones libérées du Kurdistan, aux portes du ciel, cette ville Kurde est disparue éternellement par une mort chimique, avec elle disparue 6000 êtres humains, la musique populaire kurde, les conteurs d’Eli Herîrî, d’Êhmedê Xani, de Meleyê Cizerê, d’Ereb Semo, avec Halabja est disparue toute une civilisation millénaire, an nous laissant un pays divisé, déchiré, brûlé, rebrûlé, bombardé, abandonné sous les napalms et d’armes chimiques, nucléaires. « La mort toujours » nous « attendra » la mort chimique « et le néant sera égal pour » ceux qui ont «fini de vivre aujourd’hui pour celui qui est la mort il y a des mois et des années» au Kurdistan. « Une morte, non, beaucoup de morts arrivaient à chacun » disait Neruda, « Chaque jour une morte menue». Mais Halabja morte cherchera-t-elle « à se perpétuer et à être immortelle »? Et le peuple Kurde de demain connaîtra-t-il la mort de Mahabad et la mort de Halabja comme sa propre mort? A-t-il le droit de préparer la même mort pour les régimes iranien, irakien et turc? Si oui, un monde sans les Kurdes et le Kurdistan ne signifiera d’autre chose que la mort dune chanson de notre sang qui vaincra vos armes et vos mensonges. C’est la seule réponse à la question fondamentale de la philosophie du crime: Contrairement à votre pensée : « L’Etre absolu descendra du Ciel sur la terre, non pas en tant que Messie et incarnation de Dieu, mais en tant que manifestation et révélation de l’Homme aux hommes eux-mêmes ». (pp.174-75). Nous disons soit le peuple kurde emportera la victoire sur la mort, soit la mort chimique descendra du ciel sur le Kurdistan. Vous dites « Lutte et victoire, toute vie est déchirure et réconciliation, vie et mort, le Non est au coeur du Oui comme l’obscurité se trouve au coeur même de la flamme de la bougie qui repend la lumière ». (pp.72-73) Nous disons que pas de réconciliation avec votre philosophie « solitaire » (comme qualifie professeur G. Canguilhem), mensongère. Soit vous, devez me répondre pour justifier vos accusations policières, soit votre nom sera inscrit sur la liste des personnes des honorées. Vous dites « Tout comme la mort de l’arbre est nécessaire au menuisier qui e. besoin de bais pour fabriquer des meubles, tout comme la mort de l’animal ou de la plante est nécessaire à l’homme pour se nourrir, de même la mort des hommes sera donnée volontiers, non seulement comme une sorte de sacrifice offrant à l’individu une raison d’être, ou plutôt d’avoir été, en lui assurant un dépassement de lui-même dans l’avènement de l’Homme auquel sa mort aura contribué « mais aussi comme une exigence légitime de l’Homme faisant de la mort des hommes un moyen de transfiguration enrichissante » (ibid. pp. l90-9l). Nous disons qu’il n’y a pas d’exigence légitime de l’Homme faisant de la mort des hommes un moyen de transfiguration enrichissante ». Vous n’avez pas le droit de tuer moralement la vie professionnelle et universitaire d’un intellectuel kurde utilisant tous les moyens bureaucratiques collant sur son avenir l’étiquette de l’agent du KGB. Les pays occidentaux n’ont pas le droit de délivrer les armes chimiques aux colonialistes pour massacrer le peuple du Kurdistan. Et Les états colonialistes n’ont pas le droit de chercher à installer la mort nucléaire à la porte du peuple kurde et des autres peuples? « Est-ce le mépris du travail qui est la cause de l’esclavage ou bien l’abondance des esclaves en rapport avec la suprématie militaire qui engendre la mépris du travail? Est-ce qu’il faut expliquer ici l’idéologie par la structure de la société économique, ou bien la structure par l’orientation des idées »? (G .Canguilhem, La Connaissance de la vie, p. l32) Comment pouvons nous expliquer la structure de votre idéologie? Les juges français et les juges du monda pourront-ils juger ces actes ? Si oui, selon quel droit? Si non, quels sont nos moyens de lutte non seulement dénoncer vos attaques hypocrites qui ne sont pas différentes des crimes commis par les régimes fascistes d’Irak, de Turquie et d’Iran, mais de montrer le visage de la vérité?

Monsieur Brun, je n ‘ai pas des appartements, des villas, du capital, je suis loin de vos richesses matérielles, des caisses noires. J’ai travaillé du 7 septembre 1982 au 30 octobre 1984 en temps partiel. J’ai fait un stage du 5 novembre 1984 au 30 mai 1985. Depuis de cette date je suis au chômage en fin des droits. J’ai vécu avec 67 F par jours et d’aider aussi à ma famille, à mes deux enfants qui sont avec moi depuis huit mois. Il y avait des moments je n’ai pas mangé même durent 15 jours. Je suis resté dans la misère noire et j‘y suis toujours. Mais le n’ai pas abandonné la philosophie et la science. J’ai trouvé la liberté non seulement dans ma misère, mais aussi dans la misère des peuples opprimés. J’ai pu transformer cette liberté en liberté scientifique et académique. J’ai gardé l’honneur d’être un philosophe kurde de porter la responsabilité, scientifique et académique au delà de toutes les idéologies dans la lutte contre le fascisme et l’impérialisme. Je suis sur le chemin de résistance universelle de l’humanisme du 21ème et 22ème siècle. L’histoire sera à côté de nous. Quant à vous Monsieur Brun, j’attends votre réponse et je vous laisse à l’histoire de lutte des peup1es opprimés du monde entier pour vous juger.

 

Dans l’attente de votre réponse, je vous prie de croire, Monsieur, à l’assurance de ma haute considération.

 

Mr Ali KILIÇ

Dijon le 26-08-1988

EXPLICATION :

·         Prof.Dr.Jean Brun, philosophe français , est né dans une famille protestante, à Agen, en 1919, après des études en Sorbonne, a enseigné à Nîmes, Bordeaux et Londres, avant de devenir professeur de philosophie à l’Université de Dijon. Il était le directeur de ma première thèse de doctorat en philosophie à l’Université de Dijon  intitulée «  l’existence humaine  chez Sartre  et Chez Gabriel Marcel » de 1980 à 1982 date à laquelle  Amiral Bulent Ulusu, Premier Ministre de la junte fasciste militaire de Turquie avait annulé mon contrat de recherche en France en novembre  1982  m’a convoqué du retour obligatoire qvant  le 25 décembre 1982  en Turquie à l’intermédiaire du Comité chargé des Affaires Extérieures. J’ai refusé l’ordre de l’amiral Ulusu relatif au retour en Turquie, car la  Bource de  recherche que le gouvernement français m’avait été accordée  était valable jusqu’au 31-11-1983 conformément à la décision du Conseil  Administratif de mon Université  et j ’ai démissionné de mon poste, Maître de Conférence au  département de philosophie de l’Université de Hacettepe à Ankara. J’ai sollicité l’asile  politique en France .Cette fois  le  Prof. Dr Jean Brun   a refusé   mon  inscription en 1983  pour que je puisse  présenter   thèse de doctorat  malgré mes conditions de santé  très graves. Mes parents et  mes proches sont arrêtés et torturés en octobre 1983 date à laquelle  le Ministre de l’Education de Turquie a inspecté le Lycée de Mimar Kemal et plus particulièrement la classe de mon épouse ; professeur de philosophie ; elle a été mise en examen. Le 23-24  janvier 1984 la police politique  a effectué une  descente dans mon domicile à Ankara et a arrêté et torturé mon épouse pendant 15 jours ; elle a été emprisonnée avec quinze autres  professeurs de son Lycée. Suite à l’intervention de Monsieur le Président de la République  Monsieur François Mitterrand ; ils ont été mis en liberté  sauf mon épouse les autres ont été intégrés à leurs postes de  travail sauf mon épouse.

·          

·         En 1984,  avec l’aide Prof Jeanne  Perraine Vial, directrice de ma thèse du DEA à l’ Université de Dijon  mon dossier d’inscription   avait été transféré de l’Université de Dijon  à la Sorbonne. Mais,il a été constaté que  le nouveau directeur de la Thèse fait partie d’une famille qui avait  collaboré avec les nazis sous l’occupation allemande. J’ai refusé de soutenir sous sa direction la thèse  et je l’ai completement abandonné.  Avec l’aide de mon camarade Prof Dr. Jean Vallade et le Président de l’Université de Bourgogne Prof Dr. Roger Paris   j’ai recommencé le 25-11-1985  à  préparer une nouvelle thèse intitulée « La classification des Sciences  et l’informatique, Fondements philosophiques de l’Informatique » que j’ai  préparé et  soutenu sous le 19 décembre 1988  la direction de Monsieur le Prof ; Jean Claude Beaunne, à l’Université de Bourgogne, Le Jury est présidé par le Prof ;Dr ; François Dagognet,  épistémologue connu sur plan international .Avant de ma soutenance, Monsieur  le Prof .Dr. Jean Brun avait intervenu auprès de Monsieur le Prof ; Tillant, de l’Université de Clermont Ferrant  qui était  l’un des membres du Jury et il  avait rédigé  et a envoyé un rapport  négatif auprès de Monsieur le Professeur François Dagognet . Or, le président de Jury avait déjà remis son rapport favorable  pour la soutenance  plus de  huit pages concernant le caractère scientifique et académique  de ma  Thèse. Monsieur Tillant avait affirmé qu’il n’a pas lu la thèse et sous la pression de Monsieur le Professeur Jean  Brun qu’il a rédigé son rapport négatif. En raison de cette situation, Monsieur le Prof. Dr  Tillant a démissionné du Jury, il a été remplacé par le Prof Dr. Daniel Jacobi de l’Université de  Bourgogne. Entre temps j’ai envoyé cette lettre à Monsieur le Professeur  Jean Brun, et un exemplaire à mon directeur  de recherche Professeur Jean Claude Beaunne en  août 1988..En octobre 1988 avec mon camarade  Prof.Dr. Jean Vallade, Président de SNSUP, Professeur à la Faculté des Sciences, nous avons rencontré  le Président de l’Université, Monsieur le Prof .Dr Roger Paris et nous avons expliqué la situation. Finalement  la soutenance a eu lieu le 19 décembre 1988 et j’ai présenté ma thèse  et a obtenu la mention honorable avec la félicitations du Jury En effet,j’ai étonné de la manière que le philosophe français avait manifesté  alors qu’il s’est fait connaître par les livres qu’il a écrits sur les philosophes grecs dans la collection, à large diffusion, " Que sais-je ? ". L’ouvrage sur Pascal, dans cette collection, est très révélateur, non seulement de la pensée du grand apologète du XVIIIe siècle, mais aussi de la pensée de Jean Brun ! Celui-ci a également publié de nombreux essais, tels que La nudité humaine, A la recherche du paradis perdu, Les vagabonds de l’occident, qui présentent une analyse de la recherche de sens faite par l’homme, dans laquelle il insiste sur les impasses et les échecs de la culture contemporaine. Jean Brun a aussi laissé des études plus vastes comme Vérité et christianisme ou L’Europe philosophe. Il était passionné par la pensée du Danois Soeren Kierkegaard dont la publication des œuvres complètes, en français, lui doit beaucoup .Cette lettre  lui a été envoyée en août 1988 à Dijon. Il est mort à Dijon en 1994. En raison du refus  de nationalité française en 1990  sur les mêmes arguments de la police française que Monsieur le Prof.Dr.Jean Brun* je dois publier cette lettre. Car  ni la Préfecture de la Cote d’Or  ni le Tribunal Administratif de Nantes n’ont  notifié  les jugements motivés ;

*Œuvres de Jean Brun

Livres

Les stoïciens. Textes choisis par J. Brun. Paris, Presses universitaires de France, 1957.

Le stoïcisme. Paris, Presses universitaires de France, 1958. Coll. « Que sais-je? » # 770. 9e éd. revue et corr., 1985.

L'Épicurisme. Paris, Presses universitaires de France, 1959. Coll. « Que sais-je? » # 810. 9e éd. corr., 1991.

Platon et l'Académie. Paris, Presses universitaires de France, 1960. Coll. « Que sais-je? » # 880. 11e éd. corr., 1994.

Socrate. Paris, Presses universitaires de France, 1960. Coll. « Que sais-je? » # 899. 10e éd. corr., 1992.

Aristote et le lycée. Paris, Presses universitaires de France, 1961. Coll. « Que sais-je? » # 928. 7e éd. corr., 1992.

Épicure et les épicuriens. Textes choisis par J. Brun. Paris, Presses universitaires de France, 1961. 6e éd. mise à jour, 1981.

Les Conquêtes de l'homme et la séparation ontologique. Paris, Presses universitaires de France, 1961. Coll. « Bibliothèque de philosophie contemporaine ».

La main et l'esprit. Paris, Presses universitaires de France, 1963. Coll. « Bibliothèque de philosophie contemporaine ». Édition revue et augm. Cergy-Pontoise, Sator; Genève, Labor et Fides, 1986.

Héraclite ou le philosophe de l'éternel retour. Paris, Seghers, 1965. Coll. « Philosophes de tous les temps » #17.

Empédocle ou le philosophe de l'amour et de la haine. Paris, Seghers, 1966. Coll. « Philosophes de tous les temps » # 27.

La main. Paris, R. Delpire, 1967.

Les présocratiques. Paris, Presses universitaires de France, 1968. Coll. « Que sais-je? » # 1319. 5e éd. corr., 1993.

Le Retour de Dionysos. Tournai, Desclée, 1969. Réédité chez Les Bergers et les Mages en 1976.

La nudité humaine. Paris, Fayard, 1973. Nouv. éd. revue et augm. publiée aux Éditions du Beffroi en 1987.

Les Vagabonds de l'Occident: l'expérience du voyage et la prison du moi. Paris, Desclée, 1976.

Les masques du désir. Paris, Buchet-Chastel, 1981.

L'Homme et le langage. Paris, Presses universitaires de France, 1985.

Le néoplatonisme. Paris, Presses universitaires de France, 1988. Coll. « Que sais-je? » # 2381.

Philosophie et christianisme. Québec, Éditions du Beffroi; Lausanne, L'Âge d'Homme, 1988.

L'Europe philosophe: 25 siècles de pensée occidentale. Paris, Stock, 1988. Réédition en 1991.

Philosophie de l'histoire: les promesses du temps. Paris, Stock, 1990.

La philosophie de Pascal. Paris, Presses universitaires de France, 1992. Coll. « Que sais-je? » # 2711. 2e éd. corr., 1995.

Le rêve et la machine: technique et existence. Paris, La Table ronde, 1992.

Vérité et christianisme. Préface du cardinal Paul Poupard. Troyes, Librairie bleue, 1995.

Essence et histoire de la musique. Genève, Ad Solem, 1999.

Platon: contre l'homme moderne. Genève, Ad Solem, 2005.


Articles et conférences

« Pour une démythisation de la démythisation », dans Enrico Castelli, dir., Mythe et foi (actes du colloque organisé par le Centre international d'études humanistes et par l'Institut d'études philosophiques de Rome en janvier 1966). Paris, Aubier, Éditions Montaigne, 1966, pp. 461-477.

« Le prestige du monstre », dans Enrico Castelli, dir., Le mythe de la peine (actes du colloque organisé par le Centre international d'études humanistes et par l'Institut d'études philosophiques de Rome en janvier 1967). Paris, Aubier, Éditions Montaigne, 1967, pp. 301-322.

« Les pseudonymes de Dieu », dans Enrico Castelli, dir. L'analyse du langage théologique - Le nom de Dieu (actes du colloque organisé par le Centre international d'études humanistes et par l'Institut d'études philosophiques de Rome en janvier 1969). Paris, Aubier, Éditions Montaigne, 1969, pp. 313-326.

« Témoignage et trahison. Les adorateurs de Judas », dans Enrico Castelli, dir. Le témoignage (actes du colloque organisé par le Centre international d'études humanistes et par l'Institut d'études philosophiques de Rome en janvier 1972). Paris, Aubier, Éditions Montaigne, 1972, pp. 493-503.

 

Documentation

Cérézuelle, Daniel. « Technique et désir chez Jean Brun », in Pascal Chabot et Gilbert Hottois, dir. Les philosophes et la technique. Paris, Librairie philosophique J. Vrin, 2003.

Désilets, André. « Jean Brun: un chevalier de la résistance », dans Les tensions de l'errance. Préface de Jean Renaud. Les Presses de l'Université Laval, 2001, pp. 45-58.

Perrot, Maryvonne, dir. Journée Jean Brun: Dijon, le 18 mars 1995. Dijon, Éditions universitaires de Dijon, 1996. Des textes de Jean Brun, Xavier Tilliette, François Dagognet et al.

Une philosophie du seuil: hommage à Jean Brun. Dijon, Éditions universitaires de Dijon, 1987.

Renaud, Jean. « Chute et rédemption chez Jean Brun », in Jean Brun - Actes du Colloque international d'Agen 20, 21, 22 mars 1996. Agen, Société Académique d'Agen, 2000.

 

 

 

 



[1] Victor Ferias, Heidegger et le Nazisme, Verdier, Paris, 1987, p.172

 

[2] Jean Brun, Les Conquêtes de l’homme et la séparation Ontologique, p 217

 

[3] Jean Brun, Les Conquêtes de l’homme et la séparation Ontologique, p 217

 

 

 

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