Dr Ali KILIÇ                                                         Cité du Soleil le 26-04-2007

                                               Pour Dr Sundé

Le tricentenaire de Linné Carl von

Carl von Linné par Per Krafft 

 Linnaeus, Carolus

Naturaliste et médecin suédois (Rashult, 1707 - Uppsala, 1778)-

Linnaea borealis, fleur discrète de Laponie dont Linné avait fait son emblème

Linnaea borealis, fleur discrète de Laponie dont Linné avait fait son emblème

 

 

                   Dans l’histoire de la science l'année 2007 verra deux tricentenaires très importants : ceux de la naissance de Carl von Linné (1707-1778) et de Buffon (1707-1788). Les deux savants  ont  joué dans l’histoire de la science  un rôle important. Le Colloque de Buffon, est réalisé à Dijon   avait posé les questions  suivantes " Faut-il classer le vivant?" à quoi sert-il de classer le vivant? Faut-il continuer à le faire? Si oui, comment?"

                        A mon avis  cette question vient de l’extériorité de la science de classification. Car après le colloque de Buffon  organise par l’Université de Bourgogne en 1987-1988   j’avais présenté une thèse de doctorat en philosophie des sciences   dans la même Université. Mais  les organisateurs du Colloque de Buffon  ont fait appel suivant :

 "Considérant que la systématique est un des fondements de la connaissance et de l’information scientifiques, nous organisons un colloque portant sur deux thèmes majeurs : la systématique, la nomenclature > les méthodes et l’instabilité de la classification. " Je pense que les organisateurs  sont encore  dans la pensée métaphysique et classique. Alors que la question de la classification n’est pas  purement  une question  méthodologique  c’est  un problème du  modèle  de la classification des sciences dans l’histoire des sciences. C’est pourquoi  dans un premier temps   je poserai  de nouveau cette question que j’avais élaboré  dans la thèse, la question qui se pose  est de savoir Qu’est-ce que la classification?  Et puis  j’examinerai le tricentenaire de Linné Car von.

            Selon  les organisateurs du Colloque de Buffon " Faut-il classer le vivant?" à quoi sert-il de classer le vivant? Faut-il continuer à le faire? Si oui, comment?"

           Lors de la Conférence de l’Académie des Sciences  l’académicien Christian Dumas  a avancé l’idée suivante " Que serait un monde sans fleurs ? Elles seront présentées dans le cadre d’une trilogie regroupant poètes, botanistes et généticiens, chacun d’eux ayant contribué aux connaissances qui en font un système biologique unique. Leur diversité est remarquable, mais au-delà, elles ont toutes en commun d’être le sexe des plantes. Et si leur sexualité a été longue à établir, une fois constatée, elle a servi de base à de nombreux systèmes de classification, depuis Linné." C’est pourquoi il est important d’élaborer  l’approche scientifique  de Linné selon laquelle  "La méthode, âme de la science,   désigne à première vue n’importe quel corps de la nature,  de telle sorte que ce corps énonce le nom qui lui est propre,  et que ce nom rappelle toutes les connaissances qui ont pu être acquises,  au cours du temps, sur le corps ainsi nommé;  si bien que, dans l’extrême confusion apparente des choses,  se découvre l’ordre souverain de la nature"( Systema Naturae, 1766-1767)

         La vérité c’est que parmi les caractéristiques qui en font un système biologique unique, plusieurs seront particulièrement abordées. Comment la plante fleurit-elle ? L’utilisation d’outils génétiques a permis d’élucider une partie de ce phénomène complexe. La même stratégie a aussi permis de révéler que la diversité des fleurs masque en réalité une grande unité de leur développement, observation formalisée par Goethe dans une de ses théories. Comment les plantes à fleurs ont-elles pu évoluer avec un sexe localisé dans une structure aussi fragile que la fleur ? En quoi leur sexualité est-elle unique avec des systèmes de reconnaissance sophistiqués entre mâle et femelle et une double fécondation ? Au-delà des apparences esthétiques ou économiques des fleurs, seront également posés des problèmes de biodiversité, d’allergies ou encore d’évolution. Dans un deuxième temps, Christian Dumas
Membre de l’Académie des Sciences pense qu’ "On pourrait naïvement croire que les plantes à fleurs sont infiniment moins complexes et évoluées que les animaux. Cette acception est totalement fausse et plus basée sur l'intuition populaire que sur des réalités scientifiques. Quelques exemples vont illustrer ce propos.

             Les plantes savent, comme les animaux, distinguer le jour et la nuit, les saisons, etc. Une fois attaquées par un pathogène, elles semblent immunisées vis-à-vis d'une autre attaque. N'est-ce pas le signe d'une certaine mémoire ? La transmission d'une information électrique (influx nerveux) est possible et certains auteurs vont même jusqu'à parler de plant and intelligence ! D'aucuns pensent que plus on a d'ADN par cellule, plus on est évolué ! Un raisonnement identique porte sur le nombre de gènes. Qu'en est-il de l'arabette des dames, du riz ou de la tulipe par rapport à la mouche ou à l'Homme ?

           On sait aujourd'hui que les plantes sont capables de percevoir des signaux physiques externes (lumière, température, gravité, toucher, etc.) grâce à toute une série de récepteurs spécialisés qui constituent, à l'échelle moléculaire, des formes simplifiées d'organes des sens. Elles sont aussi capables de communiquer entre elles grâce à des signaux de plusieurs types : certains les renseignent, par exemple, sur la présence d'herbivores et leur permettent de mettre en jeu de manière préventive des dispositifs de défense. D'autres sont libérés des plantes après une agression physique (blessure, choc) ou encore biologique (herbivore, par exemple). Dans ce dernier cas, le message émis peut même mimer celui d'une hormone attirant le prédateur de l'herbivore !

          Une autre curiosité concerne la communication en rapport avec la sexualité. Les plantes sont fixées par leurs racines et ne peuvent choisir leur(s) 
partenaire(s) sexuel(s). Souvent dans les fleurs, structures renfermant les appareils sexuels, organes mâles et femelles coexistent : c'est l'hermaphrodisme. 
De telles organisations auraient dû conduire rapidement les plantes à fleurs à disparaître de la surface du globe suite à la consanguinité et à la perte du 
potentiel adaptatif lié au brassage génétique. Et pourtant, elles ont colonisé tous les milieux et toutes les latitudes ! Au cours de l'évolution, elles ont 
développé un double système de communication extrêmement sophistiqué qui permet à l'organe femelle de reconnaître et de discriminer parmi les 
mâles ceux de son espèce ; et entre les mâles d'une même espèce, de choisir celui qui assure un brassage génétique. C'est un modèle de reconnaissance 
du soi et du non soi qui fonctionne à l'inverse du système immun ". C’est pourquoi la question posée par  les organisateurs 
du Colloque de Buffon a Dijon, est une approche de l’extériorité  naïve.

          J’insiste maintenant sur la question  de la classification.

Dans la langue française la classification suppose une attention scientifique et un ordre,non plus pratique,mais théorique,c’est à dire reposant sur une connaissance rationnelle des choses classées et les faisant comprendre. En d’autres termes la classification est un cas particulier d’opération logique utilisée dans les sciences ou dans le domaine de l’activité pratique. Les classifications se fondent généralement sur les caractères essentiels des objets. Dans ce cas, la classification met en évidence les ressemblances et les différences essentielles des objets a vue valeur cognitive. Ainsi, la classification représente une activité cognitive qui consiste à répartir les êtres, d’après certaines de leurs ressemblances,en différentes classes subordonnées; entre elles en un système hiérarchique; à distribuer par classes,par catégories;autrement dit, c’est une représentation de l’ensemble des connaissances systématiques, particulièrement dans les sciences,d’un système de divisions et de subdivisions établi parmi des objets dont on veut faciliter ou régulariser l’étude. Dans d’autres cas, lorsqu’il s’agit seulement d’organiser les objets en système, on se base sur des critères de commodité mais qui n’ont pas de rapport avec les objets eux-mêmes.

Dans un premier temps, la classification est la répartition d’un ensemble d’objets en un certain nombre d’ensembles partiels coordonnés et subordonnés. Dans un deuxième temps, elle est la manière d’ordonner entre eux des concepts, suivant certaines relations qu’on veut mettre en évidence:relation de genre à espèce; relation de tout à partie; relations de généalogie, de hiérarchie, etc. Dans ce domaine ,nous avons trois principales formes de la classification:La première c’est la forme statistique,c’est à dire la classification automatique ;l’ensemble de méthodes qui permettent à l’aide d’algorithmes,de conduire sur un ensemble d’individus une série de partitions emboîtées les unes dans les autres. La deuxième, c’est la forme au sens biologique de la classification qui a été fondée par Linné, sur une ressemblance unique, aisée à observer, entre les espèces que l’on range dans le même groupe. Mais ce mode de classification est rejeté. L a troisième c’est la forme philosophique de la classification.

C’est ainsi que nous avons examiné en détail quatre stades principaux du développement de la science et de la connaissance: 1 e stade de l’intuition immédiate le stade de l’analyse et le stade de la synthèse qui repose sur l’analyse antérieure(l’objet de la connaissance auparavant désarticulé est reconstitué mentalement dans son entité et dans sa réalité initiale) dans ce stade la tendance à la différenciation des connaissances s’est renforcé avec le temps.et puis le stade dialectique, où chaque science peut être caractérisée de façon double : premièrement, selon l’objet matériel par lequel, elle diffère de la science précédente, deuxièmement, selon la forme inférieure du mouvement le plus proche grâce à la quelle cette science est liée à la science précédente.. .C’est le caractère de l’objet d’une science et la différenciation de ses connaissances qui possèdent des fondements objectifs de chaque nouvelle science .Un tel lien s’établit parce que la forme inférieure du mouvement entre dans une forme supérieure de même que le mouvement d’une molécule séparée entre dans l’état physique (thermodynamique) du gaz. Ainsi cette l’unité dialectique du mouvement de la matière( l’objet matériel) et du mouvement de la connaissance scientifique du monde réel constitue une base réelle sur laquelle on peut non seulement construire un modèle de la classification dialectique des sciences, mais également donner à chaque science particulière une définition précise qui indiquera sa place dans le nouveau schéma de la classification des sciences. Par exemple la physique nucléaire est une science qui se trouve au confluent de ses faits expérimentaux souvent fugitifs et faisant intervenir un matériel sophistiqué,et de la physique quantique. Le problème qui est posé aux physiciens: est le suivant quel modèle du noyau peut-on proposer pour rendre compte des observations et des expérimentations et qui soit en accord avec les lois de la physique atomique? Et si la physique nucléaire est une branche scientifique de la physique atomique, elle a donné naissance à la physique des hautes énergies, se diversifiant de la chimie nucléaire et des autres branches scientifiques de la physique atomique, comment pouvons nous alors expliquer la base de la loi du passage des quantitatifs en qualitatifs d’une science à l’autre dans l’analyse des formes du mouvement atomique du point de vue du développement de la contradiction fondamentale qui est à leur base et cette contradiction débouchera-t-elle sur une nouvelle approche de la classification? Et la question qui s’est posée aux informaticiens et aux philosophes est la suivante:

Quel modèle de la classification des sciences peut-on proposer pour rendre compte de l’unité problématique de l’organisation scientifique du savoir concernant la classification des sciences et l’informatique et qui soit en accord avec les lois dialectiques de la nature? Autrement dit, le modèle atomistique de la classification dialectique des sciences basé sur la contradiction dialectique (la divisibilité de la matière thèse selon laquelle la matière est l’un et l’autre; elle est à la fois divisible et continue et, en même temps elle n’est ni l’un, ni l’autre) et sur l’unité dialectique des éléments atomistiques permettra-t-il d’analyser et de traduire toute expérience historique des sciences dans l’unité de l’organisation scientifique du savoir? En d’autres termes, cette approche déterminera-t-elle le fondement commun de tous les domaines du savoir?

              A partir de cette perspective nous avons abordé les principes fondamentaux de la classification des sciences. Ce sont des principes, subjectifs, objectifs, comparatifs, (ou comparaison) de la classifications des sciences. .Dans un premier temps nous avons examiné le principe subjectif de la classification des sciences chez Bacon Hobbes, d’Alembert, Diderot,ainsi que la classification rationnelle chez Comte selon le principe de coordination, la classification naturelle des sciences André Marie Ampère dans un deuxième temps, la classification des sciences selon le principe objectif chez Descartes,Gassendi,et la classification artificielle des sciences A.Augustin, Cournot, et puis la particularité du développement de la classification des sciences en Allemagne, chez Kant ,Schelling,Hegel et puis la logique de la connexion des sciences chez Marx. Et la classification dialectique des sciences basée sur le principe de subordination chez F.Engels. Une première réflexion est accentuée sur la pensée positiviste de A. Comte qui attribue à la philosophie « authentique », une fonction fondamentale. La philosophie positive, est elle-même une science spéciale, tandis que le rapport entre la philosophie et la science est résumé dans le mot d’ordre : « la science est sa propre philosophie ». Enfin, le rapport entre la philosophie et la science est liée à une Interprétation déterminée de la place de la science dans la culture humaine. Le néopositivisme en tant qu’une forme moderne du positivisme, prive la philosophie de son objet, ne considérant que la connaissance de la réalité ne relève que la pensée quotidienne ou concrètement scientifique. Selon la pensée positiviste, la philosophie n’est concevable que dans la mesure où elle se livre à l’analyse du langage dans lequel s’expriment ces types de pensée. Autrement dit l’analyse philosophique ne s’étend pas à la réalité objective, elle doit se limiter exclusivement à l’expérience immédiate du langage. Selon les représentants du courant de l’empirisme logique l’expression philosophie des sciences” peut s’appliquer à la fois aux recherches des formes philosophiques de réflexion de la science, à la fois aux des investigations de type fondamentale à la recherche portant sur les conditions de possibilité de la science. une philosophie véritablement scientifique n’est possible, selon le positivisme logique, qu’en tant qu’analyse logique du langage de la science. Cette analyse doit, d’une part, supprimer la « métaphysique »( c’est-à-dire la philosophie traditionnelle) et, de l’autre, étudier la structure logique du savoir scientifique afin de mettre au jour le contenu empiriquement vérifiable des thèses et concepts de la science. On envisagea, comme but ultime de cette analyse, de réorganiser le savoir scientifique dans le cadre d’une « science unique » qui estomperait les différences entre les sciences isolées physique,biologie,psychologie, etc.

                Il faut remarquer cependant que l’expression” philosophie d e s sciences” est fréquemment utilisée pour désigner, les idées, critères principes qui sont mis en oeuvre dans la démarche scientifique, le terme” présupposition”. L’étude des présuppositions des diverses sciences, et de la science en général, fait l’objet de ce qu’on appelle les “ recherches sur les fondements”. Ces recherches mettent en oeuvre ses méthodes de caractère relativement scientifique, telle que l’axiomatisation, la construction des modèles. Etc. Pour certains auteurs (en particuliers ceux qui appartiennent à la tradition stricte du néopositivisme) seuls problèmes philosophiques qui peuvent être posés à propos de la science, sont les problèmes du fondement. Pour eux la philosophie des sciences” est donc un synonyme de recherche sur les fondements. Autrement dit, seul le savoir totalisateur était capable d’embrasser tout le savoir intelligible. La découverte et l’étude des fondements et explication par leur moyen des phénomènes naturels et sociaux.

              La deuxième réflexion est accentuée sur l’idée du fondement chez Hegel. Comme catégorie du système de la logique dialectique le fondement fut élaboré par Hegel. Dans “La Science de la Logique” Hegel analyse les lois et les catégories fondamentales de la dialectique, de la logique et de la théorie de la connaissance, élabore le premier système de la logique dialectique. La loi unique pour Hegel est la loi” qui unifie en soi la loi de la chute des corps sur la terre et celle du mouvement céleste, ne les exprime pas toutes les deux. L’unification de toutes les lois dans 1’ attraction universelle, est posé comme étant. L’attraction universelle dit seulement toute chose a une différence constante avec une autre l’entendement croit avoir trouvé par là, une loi universelle, capable d’exprimer la réalité effective comme telle dans son universalité”(S). Ainsi Hegel fut englober l’unification dans une seule conception du développement bien qu’il interprète de manière idéaliste les trois principaux domaines d’objet des connaissances humaines:L e monde naturel (la nature) le monde historique (la société et son histoire) le monde spirituel (la pensée humaine). Le fondement selon Hegel est une détermination de réflexion de l’essence. Autrement dit le fondement est la médiation réelle de l’essence avec soi. Le fondement est d’abord le fondement absolu comme base en général pour le rapport fondamental; mais de façon plus précise il se détermine comme forme et matière et se donne un contenu.

               Deuxièmement, il est le fondement déterminé comme fondement d’un contenu déterminé; en tant que rapport- fondamental devient extérieur à soi dans sa réalisation en général, il passe dans la médiation conditionnante.

 

                        Troisièmement, le fondement présuppose une condition; mais la condition présuppose tout autant le fondement: l’inconditionné est leur unité. La chose en soi, qui par la médiation du rapport conditionnant passe dans l’existence” (6).

                     En effet cette, l”unification dans une seule conception du développement “ du monde naturel” du monde historique et du monde spirituel” constitue le fondement de la pensée de Marx comme un tout composé du matérialisme dialectique, du matérialisme historique, de l’économie politique, de la doctrine scientifique de la société d’une part celle-ci a renversé la dialectique idéaliste de Hegel, d’autre part a développé une nouvelle conception de la classification des sciences.Ainsi, la philosophie pour Marx, ne peut se réaliser que par la suppression du prolétariat, le prolétariat ne peut être supprimé sans la réalisation de la philosophie. En triomphant, le prolétariat se supprime en même temps que son contraire, par l’avènement d’une société sans classe et proprement humaine. Pour certains”cette société est l’appropriation réelle de l’essence humaine par l’homme et pour l’homme, le retour de l’homme à lui-même à titre d’homme social- retour complet, conscient, et qui concerne toutes les richesses du développement antérieur.” pour les autres représente “ une utopie dans une structure anthropologique de l’imaginaire. Mais selon Marx cette société mettra fin à l’antagonisme entre l’homme et la nature, entre l’homme et l’homme, entre l’individu et l’espèce, entre l’existence et l’essence, entre objectivation et l’affirmation de soi, entre la liberté et la nécessité grâce à l’application de la science à la production dans le processus du développement scientifique et technologique comme base matérielle de la réalisation de l’unification des sciences. Cette nouvelle conception de la classification des sciences développée par Engels est une généralisation logique et le reflet du processus historique donné en quatre principes: Selon le principe du reflet des degrés de la nature,selon lequel la classification des sciences reflète le développement des formes du mouvementLdans le cadre d’un phénomène local particulier qui consiste à la transformation successive des différentes formes d’énergie.Selon ,le principe du développement des formes du mouvement de leur substrat ; selon lequel la classification des sciences est analysée dans une série :premièrement, comme reflet des degrés successifs de l’histoire de la nature et deuxièmement comme histoire de la science de la nature logiquement généralisée et résumée c’est à dire comme le développement successif des sciences particulières. etc.

               Ainsi nous avons étudié les formes de l’énergie, mécanique, cinétique, potentielle, électrique, du point de vue macroscopique et du point de vue microscopique, l’énergie calorique et biochimique et l’énergie nucléaire.

                 En étudiant le principe de Pauli qui limite d’électrons, nous avons interprété les spectres des atomes de valence utilisant le modèle vectoriel pour les atomes à deux électrons de valence qui se compose de quatre vecteurs de moment orbitaux, Ii, et 12 et de moment du Spin Si et S2.S i dans un champ magnétique faible J sous ces quatre vecteurs se combinent entre eux en donnant le vecteur du moment cinétique total de l’atome J, alors il est fort possible que à partir des éléments de la régularité des spectres atomiques de la classification périodique nous trouvons la structure fondamentale du schéma de la classification des sciences.

                      Ce processus s’universalise, la science devient une force transformatrice productive directe, influence non seulement les sciences de la nature, mais aussi les sciences sociales. Nous remplaçons à la place du vecteur résultant L les sciences de la nature, vecteur résultant S = les sciences sociales et à la place nombre quantique J = l’unité totale de la science

Pour constater une meilleure interaction de la science philosophique avec les sciences de la nature, les sciences sociales et techniques nous prendrons interactions fondamentales des particules élémentaires de la physique nucléaire qu’elle vise d’une part à l’intégration des connaissances scientifiques, à leur union générale, d’autre part, à la différenciation des connaissances scientifiques et techniques.

               En prenant les sciences physiques, chimiques, biologiques comme base du développement de la diversification et de la différenciation des branches scientifiques de l’informatique, j’ai développé une approche concernant les sciences particulières reflétant les aspects de la matière qui se développent et en passent les uns et les autres, ainsi que les formes de son mouvement qui évoluent de façon contradictoires à travers le dédoublement ultérieur opposées. Car le caractère contradictoire du développement de la nature se manifeste dans le dédoublement de la nature en domaines des phénomènes qui sont liés à la fois aux éléments de la nature, à la l’essence de la structure de la nature et à la fois à la nature de l’homme, et de la société. Par conséquent, nous pouvons expliquer très clairement la corrélation de la physique et de la chimie et des sciences de transition entre elles reflète directement les rapports du mouvement des particules élémentaires aux noyaux atomiques et des atomes aux molécules: Le mouvement des particules élémentaires ( protons, neutrons, positrons, électrons deutons, hadrons,mésons, leptons etcs) qui forment des atomes est l’objet de la physique subatomique, de la physique nucléaire et de la physique des particules élémentaires, mais les molécules qui forment les corps est l’objet de la physique moléculaire ( super atomique). Par conséquent, l’ordre de disposition des sciences correspond à l’ordre de développement des formes discrètes de la matière elles-mêmes. Finalement, tout comme les atomes; les molécules constituent on objet à la fois pour la chimie et pour la physique. Pour la chimie elles ne sont que des systèmes complexes, le produit interaction des atomes; pour la physique (moléculaire), elles sont des « cellules» initiales ; c’est à partir d’elles que se forment les agrégats logiques déterminés. Par cette perspective épistémologique que nous répondons aux défenseurs de l’approche moniste métaphysique d’une science unique dans le domaine de l’informatique,ainsi que dans le domaine de la philosophie des sciences .Car l’élaboration des problèmes fondamentaux des sciences de la nature, étroitement liés au développement de la conception philosophique et les rapides progrès de toutes les branches de la recherche fondamentale et leur intégration de plus en plus poussée aux sciences naturelles fondamentales, aux sciences techniques et même aux sciences sociales, intégration qui permet d’accroître le rôle transformateur de la science dans la maîtrise des forces de la nature et de transformer la science en une force productive directe; et-le progrès des sciences sociales et le renforcement de leur lien organique avec les sciences naturelles.

         Que signifie   l’originalité de la pensée de Linné ? Qui est Linné sa vie scientifique et académique ? Généalogie de la famille de Linné.

 

 Linnaeus, Carolus

Naturaliste et médecin suédois (Rashult, 1707 - Uppsala, 1778)-

 

            Carl Linnæus naît le 23 mai 1707 à Råshult, dans la paroisse de Stenbrohult du comté de Kronoberg, dépendant à cette époque de la province suédoise méridionale du Småland. La région est riche en forêts et en lacs, l'environnement y est particulièrement propice à la contemplation et à l'observation de la nature.


           Le père de Carl, Nils Ingemarsson Linnaeus (1674-1748) est alors un vicaire de l'église luthérienne et sa mère, Kristina Brodersonia (1688-1733) est la fille du pasteur de Stenbrohult, Samuel Brodersonius. Nils exerce cette charge d'assistant pastoral depuis son arrivée à Råshult en 1705, mais en 1709, à la mort de son beau-père, il devient lui-même le pasteur de la paroisse et la famille déménage de quelques centaines de mètres jusqu'au presbytère de Stenbrohult, au bord du lac de Möckeln. Nils est un amoureux des plantes qui transmet sa passion à son jeune fils, permettant à celui-ci d'entretenir son propre jardin dès l'âge de 5 ans. Mais avec un père et un grand-père pasteurs, la destinée de Carl est de suivre leurs traces et de devenir aussi pasteur.


Carl quitte le foyer familial à 9 ans, le 10 mai 1716, pour entrer à l'école de Växjö à une quarantaine de kilomètres de Stenbrohult. Il poursuit ensuite ses études au lycée de la même ville, qu'il intègre le 11 juillet 1723 et qu'il quitte le 6 mai 1727.

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       Mais il ne montre guère d'enthousiasme pour les études et la vocation religieuse. Il préfère s'intéresser aux choses de la nature et y passer son temps. Ses camarades le surnomment déjà « le petit botaniste ». Les professeurs, notamment celui d'histoire naturelle, le Dr Johan Stensson Rothman (1684-1763), convainquent finalement les parents de Carl de ne pas lui imposer une carrière religieuse et de lui permettre de débuter des études de médecine.


         C'est finalement son jeune frère, Samuel, qui succédant à son père et à son grand-père, deviendra pasteur de Stenbrohult.

 

 

                Inscrit sous le nom de « Carolus Linnæus », il commence ses études à l'Université de Lund en 1727. Il y reçoit notamment l'enseignement de Kilian Stobæus (1690-1742), le futur professeur et recteur de l'université, alors encore seulement docteur en médecine, qui lui offre son amitié et ses encouragements et lui ouvre ses collections et sa bibliothèque.

 

                Cependant, sur les conseils de son ancien professeur de Växjö, le Dr Johan Stensson Rothman, il s'inscrit à la prestigieuse Université d'Uppsala qu'il rejoint en septembre 1728, où il peut effectivement trouver la richesse générale de connaissance qui lui convient.

Fort peu développées à cette époque, les études de médecine n'étaient suivies que par une dizaine d'étudiants sur les cinq cents environ que comptait l'Université et il n'était pas prévu que l'on puisse soutenir sa thèse de doctorat en Suède. Mais l'enseignement médical incluait une part importante de botanique, notamment l'apprentissage des caractères des plantes, de leurs vertus médicinales et de la manière de les préparer en pharmacie. Ces études furent sans doute le moyen, voire le prétexte, pour Carolus Linnæus de s'adonner à sa passion pour la botanique.

 

        Arrivé à Uppsala sans un sou vaillant, il lui faut aussi subvenir à sa propre existence. Alors qu'à peine arrivé en ville, il visite le jardin botanique fondé par Olof Rudbeck (1630-1702), il est remarqué et pris en charge par Olof Celsius (1670-1756), le doyen de la cathédrale et oncle du savant Anders Celsius (1701-1744). Olof Celsius présente Linné à Olof Rudbeck le Jeune (1660-1740), lui-même médecin naturaliste, qui engage le jeune étudiant comme tuteur de ses fils et lui permet d'accéder à sa bibliothèque. Linné remplace un temps l'assistant de Rudbeck, Nils Rozén (1706-1773), alors en voyage à l'étranger.

Linné a justement comme professeur Olof Rudbeck le Jeune, ainsi que Lars Roberg (1664-1742).

 

             C'est à Uppsala, dès l'âge de 24 ans, qu'il conçoit sa classification des plantes d'après les organes sexuels et commence à l'exposer dans son Hortus uplandicus.

C'est aussi à Uppsala, que Linné se lie d'amitié avec Peter Artedi (1705-1735), son aîné de deux ans, qui également issu d'un milieu d'église, destiné à devenir pasteur et venu étudier la théologie, s'intéresse finalement plus à l'histoire naturelle, particulièrement aux poissons.

 

              Il conduit des missions scientifiques en Laponie et en Dalécarlie. Il rapporte une très riche collection de spécimens végétaux, animaux et minéraux. Bien qu'il donne des conférences de botanique et qu'il soit considéré à Uppsala comme un génie, il n'a pas encore de diplôme de médecine. En 1735, il part aux Pays-Bas où il décide d'obtenir son diplôme à l'Université de Harderwijk et de publier ses écrits. Il rencontre alors Jan Frederik Gronovius (1686-1762) à qui il montre son manuscrit Systema Naturae. Celui-ci est si impressionné qu'il décide de payer son édition. Peu après, il reçoit le soutien de l'influent George Clifford (1685-1760), président de la Compagnie néerlandaise des Indes orientales et botaniste distingué. Il rencontre également Herman Boerhaave (1668-1738) et Albertus Seba (1655-1736). Il obtient enfin son titre de docteur en médecine, après un court séjour à l'Université de Harderwijk, puis il part travailler à l'université de Leyde, plus prestigieuse.

Entre 1735 et 1738, il visite la Grande-Bretagne et la France où il fait la rencontre de Antoine-Laurent de Jussieu.

 

              Il retourne alors en Suède, où, ne recevant pas de proposition qui le satisfasse, il exerce la médecine à Stockholm.

Le jardin botanique d'Uppsala (Hortus Upsaliensis) à l'époque de Linné

                             Le jardin botanique d'Uppsala (Hortus Upsaliensis) à l'époque de Linné

 

 

             Il se marie le 26 juin 1739 avec Sara Elisabeth Moræa (1716-1806), originaire de Falun. Ensemble ils auront sept enfants, deux garçons et cinq filles : Carl (1741-1783), Elisabeth Christina (1743-1782), Sara Magdalena (1744, décédée à l'âge de quinze jours), Lovisa (1749-1839), Sara Christina (1751-1835), Johan (1754-1757) et Sofia (1757-1830).

 

Finalement, en 1741, il obtient la chaire de médecine à l'université d'Uppsala puis celle de botanique, fonction qu'il occupera jusqu'à sa mort.

En 1747, il devient médecin de la famille royale de Suède et obtient un titre de noblesse en 1761.

 

 Systema naturæ.

 

            L'ouvrage le plus important de Linné est son Systema naturæ (les systèmes de la Nature) qui connaît de nombreuses éditions successives, la première datant de 1735. Chacune d'elles améliore son système et l'élargit. C'est avec la dixième édition, de 1758, que Linné généralise le système de nomenclature binominale

 

             Mais sa classification est parfois totalement artificielle. Ainsi dans la sixième édition de Systema Naturæ (1748), il classe les oiseaux dans six grands ensembles pour répondre, harmonieusement, aux six ensembles qu'il utilise pour classer les mammifères.

Il définit clairement certains groupes comme la classe des amphibiens. Pour cela, il utilise les animaux décrits ailleurs (comme dans les œuvres de Seba, Aldrovandi, Catesby, Jonston ou d'autres auteurs). Mais, la plupart du temps, il décrit les espèces d'après des spécimens qu'il peut lui-même étudier.


Systema Naturae (page de titre)


La première édition de son Systema Naturae, qui parut en Hollande en 1735, se présentait comme une brochure d'une dizaine de pages : deux pages pour les minéraux, trois pour les plantes, deux pour les animaux. L'ouvrage grossit de réédition en réédition, et devint rapidement la bible des naturalistes.

 Introduction 

        Attribuer un nom aux êtres vivants peuplant notre environnement, et les classer est vraisemblablement un besoin très ancien. Les divers systèmes de classification du vivant sont tous destinés à mettre en évidence les liens de parenté entre les organismes, mais ils diffèrent du point de vue du type de lien qu'ils tentent d'exprimer.

 

Systèmes de classification.

 

Anciens 

Modernes 

 

Les premières classifications hindoues des végétaux étaient  fondées sur la saveur, la facilité de capture et les parties comestibles de chaque organisme. 

Les classifications des animaux chez les Hindous étaient fondées sur diverses caractéristiques, telles que le mode de reproduction, l'habitat, le mode d'existence, l'utilité pour l'homme et le nombre de sens présents.

Un système ancien reconnaissait quatre types d'animaux: (1) ceux pourvus d'un placenta, (2) ceux issus d'un oeuf, (3) ceux nés par génération spontanée, et (4) ceux issus de la matière végétale.

Un autre système divisait (1) les animaux issus de la chaleur et de l' humidité, (2) ceux qui portent leurs bébés, (3) ceux qui pondent des oeufs, et (4) ceux qui surgissent de terre.

Ces systèmes ne sont plus utilisés de nos jours, mais ils répondaient aux besoins des personnes qui les utilisaient. Il est inutile de se demander si ces classifications, ou d'autres, y compris les systèmes actuels, sont justes ou fausses. Les systèmes de classification ne peuvent être jugés que par rapport à leur utilité et leur cohérence vis-à-vis des objectifs poursuivis. Pour évaluer tout système de classification, il faut d'abord se demander ce qu'on cherche à en faire, puis dans quelle mesure ces objectifs sont atteints.   

Le but principal des systèmes couramment utilisés actuellement est de rendre compte des rapports évolutifs, c'est-à-dire les liens génétiques entre les ancêtres et leurs descendants.

        La systématique constitue l'étude scientifique de la diversité des organismes. Son objet est l'évaluation des rapports évolutifs entre les organismes et l'expression de ces rapports sous forme de systèmes taxonomiques. 

        La taxonomie représente la théorie et la pratique de classification des organismes.  La reconnaissance et l'interprétation des similitudes et des disparités entre les organismes sont plus faciles lorsqu'on range ces organismes par ordre et par rang, c'est- à-dire lorsque ces organismes font l'objet d'un classement. Tout groupe d'organismes considéré comme une unité dans un système de classification est appelé taxon (pluriel taxons ou taxa). La plupart des systèmes de classification regroupent de petites unités en unités successivement plus grandes. Le nombre de traits communs aux membres des unités plus grandes est généralement inférieur à celui des unités plus petites.

 

Le système de Linné

        Le système de classification du monde vivant utilisé aujourd'hui est fondé sur l 'oeuvre du grand naturaliste suédois Carolus Linnaeus dit Linné (1707-1778). 

 L'espèce constitue l'unité de base de la classification de Linné. 

 Les individus appartenant à une même espèce :

                                                - sont nettement semblables dans leurs structures anatomiques,
                                                - vivent dans le même habitat,
                                                - forment un groupe d'individus qui se croisent, ou qui peuvent 
                                                   se croiser entre eux, pour donner une progéniture fertile.

 

        Dans le système de Linné, les espèces sont groupées dans des catégories taxonomiques supérieures, les genres. La catégorie supérieure au genre  est la famille. 

Les noms des familles sont basés sur le nom d'un membre du genre.  Le nom des familles animales se termine par le suffixe - idés. Ainsi, les Formicidés représentent la famille qui contient toutes les espèces de fourmis.  Le terme de Formicidés dérive de Formica (on enlève le a et on ajoute - idés). La classification des plantes suit le même principe, mais le suffixe est - acées au lieu de - idés. Ainsi la famille des Rosacées comprend le genre des roses (Rosa) et leurs parents proches.  À la différence des noms de genre et d'espèce, les noms des familles ne s'écrivent pas en italique, mais ils prennent une majuscule.

Les familles sont regroupées à leur tour en ordres, et les ordres en classes. Les classes d'animaux et de protistes sont regroupées en phylums et en divisions chez les végétaux, les bactéries et les champignons. Les phylums regroupés constituent des règnes.

 

Hiérarchies taxonomiques

 

 

 

La nomenclature binominale.

        Dans le système de Linné, chaque espèce reçoit deux noms, le premier identifiant l'espèce elle-même et le second le genre auquel l'espèce appartient.  Un genre est un groupe d'espèces étroitement apparentées (adjectif générique). On ajoute souvent à la fin du nom de l'espèce celui qui le premier a proposé le nom. Ainsi Homo sapiens Linnaeus est le nom de l'espèce humaine moderne. Homo désigne le genre auquel l'espèce appartient, sapiens identifie l'espèce, et c'est Linné qui proposa le nom spécifique sapiens. On peut assimiler le nom générique Homo à un patronyme et le terme sapiens à un prénom. Ce système à deux noms, connu sous le terme de nomenclature binomiale est universellement utilisé en biologie. Le nom générique commence toujours par une majuscule, mais pas le nom de l'espèce. Comme nous l'avons fait dans ce paragraphe, les noms de genre et d'espèce apparaissent toujours en italique, mais pas les noms communs. Lorsqu'on fait référence à plusieurs espèces du même genre, l'abréviation spp. suit le nom générique (par exemple Drosophila spp.) ; l'abréviation sp. est utilisée après la désignation du genre, lorsque l'identité de l'espèce est incertaine. Plutôt que de répéter le nom du genre quand il est utilisé plusieurs fois dans le même paragraphe, il est écrit en entier la première fois, puis remplacé par la lettre initiale ensuite.

 

Identification taxonomique de 4 organismes différents.

Taxon

Chat

Castor

Homard

Abeille

Règne

Métazoaires

Métazoaires

Métazoaires

Métazoaires

Embranchement

Vertébrés

Vertébrés

Arthropodes

Arthropodes

Classe

Mammifères

Mammifères

Crustacés

Insectes

Ordre

Carnivores

Rongeurs

Décapodes

Hyménoptères

Famille

Félidés

Castoridés

Homaridés

Apidés

Genre

Félis

Castor

Homarus

Apis

Espèce

domestica

canadensis

américanus

mellifera

Nom scientifique

Felis domestica

Castor  canadensis

Homarus américanus

Apis mellifera

 

Species plantarum

première page du Species Plantarum

 

C'est en 1753 que Linné fait publier Species plantarum (les espèces des plantes) où il décrit environ 8000 végétaux différents pour lesquels il met en application de manière systématique la nomenclature binomiale dont il est le promoteur.

 

                         Si la classification des plantes de Linné, basée sur le nombre d'étamines, ne lui a pas survécu, elle n'en reste pas moins le premier essai du genre. Le XVIIIe siècle a vu les découvertes de nouvelles espèces se multiplier et bientôt submerger botanistes et zoologistes. Linné leur a fourni un ordre et un langage. Car outre une recension complète des espèces, Linné a également inventé la nomenclature dite "binominale", toujours en vigueur aujourd'hui. Chaque espèce est ainsi désignée par deux noms, un nom générique commun à plusieurs espèces voisines et un nom spécifique différent pour chaque espèce du groupe. Pourtant, malgré cette formidable contribution à la science, Linné ne fut pas un "grand découvreur". Fixiste convaincu, il niait l'évolution. De plus, l'autorité acquise pas ses travaux resta longtemps un obstacle à la propagation d'idées nouvelles comme celles de Buffon ou Darwin.-

 

               Le grand nomenclateur que fut Linné, celui qui consacra sa vie à nommer la plupart des êtres vivants et à les ordonner selon leur rang, eut lui-même maille à partir avec sa propre identité, son nom et même son prénom ayant été remaniés tant de fois au cours de sa vie qu'on ne dénombre pas moins de neuf binômes et autant de synonymes !

 

                    Parvenu à une immense notoriété et en qualité de médecin de la famille royale de Suède, il est anobli en 1761 et prend en 1762 le nom de Carl von Linné, Linné étant un diminutif (« à la française », selon la mode de l'époque dans nombre de pays de langue germanique) de Linnæus et von étant la particule nobiliaire. En France comme en Suède, il est aujourd’hui communément connu sous le nom de Linné.

En botanique, où les citations d'auteurs sont souvent abrégées, on emploie l’abréviation standardisée L.. Il est d’ailleurs le seul botaniste à avoir le grand privilège d’être abrégé en une seule lettre !

 

                    En zoologie, où il est d'usage de citer au long le nom de l'auteur des taxons, on emploie « Linnæus » (ou sa graphie sans ligature latine « Linnaeus », adoptée en anglais et plus pratique pour les utilisateurs de claviers dits internationaux) à la suite des taxons qu’il a décrits, et non « Linné », car c'est sous son nom universitaire que ses principaux travaux de taxinomie ont été publiés. De plus, à la différence de son prénom (Carolus), « Linnæus » n’est pas une transcription latine a posteriori, mais son véritable patronyme.

 

                Quant à ses œuvres, elles furent publiées jusqu’en 1762 sous les noms de « Caroli Linnæi » (qui est la forme génitive, signifiant « par Carolus Linnæus »), ou encore « Carl Linnæus » ou seulement « Linnæus ». En 1762, sur la page de couverture de la seconde édition de Species plantarum, le nom est encore imprimé de cette manière. Mais ensuite, il n’apparaît plus imprimé que dans sa forme nobiliaire « Carl von Linné » ou « Carolus a Linné » (le a ou ab étant la traduction latine de von). Dans les bibliothèques, il est généralement entré comme « Linnaeus, Carolus (Carl von Linné) ».

 

                    Le grand nomenclateur que fut Linné, celui qui consacra sa vie à nommer la plupart des êtres vivants et à les ordonner selon leur rang, eut lui-même maille à partir avec sa propre identité, son nom et même son prénom ayant été remaniés tant de fois au cours de sa vie qu'on ne dénombre pas moins de neuf binômes et autant de synonymes !

Au XVIIe et au XVIIIe siècles, la plupart des Suédois ne portent pas encore de noms patronymiques. Aussi le grand-père de Linné, conformément à la tradition scandinave, s’appellait Ingemar Bengtsson (signifiant simplement « Ingemar, fils de Bengt ») et son propre fils, le père de Linné, fut d’abord connu sous le nom de Nils Ingemarsson (« Nils, fils d’Ingemar »).

 

                  Mais Nils, pour répondre aux exigences administratives lors de son inscription à l’université de Lund doit choisir un patronyme. Sur les terres familiales pousse un grand tilleul. La propriété en porte déjà le nom : Linnagård, toponyme formé de linn (variante aujourd’hui obsolète de lind, « tilleul » en suédois) et de gård, « ferme »). Plusieurs membres de la famille s'en sont déjà inspiré pour former des patronymes comme Lindelius (à partir de lind) ou Tiliander (à partir de Tilia, « tilleul » en latin). Il est par ailleurs de bon ton, dans les milieux instruits de pratiquer le latin. Nils choisit donc une forme latinisée et devient Nils Ingemarsson Linnæus.

 

             Honorant ensuite le très populaire souverain de Suède de l’époque Karl XII (Charles XII de Suède, 1682-1718), Nils donne le prénom du roi à son fils, qui débute donc son existence en s'appelant Karl Linnæus, le plus souvent orthographié « Carl Linnæus ».

 

                Lorsque Carl Linnæus s’inscrit à l’Université de Lund, à l’âge de 20 ans, son prénom est enregistré sous la forme latinisée de Carolus. Et c’est sous ce nom de Carolus Linnæus », qu’il publie ses premiers travaux en latin.

 

                 Parvenu à une immense notoriété et en qualité de médecin de la famille royale de Suède, il est anobli en 1761 et prend en 1762 le nom de Carl von Linné, Linné étant un diminutif (« à la française », selon la mode de l'époque dans nombre de pays de langue germanique) de Linnæus et von étant la particule nobiliaire. En France comme en Suède, il est aujourd’hui communément connu sous le nom de Linné.

 

En botanique, où les citations d'auteurs sont souvent abrégées, on emploie l’abréviation standardisée L.. Il est d’ailleurs le seul botaniste à avoir le grand privilège d’être abrégé en une seule lettre !

 

En zoologie, où il est d'usage de citer au long le nom de l'auteur des taxons, on emploie « Linnæus » (ou sa graphie sans ligature latine « Linnaeus », adoptée en anglais et plus pratique pour les utilisateurs de claviers dits internationaux) à la suite des taxons qu’il a décrits, et non « Linné », car c'est sous son nom universitaire que ses principaux travaux de taxinomie ont été publiés. De plus, à la différence de son prénom (Carolus), « Linnæus » n’est pas une transcription latine a posteriori, mais son véritable patronyme.

 

Quant à ses œuvres, elles furent publiées jusqu’en 1762 sous les noms de « Caroli Linnæi » (qui est la forme génitive, signifiant « par Carolus Linnæus »), ou encore « Carl Linnæus » ou seulement « Linnæus ». En 1762, sur la page de couverture de la seconde édition de Species plantarum, le nom est encore imprimé de cette manière. Mais ensuite, il n’apparaît plus imprimé que dans sa forme nobiliaire « Carl von Linné » ou « Carolus a Linné » (le a ou ab étant la traduction latine de von). Dans les bibliothèques, il est généralement entré comme « Linnaeus, Carolus (Carl von Linné) 

 

Les perles de Linné

 

Lors de son voyage en Laponie en 1732, Linné visite une pêcherie de perles au lac de Purkijaure. Il faut ouvrir des milliers de coquillages pour trouver les si rares perles : cela l'intrigue. De retour à Uppsala, il tente une expérience, introduit une petite dose de plâtre fin dans des moules perlières et replace celles-ci dans la rivière de la ville, la Fyris. Six ans plus tard, il récolte plusieurs perles de la taille d'un pois[2].

 

Il perfectionne la technique utilisant alors un fil d'argent pour tenir le granule générateur éloigné de la paroi de la coquille. La nacre peut ainsi se déposer régulièrement pour former une perle sphérique. Il vend son brevet en 1762, mais l'acquéreur néglige d'en tirer profit[3].

Ce n'est qu'en 1900 que l'invention de Linné est redécouverte lors de la lecture de ses manuscrits conservés à Londres. Au XXe siècle, les Japonais développent alors la culture perlière et en améliorent les techniques.

Linnaea borealis, fleur discrète de Laponie dont Linné avait fait son emblème

Linnaea borealis, fleur discrète de Laponie dont Linné avait fait son emblème

 

Linné met au point son système de nomenclature binominale qui permet de dénommer avec précision toutes les espèces animales et végétales (qu'il étendra ensuite aux minéraux) grâce à une combinaison de deux noms latins (le binôme), qui comprend :

 

L'influence de Linné

 

Linné a eu une immense influence sur les naturalistes de son époque. Nombreux sont ceux qui viennent assister à son cours, apprendre sa méthode pour l'appliquer dans leur pays. Nombreux sont ceux qui s'embarquent pour des contrées lointaines pour y reconnaître la flore, Linné lui-même les nomme ses apôtres. Tous ces naturalistes trouvent avec la systématique et la nomenclature linnéenne un moyen de faire progresser les connaissances.

 

C'est avec sa collaboration que Philibert Commerson put écrire son traité d'ichtyologie. Il eut aussi quelques autres correspondants tels que Frédéric-Louis Allamand.

 

Parmi ses nombreux élèves, citons : Anders Dahl, Daniel Solander, Johan Christian Fabricius, Martin Vahl ou Charles de Géer.

 

Il faut citer également le naturaliste suédois Peter Artedi (1705-1735). Les deux hommes se rencontrent à l'université d'Uppsala, se lient d'amitié puis se séparent, Linné partant pour la Laponie et Artedi pour la Grande-Bretagne. Avant leur départ, ils se lèguent mutuellement leurs manuscrits en cas de décès. Mais Artedi se noie accidentellement à Amsterdam où il venait réaliser le catalogue des collections d'ichtyologie d'Albertus Seba (1665-1736). Suivant leur accord, Linné hérite des manuscrits d'Artedi. Il les fait paraître sous le titre de Bibliotheca Ichthyologica et de Philosophia Ichthyologica, accompagné d'une biographie de leur auteur, à Leyde en 1738.

 

Son influence s'exerce à travers tous les continents : Pehr Kalm en Amérique du Nord, Fredric Hasselquist en Égypte et en Palestine, Andreas Berlin en Afrique, Pehr Forsskål au Moyen Orient, Pehr Löfling au Venezuela, Pehr Osbeck et Olof Torén en Chine et en Asie du Sud-Est, Carl Peter Thunberg au Japon...

 

Son caractère égocentrique, conjugué à une extrême ambition, le conduit, comme Buffon, à persécuter ceux qui n'optent pas pour son système. Mais il est le premier, suivant en cela John Ray, à utiliser un concept clair d'espèce qui n'est en rien diminué par sa conviction de l'immuabilité des espèces.

 

Contrairement à la plupart des naturalistes européens qui reconnaissent la révolution linnéenne, des naturalistes et des philosophes français comme Julien Offray de La Mettrie, Denis Diderot, Buffon ou Maupertuis critiquent la systématique linnéenne. Ce qui lui est reproché est son caractère artificiel et fixiste. L'entreprise de Linné ne fait que partiellement appel à la raison, et peu d'incitation à l'expérimentation. Ils lui reprochent aussi une démarche emprise de religiosité car Linné se voit en nouvel Adam décrivant et nommant la création. Pour toutes ces raisons les philosophes des Lumières en France ne peuvent le reconnaître comme l'un des leurs. Finalement seule la nomenclature binominale survivra aux idées de Linné.

 

 

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L’IMPORTANCE DE LA CLASSIFICATIO DE LINNE CAR VON

 

       Les anciens classaient les plantes selon des critères qui leurs semblaient efficaces pour prédire des actions bénéfiques sur l'homme. On retient de cette époque quelques distinctions générales comme les médicinales et les aromatiques qui ont encore du sens aujourd'hui. À partir du 16ème siècle, la société change et des questions importantes comme la place de l'homme dans l'évolution deviennent de profondes interrogations. Andrea Cesalpino (Italie, 1519-1603) fut le premier à classer 840 espèces selon leurs organes de reproduction. Les botanistes poursuivront cette piste avec des chercheurs prestigieux comme J.P. de Tournefort (France, 1656-1708) en distinguant les végétaux supérieurs et inférieurs sur des critères floraux.

            Cette tendance trouve sa reconnaissance et son plein développement avec Carl von Linné et sa méthodus sexualis (1737) qui départage les grands groupes de plantes et met la dénomination binomiale à l'honneur. Si la classification des plantes de Linné, basée sur le nombre d'étamines, ne lui a pas survécu, elle n'en reste pas moins le premier essai du genre. Le XVIIIe siècle a vu les découvertes de nouvelles espèces se multiplier et bientôt submerger botanistes et zoologistes. Linné leur a fourni un ordre et un langage. Car outre une recension complète des espèces, Linné a également inventé la nomenclature dite " binomiale ", toujours en vigueur aujourd'hui. Chaque espèce est ainsi désignée par deux noms, un nom générique commun à plusieurs espèces voisines et un nom spécifique différent pour chaque espèce du groupe. Pourtant, malgré cette formidable contribution à la science, Linné niait l'évolution. Cependant, l'acclimatation de certaines plantes marque les limites de la théorie fixiste selon laquelle chaque espèce vivante est immuable et ses expériences d'hybridation amènent Carl von Linné à faire de l'origine des espèces un problème scientifique.

Classification

Deux cent cinquante ans après, la classification des espèces est remise en question. Pour nommer les êtres vivants selon les conceptions actuelles de l'évolution, des chercheurs proposent d'abandonner le système établi par Linné et de considérer les espèces comme des entités provisoires. L'espèce, peut être considérée comme un ensemble d'individus se ressemblant morphologiquement et se reproduisant à l'identique. Elle est, le plus souvent, définie par référence à un unique “ spécimen type ”. C'est cette tradition, anachronique par rapport aux connaissances scientifiques actuelles, qui est contestée. Ces chercheurs ne sont pas des excentriques isolés se battant pour une cause perdue. Ils appartiennent à un collectif qui grandit, et qui se fait entendre. Leur objectif est de mettre à jour la taxonomie et de résoudre ainsi une contradiction tapie au cœur de la biologie moderne. Car la description systématique des espèces et de leur classification établie par Linné est née plus d'un siècle avant les théories de Darwin, qui établirent que les espèces peuvent se modifier.

Classification

Le système du naturaliste suédois repose sur une conception statique du monde, où chaque espèce est immuable, créée par Dieu, et peut être classée sans erreur possible suivant le plan divin. A l'évidence, les biologistes ne pensent plus ainsi : ils savent, désormais, que les espèces représentent des entités mouvantes qui évoluent avec le temps. Ce courant porte un nom: la taxinomie phylogénétique. Son but : créer un système de nomenclature reflétant les conceptions actuelles de l'évolution, sans grand rapport avec le code fixé il y a deux siècles et demi. Les scientifiques qui s'y réfèrent - de plus en plus nombreux - s'efforcent d'organiser les espèces en un système de groupes naturels qui s'emboîtent les uns dans les autres, de manière à refléter les liens véritablement survenus au sein de l'évolution, et non fixés d'autorité ou par convention. Cette méthode est notamment fort utile aux paléontologues, qui tentent de résoudre des questions d'ascendance et de descendance à partir de fossiles.

 

LES ŒUVRES  DE LINNE CAR VON

 

Præludia sponsaliarum plantarum (1729)

Fundamenta botanica quae majorum operum prodromi instar theoriam scientiae botanices per breves aphorismos tradunt (1732)

Systema naturæ (1735)

Fundamenta botanica (1735)

Bibliotheca botanica (1736) [Bibliotheca botanica recensens libros plus mille de plantis huc usque editos secundum systema auctorum naturale in classes, ordines, genera et species] Critica botanica (1736)

Genera plantarum (Ratio operis) (1737)

Corollarium generum plantarum (1737) sur Gallica

Flora lapponica (1737) [Flora lapponica exhibens plantas per Lapponiam Crescentes, secundum Systema Sexuale Collectas in Itinere Impensis]

Ichthyologia (1738), où Linné publie les travaux de son collègue et ami Peter Artedi décédé accidentellement

Classes plantarum sur Bibliotheca Augustana

Hortus Cliffortiana (1738)

Flora suecica (1745)

Fauna suecica (1746)

Hortus Upsaliensis (1748)

Philosophia botanica (1751)

Species plantarum (1753)

Flora anglica (1754)

Animalium specierum, Leyde : Haak, (1759)

Fundamentum fructificationis (1762)

Fructus esculenti (1763)

Fundamentorum botanicorum partes I et II (1768)

Fundamentorum botanicorum tomoi (1787)

 

 

 

 

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