Dr. Ali KILIC

 Paris le 24-09-2006

 

  

MEHMET UZUN

ET

LE CANCER

 

 Depuis des mois la presse kurde, avait annoncé la maladie de  l’écrivain Mehmet Uzun.Il était exilé en Suède pendant des années, subit d’un cancer de l’estomac et il est rentré au Kurdistan Nord, à Amed (Diyarbakir). Je ne connais pas personnellement Mr Uzun, malgré tout, la souffrance d’un écrivain en exil, son retour au  pays natal,  en face des soucis de sa santé  me touche énormément. Du point de vue de ma pensée  philosophique, de l’éthique  de la science, je ne peux pas rester indifférent à sa situation personnelle et   je lui souhaite de bonne guérison possible j’espère qu’il sera en bonne santé  dans les  mois prochains. Car compte tenu  des activités scientifiques de l’académicien  Nikolai Blokhine , Président de la l’ Académie des Sciences  Médicales qui avait sauvé la vie de 2.500.000 cancéreux  et des activités scientifiques  de l’Académie des Sciences  et de l’Académie des  Sciences de la Médecine  en France et de nombreuses  de thèses de doctorat  soutenues en médicine  sur le cancer  de l’estomac  je suis absolument sur que Mehmet Uzun  dépassera cette maladie et il rédigera l’expérience existentielle  du cancer à la recherche du temps vécu, contrairement à Marcel Proust.

 

 Dans un premier temps, je félicite le gouvernement du Kurdistan Sud d’avoir aidé  à Mehmet Uzun  pour ses jours  hospitaliers  aux USA, je précise  le même gouvernement kurde  n’a pas agit  de la même façon en faveur d’ une autre écrivaine kurde en exil depuis  quatorze ans  et qu’elle était malade depuis sept ans dans les circonstances plus difficiles, elle publié plus de 12 livres en exil. .De plus elle   avait déposé un projet scientifique relatif à la fondation de l’Académie des Sciences au Kurdistan Sud  il y a  deux ans.Le gouvernement  Kurde, ne l’a pas répondu. Le silence du gouvernement kurde  est inacceptable. Dans un deuxième temps, j’affirme que  Mr Ocalan a transmis ses salutations , à l’intermédiaire de ses avocats à Monsieur Mehmet Uzun,  lui  souhaitant d’écrire un  roman de Yilmaz Uzun, le guérilleros kurde, le cousin de l’écrivain, qui était tué par l’armée turque dans la montagne de Cudi le 17 août 1994.Alors que  le roman en question  intitulé « Hawara Dîcleyê*( Cris du fleuve Tigre)» a été déjà publié en 2001, Mr Ocalan n’était  pas au courant de cette  publication   d’une part et  d’autre part  Mr Karayilan , l’un des  commandants du PKK, s’est adressée une lettre  à Monsieur Mehmet Uzun ,  a été publiée le 6 août 2006 par  le Journal Azadîya Welat(La liberté du pays) par laquelle  Mr Karayilan précise que  «   la source de notre espoir, vient de votre vie du passé et de votre vie poétique.. Vous avez joué un rôle du  *1-« Hawara Dîcleyê( Cris du fleuve Tigre le roman de Metmet Uzun, publié en 2001

continuateur de la littérature kurde d’Ehmede Xani, Feqiye Tevran et de Cegerxwîn . » Alors les mêmes dirigeants du   PKK ont  interdit les livres  d’une autre écrivaine kurde, Mme Evin Ciçek qui était en exil depuis quatorze ans. De son côté, l’Etat turc, a toujours interdit la langue kurde et toutes les activités littéraires et scientifiques des écrivains du Kurdistan y compris les Livres d’Evin Ciçek... Par conséquence, je condamne fermement, l’interdiction des livres d’Evin Ciçek, la condamnation de son éditeur Mr A. Onal  par  l’état fasciste et colonialiste  turc et je proteste  également contre  la politique  hypocrite  de  liberté d’expression du   PKK, en la matière. Au fond c’est une justice à la  manière kurde que je viendrai  sur cette question.

 

Pourtant  Monsieur le  Docteur Zerdeþt .Haco  président  du Centre PENa Kurd, avait

 Publié la  visite de  Sedat Yurttas à Mehmet Uzun  qui a eu lieu à Amed ( Diyarbekir » sur Malpera PENa Kurd.

 

« Min got: “Asas tu bi xêr hatî Kekê Miheme! Bi xêr û xweþî hatî welatê xwe. Ser axa xwe, nava însanên xwe.”

“Ez hatim. Lê ez ji bo mirinê nehatim welatê xwe! Ez ji bo jiyanê hatim Sedat!”

Hêvî dikim, hewa û av û axa welatê te, wê te bîne serxwe û tu nê bi tenduristî ji vira derkevî

       « J’ai dit Keke Meheme( frère Meheme) tu es bienvenue   et ton arrivée au  pays natal  et tu  as porté le bien et la santé ainsi que  l’humanisme de ta terre  natale » Il m’a répondu que «  je suis rentré au pays, Sedat  pas  pour mourir,au contraire j’y suis  rentré pour vivre »

J’ai dit “j’espère que  l’air, l’eau et la terre de ton pays vont  te guérir et tu rendront  la bonne santé « »  Sedat Yurttas).

 

Une autre communication importente passe entre notre ami Ibrahim Guçlu et l’ecrivain kurde Mehmet Uzun « Wî ji min re got ku: “Keko baþ bû ku ez hatim welatê xwe , ez hatim navendiya Kurdistanê Diyabekirê, nav gel, dost, hevalên xwe û nav  we. Ezê li hemberî vê naxweþiyê biserkevim. Ev nexwaþiya nikare zora min bibe.” Min jî bi zorê be jî ji wî re got: “ Tu bi xêr hatî Kurdistanê û li ser serê me û çavên me hatî. « Il ma dit que, frère, c’st mieux que je suis rentré au pays, à Diyarbekir au Centre du Kurdistan, le peuple, les mais et les camarades sont ici. Avec leur soutien je surmonterai la maladie ; Par conséquence, la maladie ne me forcera pas » Je  lui ai dit que «  tu es bienvenue au Kurdistan, ta place est sur notre tête et au dessus de nos yeux » Amed, 16. 07. 2006(www.Peyamaazadi.com)

 

En vérité c’est qu’on apprend  qu'on a un cancer est très difficile à assumer, tant cette nouvelle a longtemps été considérée comme celle d'une mort imminente. Par ailleurs l'hospitalisation, l'opération chirurgicale et les traitements adjuvants changent profondément la vie du malade. Il est donc essentiel d'apporter aux malades un soutien psychologique adapté. C’est le but  de notre étude.

 

             La question du  fond est révélé  dans  l’un des romans Hawara Dîcleyê( Cris du fleuve Tigre) par  Mehmet Uzun a écrit qu’ «  En été 1994 le 17 août , mon cousin Yilmaz Uzun a été tué dans la Montagne de Cûdî ; Yilmaz était  l’un des combattants de la cause kurde. »(Hawara Dîcleyê,p.12)  Selon l’auteur « Yilmaz, yek  ji þervanên bijarte yê tevgera kurd bû..E bî qasî yanzdeh salên ku her rojeke wan bî ledan,heqeret,þikence,birçiti û kirêtiyê tijî bû..nêzî çemê Diclê, li serê çiyan hate kuþtin » L’auteur reçoit un coup de telephone à minuit,de Turquie,lui a annoncé le décès de son cousin  «  Yilmaz est tué… ».En raison de cette  triste nouvelle, l’auteur ne dort pas jusqu’à matin, il pense à la mort de  Yilmaz . « Cette nuit, je suis resté dans mon cabinet de travail et j’ai pensé à Yilmaz, à son enfance, à son père qui a passé sa vie dans les prisons, à son frère qui a été tué à l’âge de l’enfant. ».Enfin à son grand père,  Biroyê Direj « Dengbejekî ji dema Mîr Bedirxan », «  un chanteur populaire de l’époque de  Mîr Bedirxan ». Yasar Kemal dit «  j’ai étonné quant j’ai lu le roman de Mehmet Uzun, il utilise et maîtrise  le style du langage romanesque dans une façon formidable, il est le maître du langage ».Il est vrai Yasar Kemal n’a pas écrit ses romans en langue kurde, ce vide a été remplit par  Mehmet Uzun. C’est aussi l’avis d’ Anneli Jordahl, Journaliste suédoise de Goteborgs –Posten  au sujet de (Bira Qedere),  récit de « la  vie tragique » des Beder Khans.

            Mehmet Uzun, comme Marcel Proust est à la recherche du temps perdu dans un autre sens. A travers  la flûte de son grand père Brioyê Direj, cherche  de trouver le temps de Mîr Bedirxan et le passé de la vie d’Yilmaz qui l’a bouleversé totalement. Kerstin Ekman, écrivain suédois, membre de l’Académie  Suédoise pense que «  Les mélodies  d’une flûte accompagnent  au récit d’Uzun. Je pense à Proust qui regard  à la fenêtre qui brille de loin à Tansonville. ».Dans l’un des textes  de Marcel Proust, nous trouvons l’étrange interprétation comparable :

 « 62. Mais alors je songeais : je tenais à Albertine plus qu'à moi-même; (..) Sa force est dans sa permanence. Mais la mort qui la rompt nous guérira du désir de l'immortalité. [AD 315]

69. C'est toujours l'attachement à l'objet qui amène la mort du possesseur. [TR 149]

93. L'être que je serai après la mort n'a pas plus de raisons de se souvenir de l'homme que je suis depuis ma naissance que ce dernier ne se souvient de ce que j'ai été avant elle. [SG 436]

Universitaire  Français, Pierre-Louis Rey pense que  « Tel un tableau impressionniste, la Recherche tremble d'incertitudes. Proust contribue en somme à une révolution littéraire comparable à celle qui s'accomplit de son temps en peinture et que réaliseront de façon plus radicale les peintres non figuratifs. Prouvant que l'intérêt d'un livre réside moins dans la réalité qu'il reflète que dans la vision singulière qu'il exprime, il inaugure ce que Nathalie Sarraute - l'un des chefs de file du Nouveau Roman - appellera l'« ère du soupçon », où le soupçon est moins celui de personnages romanesques et jaloux que celui du lecteur invité à déchiffrer les arcanes d'un style. »

  A la recherche du temps perdu, Mr Mehmet  Uzun fait un voyage au-delà du temps perdu contrairement à une révolution littéraire de Marcel Proust ,Mr. Uzun a dit « Hewna min, mirina min bû, min di xewna xwe de mirina dit »( mon rêve  était ma mort, j’ai vu la mort dans mon rêve,p.130).Le temps perdu, est le même sens que la disparition réelle  chez Uzun « Jibirbûyî, ez im ;Biro,Biroyê Dengbêj, Biroyê Ezidi Le disparu c’est moi, Biro, Biro le chanteur populaire, Biro l’Ezidi » Jibirbûyî, Mir e, Mîrê Cizîra Botan » « Jibirbûyî Apê Xelef e, » « Jibirbûyî, êzidi ne » « Jibirbûyî, suryan, keldan û nasturî ne » « Jibirbûyî Malbata Mir » « Jibirbûyî, biraziyê Mîr Yezdînþêr » ( la disparition du  Mîrê Cizîra Botan des Yezidis, la disparition des Assyriens  et Chaldéens , Nestoriens et la disparition de la famille de Mir  Bedir Khan, » et la disparition du cousin de Mîr , Yezdînþêr  q » qui est un collaborateur de l’empire ottoman » 15-16-17.). Mais Mehmet Uzun pose  la question : « Hûn ê niha bipirsin ka ev însan  çima jibirbuyî ne, ez bibêjim we, ev insan jibirbuyî ne ji ber ku bindest in »( Vous me posez la question, pourquoi ces gens sont disparus, je peux  vous  repondre, ils sont disparus, à cause de la dépendance( bindest in qu’ils étaient sous les mains des autres). Mehmet Uzun ajoute « Heke Hûn  bipirsin ka ez kî me, ez ê bibejim ku ez yek ji van insanan im… gotina min, gotina  wan, denge min dengê wan e. » « Et maintenant si posez la question  qui est tu ? je peux répondre je suis l’un de ses gens, ma parole est leur parole, ma voix est leur voix ». C’est  l’universalité de son ego propre convertie  à Saint Esprit qui fait l’histoire au sens  hégélien du terme. C’est aussi  le choix sartrien, concernant la liberté  individuelle  et universelle. Autrement dit  c’est la question  de la dialectique subjective de l’histoire de l’humanité. Au fond, la question qui se pose est de savoir,  qu’est ce que l’histoire ? Qui fait l’histoire ? Comment pouvons nous poser la question de l’universalité  et l’individualité ?

Selon Hegel, le savoir absolu n'est pas le moment dialectique mais son dépassement qui est aussi sa contemplation dans l'unité du devenir  La dialectique est ici phénoménologique, description historique, conscience de la temporalité, de la négativité du temps logique, après-coup du deuxième temps, de la dialectique effective de la contradiction comme conscience de soi. Le savoir absolu du Concept dépasse la conscience de soi de l'identité dans le processus, le devenir, la négativité restant égale à soi-même et infinie mais historique, située. La dialectique ne s'arrête pas cependant à la conscience de soi comme processus car la dialectique n'est pas individuelle. La conscience de soi du sujet s'oppose d'abord aux autres consciences de soi avant de se retrouver comme processus de reconnaissance de soi, être-pour-l'autre (L'Esprit absolu est la reconnaissance mutuelle. Ph II p198). C’est que  répond  Mehmet Uzun à la question posée « je suis l’un de ses gens, ma parole est leur parole, ma voix est leur voix ». La totalité se spécifie comme unité des contraires, moment de l'essence et représentation subjective. Le mouvement de totalisation dépasse donc toujours l'unilatéralité du point de vue partisan, déterminé, et témoigne de l'unité des contraires, dessinant une forme, un champ, de leur conflit même (la positivité contient la négativité, la négativité contient la positivité) et déjà engagé dans une totalisation plus haute (un cercle de cercles), jusqu'à l'abstraction d'une logique universelle engendrant le plus concret à partir du plus abstrait.

Mais y a-t-il un retour qui s’appelle la mort ? La réponse est épicurienne. : « Habitue-toi en second lieu à penser que la mort n'est rien pour nous, puisque le bien et le mal n'existent que dans la sensation. D'où il suit qu'une connaissance exacte de ce fait que la mort n'est rien pour nous permet de jouir de cette vie mortelle, en nous évitant d'y ajouter une idée de durée éternelle et en nous enlevant le regret de l'immortalité. Car il n'y a rien de redoutable dans la vie pour qui a compris qu'il n’y a rien de redoutable dans le fait de ne plus vivre. Celui qui déclare craindre la mort non pas parce qu'une fois venue elle est redoutable, mais parce qu'il est redoutable de l'attendre est donc un sot.

C'est sottise de s'affliger parce qu'on attend la mort, puisque c'est quelque chose qui, une fois venu, ne fait pas de mal. Ainsi donc, le plus effroyable de tous les maux, la mort, n'est rien pour nous, puisque tant que nous vivons, la mort n'existe pas. Et lorsque la mort est là, alors, nous ne sommes plus. La mort n'existe donc ni pour les vivants, ni pour les morts puisque pour les uns elle n'est pas, et que les autres ne sont plus. Mais la foule, tantôt craint la mort comme le pire des maux, tantôt la désire comme le terme des maux de la vie. Le sage ne craint pas la mort, la vie ne lui est pas un fardeau, et il ne croit pas que ce soit un mal de ne plus exister. De même que ce n'est pas l'abondance des mets, mais leur qualité qui nous plaît, de même, ce n'est pas la longueur de la vie, mais son charme qui nous plaît. Quant à ceux qui conseillent au jeune homme de bien vivre, et au vieillard de bien mourir, ce sont des naïfs, non seulement parce que la vie a du charme, même pour le vieillard, mais parce que le souci de bien vivre et le souci de bien mourir ne font qu'un. Bien plus naïf est encore celui qui prétend que ne pas naître est un bien et que la vie est un mal. Par exemple, celui qui dit : «Et quand on est né, franchir au plus tôt les portes de l'Hadès.»

Car si l'on dit cela avec conviction, pourquoi ne pas se suicider ? C'est une solution toujours facile à prendre, si on la désire si violemment. Et si l'on dit cela par plaisanterie, on se montre frivole sur une question qui ne l'est pas. Il faut donc se rappeler que l'avenir n'est ni à nous, ni tout à fait étranger à nous, en sorte que nous ne devons, ni l'attendre comme s'il devait arriver, ni désespérer comme s'il ne devait en aucune façon se produire. (2)Lettre à Ménécée (lettre conservée par Diogène Laërce), traduction R. Genaille (1933). 

Et  notre grand   philosophe et poète Lucrèce  ajoute « Les corpuscules descendent en ligne droite... mais il leur arrive, on ne saurait dire où ni quand, de s'écarter un peu de la verticale, si peu qu'à peine on peut parler de déviation. Sans cet écart ils ne cesseraient de tomber... il n'y aurait point lieu à rencontres, à chocs, et jamais la nature n'aurait rien pu créer... C'est pourquoi il faut que les corpuscules s'écartent un peu de la verticale, mais à peine et le moins possible. (...) Qu'un rien le dévie de sa ligne, qui serait capable de s'en rendre compte ? Mais si tous les mouvements sont enchaînés dans la nature, si toujours d'un premier naît un second suivant un ordre rigoureux, si par leurs écarts les corpuscules ne provoquent pas un mouvement qui rompe les lois de la fatalité, et qui empêche que les causes ne se succèdent à l'infini, d'où viendrait donc cette liberté accordée sur terre aux êtres vivants ; d'où viendrait, dis-je, cette libre faculté arrachée au destin, qui nous fait aller partout où la volonté nous mène ? (...) Aux corpuscules aussi nous devons reconnaître cette propriété : eux aussi ont une cause de mouvement autre que les chocs et la pesanteur – une cause d'où vient le pouvoir inné de la volonté, puisque nous voyons que rien ne peut naître de rien... Or tel est l'effet d'une légère déviation des corpuscules, dans des lieux et des temps non déterminés. »

Tantum religio potuit suadere malorum.

« Tant la religion a pu inspirer de malheurs » (I, 101) (3)

Suave mari magno, turbantibus aequora ventis,

E terra magnum alterius spectare laborem...

« Il est doux, quand la vaste mer est soulevée par les vents, d'assister du rivage à la détresse d'autrui... » (II, 1-2)

 

             La question qui se pose Y-a-t’il quelque chose après la mort ou n’y-a-t’il rien ? Questions toujours posées et jamais résolues, questions fondamentales. Dans la mort, la dissociation de ces deux consciences marquerait la fin réelle de la vie et le début d’autre chose, l’homme étant bien une dualité : " poussière de terre " (et même " poussière d’étoiles ") et " souffle de vie " (ou même " esprit vivant ").  Pythagore enseignait que " la mort est notre destinée commune... Sois juste et irréprochable... Instruis-toi et tu arriveras à connaître l’unité de la nature, à savoir que partout dans l’univers la matière et l’esprit sont des aspects différents d’une même réalité... Fais triompher ce qu’il y a de meilleur en toi, l’Esprit... Alors, quand tu abandonneras ton corps mortel, tu revêtiras toi-même la forme d’un dieu immortel...

 

  Au niveau de l’immortalité historique de l’écrivain par ses œuvres, nous sommes  sur un point de la philosophie de l’histoire où Hegel reprendra et développera l'idée selon laquelle une fin supérieure se réalise pleinement dans l'histoire malgré l'absence de collaboration des êtres humains. De ce fait, le mouvement linéaire qui permet à cette fin de se réaliser en dépit de cette forme de négativité ne pouvait se développer de façon continue; il requérait plutôt un processus complexe qui allait s'exprimer dans une longue succession de cycles dont chacun pouvait fort bien se solder par une désagrégation, pour peu qu'il rende néanmoins possible son propre dépassement. Pour mieux traduire la subtile complémentarité des moments d'un telprocessus où tiennent ensemble un mouvement cyclique et un mouvement linéaire, ou, plus exactement, pour proposer une représentation synthétique et condensée du mécanisme qu'il qualifiera de dialectique, Hegel a recouru astucieusement aux ressources de la langue allemande, mais Mehmet Uzun  les sources de la langue kurde, Mehmet Uzun  doit maîtriser à côté du Kurmandji, le Kirmançki-Dimiliki-Zazakî. Comme on l'a si souvent fait observer, chez Hegel qu’il a su exploiter, en effet, la double connotation du terme Aufhebung que seule une conjonction de termes comme «suppression» et «dépassement» parvient à rendre en français. Or ces deux termes mettent assez clairement l'accent sur les deux volets de la notion hégélienne d'Aufhebung qui renvoient respectivement aux représentations cyclique et linéaire de la temporalité historique. Aussi, pour Hegel, l'histoire se développera-t-elle grâce à une succession de cycles, ou de moments dialectiques, qui engendreront un irréversible mouvement linéaire assurant la pleine réalisation de l'Esprit et, par le fait même, la pleine réalisation de l'humanité. Face à cette  de  réalité  historique, on  se pose  la question en quoi consiste  vérité historique ou individuelle  dans la littérature? Qui a tué  Yilmaz et les autres combattants de libération nationale ? Quelle était position de Mir Bedir Khan face aux massacres des Yezidis, des  Assyro Chaldéens  et des  Nestoriens  avant la lutte contre l’Empire Ottoman ? Si Mir Beder Khan n’avait pas tué 150.000 Yezidis  et des centeains  des milliers des chrétiens  s’il savait faire  l’alliance  dans la lutte contre l’impérialisme ottoman pour l’indépendance du Kurdistan, il ne serai jamais battu par les armées de l’Empire impérialiste ? Mais notre philosophe Lucrèce a dit  tout simplement

 

 «Tantum religio potuit suadere malorum.

« Tant la religion a pu inspirer de malheurs » (I, 101) ; C’est l’idéologie islamiste qui est à l’origine de la division de notre pays, aux massacres des Kurdes Yesidis, Qizilbachs, aux minorités chrétiennes. Autrement dit c’est la source  de notre défaite historique . Mais  qu’est-ce que  nous  cherchons dans l’histoire ? La science, la philosophie  et  la littérature n’ont  pas de des  vocations de mettre  cette histoire sur ses bases ?

 Au niveau des activités littéraires  la première réponse est venue de PEN International qui impose à nos écrivains de les respecter :

« PEN réunit les communautés littéraires dans la ville historique de Diyarbakir, en Turquie

 Avec le Comité de la Traduction et des Droits Linguistiques, et les Centres PEN Kurde et Turc, PEN International a réuni en mars 2005 à Diyarbakir, cela pour la première fois dans L’histoire contemporaine, les langues et les littératures turques et kurdes, pour que leurs Écrivains fassent connaissance, discutent et s’engagent dans un dialogue productif. Pour comprendre la diversité culturelle, il s’agit d’abord et surtout de comprendre les différences qui existent entre les peuples, leurs langues, leur vision du monde, et la mémoire de leur passé. Plus de soixante participants, pour la plupart Turcs et Kurdes, ont discuté de la Diversité culturelle et de sa relation avec le dialogue, la paix, les langues et la traduction, et de La place qu’occupent les écrivains dans sa préservation.

 Dans son discours l’écrivain Kurde renommé Mehmet Uzun a déclaré,

Je suis sûr que ce dialogue influencera directement les pays voisins. Ainsi que lesLangues et les littéraires, et ces efforts vont se multiplier et s’intensifier, et le vent deL’espoir soufflera sur les droits individuels et les lois, l’honneur du verbe et de l’être Humain dans toute la région.’ »(4)

 

Nous savons que La Charte de PEN est basée sur les résolutions adoptées à ses Congrès internationaux et peut être résumée de la manière suivante: PEN affirme que:

 

1. La littérature ne connaît pas de frontières et les échanges littéraires doivent rester en Tout temps indépendants des accidents de la vie politique des peuples.

2. En toutes circonstances, et particulièrement en temps de guerre, le respect des Oeuvres d’art, patrimoine commun de l’humanité, doit être maintenu au-dessus des Passions nationales et politiques.

3. Les membres de PEN useront en tout temps de leur influence pour promouvoir la Bonne entente et le respect mutuel des peuples ; ils s’engagent à faire tout leur Possible pour chasser les haines de races, de classes et de nations et pour défendre L’idéal d’une humanité vivant en paix dans un monde uni.

« 4. Le PEN défend le principe de la libre circulation des idées entre toutes les nations et chacun de ses membres a le devoir de s’opposer à toute restriction de la liberté d’expression dans son propre pays ou dans sa communauté aussi bien que dans le monde entier dans toute la mesure du possible. Il se déclare en faveur d’une presse libre et contre l’arbitraire de la censure en temps de paix. Le PEN affirme sa conviction que le progrès nécessaire du monde vers une meilleure organisation politique et économique rend indispensable une libre critique des gouvernements et des institutions. Et comme la liberté implique des limitations volontaires, chaque membre s’engage à combattre les abus d’une presse libre, tels que les publications délibérément mensongères, la falsification et la déformation des faits à des fins politiques et personnelles. »

       J’ajoute qu’ en 1993, l'Assemblée générale des Nations Unies a proclamé le 3 mai Journée mondiale de la liberté de la presse. Celle-ci souligne la liberté fondamentale de la presse partout au monde, et représente une occasion pour les pays d'examiner cette liberté à l'intérieur de leurs frontières. Dans de nombreux pays, les publications sont censurées, modifiées, bâillonnées ou contrôlées. Les journalistes et les éditeurs sont harcelés, attaqués et même tués. Plus de 50 journalistes ont été tués en 2001-2002 alors qu'ils couvraient de violents conflits. Souvent, de tels actes ne sont pas des accidents associés à la guerre, mais plutôt des attaques ciblés sur des journalistes, perpétrées par ceux qui cherchent à empêcher une couverture des médias. À l'heure actuelle, plus de 100 journalistes sont incarcérés dans divers pays à cause de leur travail. La Journée mondiale de la liberté de la presse est une occasion de défendre l'indépendance des médias et de rendre hommage aux journalistes qui ont perdu la vie dans l'exercice de leur profession.

            La  question qui  se pose  est de savoir pourquoi Yilmaz Uzun a été tué par l’armée fasciste et colonialiste  turque qui a  commis  des  massacres au Kurdistan Nord et  sous la direction de l’Etat Major Turc a utilisé les armes chimiques contre les combattants kurdes y compris le massacre des enfants à Diyarbekir et pour quelle raison   un écrivain  kurde a  dû verser  l’argent à l’ armée turque  qui  occupe le Kurdistan dans la mesure où il était citoyen de la République Suédoise ? Nous savons que  chaque écrivain est libre, de penser , d’écrire  d’interpréter l’histoire à sa manière, c’est la liberté d’expression  de  chaque écrivain y compris  de Mehmet Uzun..Il est totalement libre de faire ce qu’il veux faire ou écrire, et penser, il n’a pas des comptes de donner à personne. C’est sa liberté. Mais il y a aussi la responsabilité éthique de l’écrivain kurde  face à l’histoire comme  Jean Paul Sartre a dit  justement « Nous avons tenu tout allemand qui n’avait pas protesté contre le régime nazi pour responsable de ce régime, et s’il existe chez nous, ou dans quelque  pays que ce soit, une forme quelconque  d’oppression raciale ou économique, nous tenons pour et en sables chacun de ceux qui ne la dénoncent pas. Et si quelque injustice, aujourd’hui qu’il y a tant de moyens de communication et d’information entre les nations, est commise en quelque lieu de la terre que ce soit, nous commençons aussi à porter la responsabilité de cette injustice » Je pense qu’il  s’agit  de double responsabilité de l’écrivain kurde  comme a bien précisé Sartre «, nous tenons pour responsables chacun de ceux qui ne la dénoncent pas »  d’une part et d’autre part  notre responsabilité  face à l’histoire de l’humanité  et notre propre histoire.  Sans doute  nous tenons  pour responsables des Etats impérialistes qui ont joué un rôle dans le partage du Kurdistan, dans un premier temps, sous  l’empire ottoman en 1514 et en 1939 entre l’empire impérialiste ottoman  et  l’empire Perse, nous tenons responsables de ceux  qui ne dénoncent pas crimes commis  Yavuz Sultan Selim et  son collaborateur  Idrisi Bitlisî en 1514 et  lors du partage du Kurdistan  en 1639 et pendant toutes les révoltes.Face à l’histoire, nous tenons  pour responsables, l’Angleterre, la France, l’Allemande, La Russie, les turcs  sous l’empire ottoman et après, les  arables et les perses sont  dans ces jeux. En même temps nous tenons pour responsables chacun de ceux qui ne  dénoncent pas les massacres  des Yezidis  par l’empire Ottoman en premier lieu  et en deuxième lieu par Beder  Khan Beg .Aucun auteur, n’a pas de droits  de nier, ou falsifier cette histoire. La vérité c’est que   Roger Lescot, parle de ces crimes commis contre  les Yezidis  et les autres  minorités  ethniques et religieuses dans on oeuvre « Enquête sur les yezidis de Syrie et du Djebel Sindjar »(5), Mémoire de L’institut français de Damas, Tome ,V,p.122

 Selon  Roger Lescot, «  en 1715 le Vali de Bagdad Hasan pacha, va attaquer  les Yezidis du Sindjar qui doivent se relancer à Xatuniye où ils ne résistent  d’ailleurs que très peu de temps, après un terrible  massacres  Hasan Pacha confie le gouvernement du Sindjar  au chef des Bédouins Tayy »

« En 1735, Ahmed Pacha ravage les villages  Yezidis du Zâb. En 1767, Amin Pacha de Moussoul, envoie son fils  razzier le Sindjar. Le jeune homme réclame 1000 bétails  aux habitants.Ces derniers lui en donnent 800. Le turc qui ne s’en contente pas attaque les yezidis »(6).,R. Lescot,Ibid.p.123)

« Mohammad Pacha, originaire de Candie, « le Crétois », n’avait pas impact favorable. D’un caractère  violent sanguinaire, c’étai un homme  cruel.un premier exploit eut pour prétexte les retards que les Yezidis  du Sindjar apportaient un paiment de réa. La répression fut sommaire et terrible, plusieurs centaines de Yezidis , furent massacrés ; beaucoup eurent  les oreilles coupées  et coulées aux portes  de la ville » (7)J.Menant, ibid.p.167-69)

 Selon Roger Lescot, « En 1832, se déroula l’un des épisodes les plus sanglants de l’histoire  yezidis. Crétois empire Crétois, Emir de Bohtan, envahit le beaucoup, les yezidis furent écrasés, malgré leurs résistances  acharnée. Le Prince Eli Crétois, fait prisonnier, fut con,duit à Ravandouz, où on le supplicia. Les Kurdes commencent alors à massacrer et à piller. Pour sauver au moins leur vie, les habitants du Cheikhans tentèrent de gagner Sindjar, mais arrivées aux portes de  Moussoul, ils furent arrêtés par une cru du Tigre. Quelques  une  parvinrent à traverser le fleuve à la nage, les autres  restés  la barge, furent égorgés par leurs poursuivant»( 8)cf.Oppenheim, von Mittelmeer zum persischen Golf, ch.XVIII et Layard,  Ninive hand its remains , t I,p.276-7)

Les mêmes faits interprétés par Joachim Menant(1820-1899) dans son œuvre sur les Yezidis « Crétois Khan Bey, était le chef héréditaire et indépendant des Kurdes de héréditaire, pays situé entre  Tigre et Khabour et payait à la porte un tribut 25.000 piastre, il appartenait à une famille puissante et jouissait d’une grand influence dans le Kurdistan »(.Ibid,p.173) ; Selon Menant, « en 1832, les Yezidis, formaient encore, une tribu puissante sous les ordres  d’un chef héréditaire indépendant Ali Bey.(..) ; Crétois Khan Bey de Rawandoouz poussé par le soif de lucre, excita  le fanatisme religieux de ses Kurdes  d’attaquer les Yezidis Le combat fut acharné .Malgré  des  prodiges de bavoure, les Yezidis furent défaits et Ali Bey  tomba des les mains du chef de Raxandouz qui le mit à mort..Le Bey de Ravandouz mes poursuivit la tête de ces  Kurdes et en fit un épouvantable carnage douze cent Yezidis sans défense  furent égorgés » (9).ibid.p.188). Selon Menant « on évalue à plus de dix le nombre des victimes massacrés par l’ordre de Crétois Khan dans le puissante, une grande  nombre des femmes emmenées prisonnières. Crétois Khan avait enlevé suivant le compte fait par les Meleks, 24000 moutons, 300 mules et 10.000 t^tes de chèvres. (10).ibid.p.193)

 Les yezidis englobés dans la persécution générale des Kurdes  »  dont le premier massacreur est l’empire Ottoman. Mais comment pouvons nous nier les massacres des Kurdes Yezidis qui refuser  d’être Islam ? Selon  J.Menant( Les Yezidiz,Paris, 1892,p ;8), Beder Khan Bey, le chef des Kurdes de Roandooz, l’homme sanguinaire, plein astuce et une grand ambition cherchant  dans un but religieux et surtout politique à étendre son influence sur tout le Kurdistan, déclara la guerre Sainte et lança toute  la population musulmane qu’il avait sous ses ordres contre les sectes dissidentes la guerre avec toutes  ses horreurs, massacres , l’incendie, pillage et la ruine.A  la suite  des excès de tout genre auxquels il se livra, lors que la puissance même du Sultan fut menacée, le Gouvernement de la porte  intervient. Beder Khan Bey , vaincu par les forces  combinées du Sultan alliées aux Nestoriens et aux Yezidiz, tomba entre les mains des Turcs. » (11). J. Menant, p p ; 8-9).  Selon Roger  Lescot, «  en 1892, Les Yezidis  furent  faire  face à une nouvelle  persécution. Cette  année  là le Général Omar Vahbi Pacha qui avait été envoyé en Mésopotamie. « Omar Vahbi envahit le  Sindjar et le chèvres et entreprit d’en massacrer les habitants jusqu’au dernier. On dit que  15.000 yezidis se convertirent pour échapper à la mort. Le général mit Þêx héréditaire au pillage, s’empara des sincaq qui furent envoyés à Moussoul et installa dans  l’enceinte même du sanctuaire une madrasa musulmane qui subsista douze ans »(12) R.Lescot, ibid.p.127)

  La vérité  c’est qu’après bavoir massacré  les yezidis à plusieurs reprises par  Beder Xan, selon le Marechal  allemand  H. Von Moltke, en 1838, participe avec ses forces  en alliance avec les forces de l’empire Ottoman  du 7à16 mai 1838 à la destruction du Citadelle de Sait Beg qui a révolté contre l’autorité ottoman et en 1943 Beder  Khan Bey, a massacré les  Yezidis  et les autres minorités  chrétiennes.. C’est ici qui réside  la question  de l’histoire de  la littérature kurde,  par rapport à la mort de Yilmaz Uzun des dizaines de milliers comme lui  et  à la disparition  de la famille de Beder Khan  d’elle-même qui fait  l’objet des éloges de Mr Mehmet Uzun, dans recherche du temps perdu. Qui ne la dénonce pas.Au fond, c’est son droit aussi, de ne  pas dénoncer, être responsable d’une autre façon de l’histoire à juger.

Face à cette question, une question  se pose   que signifie la résistance  des écrivains kurdes contre   les Etats colonialistes qui occupent le Kurdistan,  Quelle est la réponse des intellectuels contre ce régime, qui a forcé à  l’exil  les  intellectuels, les savants, condamnés à la mort et au cancer ? En d’autres termes, Quel rapport établir entre le cancer et la mort ?  Qu’est ce que  le cancer   ?  Quelles  des réponses philosophiques et scientifiques à  ces  questions posées ? Quelle est la place spécifique  de la maladie de l’auteur kurde Mehmet Uzun ? 

 

La vérité c’est qu’il y 16 ans, le 10 novembre 1995, l'écrivain nigérian Ken SaroWiwa a été pendu pour avoir défendu les droits de son ethnie minoritaire dans une région d'agriculture et de pêche spoliée et dévastée par l'exploitation pétrolière. Ses convictions l'avaient amené à plaider jusque devant la Commission des Droits de l'Homme.  C’est pourquoi Le 15 novembre a lieu la Journée pour les Écrivains en prison, organisée par une dizaine de milliers de membres du P.E.N. International dont l’écrivain kurde Mehmet Uzun fait Partie. Pour mémoire, fondée en 1921, l'association mondiale de poètes, de romanciers et de journalistes s’engage à défendre la libre circulation des idées entre toutes les nations, à promouvoir une littérature sans frontières et à s’opposer à toute restriction de la liberté d’expression. Au siège du P.E.N. International à Londres, le Comité des Ecrivains emprisonnés a recensé 775 cas de femmes et d'hommes de lettres persécutés et réprimés pour délit d'opinion pendant le premier semestre de l'an 2003. Nombre d'entre eux ont été arrêtés, torturés, emprisonnés ou contraints à l'exil. 22 personnes ont été tuées ou assassinées, 13 portées disparues. Le Comité a établi une liste non exhaustive des Etats à haut risque: Algérie, Bangladesh, Chine, Cuba, Iran, Birmanie, Syrie, Turquie e, Vietnam...

 

La vérité c’est qu’il y  a 22 ans que  la dictature fasciste militaire  de Turquie qui  a arrêté  une philosophe et une sociologue   l’a fait torturer par  les mains de sa  police politique pendant quinze jours à Ankara .La police politique turque a saccagé mon appartement, a confisqué ma bibliothèque ,puis  la Cour de l’Etat de Siège d’Ankara a décidé  de brûler les 327 livres interdits et trouvés dans ma bibliothèque  avec la thèse  de l’habilitation du Prof. Dr ; Ulug  Utku, Professeur de philosophie  au Département de Philosophie  de l’Université d’Istanbul. Finalement dans ce procès nous avons condamné le Ministre de l’intérieur Akbulut et le premier Ministre de l’époque  Mesut Yilmaz et ainsi que  Monsieur Ozal, Turqut, Président de la République de Turquie.Mais, la  Turquie, pratique la torture systématique et massacre le peuple kurde, détruit les villages et bombardes les montagnes, supprime  les richesses naturelles et la culture et civilisation des millénaires de notre pays.

 

La vérité c’est qu’il y a 60 ans  Le vendredi 1er novembre, Jean-Paul Sartre prend ainsi la parole à la Sorbonne. Il est devenu pour toute sa génération le philosophe qui lui permettait de penser son après-guerre, et vient de publier successivement L’existentialisme est un humanisme (mars 1946), Matérialisme et révolution (juin 1946), New-York, ville coloniale et Présentation des États- Unis (juillet, août septembre), ainsi que Réflexions sur la question juive (novembre) ; il ferraille sur tous les fronts pour la liberté des opprimés – colonisés, prolétaires, juifs –, singulièrement dans sa revue Les Temps Modernes. De cet événement, on a le récit anecdotique de Simone de Beauvoir dans La force des choses : Sartre avait passé la soirée précédente avec Arthur Koestler – le célèbre auteur de Le zéro et l’infini –, Albert Camus et leurs femmes, à discuter sur l’écriture et la vérité, la politique et Staline, en mangeant des zakouski arrosés de vodka et de champagne au son de la musique tzigane du Shéhérazade, et terminé la nuit dans un bistrot des Halles ; la préparation de sa conférence avait été achevée à l’orthèdrine. Mais on a surtout un texte considérable sur la responsabilité de l’écrivain, qui commence ainsi: « Mesdames, Messieurs, Dostoïevski a dit  « : Tout homme est responsable de tout devant tous. Cette formule devient de jour en jour plus vraie. A mesure que la collectivité nationale s’intègre davantage dans la collectivité humaine, à mesure que chaque individu s’intègre davantage dans la collectivité nationale, on peut dire que chacun d’entre nous devient de plus en plus responsable, de plus en plus largement responsable. Nous avons tenu tout allemand qui n’avait pas protesté contre le régime nazi pour responsable de ce régime, et s’il existe chez nous, ou dans quelque  pays que ce soit, une forme quelconque  d’oppression raciale ou économique, nous tenons pour responsables chacun de ceux qui ne la dénoncent pas. Et si quelque injustice, aujourd’hui qu’il y a tant de moyens de communication et d’information entre les nations, est commise en quelque lieu de la terre que ce soit, nous commençons aussi à porter la responsabilité de cette injustice. Aussi ce mot cher aux Américains : « one world » – un seul monde – cela signifie beaucoup de choses, mais entre autres que chacun est responsable de tout ce qui se passe dans  le monde ». Chaque homme est responsable en tant qu’homme de toutce qui se passe sur terre, mais pas en tant qu’il exerce telle ou telle profession, cordonnier ou médecin. Mais l’écrivain écrit parce qu’il assume la fonction de perpétuer, dans un monde où la menace pèse toujours sur la liberté, l’affirmation de la liberté et l’appel de la liberté. De là que l’écrivain est responsable de la liberté humaine, et la liberté à laquelle il fait appel lorsqu’il écrit est une liberté concrète qui se veut elle-même en  voulant quelque chose de concret ; aujourd’hui : réaliser une liberté nouvelle et donc la repenser. Et pour agir, au-delà des lecteurs de son pays, sur les écrivains étrangers qui lui serviront de relais vis-à-vis des masses des pays qui ont actuellement une importance particulière dans l’histoire, comme lui leur servira de relais pour obtenir ses protestations, ses définitions, un écrivain européen appartenant à un pays.(13)

 

          A la lumière de ces explications  nous voulons ’élaborer  une analyse  scientifique et académique afin de répondre  à la question  posée par le cancer d’une part,  et rechercher  les sources  du souci de l’écrivain kurde dans ses propres études littéraires afin de  mettre en évidence les caractéristiques  des principes de l’éthique de la science et de la littérature qui constituent la pensée philosophique et littéraire de  notre époque d’autre part.. Et nous posons   la question  suivante : Premièrement  « est –ce que  Les traités « De l’homme », ou « De la nature humaine » abondent dans la littérature : de Thomas Hobbes, René Descartes, David Hume, etc., jusqu’à Edward O. Wilson, et bien d’autres. Kant »  pourra   résumer la question philosophique et éthique  en posant seulement la question Was ist der Mensch? Alors que a recherche sur les thérapies cellulaires régénératives pose un problème anthropologique dans la mesure où elle est perçue comme faisant peser une menace sur l’intégrité de la ‘nature’ humaine. Deuxièmement,  comment  l’UNESCO, par quel visage humain pourra protéger l’héritage de l’humanité, en invitant un capitan de la gendarmerie turque et un commissaire de la police à la Journée Internationale de Philosophie en présence Prof.  Hans  LENK et  Prof. Ioanna Kuçuradi,   alors que 4000 villages kurdes  sont détruits par l’armée et  5oooooo kurdes sont déplacés hors du Kurdistan  Nord? Autrement dit comment  l’Unesco pourra  considérer  comme un héritage humain à protéger : «Le génome humain sous-tend l’unité fondamentale de tous les membres de la famille humaine, ainsi que la reconnaissance de leur dignité intrinsèque et de leur diversité. Dans un sens symbolique, il est le patrimoine de l’humanité»  en ouvrant ses portes aux responsables des pays criminels ? La question est de savoir si ce que la « nature » a fait de l’homme qui n’a  jamais  respecté dans tous les cas, ou si l’homme peut s’autoriser à corriger l’oeuvre de la nature, dans la mesure où elle est détruite dans le cas de Halabja dont les criminels n’ont  pas été jugés avec les dictateurs de Turquie, de l’Iran et de la Syrie ?

 

 

                                 1. La  médecine et le Cancer

 

Dans l’histoire des sciences, la médecine occupe une place singulière : plus que d’autres sciences, sa raison d’être, sa justification sont directement liées à celui qui est son sujet et son objet, l’être humain qu’elle doit et veut soulager, soigner, guérir. Mais la médecine française n’a pas guéri, la personne la plus chère que nous   avons perdu il y a cinq ans a décédé d’un cancer. Nous l’avons enterré au sud de l’université de Bourgogne, au milieu des arbres et des fleurs  dans ce jardin des disparus, elle était l’être la plus chère  de mes enfants  une  philosophe  et une sociologue imminente, qui avait décédé à Dijon le 1.12. 2000, d’un  cancer à 4 heure 27 du matin Je n’oublierai jamais cette nuit ténébreuse et ma solitude absolue et avec autant de ma souffrance infinie  face à la mort.

 

                               1 . Que-‘est ce que le cancer ?

 

 Le cancer est une maladie caractérisée par une prolifération cellulaire anormale au sein d'un tissu normal de l'organisme. Ces cellules dérivent toutes d'un même clone, cellule initiatrice du cancer qui a acquis certaines caractéristiques lui permettant de se diviser indéfiniment et de pouvoir former des métastases.

Un cancer est un terme général pour n'importe quelle maladie pour lesquelles certaines cellules du corps humain se divisent d'une manière incontrôlée. Les nouvelles cellules résultantes peuvent former une tumeur maligne (un néoplasme) ou se propager à travers le corps.Quelques types de cancer : Le cancer du sein  Le cancer du côlon : cancer du côlon, et, proche, celui du rectum  Le myélome multiple : cancer de la moelle osseuse  les leucémies : cancers du sang  Le sarcome de Kaposi : cancer des vaisseaux sanguins

Lymphomes : Maladie de Hodgkin et Lymphome non-hodgkinien L'oncologie (ou cancérologie) est la spécialité médicale d'étude, de diagnostic et de traitement des cancers. Elle est pratiquée par des médecins oncologues ou cancérologues. Ceux-ci peuvent être suivant leur spécialité chimiothérapeute ou radiothérapeute.

Du fait d'une image péjorative sur le pronostic auprès du public, le cancer a de nombreux synonymes employés par les médecins : néoplasie, néoplasme, polymitose, carcinome… Certains termes sont plus populaires : crabe… Des cancers étaient déjà décrits dans des écrits égyptiens vers -3500. C'est Hippocrate qui donna la première définition de la maladie, appelée alors « carcinome » ou « squihrre » : une tumeur (gonflement) dure, non inflammatoire, ayant tendance à récidiver et se généraliser jusqu'à la mort. [1]

 

« Le cancer est une maladie des temps modernes à la fois environnementale et de civilisation  que seule une politique fondée sur la prévention et la précaution, « la précauvention », peut espérer combattre, nous dit une nouvelle fois l'auteur de « Ces maladies créées par l'homme. Comment la dégradation de l'environnement met en péril notre santé »

Si les connaissances biologiques ont largement permis de mieux cerner les mécanismes

Explicatifs des cancers, la cancérologie a aussi largement progressé par empirisme et grâce

Aux fantastiques progrès techniques ayant engendré la radiothérapie comme la mise au point

De chimiothérapie cytotoxique. Mais, aujourd'hui, nous sommes dans une impasse

Thérapeutique, dans la mesure où il n'y a plus grand-chose à attendre de la chirurgie, de la

Radiothérapie, de la chimiothérapie cytotoxique parvenues à leur maximum d'efficacité. De

Surcroît, penser que la lutte peut passer par les moyens de la génétique est également une

Illusion et une erreur conceptuelle grave, affirme le cancérologue. Seul moyen à notre

Disposition du fait de ces limites potentielles de la cancérologie curative pour améliorer la

Lutte contre le cancer : la prévention par l'élimination de notre mode de vie et de notre

Environnement des facteurs de cancérisation. En témoigne d'ailleurs le fait que les cancers

Dont la mortalité a le plus régressé ces dernières années sont ceux pour lesquels ont été mises

En oeuvre des mesures de prévention (cancers du col de l'utérus, de l'estomac, des voies aérodigestives supérieures).

 

                                       2-Un nouveau paradigme.

 

« La science progresse par crises, ruptures et nouveaux paradigmes », écrit le Pr Belpomme

En rappelant quelques-uns des débats contradictoires et passionnés entre scientifiques illustres

À propos du cancer, tel que celui qui a opposé, vers 1850, deux membres de l'Académie des

Sciences, Alfred Velpeau et Baptiste Philippe Barth, sur l'utilisation du microscope dans le

Diagnostic du cancer. Nous sommes manifestement à un tournant décisif générateur de débats

Intenses, y compris entre tenants de la théorie environnementale et tenants de la responsabilité

Du mode de vie. « Seule la thèse environnementaliste peut réconcilier les deux approches

Puisqu’elle postule que c'est à la fois dans le mode de vie et dans la pollution  environnementale que se trouve la clef du problème », écrit le spécialiste. Les facteurs

Environnementaux interviennent à deux niveaux, l'initiation mutagène et la promotion, les

Facteurs liés au mode de vie (tabagisme, alcoolisme, etc.) renforcent les premiers. « La science, la médecine n'ont pas de couleur politique, pas plus que la santé,

L’environnement ou le cancer.

 

 

3-Cancer de l’estomac

 

En ce qui concerne le cancer de l’estomac dont notre écrivain de Mehmet Uzun a fait l’objet j’aimerais citer   les recherches effectuées dans ce domaine par les équipes de chercheurs  en France et puis les recherches sur les raisons du cancer aux USA par Carl J. Johnson et ainsi par l’Académie des Sciences de  France au sujet de la carcinogenèse .

 

D’abord il existe  différents formes de cancers et différents types de traitements .Comme le cas de Mehmet Uzun est unique, seul le dialogue avec son medecin qui lui permettra de bien comprendre sa situation.

En effet, l’incidence de ce cancer, est en baisse depuis une vingtaine d’années. Parmi les facteurs de risque, les erreurs alimentaires( trop de sel) ainsi que  le tabagisme sont prédominants. Le pronostic du cancer  de l’estomac, est lié au résultat  de la chirurgie( existence ou non de non tumeur résiduelle et extension  ganglionnaire). Dans la majorité des  cas (95% des cas), il s’agit d’un adénocarcinome, développé aux dépens des  glandes de la muqueuse gastrique. Ce cancer peut  parfois compliquer un  ulcère de l’estomac. Beaucoup plus rares  sont lymphomes  malins non hodkiniens, les tumeurs conjonctives et les tumeurs endocrines ;

En France, avec environ 9.000  cas par an, le cancer de l’estomac se situe au cinquième rang des cancers ; Sa fréquence a cependant diminué au cours de vingt dernières années. L’alimentation joue un rôle important :une consommation excessive de viandes , de poissons fumés ou de sel augmente le risque de cancer gastrique ;  En France quatre  équipes de chercheurs  travaillent sur le  cancer de l’estomac.

L’équipe 1 de Bernard Bonnotte a pour objectif d'améliorer le traitement des tumeurs solides d’origine épithéliale. Cette thématique a conduit à la création d’une équipe qui regroupe un oncologue spécialiste en chimiorésistance, un immunologiste dont les travaux sont axés sur la réponse immunitaire antiumorale et un chercheur dont les travaux se focalisent sur le rôle de la cytokine TRAIL dans la mort des cellules tumorales d’origine épithéliale.

 Les travaux sur la résistance cellulaire aux agents cytotoxiques ont conduit à l’identification de modulateurs de la chimiorésistance testés dans des essais cliniques de phase I à III,2 à la mise au point de stratégies de chimiothérapie locorégionales également testées en clinique,3 et, depuis peu, au mécanismes de régulation d’un phénomène appelé “ néose ” caractérisé par l’émergence, après exposition à un agent cytotoxique, de colonies de cellules de petites tailles issues de cellules géantes multi nucléées. Les travaux sur la réponse immunitaire sont axés sur principalement sur la stimulation de la réponse immunitaire en utilisant les cellules dendritiques (utilisation de cellules hybrides résultant de la fusion des cellules tumorales et des cellules dendritiques, utilisation de cellules cytotoxiques) et l’élimination des cellules immunosuppressives comme les lymphocytes T Régulateurs analysés le plus souvent dans des modèles animaux chez le rongeur (rat ou souris) et plus récemment dans le cadre d’études cliniques.4 Parmi les résultats récents, signalons les travaux concernant l’effet du cyclophosphamide sur les T régulateurs responsables d’une tolérance vis à vis de la tumeur, travaux ayant conduit à une collaboration fructueuse avec l’équipe de Laurence Zitvogel à Villejuif.5 L’équipe recrute également Patrick Rat, chirurgien hospitalo-universitaire qui participera à la mise au point des modèles animaux de chimiothérapie loco-régionale. Les relations étroites entre tous les chercheurs de l’équipe vont permettre le développement de nouvelles stratégies synergiques en associant ces différentes thérapies.

L’équipe 2 de Carmen Garrido, qui s’est individualisée au sein de l’unité au cours de précédent contrat, s’intéresse aux relations entre protéine de stress, dégradation des protéines et mort cellulaire. Les principaux résultats de cette équipe au cours de ces dernières années sont la démonstration du rôle des protéines HSP27 et HSP70 dans le contrôle de la phase post-mitochondriale de l’apoptose et la tumorigénicité,6 et des relations entre HSP27 et la dégradation de certaines protéines par le système ubiquitine / protéasome.7 L’équipe poursuivra l’étude des fonctions biologiques des protéines de stress en s’intéressant notamment au rôle d’HSP27 dans l’ubiquitination et la sumoylation des protéines, à l’intérêt d’HSP70 en tant que cible thérapeutique en cancérologie et au rôle d’HSP90 dans la différenciation cellulaire. Au cours du prochain quadriennal, l’équipe accueillera deux enseignants-chercheurs, Philippe Camus et Philippe Bonniaud, respectivement PU-PH et MCUPH en pneumologie, qui étudient depuis plusieurs années les effets toxiques des médicaments au niveau pleuro pulmonaire avec un intérêt plus spécifique pour la fibrose parenchymateuse et pleurale. Leur objectif est d’étudier le rôle des protéines de stress dans la physiopathologie de cette affection.

L’équipe 3 de Jean-François Jeannin, affiliée à l’Ecole Pratique des Hautes Etudes (EPHE), s’intéresse au rôle anti-tumoral du monoxyde d'azote (NO) produit par les cellules cancéreuses. Ce rôle anti-tumoral avait été identifié dans un modèle de rats porteurs de carcinomatoses coliques péritonéales et traités par un lipide A qui induit l'expression de la NO synthéase inductible dans les cellules tumorales (un effet impliquant notamment la phosphorylation de la sous unité p65 de NF-kB par la caséine kinase 2).8 Cette induction précède la mort cellulaire tumorale par apophase et l’induction d’une mémoire immunitaire spécifique.9 apophase induite par le NO est caractérisée par l’activation de caspases inhabituelles (1 et 10), l’expression et l’agrégation de récepteurs à domaine de mort et la sensibilisation à leurs ligands, la désorganisation du cytosquelette et la dégradation de la b caténine.10 Des observations similaires ont été réalisées dans les cancers du sein, aussi bien chez la souris que chez l’homme.11 Le lipide A est en cours d'évaluation clinique. L’objectif de l’équipe est de mieux comprendre les mécanismes d'action du NO et de déterminer si la démarche thérapeutique visant à contraindre les cellules tumorales à produire du NO, pour les sensibiliser à des effecteurs de mort, est fondée. Jean-François Jeannin est président de la section SVT de l'EPHE. Depuis la création de l’unité 517, Ali Bettaieb a été recruté sur un poste de directeur d’études et Sylvie Reveneau sur un poste de maître de conférences. Nous avons également obtenu un poste de technicien et un poste ATER. Un poste de Maître de Conférences vacant est affecté au laboratoire et sera mis au concours au printemps 2006 portant à 5 le nombre de titulaires EPHE.

L’équipe 4 d’Eric Solary  s’est intéressée aux mécanismes moléculaires de la mort cellulaire par apophase, notamment au rôle de la caspase-2,12 et au rôle des récepteurs de mort dans la réponse aux agents cytotoxiques.13 Plus récemment, elle s’est intéressée aussi à la différenciation des cellules monocytaires en macrophages, démontrant l’implication spécifique des caspases et de la protéine c-IAP1 dans la différenciation des monocytes en macrophages alors que la différenciation des monocytes en cellules dendritiques est indépendante des caspases.14 Cette équipe a développé de nombreuses collaborations avec les équipes de l’unité et des équipes extérieures sur ces thèmes.15 A la demande du ministère de la recherche, cette équipe a été rejointe par une jeune équipe de l’université dirigée par Johanna Chluba, laquelle avait entrepris de développer des modèles “ poisson zèbre ” en immunologie anti-tumorale. Laurent Corcos, CR1 Inserm, a passé 5 ans dans l’équipe avant de partir à Brest où son épouse avait été nommée, tandis que Laurent Delva (CR1 Inserm) et Jean-Noël Bastie (MCUPH) ont rejoint l’équipe fin 2004. L’équipe a recruté Olivier Micheau (CR2 Inserm) et Laurence Dubrez-Daloz (CR1 Inserm). Elle espère accueillir, dans les années qui viennent, N Droin, qui est en stage postdoctoral aux Etats-Unis et se présentera au concours CR2 de l'INSERM en 2006. Sa thématique de recherche au cours des années qui viennent sera centrée sur la lignée monocytaire avec un intérêt pour le rôle des caspases et de c-IAP1 dans la différenciation macrophagique et le rôle de MOZ dans l’hématopoïèse normale et leucémique, utilisant des approches in vitro et in vivo (souris, poisson zèbre), avec une orientation physiopathologique (leucémies monocytaires aiguës et chroniques).

                                 4. La carcinogenèse est la création d'un cancer.

Le cancer est considéré actuellement comme une maladie des gènes. Typiquement, plusieurs séries de mutations sont nécessaires avant qu'une cellule ne devienne cancéreuse. Nous distinguons les oncogènes, qui promeuvent le cancer quand il est activé par une mutation et les gènes suppresseurs de tumeurs, qui créent un cancer quand ils sont désactivés par une mutation. Ces mutations peuvent avoir différentes causes : les radiations ou des produits chimiques qualifiés de carcinogènes ; des prédispositions héréditaires ne sont pas rares ; certains virus qui peuvent provoquer un cancer ont également été décrits (le papillomavirus est impliqué dans certains cancers de l'utérus par exemple). Habituellement, ils contiennent dans leur génome certains oncogènes ou gènes in activateurs du suppresseur de tumeur. Dans environ 15% de tous les cancers, les virus semblent jouer un rôle ; des bactéries, comme Helicobacter pylori, peuvent provoquer des carcinogenèses par un processus d'inflammation chronique. Finalement, des dommages par des radicaux libres, qui sont un by-product naturel d'oxygène métabolique, peuvent provoquer des mutations de l'ADN.

Pour la plupart des cancers, on ne peut pas dire quel événement est la cause initiale. Cependant, avec la biologie moléculaire, il est possible de caractériser les mutations à l'intérieur d'une tumeur et jusqu'à un certain point de prévoir son comportement. Par exemple, environ la moitié des tumeurs sont déficientes en gène suppresseur de tumeur p53, également connu sous le nom de gardien du génome. Cela est généralement associé à un mauvais pronostic pour le patient, car les cellules tumorales sont dans ce cas moins susceptibles de passer en état apophase (mort programmée des cellules) après qu'elles ont été endommagées par la thérapie. Il y a alors résistance au traitement anti-cancéreux.

Il existe plusieurs mutations qui rendent les tumeurs malignes. Les mutations des gènes des télomérases permettent à une cellule de se diviser indéfiniment. D'autres mutations permettent à la tumeur de faire pousser de nouveaux vaisseaux sanguins pour s'alimenter ou de se détacher des tissus environnants en infectant d'autres parties du corps (métastases).

Une cellule qui dégénère en cellule tumorale n'acquiert pas habituellement toutes ces propriétés en une seule fois mais les cellules filles sont sélectionnées pour les construire. Ce processus est appelé évolution cellulaire. Un premier pas dans le développement d'une cellule tumorale est habituellement un petit changement dans l'ADN, souvent un point de mutation, qui conduit, entre autres choses, à une instabilité génétique de la cellule.

         Aussi, le motif de méthylation de l'ADN de la cellule change, activant et désactivant des gènes plus ou moins aléatoirement. Les cellules qui se divisent à un rythme rapide, telles que les cellules systémiques ont un risque plus élevé de devenir des cellules tumorales que celles qui se divisent moins ou qui ne se divisent pas du tout comme les neurones. Si la cellule tumorale initiale (ou le groupe de cellules tumorales) n'est pas supprimée par le système immunitaire, elle va se développer en cancer.

          Le cancer est aussi une « erreur de multiplication » de cellules. Les cellules musculaire se multipliant très peu, les cancers des muscles (myosarcomes, rhabdomyosarcome sur des fibres musculaires striées ou leiomyosarcomes sur des fibres musculaires lisses) comme par exemple le cancer du cœur (cas d'endothéliomes), sont extrêmement rares.

             Au sujet des Nouveautés en cancérogenèse   Roger MONIER, Membre de l’Académie des sciences, a mit en évidence,  lors de la Séance Commune de l’Académie des Sciences «  tous ceux qui s’intéressent de près ou de loin à la cancérogenèse ont conscience de vivre une période particulièrement exaltante marquée par les progrès conceptuels sous tendus par les applications des différents aspects de la génomique, l’émergence de la biologie des systèmes, l’apparition des thérapies ciblées et les premiers succès remportés par l’utilisation thérapeutique des ressources du système immunitaire et les promesses de la thérapie génique, même si ces promesses tardent à se réaliser.(..)La mise en évidence de cellules souches tumorales démontre, dans les néoplasies mentionnés, l’existence d’une hiérarchie qui contredit la notion classique de la nature clonale d’une tumeur cliniquement décelable à un stade précoce. Les tumeurs à cellules souches tumorales constituent l’équivalent d’organes et sont au même titre que les organes normaux des systèmes robustes.

Deux grandes questions restent posées  selon l’académicien.

1) La notion de cellules souches tumorales peut-elle être étendue à toutes les néoplasies ?

2) Quelle est l’origine des cellules souches tumorales : une cellule souche normale du tissu ou

Bien un pro géniteur ?

 

Quoiqu’il en soit, l’existence de cellules souches tumorales exige de nouvelles approches thérapeutiques tenant compte du rythme de leurs divisions, très inférieur à celui des cellules de la masse tumorale, et du fait qu’elles expriment, comme les cellules souches normales, des protéines de la famille ABC (ATP binding cassette), responsables de la résistance à de nombreuses drogues antitumorales. Il devient donc indispensable d’apprendre à cibler spécifiquement les cellules souches tumorales pour limiter l’éventualité des rechutes.

 

            Au sujet des mécanismes de défense à l’échelon cellulaire Dietrich AVERBECK, Génotoxicologie et cycle cellulaire – Institut Curie - Section de recherche, UMR2027 CNRS/I.C., LRC n°28 CEA, Centre universitaire, Orsay a précisé que « La caractéristique la plus remarquable des cellules est leur grande réactivité aux changements environnementaux provenant de stimuli ou d’agressions externes. Au cours de l’évolution des organismes vivants, les cellules ont mis en place des systèmes de défense contre le stress métabolique interne et occasionné par des agents physiques et chimiques. L’activité cellulaire comporte en effet des risques permanents d’endommagement notamment par le métabolisme oxydatif produisant des radicaux libres oxygénés. De plus, les cellules sont soumises à de multiples stress génotoxiques venant de différents types de rayonnements ionisants et non ionisants et de sources chimiques environnementales, industrielles ou médicales. La présence de systèmes de défense est primordiale pour le maintien d’une stabilité génétique et d’un fonctionnement cellulaire normal. La défaillance de ceux-ci est à l’origine de processus de vieillissement et/ou de cancer. Les études moléculaires récentes des mécanismes liant l’induction de lésions dans l’ADN au dysfonctionnement cellulaire et au développement de cancer montrent clairement que la cancérogenèse est un processus multi-étapes comprenant l’initiation, la promotion, la progression et le développement du cancer. Ceci implique l’induction de lésions au ,niveau de l’ADN dans les cellules somatiques, l’absence de réparation ou une réparation fautive et l’apparition de mutations activant un oncogène ou inactivant des gènes suppresseurs de tumeur par une altération, une perte ou une amplification de matériel génétique suivie d’une instabilité génomique, d’une sélection clonale et de l’apparition de cellules transformées et malignes. Dans ce processus, l’endommagement de l’ADN des cellules somatiques joue un rôle primordial. Les dommages impliquant les deux brins de l’ADN (cassures double brin, pontages interbrins et lésions multiples localisées) sont les plus efficaces. La caractérisation des lésions induites par des stress génotoxiques a permis de mieux comprendre l’importance du type de lésion et la mise en place de systèmes de défense correspondants : (1) les systèmes antiradicalaires et antioxydants, (2) les systèmes de réparation de l’ADN, (3) l’élimination par l’apoptose des cellules endommagées. Une découverte majeure dans ce domaine est que ces trois processus sont très dépendants de la signalisation des dommages au niveau membranaire et au niveau de l’ADN. Les dommages membranaires déclenchent l’activation de MAPkinases et de facteurs de transcription comme NfêB impliqué dans la défense antioxydante.

 

Les lésions de l’ADN comme les cassures activent des phosphoinositidyl 3 kinases comme ATM et ATR qui activent à leur tour des protéines effecteurs telles que les protéines de contrôle du cycle cellulaire (CDK1, CDK2), de la réparation (BRCA1, MRE11, NBS1, DNA-Pkcs etc.) ou de

l’apoptose (p53). Les analyses du transcriptome (par des puces à ADN) et des protéines ont montré

que l’induction de gènes et l’activation de protéines sont fortement impliquées dans ces trois processus. L’expression de certains gènes est également sous contrôle épigénétique. La signalisation intra- et intercellulaire des lésions est devenue un élément clef de la réponse des cellules aux agents génotoxiques. Elle fait partie d’un réseau de réponses et contribue à différentes manifestations telles que l’effet bystander, la réponse adaptative, l’hypersensibilité aux faibles doses. Les trois principaux mécanismes de défense expliquent en grande partie les réponses aux faibles expositions (faible dose et faible débit de dose dans le cas d’irradiation ionisante). L’absence de défense antioxydante est responsable du maintien du stress oxydatif et de l’instabilité génétique dans les cellules transformées et conditionne le microenvironnement pour l’apparition de tumeurs. L’efficacité de la réparation et de l’apoptose varie en fonction de l’endommagement. Les défauts génétiques de la signalisation (mutations d’ATM), de la défense antioxydante, de la réparation de l’ADN (mutations et polymorphismes) et de l’apoptose prédisposent fortement au cancer. Certains défauts de réparation (comme dans la réparation des cassures double brin par religation non homologue) affectent également les défenses immunitaires et donnent lieu à une prédisposition aux lymphomes ou aux leucémies. Les mécanismes de défense cellulaires sont modulés en fonction des différents niveaux d’endommagement. Ils constituent un rempart efficace contre le cancer et également des cibles thérapeutiques privilégiées. »

 

Selon Thomas TURSZ, Directeur de l’Institut Gustave Roussy, Villejuif Depuis plusieurs années, de nombreux travaux ont en partie élucidé les mécanismes génétiques de la cancérogenèse et expliqué comment une cellule peut devenir immortelle et recevoir en permanence des signaux d’activation cellulaire en s’auto immunisant progressivement des éléments de contrôle du cycle cellulaire. Plus récemment, un éclairage nouveau a été porté sur les relations hôte-tumeur et la façon dont les cellules tumorales s’adaptent à leur environnement (Stroma) en échappant à la reconnaissance par les cellules du système immunitaire, mais surtout deviennent capables de détourner à leur profit les mécanismes de régulation intercellulaire. Depuis longtemps, les pathologistes ont été intéressés par la structure cellulaire des zones péri-tumorales et ont montré que dans certaines tumeurs (maladie de Hodgkin, cancers du naso-pharynx) les cellules cancéreuses ne constituaient qu’une petite partie de la masse tumorale au sein d’un vaste infiltrat polymorphe parfois appelé granulome. Ces réactions ont été souvent interprétées comme des réactions de défense immunologique ou inflammatoire.

 

En effet, il apparaît dans un certain nombre de cas que les cellules tumorales utilisent des

facteurs de croissance tels le EGF ou le FGFb produits par les cellules du stroma. A l’inverse, elles

produisent un certain nombre de facteurs, tels le TGFß inhibant en partie les réponses immunologiques anti-tumorales. Beaucoup de travaux récents se sont intéressés à la néoangiogénèse, processus par lequel les cellules tumorales, par l’intermédiaire d’un certain nombre de facteurs de croissance, tel le VEGF, actif sur les cellules endothéliales vasculaires induisent la prolifération de néo-vaisseaux contribuant ainsi à l’irrigation de la tumeur et à son développement. Une nouvelle facette de la thérapeutique anti-tumorale consiste dans le développement de molécules ciblées inhibant des facteurs de croissance, ou leurs récepteurs, ou les signaux de transduction intra-cellulaire favorisant ces interactions cellulaires et en particulier la néoangiogénèse.

 

Certains de ces nouveaux agents ont déjà apporté la preuve de leur efficacité thérapeutique potentielle en cancérologie humaine. Parfois même ces nouveaux médicaments à l’action particulièrement spécifique et ciblée deviennent eux-mêmes des outils de découverte ; un exemple caractéristique, la mise en évidence  par le groupe de L. Zitvogel, d’un nouveau type de cellules immunitaires tueuses, issues des cellules dendritiques et activées par l’association GLIVEC – Interleukine 2. Ces cellules, nommées IKDC (Interferon gamma producing killer dendritic cells) ont spontanément une activité antitumorale importante et sont capables d’induire en 48 heures l’apoptose de nombreux types de cellules tumorales in-vitro comme in-vivo. De nouvelles voies de traitement anti-tumoral ont donc résulté de la manipulation intelligente de ces interactions entre cellules tumorales et environnement.

 

Lors de la Séance  Commune : Académie des sciences / Académie nationale de médecine

 En date du25 avril 2006 au sujet des modifications épigénétiques et  du cancer les cherheurs

Valérie CHOPIN, Nicolas STANKOVIC, Capucine FLEURIEL, Cateline GUERARDEL et

Dominique LEPRINCE, CNRS UMR 8161, Institut de biologie de Lille, Institut Pasteur de

Lille ont affirmé que «  L’épigénétique est définie comme «l’étude des modifications de l’expression des gènes qui sont transmissibles lors de la mitose et/ou de la méiose mais qui ne découlent pas de

modifications dans la séquence de l’ADN». La mise en place du programme épigénétique est cruciale au cours du développement et sa stabilité est essentielle pour le maintien des fonctions de chaque type cellulaire au cours de la vie d’un organisme. Pendant de nombreuses années, l’étude des causes génétiques du cancer (mutations, amplifications ou pertes de matériel chromosomique, translocations récurrentes) a occupé le devant de la scène. Cependant, l’explosion récente de notre connaissance des acteurs moléculaires et des mécanismes sous-jacents, qui, en modulant la structure de la chromatine, régulent l’expression des gènes, a souligné le rôle prépondérant joué par des modifications épigénétiques dans l’initiation et la progression de nombreuses pathologies et en particulier des cancers. Ces données ont profondément modifié notre vision de l’apparition et de l’évolution des cancers en mettant en exergue le rôle essentiel joué par les perturbations du programme épigénétique des cellules souches et progénitrices. Les nucléosomes, unité basale du matériel génétique sont, tant au niveau de leur composition que de leur arrangement, la cible principale de mécanismes de régulation

épigénétique. Ceux-ci mettent en oeuvre un ensemble complexe d’étapes étroitement interconnectées et dépendantes qui, depuis le dépôt («écriture») des marques épigénétiques jusqu’à leur «lecture» et leur interprétation, permettra de moduler l’activité transcriptionnelle des gènes. Les changements épigénétiques majeurs associés à la cancérogenèse sont des méthylations aberrantes de l’ADN au niveau de dinucléotides CpG et des modifications posttraductionnelles des extrémités N-terminales des histones qui font saillie hors du nucléosome.

 

Historiquement, une perte de méthylation au niveau de dinucléotides CpG, la seule séquence

méthylable dans le génome des mammifères, et une diminution globale du taux de méthyl-Cytosine

furent les premières modifications épigénétiques identifiées dans les cellules cancéreuses. De manière paradoxale, cette hypométhylation globale co-existe au sein des cellules cancéreuses avec une hyperméthylation localisée au niveau du promoteur de gènes dits suppresseurs de tumeurs qui se traduit par leur extinction transcriptionnelle. En parfaite opposition avec l’inactivation de gènes suppresseurs de tumeurs par hyperméthylation, l’hypométhylation se traduit par une réactivation de certains gènes. Cependant, elle est particulièrement sévère au niveau de séquences satellites péricentromériques, ce qui pourrait prédisposer l’ADN à des cassures et/ou des remaniements

chromosomiques. En plus de cette hypométhylation globale de l’ADN et de l’hyperméthylation des îlots CpG, certaines modifications post-traductionnelles des histones ont été récemment reconnues comme des marqueurs épigénétiques quasi-universels de la transformation tumorale. Il s’agit en particulier d’une diminution globale de la monoacétylation de la lysine 16 et de la triméthylation de la lysine 20 de l’histone H4.

 

Contrairement aux causes génétiques du cancer qui affectent la séquence de l’ADN, les

modifications épigénétiques résultent d’activités enzymatiques et sont réversibles, ce qui ouvre des

perspectives prometteuses en thérapie grâce à la découverte d’inhibiteurs spécifiques. Ainsi, d’ores

et déjà des inhibiteurs des enzymes méthylant l’ADN ou désacétylant les histones sont utilisés en

tests cliniques et donnent des résultats significatifs, notamment dans le traitement de leucémies.

En conclusion  Professeur Maurice Tubiana, de l’Académie des sciences, de l’Académie nationale de médecine a affirmé que «  Nos connaissances sur la cancérogénèse ont, pendant cette dernière décennie, brusquement et fortement évolué. »

 

- On croyait que le risque de transformation maligne concernait toutes les cellules, il paraît vraisemblable, aujourd’hui, qu’elle ne peut survenir qu’au niveau de certaines cellules.

- On pensait que la transformation était liée à la survenue dans une cellule de 6 à 10 mutations de l’ADN rendant la cellule capable de se multiplier sans stimulation externe (transformation de proto-oncogènes en oncogènes – l’accélérateur- et inhibition des gènes suppresseurs - les freins-) et d’envahir les tissus voisins.

- On croyait que la cellule subissait passivement ces lésions de l’ADN sans se défendre. Il apparaît, aujourd’hui, que la cellule dispose de défenses nombreuses et efficaces : réparation de l’ADN, élimination des cellules lésées susceptibles de devenir cancéreuses (notamment apoptose),

etc...

- De plus, on a mis en évidence des défenses au niveau tissulaire. Ceux-ci contrôlent la prolifération cellulaire par des processus voisins de ceux qui agissent dans l’embryogénèse et la régénération tissulaire après une agression.

 

Enfin, au niveau de l’organisme, les mécanismes immunologiques peuvent éliminer les cellules cancéreuses et l’augmentation de la fréquence des cancers chez les sujets immunodéprimés prouvent la puissance de ce mécanisme.

-           

La cancérogénèse se heurte donc à des systèmes de défense puissants et l’émergence d’un cancer nécessite des dysfonctionnements à trois niveaux (cellule, tissus, organes) résultant notamment de l’accumulation d’un grand nombre de cellules lésées. Une sélection de type néo- Darwinienne privilégie parmi la descendance de la cellule initiée, les clones plus aptes à surmonter ;ces obstacles ou à les manipuler pour qu’ils aident à l’émergence d’un cancer.

 

Les facteurs qui stimulent la prolifération cellulaire ou désorganisent les tissus jouent un rôle capital dans ce processus et l’épidémiologie montre que la plupart des facteurs cancérogènes mis en évidence par l’épidémiologie ne sont pas que des mutagènes mais des stimulateurs de la prolifération ou des agents perturbant les relations intercellulaires. Le concept selon lequel une ou plusieurs lésions du génome d’une cellule suffisent à provoquer un cancer paraît peu vraisemblable. Le cancer tel qu’il apparaît aujourd’hui est la conséquence d’une maladie du système tissulaire, il n’est pas dû uniquement à une seule cellule anarchique.

 

 

5-  LES EFFETS  DE LA  RADIOACTIVITE  ET LE CANCER

Les chercheurs américains depuis longtemps effectuent des recherches  afin de mettre en évidence  les effets de la radioactivité et le cancer « Un rapport conjoint de l'Université de Californie et du Département de l'Energie signalait que "une retombée par nuage bas suivra vraisemblablement les vallées. Dans ce cas, le nuage ne se dispersera probablement pas sur une distance de 1 à 6 miles comme on le suppose", et "avec des vents à plus forte altitude, la turbulence locale plus grande augmenterait probablement les dépôts localement, en particulier sur les pentes à l'opposé du vent" ]. [14.) Il s’agit de  JOHNSON C.J. ( voir A Cohort Study of cancer incidence in Mormon families exposed to nuclear fallout versus an area-based study of cancer deaths in whites in southwestern Utah. Am. J. of Epidemiol., 1987, 125 : 166-168)

  Selon le chercheur américain « Les estimations du Département de l'Energie pour l'irradiation de la population dans la région ont été faibles, mais elles ont été contredites [361. Les instruments de contrôle des rayonnements enregistrent principalement le rayonnement gamma. Le Département de l'Energie (anciennement Commission pour l'Energie Atomique, AEC) ne mesurait pas correctement la rayonnement béta qui peut être de plusieurs ordres de grandeur plus fort que le rayonnement gamma dans les retombées des panaches et nuages des essais nucléaires. Des rapports de 130/1 et 157/1 entre le rayonnement béta et le rayonnement gamma dans les retombées ont été mentionnés par certains auteurs. Une étude faite par K.Z. Morgan sur les navires cibles pour les tests dans le Pacifique de 1946-1948 (étude reprise ensuite par la Commission pour l'Energie Atomique) trouva elle aussi des valeurs très élevées pour le rapport entre le rayonnement béta et le rayonnement gamma. En "beaucoup d'endroits le rapport allait de 50 à 100/1" (Communication personnelle de K.Z. Morgan en 1986). Les risques encourus par inhalation des particules des retombées émettant des rayonnements béta, gamma et alpha, ont été reconnus dès 1951 par le Directeur du Laboratoire Scientifique de Los Alamos de l'Université de Californie (une installation du Département de l'Energie) qui affirmait que c'était "le problème majeur pour la sécurité" bien plus que "le danger des doses de rayonnement externe" [15)

Le rayonnement alpha émis par les particules des retombées est 20 fois plus nocif par rad pour les tissus que les rayonnements béta ou gamma. Et pourtant, le rayonnement alpha ne fut pas correctement mesuré dans les régions affectées par les retombées. Les isotopes de l'uranium, du plutonium et des autres transuraniens peuvent contribuer jusqu'à 40 % à la radioactivité totale des déchets des bombes nucléaires pendant une période allant de 20 heures à deux semaines après l'explosion. Une grande partie de la radioactivité est due au rayonnement alpha [16 Le rayonnement alpha est un rayonnement à fort "transfert linéique d'énergie", comme le rayonnement neutron. Des travaux récents de Hill et al. ont démontré que les dommages provoqués par de faibles doses prolongées de tels rayonnements, sont considérablement plus importants [17 Les transformations malignes induites par rad sont 9 fois plus élevées aux faibles doses (inférieures à 10 rads) qu'aux fortes doses. L'effet le plus grand par rad se produit pour les doses les plus faibles [17

Dans les retombées, les particules qui émettent des rayonnements gamma, béta et alpha sont inhalées, ingérées et s'accumulent dans les organes du corps. Il en résulte, au cours du temps des doses aux organes beaucoup plus élevées que ce qu'indiquent les appareils de mesure du rayonnement [381. De plus, les appareils de contrôle individuel de l'air indiquent des concentrations en radionucléides plus fortes de plusieurs ordres de grandeur par rapport aux contrôleurs d'ambiance [431. De telles observations n'ont pas été faites pour les habitants des villes très touchées par les retombées, mais elles sont d'une importance primordiale pour évaluer les effets sur la santé pour les habitants du Sud Ouest de l'Utah durant la période 1951-1962. On ne peut pas avoir confiance dans les estimations officielles des niveaux de rayonnement faites par le Département de l'Energie. Si on cite ces estimations de DOE, il est nécessaire de faire des réserves et il faut prendre en compte les preuves qui indiquent des niveaux d'irradiations beaucoup plus élevées.

 

Chaque famille ou personne inscrite sur les annuaires téléphoniques en 1951 et encore inscrite en 1962, fit partie de la population étudiée. Le but de cette procédure était de sélectionner uniquement les personnes réellement présentes durant toute la période des essais atmosphériques des bombes nucléaires. Environ 90 % d'entre elles font partie de l'église mormone. Les Mormons sont connus pour avoir un taux de cancer 23 % plus bas que la moyenne nationale, en raison de leur mode de vie. Ainsi, seuls les Mormons furent pris en compte dans l'étude [18 L'évolution des cancers chez eux depuis 1958 a été comparée à celle de tous les Mormons de l'Utah. Il est probable que tout le monde dans l'Utah a été affecté par les retombées, ainsi une population fortement exposée a été comparée à une population plus faiblement exposée .

 

Un rapport préliminaire fut présenté en 1981 à l'Association américaine pour l'avancement de la Science. Le rapport définitif fut présenté à Salt Lake City en 1982 au cours d'un procès fédéral intenté contre le Département de l'Energie par plus de 1 100 personnes qui demandaient des réparations pour les dommages et les cancers mortels dus à l'irradiation par les retombées radioactives. Ce rapport fut examiné par une commission d'experts ("peer review") trois jours durant au cours du procès. Finalement le juge fédéral fonda sur ce rapport sa décision d'accorder des compensations. Ce rapport fut publié plus tard par l'Association médicale américaine en 1984 [36].

La population soumise aux retombées présentait un excès de cancers de 61 %. La leucémie était prédominante au début (1958-66) avec 19 cas, 5 fois plus que les 3,6 attendus. Cet excès persistait pendant la période ultérieure (1972-80), avec 12 cas observés pour 3,4 attendus. Il y avait un accroissement des lymphomes. Des cas de cancer de la thyroïde en excès apparurent rapidement et l'excès devint plus tard notable (14/1,7). On notait un excès de cancer du sein (27/14). Les cancers du tractus gastro-intestinal étaient plus importants que prévu. Les mélanomes étaient en excès (12/4,5), ainsi que les cancers des os (8/0,7) et les tumeurs du cerveau (9/3,9). Un sous-groupe ayant subi des retombées intenses avait une incidence de cancer plus forte. L'hypothèse selon Jaquelle ces cas peuvent être associés aux irradiations s'appuie sur la comparaison entre groupes, du rapport des cancers des organes les plus radiosensibles aux autres types de cancer.

 

La position prise par les agences fédérales était que leurs études sur leurs propres secteurs ne montraient pas d'excès de mortalité par leucémie. Cependant il y avait beaucoup de points faibles dans ces études fondées sur les certificats de décès [14 En janvier 1987, l'Institut National du Cancer publia une étude sur les certificats de décès dans laquelle il y était reconnu un excès significatif de morts par leucémie dans la région située sous les vents dominants du site des essais [19 Aucun autre type de cancer n'était trouvé en excès. Comme dans les études antérieures il y avait de nombreuses erreurs ainsi que des négligences dans cette approche [14)En particulier, l'Académie Nationale des Sciences a conclu que des expositions de population au rayonnement suffisantes pour induire un cas de leucémie, induiront à la longue également de 7 à 9 cas supplémentaires d'autres types de cancer Jusqu'à présent, les études de mortalité effectuées par l'Institut National du Cancer n'ont trouvé aucun excès de mortalité par cancer malgré l'existence d'un excès significatif des morts par leucémie. Les problèmes posés par les études fondées sur les certificats de décès sur une base sectorielle sont discutés en détail dans une publication récente [14)

En conclusion,  comme j’ai précisé  dès au début, du point de vue de ma pensée  philosophique, de l’éthique  de la science, je ne peux pas rester indifférent à sa situation personnelle et   je lui souhaite de bonne guérison possible j’espère qu’il sera en bonne santé  dans les  mois prochains. Car compte tenu  des activités scientifiques de l’académicien  Nikolai Blokhine , Président de la l’ Académie des Sciences  Médicales qui avait sauvé la vie de 2.500.000 cancéreux  et des activités scientifiques  de l’Académie des Sciences  et de l’Académie des  Sciences de la Médecine  en France et de nombreuses  de thèses de doctorat  soutenues en médicine  sur le cancer  de l’estomac, il  s’agit de la thèse de doctorat de Coulaud Pasdeloup Florence,  Faculté de Médecine de Poitiers et de Catherine  Prech, de la Faculté de Médecine de Strasbourg  et de Catherine Bonnel de la Faculté de Médecine de Nantes, de Maryvonne Le Page de l’Université de Brest, de Pierre Guy Marcon  de la Faculté de Médecine de Dijon, d’Attal Madi Michel  de la Faculté de Médecine de  Toulouse  et de Catherine  Devaux Gueraud, de la Faculté  de Médecine de Paris , je suis absolument sur que Mehmet Uzun  dépassera cette maladie et il rédigera l’expérience existentielle  du cancer à la recherche du temps vécu, contrairement à Marcel Proust.

 

 Dr. Ali KILIC

 Paris le 24-09-2006

 

 

BIBLIOGRAPHIE

 

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              (5)Roger Lescot, «Enquête sur les yezidis de Syrie et du Djebel Sindjar Mémoire de L’institut français de Damas, Tome ,V,p.122

              (6).,Roger . Lescot,Ibid.p.123)

               (7), J. Menant, Les Yezidiz, Paris ,1892, p ;167-16

             (8)cf.Oppenheim, von Mittelmeer zum persischen Golf, ch.XVIII et Layard,  Ninive hand its remains , t I,p.276-7)

              (9), J. Menant, ibid;p.188

               (10), J. Menant, ibid;p.193

                (11), J. Menant, ibid;p.8-9

                 (12),Roger Lescot, ibid.p ;127

     (13) Jean Paul Sartre, Discours à la Sorbonne, Nov.1946.

                [14)JOHNSON C.J. A Cohort Study of cancer incidence in Mormon families exposed to nuclear fallout versus an area-based study of cancer deaths in whites in southwestern Utah. Am. J. of Epidemiol., 1987, 125 : 166-168

[15 GRAVES A.C. & FELT G. Jangle Fallout Problems . In Operation Upshot-Knothole, Nevada Proving Grounds. University of California/AEC. Washington D.C. : U.S. Department of Energy, 1951. Distribution prohibited by the Atomic Energy Act of 1946 ; released April 9, 1981

[16 bRADBURY N.E. Written communication to Dr. Shields Warren, Director, Division of Biology and Medicine. US Atomic Energy Commission, Washington, DC, 1951. Distribution prohibited by the Atomic Energy Act of 1946. released April 9, 1981

[16 bis )LD D.T. Mechanics of fallout. In : Adams R., Cullen S., eds. The Final Epidemic. Educational Foundation for Nuclear Science, Chicago, IL 60637, 1981

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