Dr. Ali KILIC                                                                            Paris le 15-01-2008

POUR SENEM ET POUR HASAN HIKMET

 

 

         

           Il est quatre heure du matin, je n’ai pas du sommeil je pense à Hasan Hikmet et à Senem à ses camarades dans les montagnes  du froid glacié du Kurdistan moins -38°. Mais à Paris il brume et je vois par la fenêtre « La pluie est revenue. Elle n'est pas revenue du ciel ou de l'ouest.Elle est revenue de mon enfance. La nuit s'est ouverte, un tonnerre l'a ébranlée, le son a balayé les déserts, et alors  la pluie est arrivée » des larmes de mes yeux pour  Hasan  Hikmet qui a été torturé et blessé par un couteau  de son dos avant d’être   pendu le 20 décembre 2007 il   a été pendu dans la ville de Khoy comme Alié Mirzalié Sîlemani , par le régime réactionnaire et  islamique iranien et je pense à Pablo Neruda[1] qui disait/ "vous demandez pourquoi ma poésie/ne parle pas du songe, des feuilles/ des grands volcans de mon pays natal/ Venez voir le sang dans les rues/ Venez voir/ Le sang dans les rues/ Venez voir le sang dans les rues »


Yeni 

          Le sang est  par tout en Iran. Selon AI, Hasan Hikmet Demir  membre d’un parti d’opposition kurde également connu sous le nom d’Agit, se serait évadé en avril en 2007 de la prison où il était détenu depuis plus d’un an. Il a été rattrapé et serait actuellement en isolement cellulaire dans un centre de détention relevant du ministère du Renseignement à Orumiyeh, dans la province de l’Azerbaïdjan oriental (nord-ouest de l’Iran), où il risque d’être soumis à des mauvais traitements, voire des actes de torture.Lorsque Hasan Hikmet Demir a été capturé, dans la région montagneuse frontalière avec la Turquie, il faisait froid et il neigeait. Il souffrait de gelures aux pieds, et les médecins qui l’ont traité auraient suggéré l’amputation de ses deux pieds, ce qu’il a refusé. Amnesty International craint que Hasan Hikmet Demir ne bénéficie pas d’une prise en charge médicale adaptée. Après sa capture, il a tout d’abord été reconduit à la prison d’Orumiyeh, où il était détenu auparavant, puis aurait été transféré dans un centre de détention relevant du ministère du Renseignement à Orumiyeh, sous le prétexte qu’il devait recevoir des soins à l’hôpital. Selon les informations reçues, il est soumis à des interrogatoires et subit de violentes pressions mentales et physiques.

L’action militaire  de Senem Erisen contre le poste de la gendarmerie de  Mako en Iran   a coûté sa vie comme Zilan  l’a fait en 1996 à Dersim contre les militaires turcs .

 La question qui se pose est de savoir  quelle est la réponse  de  l’opinion publique mondiale  avec aux crimes commis par le régime islamique ?  Pour quelle raison  Hasan Hikmet Demir  a été pendu le premier  jour de la Fête religieuse ?

Comme j’ai expliqué dans mes lettres à Monsieur Nicolas Sarkozy  à Monsieur Bernard Kouchner, à Monsieur Daniel Ortega , à Mme Nicole Borvo Seat Cohen, sénatrice communiste présidente de la Commission des Lois au Sénat  au sujet de la condamnation à mort des deux journalistes  Adnan Hassanpour et Hiwa  Boutimar  je pense que La loi de hodoud (crimes contre la volonté de Dieu; au singulier hadd) et qesas (réparation) fait partie intégrante du Code pénal islamique iranien adopté pour une période dessai par lAssemblée consultative islamique en 1982. Elle prévoit la peine de mort pour un grand nombre de délits, dont lassassinat, le viol et les crimes « moraux « tels ladultère, la sodomie et la consommation dalcools en récidive. Sont également passibles de la peine capitale, aux, termes de la loi de hodoud et qesas, les condamnés déclarés « corrompus sur terre « ou « ennemis de Dieu.  Ces termes très vagues peuvent sappliquer aux opposants politiques, y compris à ceux qui expriment leurs opinions sans recourir à la violence. 

Lapplication de la peine de mort à titre de châtiment possible pour meurtre est déterminée par le principe de qesas selon une interprétation du droit musulman, le plus proche parent masculin de la victime dun meurtre a le droit dobtenir réparation ou dexiger le prix du sang. Tout condamné pour meurtre ne peut être exécuté quavec le consentement de ce plus proche parent qui peut choisir de recevoir une indemnité compensatoire (diya, le prix du sang) plutôt que de réclamer lexécution du coupable. La peine capitale pour meurtre ne peut être infligée aux aliénés, aux personnes âgées de moins de dix-huit ans au moment des faits ni aux aveugles. Le Code pénal stipule quaucune peine ne sera prononcée pour le meurtre de certaines catégories de personnes, notamment celles qui ont insulté le Prophète ou les imams. La peine de mort est obligatoire pour certains crimes prévus par le Code pénal tels ladultère, la sodomie et laccusation calomnieuse qui sont considérés comme des crimes contre Dieu (hodoud) et donc passibles dun châtiment divin. 

La peine de mort peut être prononcée par les cours dassises ou par les tribunaux révolutionnaires islamiques, qui sont respectivement compétents pour des catégories différentes dinfractions. Relèvent des tribunaux révolutionnaires islamiques les crimes suivants tous les crimes contre la sûreté intérieure et la sécurité extérieure de lEtat; la «corruption sur terre ou le fait dêtre « ennemi de Dieu «  les tentatives dassassinat des hommes politiques ; le trafic de drogue ; les atteintes â la lutte du peuple iranien; le détournement de fonds publics et lenrichissement illicite. 

Selon les textes officiels, les tribunaux révolutionnaires islamiques doivent être composés de trois personnes dont deux magistrats. En pratique, ils ne sont formés le plus souvent que dun seul juge religieux. Dans certains cas, la présomption de culpabilité sest traduite par des procès qui se sont résumés à la lecture de lacte daccusation et au prononcé de ta condamnation. Daprès les informations parvenues à Amnesty International, dans les affaires politiques, les aveux seraient extorqués sous la torture et serviraient de base aux condamnations à mort. A la connaissance de lOrganisation, aucun accusé comparaissant pour un délit politique devant un tribunal révolutionnaire islamique na pu être assisté dun avocat. 

Au début des années 80, des milliers de personnes ont été exécutées sommairement à lissue de procès rapides et inéquitables devant des tribunaux révolutionnaires islamiques. Amnesty International a appris que toutes les condamnations à mort prononcées par ces tribunaux sont désormais soumises à lapprobation du Conseil judiciaire suprême, formé dexperts en jurisprudence islamique, qui peut à son tour renvoyer le dossier devant le même tribunal pour révision. Cette procédure a parfois entraîné lajournement des exécutions. Il semble toutefois - au moins dans les affaires politiques que le condamné ne dispose pas du droit dappel de la déclaration de culpabilité ni de la peine à un niveau supérieur de juridiction; il ne peut pas non plus obtenir une révision judiciaire des erreurs éventuelles du tribunal. En pratique, la plus grande partie des condamnations à mort sont encore prononcées par les tribunaux révolutionnaires islamiques.[2] 

Je pense qu’il faut chercher la source de cette criminalité  dans  la Loi islamique (Charia) et la scolastique musulmane elles-mêmes. Mais les origines profondes du fascisme islamiste iranien résident dans les fondements mêmes de l'orthodoxie islamique, enseignée dans les grandes Universités musulmanes du monde entier et demeuré immuable depuis le XIème siècle, le Coran et les Hadiths, sources de la Charia, proclamant explicitement la guerre sainte. Car le jihad constitue l'un des moyens d'expansion naturels l'islam, Mahomet ayant lui même participé à près de 80 combats et prélevé les butins de guerre sur les Infidèles. Dans le Coran, le combat armé est appelé le « Sentier d'Allah » et les Moujahidines tombés sont comparés à des « martyrs de la Foi »[3] Le Coran regorge de sourates appelant à la guerre contre les Juifs et les Chrétiens insoumis ou les Polythéistes : « Combattez ceux qui ne croient pas en Dieu, au jour dernier, qui ne considèrent pas comme illicite ce que Dieu et son prophète ont déclaré illicite, ainsi que ceux qui, parmi les gens des Ecritures (Ahl-al Kitab) ne pratiquent pas la religion de la vérité, jusqu'à ce qu'ils paient, humiliés, et de leurs propres mains, le tribut »[4]; « Le combat vous est prescrit et cependant vous l'avez en aversion... »[5] « ...Lorsque tu portes un coup, ce n'est pas toi qui le portes, mais Dieu qui éprouve ainsi les Croyants par une belle épreuve... »[6] ; « Combattez-les jusqu'à ce qu'il n'y ait plus de luttes doctrinales et qu'il n'y ait pas d'autre religion que celle de Dieu. S'ils cessent Dieu le verra »[7]; « Lorsque les mois sacrés seront expirés, tuez les infidèles partout où vous les trouverez. Faites-les prisonniers ! Assiégez-les ! Placez-leur des embuscades ! ... »[8]; « O Croyants ! Combattez les infidèles qui sont près de vous. Qu'ils trouvent en vous de la rudesse !... ».[9]; Ou encore : « Lors donc que vous rencontrerez ceux qui mécroient, alors frappez aux cols. Puis quand vous avez dominé, alors serrez le garrot »[10] .Ainsi, les grands penseurs musulmans orthodoxes et commentateurs des Hadiths, (« dits et faits de Mahomet): El-Bokhari, El Ghazali (1058-1111), Nawawi, Ibn Taimiyya, Malik, ont théorisé, « la guerre sainte (ou « effort) sur le sentier d'Allah » (jihad fi sabill'illah) et ont réglementé les modalités d'extermination des « Infidèles » : « La loi défend de tuer, dans la guerre contre les Infidèles : des mineurs, des aliénés, des femmes et des hermaphrodites (…) mais on peut tuer légalement : les moines [non reclus], des mercenaires que les Infidèles ont pris dans leur service, des vieillards, et des personnes faibles, etc ... , écrit Nawawi. L'assassinat de sept moines cisterciens de la Trappe de Tibhirine le 21 mai 1996 par un commando du GIA repose donc sur un fondement juridico théologique légal…


Aussi, la « conformité scolastique », « orthodoxe » et classique, indéniable de l'islamisme constitue-t-elle face à l'« orthodoxie » islamiste, le principal point de vulnérabilité doctrinale et intellectuelle des Musulmans « modérés », « réformistes », lesquels peinent à trouver dans les textes sacrés (Coran, Hadith) et dans les écoles juridiques légales et reconnues (quatre écoles juridiques) les justifications théologiques et jurisprudentielles de leur volonté, bien réelle, de faire concilier leur religion avec les principes démocratiques et laïques modernes et de réduire la légitimité de ceux qui justifient la violence et l'intolérance islamiques. Particulièrement courageux et cohérent, le Grand Mufti de Marseille, l'imam Souheib Bencheikh, explique sans détour l'origine scolastique de la violence islamo-terroriste et déplore le fait que les sources légales canoniques et juridiques, jusqu'à présent jamais dénoncées, du jihad et de la terreur islamiste, demeurent enseignées dans les grandes universités et instances officielles de l'Islam mondial, un Islam « orthodoxe » et officiel qui n'a jamais connu de réformes ou de Vatican II et qui demeure inhérent à la mentalité bédouine du IXème siècle. Certes l'Islam n'est pas l'islamisme, et les Musulmans en sont les premières victimes : «les hommes du GIA (...) agissent de manière très canonique, c'est pourquoi on les voit aussi bien en train de prier que de violer (…), la femme fait partie du butin de guerre dans cette même logique canonique (...). Je dénonce l'hypocrisie des théologiens musulmans qui, certes, dénoncent ces pratiques et tueries, mais ne mettent pas en cause la théologie qui les sous-tend, affirmer Bencheikh. Ils doivent saisir l'occasion pour désacraliser le droit musulman, notamment sur certains points qui offrent un prétexte à ces barbares qui habillent leurs actions criminelles par une certaine canonisation ». C'est en effet parce que le jihad est chargé d'une considérable légitimité islamique que tous les Islamistes contemporains (Mawdoudi, El-Banna, Qotb, Kichk, Farag, Oussama Bin Laden, etc.) en ont fait leur leitmotiv central. ».

Contre  la criminalité du régime réactionnaire islamique iranien, la militante du Parti pour la Liberté des Femmes du Kurdistan PJAK a agit  militairement et elle a attaqué toute seule contre le  poste de la gendarmerie de Mako et a tué le commandant  militaire iranien ; blessé plusieurs militaires et dans sa dernière lettre que Senem Ersen (Ronahi ; Clarté) a laissé  pour  les camarades de  son parti, elle a  déclaré que « j’ai, agis contre la culture de la traiterie et contre   les criminels iraniens qui  ont pendu le camarade  Hasan Hikmet Demir . J’ai voulu répondre  par action contre  cette condamnation à mort.Car la pendaison  de notre camarade était  très sauvage et hors de la morale humaine. J’ai voulu venger le régime iranien ; Le fondement    idéologique et philosophique  de mon action militaire consiste à riposter contre la politique du régime iranien et contre  le massacre du peuple Kurde.  Et j’ajoute que  j’ai mené cette action sur la base de ma responsabilité  et ma sensibilité pour une vie la plus meilleure et pour l’amour de ma vie »[11] sans aucune  doute la militante kurde a agit avec le cœur et la tête comme l’a explique le poète «  et le bras de l'homme fouillant les entrailles de la terre ont créé de tels dieux d'acier aux yeux de feu qu'ils peuvent écraser la terre  d'un coup de poing.  L'arbre qui donne des grenades une fois par an peut en donner mille fois plus.
Si grand, si beau est notre monde et si vaste, si vaste, le bord des mers que nous pouvons tous chaque nuit nous allongeant côte à côte  sur les sables d'or chanter les eaux étoilées.  Que c'est beau de vivre,  Que c'est beau de vivre comprenant le monde comme un livre le sentant comme un chant d'amour s'étonnant comme un enfant VIVRE ! Vivre un à un et tous ensemble comme on tisse une étoffe de soie Vivre comme on chante en choeur
u n hymne à la joie ». Et l’âme de Senem restera dans ces montagnes pour un printemps de

de liberté. C’est toi qui m’attirais  dans les soleils, au fond des yeux de toutes étoiles dans ce monde abandonné au moment où  les mollahs  iraniens ont  décidé de torturer avant de pendre Hasan Hikmet  le 20 décembre 2007 dans la ville Hoy  dans cette ville  historique de notre pays sous l’occupation colonialiste perse . Et   tu as décidé de sacrifier   ta belle   vie comme Zilan, notre invitée qu’elle   a mené  l’action armée contre les militaires colonialistes    à  Dersime le 30 juin 1996.Alors  qu’  elle dormait  chez ma soeur Yémosé  dans les nuits brèves d’été de Dersime sous les étoiles bleues  et mon cœur se prenait au miroir son  action armée. Car sa seule rivale était la passion de mon peuple. Et toi,avant de ton départ à Meriwan Tu  nous as dit «  je  n’atteindrai pas  le Printemps ; l’aurais je atteint le feu du ciel ruinera dans la minute les monuments des occupants ». Tu fleuriras  dans ce jardin de  mon cœur. Béni soit ton pays et ta patrie ? et la Patrie de Villon qui disait «  Frères humains qui après nous vivez,  N'ayez pas vos cœurs durcis à notre égard,

Car si vous avez pitié de nous, pauvres,
Dieu aura plus tôt miséricorde de vous.
Vous nous voyez attachés ici, cinq, six:
Quant à notre chair, que nous avons trop nourrie,
Elle est depuis longtemps dévorée et pourrie,
Et nous, les os, devenons cendre et poussière.
De notre malheur, que personne ne se moque,
Mais priez Dieu que tous nous veuille absoudre!

Si nous vous appelons frères, vous n'en devez
Avoir dédain, bien que nous ayons été tués
Par justice. Toutefois vous savez
Que tous les hommes n'ont pas l'esprit bien rassis.
Excusez-nous, puisque nous sommes trépassés,
Auprès du fils de la Vierge Marie,
De façon que sa grâce ne soit pas tarie pour nous,
Et qu'il nous préserve de la foudre infernale.
Nous sommes morts, que personne ne nous tourmente,
Mais priez Dieu que tous nous veuille absoudre!

La pluie nous a lessivés et lavés
Et le soleil nous a séchés et noircis;
Pies, corbeaux nous ont creusé les yeux,
Et arraché la barbe et les sourcils.
Jamais un seul instant nous ne sommes assis;
De ci de là, selon que le vent tourne,
Il ne cesse de nous ballotter à son gré,
Plus becquétés d'oiseaux que dés à coudre.
Ne soyez donc de notre confrérie,
Mais priez Dieu que tous nous veuille absoudre!

Prince Jésus qui a puissance sur tous,
Fait que l'enfer n'aie sur nous aucun pouvoir :
N'ayons rien à faire ou à solder avec lui.
Hommes, ici pas de plaisanterie,
Mais priez Dieu que tous nous veuille absoudre. »[12]

Dr Ali KILIC Paris, le 15 janvier 2008

 



[1] Ricardo Neftali Reyes Basoalto naît à Parral le 12 juillet 1904, fils de Jose Reyes Morales, cheminot et de Rosa Neftali Basoalto Opazo, institutrice, qui meurt deux mois après sa naissance. Son enfance se passe dans la petite ville de Temuco, dans la province éloignée d’Araucanie. Il sera durablement marqué, à la fois par la forte culture indienne de la région, et par l’omniprésence de la nature, par l’ampleur de l’espace. Ses premiers poèmes connus datent de ses quatorze ans. À seize, il prépare deux livres de poèmes signés Neruda, non publiés.

 

[2]  Dr Ali KILIC in www.pen-kurd.org fransî

[3] Coran, (IX, 52 ; LVIII, 19).

[4] ,Ibid. (9, 29)

[5],Ibid, (2, 216)

[6] ,Ibid , (8,17)

[7] Ibid,(8, 39)

[8] ,Ibid, (9, 5

[9] Ibid, (9, 123)

[10]Ibid, (47, 4).

[11] ; Lettre de Senem Erisen(Ronahi) parue dans Yeniozgurpolitika, paru lele9 janvier 2008

[12] La Ballade des pendus est le poème de François Villon le plus connu. Il est communément admis, même si ce fait n'est pas clairement établi que Villon le composa lors de son incarcération en l'attente de son exécution suite à l'affaire Ferrebouc où un notaire pontifical fut blessé au cours d'une rixe.

Dans le manuscrit Coislin, cette ballade n'a pas de titre et dans l'anthologie Le Jardin de Plaisance et Fleur de de rethoricque imprimé en 1501 par Antoine Vérard, elle est juste appelée Autre ballade. Elle est titrée Épitaphe Villon dans le manuscrit Fauchet et dans l'édition de 1489 de Pierre Levet, Épitaphe dudit Villon dans le Chansonnier de Rohan et Clément Marot dans son éditon commentée de 1533 la nomme : Épitaphe en forme de ballade, que feit Villon pour luy & pour ses compaignons s'attendant à estre pendu avec eulx. Le titre moderne doit quant à lui être attribué aux romantiques et pose problème dans le sens où il dévoile trop tôt l'identité des narrateurs et compromet l'effet de surprise souhaité par Villon.

Le titre Épitaphe Villon et ses dérivés est impropre et porte à confusion, car Villon s'est déjà rédigé un véritable épitaphe à la fin du Testament (vers 1884 à 1906). De plus, ce titre (et notamment la version de Marot) implique que Villon a composé l'œuvre en attendant sa pendaison, ce qui est toujours sujet à caution

Les historiens et commentateurs de Villon se sont pour la plupart aujourd'hui résolu à désigner cette ballade par ses premiers mots : Freres humains, comme il est de coutume lorsque l'auteur n'a pas laissé de titre.

 

 

 

print

copyright © 2002-2008 info@pen-kurd.org