Dr Ali KILIC                                                                                
Paris le 06-10-2006
 
 
Préface à la linguistique cognitive et  à la phonologie comparée
 

«  Ne dédaignez point comme, minutieux les éléments  alphabétiques… car si  vous  scrutez  leurs  replis mystérieux, vous en verrez  sortir une foule  de questions subtiles, capables non seulement  d’exercer les enfants, mais d’embarrasser les esprits   les plus savants et les plus profonds »

 

Quintilliens , Liv;1 c ;4

 
 
Notre époque est l’époque de la révolution informationnelle qui nécessite l’harmonisation linguistique à l’échelle mondiale. C’est ainsi, pour communiquer et exprimer leurs pensées entre eux les hommes ont inventé un moyen capital.  La langue ne reste pas immuable dans le temps, elle s’adapte aux conditions de vie. Dans ce sens, la langue est l’un des outils des communications et un outil de l’innovation. Pour cette raison, le besoin de savoir une deuxième langue étrangère augmente de plus en plus dans le monde. Mais la question qui se pose, c’est la langue  maternelle et nationale qui a été interdite par les Etats occupants du Kurdistan, divisé et partagé entre  La Turquie, l’Iran l’Iraq et la Syrie. Comment l’unité politique est possible ? Alors que les partis politiques et les classes dominantes de chaque partie avance leurs  intérêts  de classe,  l’unité politique du pays  reste au deuxième degrés.Comment l’unité linguistique est-elle possible ? Alors que le Kurdistan n’a pas  été partagé seulement entre  les Etats colonialistes, mais aussi avec l’application de la politique colonialiste et impérialiste, dans chaque  côté du Kurdistan la langue kurde, est divisée et chaque état colonialiste a  appliqué et a  imposé sa propre culture et la domination turque, arabe et perse a forcé  la destruction  des  richesses  culturelles et linguistiques du Kurdistan.
 
            Avant d’élaborerla question  essentielle de la pansée linguistique, j’aimerai citer  les noms des trois français. VOLNEY, Constantin-François de Chasseboeuf (1757-1820)Membre de l’Académie  Française auteur de  L’alphabet européen appliqué aux langues asiatiques et  Jacques de Morgan, l’auteur d’ Etudes  Linguistiques  et  le général Pierre Rondot. Le général Pierre Rondot est né en 1904 et décédé en 2000. Il est le père de Philippe Rondot, général de division français qui sera brutalement mis sur le devant de la scène médiatique au cours de l'affaire Clearstream 2, dans laquelle des corbeaux avaient tenté de manipuler l'enquête sur l'affaire des frégates de Taïwan. Saint-cyrien, membre des services secrets, il a servi au Proche-Orient et a notamment participé à la création des services de renseignement syriens et libanais sous mandat français en 1928 où il a fait la connaissance  des princes Celadet  Ali Beder  Khan et de Kamuran Beder Khan  « Dans son  Journal intime Pierre  Rondot écrivait à Damas, le 25- juin 1940 » je vais visiter mes vieux amis kurdes les Bederkhan. Un accueil qui me va ao cœur. Je ressens là  un attachement profond. J’y  ai mis  le prix. J’ai joué leur jeu ; J’ai tenu leurs secrets et j’ai été leur complice ; »( Etudes Kurdes  N°2 nov.2000,p.101) ; le général Pierre Rondot eut une immense activité d’analyste, de commentateur et de pédagogue de toutes les questions touchant le monde arabe et l'Islam. Y compris l’analyse sur les alpabets kurdes.  C’est lui qui a exclu  le Kirmanckî-Dimilî- Zaza de l’unification de langue kurde en 1928-1936 ; Ce membre  des services secrets français qui dirigait les travaux de la Revue Hawar avec la collaboration de la Commission Britannique en 1930 sur la bases des travaux de VOLNEY, Constantin-François de Chasseboeuf  et de Jacques de Morgan .* Nous examinerons dans la deuxième partie de notre recherche ce sujet.
 
En effet, les nouvelles interfaces de notre époque, privilégient les signaux de la communication humaine pour l’interaction. L’interaction linguistique participe à ce projet d’interfaces anthropomorphiques. La difficulté de l’interaction est réduite mais se déplace sur la conception d’interpréteurs fiables et rapides. Le langage naturel est généralement dégénéré en un dialecte dérivé pour assurer un compromis entre une communication peu contrainte et une interprétation efficace des énoncés. Les productions linguistiques de l’enseignant permettent d’ordonner des actions qui réalisent ses intentions relatives à l’activité de conception. Ces deux niveaux d’analyse impliquent le recours à plusieurs sources de connaissances. L’interaction linguistique attribue à la langue le rôle de médiatiser la pensée de l’enseignant tout en étant subordonnée à la tâche de conception à l’aide d’une interface homme machine.
 
La langue permet de modéliser qualitativement l’univers de référence et de traiter directement les objets, les relations et les actions en utilisant les termes qui les désignent dans la langue du domaine d’interaction. Par son entremise, l’enseignant peut rendre compte des résultats de groupements perceptifs et de focalisations qui structurent dynamiquement son espace qui a été déterminé. Elle est un moyen d’évaluer ce qui est vu et d’exprimer des intentions de correction. Elle pourrait être un outil d’apprentissage en ce sens qu’elle permettrait de définir des termes nouveaux à l’aide de termes déjà connus. Selon De Fornel  « l’analyse de conversation considère qu’il est essentiel d’étudier l’interaction en tant que processus complexe de coordination des actions et en tant qu’accomplissement pratique. Lorsqu’ils sont en relation de co-présence, les participants à une interaction se rendent mutuellement intelligibles le sens de leurs actions et la compréhension qu’ils ont eu de ce qui se passe. Autrement dit, « l’objet de l’analyse de conversation est le discours dans l’interaction, le discours en tant qu’il a été produit conjointement par deux ou plusieurs participants ». Dans ce sens, l’analyse de conversation par du fait que l’interaction verbales procède de façon ordonnée et qu’elle possède, à ce titre, une structure complexe organisée séquentiellement au moyen du système des tours de parole. Les participants à une interaction peuvent utiliser comme ressource fondamentale l’existence de cette structure pour organiser et accomplir de façon située leurs interactions ».
 
« L’analyse de conversation a apporté au sein de la linguistique une empirie nouvelle : le discours dans l’interaction. Elle a ainsi contribué à élargir le champs d’investigation traditionnelle de linguistique en développement des études détaillées sur les différents niveaux d’organisation thématique. » cf. M. De Formel, p. 144.
 
L’analyse de conversation a une histoire récente  et elle s’intéresse de façon spécifique à la conversation comme l’objet d’étude en s’attachant à l’analyse des aspects formels de son organisation. Dans ce domaine, Hervey Sacks est considéré comme un théoricien de l’analyse de la conversation, en raison de la publication de son livre intitulé Lectures principales de l’ethnométhodologie. Autrement dit, l’ethnométhodologie est une branche de la sociologie qui a vu le jour en Californie à la fin des années 50.
 
Michel de Fornel dans sa conférence sur  « les fondements conversationnels et sociolinguistiques de la communication électronique », a problématisé d’une certaine  manière la notion de « conversation électronique ». Il s’agit pour lui à la fois de montrer ce qui distingue les échanges dans les Tchats de la conversation en face à face et d’identifier les propriétés conversationnelles de la communication électronique. Il montre la nécessité d’adapter les catégories d’analyse des interactions verbales aux spécificités de lacommunication en ligne, en s’intéressant au système des prises de tours de parole. Le systèmedes prises de tours est adéquat mais il est modifié dans le Tchat, par exemple du point de vuede la priorité des règles (la sélection du prochain locuteur ne prime pas vraiment sur l’autosélection). Cette démarche me semble représentative de ce que Florence Mourlhon- Dallies a appelé la « troisième étape des recherches sur la CMO en France », la première phase ayant été celle des descriptions de formes nouvelles, la deuxième, la mise au jour de formes bien connues.
 
Par situation d’interaction dans le rapport l’homme-machine, on entend tout ce qui constitue le contexte dans lequel une commande est émise et interprétée. Schuman insiste sur la nature réactive des actions dépendantes des circonstances dans lesquelles elles sont effectuées par  opposition au modèle de la planification qui se confond avec une théorie de type résolution de problème.  L’activité de conception impose de privilégier une vision des actions comme réponses à des circonstances particulières et de rendre secondaire la planification aux objectifs prédéfinis. Le caractère situé de l’action implique donc que la signification des instructions pour l’action ne soit pas inhérente à l’instruction mais doive être recherchée par celui qui suit l’instruction en référence à la situation d’usage. L’interaction implique une vision partagée de cette situation par les acteurs. Dans le cas d’une interaction homme-machine, seules les composantes de la situation pouvant être représentées en machine sont partageables, ce qui, par rapport à une relation interhumaine reste très limitée. Généralement lors du cours la parole est  donné par l’enseignant à l’élève par des signes, ainsi un ordre numérologique a été donné depuis le premier élève ainsi désigné  aux suivants. Lorsque les élèves ont été désignés par leur nom, celui-ci  a été reporté.
 
Michel de Fornel, l’ethnométhodologie est un programme de recherche qui se propose d’aborder les phénomènes sociaux différemment des approches dominantes en sciences sociales. Il s’agit pour l’essentiel de revenir au concret, d’arriver, comme le disait Marcel Mauss, “ à voir les choses sociales elles-mêmes comme elles sont “, c’est-à-dire telles qu’elles émergent et s’organisent dans l’expérience des agents sociaux, sans préjuger de leur définition. Ce parti pris s’accompagne d’une réorientation de l’analyse : l’explication théorique cède la place à la simple description. En effet l’état actuel de la recherche en ethnométhodologie, et tente d’évaluer, de façon raisonnée, l’importance de sa contribution aux sciences sociales, trente années après la parution de son ouvrage fondateur, Studies in Ethnomethodology, de Harold Garfinkel. Il poursuit ainsi une double ambition : approfondir la réflexion sur les difficultés - théoriques, conceptuelles, méthodologiques -rencontrées par ceux qui ont inscrit leurs recherches dans la perspective tracée par Garfinkel et ses collègues ; confronter les acquis des travaux en ethnométhodologie aux réactions qu’ils ont suscitées dans la sociologie française. Autrement dit l’ ethnométhodologie est un courant de la sociologie américaine qui commence à se faire connaître, en tant que courant marginal et critique, dans les années 60. Aujourd’hui, il a , plus ou moins, trouvé sa place dans la sociologie américaine et même un peu au delà, mais pas encore en France, où l’ignorance en la matière, d’ailleurs, n’est pas limitée à ce seul courant mais concerne l’ensemble de la sociologie qualitative. Michel de Fornel , à côté de l’ethnométhodologie  met l’accent  sur les nouveaux  objets de l’analyse de  conversation en examinant  les travaux   effectués par JOHN Gumperz : L’analyse du discours est donc l’analyse des discours ou, plus précisément, des discours culturels — ce qui veut dire non seulement une langue, un langage ou des textes, mais des modes de communication et leurs caractéristiques d’usage tels qu’ils sont partagés et compris par ceux qui appartiennent à une culture donnée. Cette dernière peut embrasser l’ensemble de la population d’un pays, une subculture au sein d’un ensemble culturel qui se définit comme nationale, ou encore une microculture qui s’exprime à travers des liens familiaux. Les membres de ces groupes, sans exception, possèdent des connaissances qui relèvent de leurs expériences communes, et ces connaissances-là donnent lieu aux prémisses essentielles qui sous-tendent le présent recueil d’articles. Primo, nous estimons que les discours sont des phénomènes culturels, des modes de communication qui dépendent d’une vision collective du monde ou d’un ensemble de perceptions partagées qui s’expriment lorsqu’il y a interaction — qu’elle soit verbale ou non — entre les membres d’une même culture. Secundo, nous sommes en mesure d’inférer la vision du monde d’une culture donnée en puisant dans des textes que produisent certains de ses membres à des fins particulières. Les textes eux-mêmes ne constituent pas des discours mais reflètent plutôt le système d’organisation cognitive qui les a engendrés.Ceci dit, la prudence nous oblige à faire un pas en arrière pour signaler que les termes " discours " et " culture " ne sont pas du tout équivalents, bien qu’ils soient étroitement liés. Une culture — surtout quand il s’agit d’une culture urbaine complexe — est composée de nombreux discours différents dont chacun pourrait être isolé dès lors que nous pouvons en dégager un certain vécu collectif. Ainsi, même si l’appartenance culturelle des graffitistes est très diversifiée, une expérience commune du graffiti les amène à produire un discours particulier, dont leurs textes nous fournissent la preuve.
     
Dans la mesure où il est question ici d'utiliser l'outil analytique que représente l'Analyse de Conversation, en tant que méthode d'observation naturaliste préconisée par Harvey Sacks[1], mon objectif principal était d'établir principalement par quelles procédures les membres d'une société, dans une situation donnée, donnaient sens au contexte de leurs interactions.
1.- Sacks Harvey, "Lectures on Conversation".
 
      Par procédures j'entends ce que Harold Garfinkel a appelé "ethnométhodes", c'est à dire les méthodes des membres pour interpréter la situation et ceci "à toutes fins pratiques", pour résoudre les problèmes dans le quotidien.
      
A partir de transcriptions intégrales d'enregistrements de "la parole ordinaire", le sociologue se donne comme tâche d'étudier sans a priori théoriques les interprétations que les membres eux-mêmes donnent de "ce qui se passe ici et maintenant". Il contrôle par cette "vérification" ce qu'il a pu comprendre des actions que constituent les tours de parole des locuteurs grâce à "son savoir de membre", c'est à dire la maîtrise du langage naturel.
      
En effet les données brutes retranscrites donnent accès à tous les détails significatifs (les énoncés eux-mêmes c'est à dire le contenu du tour de parole, mais aussi l'intonation, le débit, les accentuations, erreurs, corrections, silences, onomatopées, bruits divers) sur lesquels se fonde l'interprétation qu'un auditeur peut faire du tour de parole précédent.
               
La règle de base vers laquelle s'orientent les participants est que la compréhension d'une action est exposée dans le tour, Harvey Sacks a ainsi pu dire qu'une question n'est une question que s'il lui est donné une réponse. Ainsi une question à laquelle il n'a pas été répondu peut avoir été interprétée par le récipiendaire comme une question de pure forme.
                
Dans ce contexte chacun sait qu'il ne s'agit pas d'une "vraie" question et que le locuteur ne demande pas vraiment des nouvelles de la santé de son auditeur, en conséquence une réponse circonstanciée apparaîtrait dans cette situation comme "non pertinente" interactionnellement parlant.
                 
Harvey Sacks s'est intéressé aux structures formelles de la conversation sur la base d'une sociologie analytique. Délaissant l'étude des catégorisations "enfermant" le savoir social tacite qui permet de construire le sens des situations, il a défendu une approche "naturaliste": les énoncés ont un statut d'actions observables accessibles à l'analyse et les méthodes de production du sens peuvent être retrouvées à partir de ce qui est enregistrable.
                
Par ailleurs le tour de parole renvoie à un "ordre séquentiel" car une action est intelligible du fait de son placement dans une séquence, comme je l'ai souligné précédemment.  Bien que ne posant pas d'hypothèses préalables sur "ce qui se passe" dans un échange donné, c'est à dire quelles actions sont contenues dans les tours de parole, l'Analyse de Conversation ne néglige pas l'étude des contextes institutionnels. C'est à ce titre qu'elle peut apporter sa contribution et le fait de plus en plus fréquemment dans l'analyse des situations de travail ou de celle d'autres cultures[2].
 
Sacks, Schegloff et Jefferson (1974) ont montré que les tours de parole représentent l'unité de base du système conversationnel et qu'ils sont distribués selon un ensemble de règles pour minimiser les pauses inter-tours et les chevauchements. Les signaux interactionnels jouent un rôle crucial dans l'allocation des tours conversationnels (Stenström,
 
2.- Boden Deirdre, "Business of talk" (organizations in action), Polity Press, Cambridge  (à propos des prises en charges thérapeutiques).
 
 
1994) et réduisent les ratés de la conversation (Kerbrat-Orecchioni, 1990). Dans un premier temps, un résumé des travaux qui constituent le cadre théorique de cette recherche décrira la manière dont s'insèrent les signaux interactionnels dans le système des tours de parole (Sacks, Shegloff et Jefferson, 1974; Stenström, 1994; Kerbrat-Orecchioni, 1990; Kendon, 1967; Baker, 1977; Martinez, 1994 et Thibeault, 1993). Dans un deuxième temps, les principaux signaux interactionnels en LSQ seront décrits, selon qu'ils annoncent une prise, un maintien ou une cession de tour conversationnel, et ils seront illustrés à l'aide d'exemples tirésconversationnel, et ils seront illustrés à l'aide d'exemples tirés du corpus de conversations spontanées. Il sera montré que certains signaux interactionnels se retrouvent seulement en situation d'interaction discursive.
 
C'est la phénoménologie des "objets sociaux que les gens assemblent pour réaliser leurs activités" qui permet l'élaboration d'une méthode descriptible formellement. "Ce que nous ferions ainsi c'est développer une autre grammaire. Et la grammaire, évidemment, est le modèle des activités sociales bien ordonnées, observables de manière routinière."(1984).
 
Sacks souhaite que la recherche factuelle et le travail de traitement des données soient inspirés et dirigés par une méthode formelle qui fonde la scientificité de la science sociale. Sur ce point, Sacks défend un programme identique aux Studies. Et comme il l’a été précisé , le projet d'un tel programme est déjà un sujet de questionnement au regard des idées fondatrices de l'ethnométhodologie.
 
Cependant, on est  en désaccord avec Sacks lorsqu'il pense que la phénoménologie des produits de la machinerie peut permettre de découvrir la machinerie sous-jacente. "Ainsi ce n'est pas une conversation particulière, en tant qu'objet, qui m'intéresse vraiment. Ce que je vise plutôt, c'est arriver à transformer, en un sens que je conçois presque comme littéral, physique, notre vision de ce qui s'est passé dans une interaction particulière : ne plus le voir comme spécifique à cette interaction particulière produite par des gens particuliers, l'interaction étant alors l'objet de l'étude; mais le voir comme spécifique aux interactions en tant que produits d'une machinerie, ce qui est alors à découvrir étant la machinerie, étant entendu que pour la découvrir il nous faut accéder à ses produits. Pour l'instant, c'est la conversation qui nous assure un tel succès." (1970)
 
Harold Garfinkel, fondateur de l’ethnométhodologie, avait commence ses études universitaires en 1946 à Harvard, sous la direction de Talcott Parsons qui avait organisé dans cette université un Département de Sciences Sociales regroupant les enseignements de la sociologie, de la psychologie sociale et de l’ethnologie. Entre 1950 et 1952, il a préparé et soutenu sa thèse de doctorat. Dans le même temps, il s’initiait à la phénoménologie, lit Alfred Schutz, -de telle sorte qu’on considère parfois ces deux sources, Parsons et Schutz, comme étant à l’origine de l’ethnométhodologie. Après l’obtention du doctorat à Harvard, en 1952, Garfinkel va enseigner la sociologie à l’ Université d’Ohio jusqu’en mars 1954, date à laquelle il trouve un emploi à l’université californienne de Los Angeles, -emploi qu’il n’a plus quitté jusqu’ à l’âge de la retraite, en septembre 1988.
En 1997, la Direction  de Monsieur le Prof. Michel de Fornel  disait « nombreux ont été ceux qui ont perçu l’ethnométhodologie (EM) comme un projet novateur pour la sociologie, tant par les thèmes abordés que par la manière de traiter les problèmes classiques de la discipline, ou encore par la radicalité de son parti-pris empirique. Rejetée, parfois vivement, par l’establishment sociologique, cette approche a fécondé d’innombrables recherches, principalement dans les domaines de la phénoménologie de la vie quotidienne, de l’analyse de l’action, de l’étude des conversations et de la sociologie des sciences.
 
Ainsi donc, les  l’accent est mis par les ethnométhodologues non pas sur l’activité ou la description de l’activité mais plutôt sur les processus qui permettent à chacun de gérer la production et le maintien d’un ordre social. C’est là que se situe la première rupture avec la sociologie « traditionnelle », et que commencent les premiers malentendus. Alors que Garfinkel, dans la préface des studies, insiste très lourdement sur le fait qu’il ne remet pas en cause le soin, ni l’honnêteté de ses confrères lorsqu’ils réalisent des enquêtes sociales, et qu’il place la critique sur le terrain de l’épistémologie, [Garfinkel 1967], les ethnométhodologues commencent à s’attirer les foudres de tous côtés. Autre malentendu, la thèse souvent relancée que les ethnométhodologues confondent l’activité sociale et la description de l’activité sociale. Un recensement des contresens faits sur les textes de Garfinkel par les différents commentateurs a été réalisé [Peyrot 1982].
 
Parallèlement aux préoccupations de Garfinkel, deux autres pôles de recherche se dessinent à Berkeley autour de Cicourel, qui s’intéresse à la relation entre l’acquisition du langage et les capacités d’interprétations, et autour de Sacks qui travaille sur l’analyse de dialogues
 
L’ethnométhodologie n’est pas une méthodologie de l’ethnologie mais la discipline qui s’intéresse aux ethnométhodes. La notion d’ethnométhode découle de travaux réalisés en ethnologie et qui visent à s’intéresser au pratiques spécifiques des groupes étudiés concerant toute une série de question particulières. On distingue par exemple l’ethnomédecine qui s’intéresse aux différentes pratiques de par le monde visant à provoquer la guérison.
 
S’inspirant de cette foule de spécialités, le terme d’ethnométhodologie désigne donc une discipline qui étudie la façon dont un groupe résoud  ses problèmes concrets. Il s’agit d’un retournement de perspective par rapport aux méthodes d’inspiration structruralistes  dans la mesure où l’ethnométhodologie ne vise pas à observer avec une certaine extériorité des phénomènes dont elle offrira une lecture en fonction de concepts discutés au sein de la discipline mais s’intéressera de l’intérieur à la manière dont le groupe construit et négocie ses propres notions de l’activité qu’elle est en train de mener. En termes plus simples, là où les disciplines conventionnelles rangent le monde social dans des cases appropriées, l’ethnométhodologie cherche à décrire les cases qu’un groupe se donne à lui-même pour ranger les activités du monde social. L’éthnométhodologie a pour cette raison la prétention d’être une sociologie sans induction.
 
Un certain nombre de notions clés établissent une méthodologie de description des groupes étudiés sans pour autant prescrire le moindre sujet de recherche. L’ethnométhodologie est une science  qui s’intéresse à la richesse du social immédiat plutôt que de proposer une vision synthétique de la société dans son ensemble.
 
Pour cette   raison  il faut ajouter les idées de Benetta Jules Rojette . Selon, B.J .Rojette, les premières études en ethnométhodologie étaient basées sur des exercices et des observations, y compris les travaux des étudiants dans les cours de Garfinkel. Un des exercices était un travail « d’observation participante » dans la famille de chaque étudiant. Les étudiants devaient prendre le rôle d’ethnographe dans leurs propres familles. Garfinkel a reçu 35 descriptions ethnographiques d’étudiants qui avaient pris le rôle d’étrangers dans leur propre famille. Les étudiants créaient un sens de distance artificielle dans leurs relations familiales. Ils essayaient d’enlever toute émotion de leurs interactions et de leurs comptes rendus des épisodes familiaux. Voici un exemple (Garfinkel, 1967 : 45)
 
Quant à   Conein « l'analyse des réparations en analyse conversationnelle (Schegloff, Jefferson, Sacks, 1977; Schegloff, 1979) a insisté sur l'importance du positionnement séquentiel de la réparation, qui détermine une série ordonnée de possibilités d'intervention. Ainsi dans le même tour s'offre la première opportunité pour le locuteur de s'autocorriger : c'est la solution préférentielle, qui peut être aussi observée dans les échanges CMO (cf. Ferrara, Brunner, Whittemore, 1991: 28). Le deuxième tour est le lieu de l'hétéro-initiation de la réparation, peu fréquente dans notre corpus, ou bien de l'hétéro-réparation, plus fréquent. La dernière opportunité pour une réparation est offerte au troisième tour : elle constitue ainsi, comme le dit Schegloff (1992), le dernier lieu disponible pour le maintien et la défense de l'intersubjectivité menacée. »
          
Pour Grice, H,P la conversation s'oppose aux autres formes d'interaction (entretien, débat, colloque, pourparlers, conciliabule, etc.) par son caractère familier, improvisé et gratuit: aucune de ses composantes n'est fixée à l'avance -- nombre des participants (variable d'une conversation à l'autre et même au cours d'une même conversation, ce nombre devant toutefois rester relativement réduit), thèmes traités (également variables, et prêtant à la digression: une conversation se fait "à bâtons rompus"), durée de l'échange et des différentes répliques, alternance des tours de parole, -- et elle n'a pas d'autre finalité que sa propre pratique, elle est coupée de tout but instrumental. Sa principale motivation est le plaisir.
 
Comme toutes les pratiques communicatives cependant, elle se déroule selon certains schémas préétablis et obéit à des règles de procédure dont les interlocuteurs partagent la connaissance (souvent purement intuitive) et qui créent pour eux un sytème de droits et de devoirs. La transgression répétitive de ces règles peut saborder la conversation. Grice (1979) fait dépendre ces "maximes conversationnelles" (ce sont les "lois du discours" de Ducrot) d'une sorte de méta-principe, le principe de coopération: "que votre contribution conversationnelle corresponde à ce qui est exigé de vous, au stade atteint par celle-ci, par le but ou la direction acceptée de l'échange parlé dans lequel vous êtes engagé
 
A ces principes discursifs généraux s'ajoutent des lois de discours plus spécifiques, concernant les comportements sociaux et relevant d'une sorte de code des convenances: "il y a aussi bien sûr toutes sortes d'autres que les participants observent normalement dans les échanges parlés" (Grice, 1979, p. 62). Ces règles de politesse s'articulent sur la "théorie des faces", selon laquelle tout individu, dans l'interaction conversationnelle, tient avant tout à sauver ses "faces" ("face négative" = besoin de défendre le territoire de son moi; "face positive" = besoin d'être reconnu et apprécié par autrui. Kerbrat-Orecchioni, 1986, p. 229 sq.), la transgression des règles constituant une menace pour l'une et/ou l'autre des faces de l'interlocuteur. Le comportement des interlocuteurs face à ces règles définit le ton de leur interaction: le dialogue est à tendance irénique dans le cas de non transgression, de ménagement des faces de l'interlocuteur, à tendance agonale dans le cas contraire (voir C 2.2.1. et 2.2.2.). Leur comportement opère leur "mise en places" (Kerbrat-Orecchioni, 1987, p. 319-352) dans l'interaction.
 
La conversation constitue un tissu langagier grâce auquel les membres d'une communauté non seulement communiquent quotidiennement, mais encore assurent leur appartenance au groupe. La conversation a une fonction intégrative, elle assure la cohésion entre les membres d'un groupe, mais aussi une fonction différenciative, elle manifeste par son absence l'exclusion de ceux qui n'appartiennent pas au groupe. Par la conversation, l'individu construit sa face sociale, mesure son insertion dans la société.
 
En ce qui concerne l’analyse d’Erving Goffman est souvent classée dans le courant de l’interactionnisme symbolique, mais s’il s’est intéressé aux rencontres ordinaires, à l’ordre des interactions en face à face dans la vie quotidienne, il ne se retrouvait pas dans des analyses interactionnistes trop radicales et il considérait qu’une structure sociale préexistait aux interactions (les joueurs n’inventent pas les règles du jeu d’échecs, le piéton n’invente pas le passage piétons). L’analyse des cadres désigne l’étude de l’organisation de nos expériences, de nos activités qui prennent place dans des cadres cognitifs de référence et dans des contextes pré-agencés (« Les cadres de l’expérience », 1991.) L’individu doit montrer sa compétence à soutenir une interaction avec d’autres acteurs que ceux relevant de sa socialisation immédiate, ce qui suppose la formation d’un moi dit « projeté » acquis par socialisation, intégrant notamment la connaissance du code conventionnel des règles d’interaction donné par la société. Ces règles sont censées permettre à l’individu de conserver la face dans les multiples interactions de la vie quotidienne. L’individu ne bénéficie pas d’une identité stable et de rôles immuables, mais il acquiert une capacité socialement construite à maîtriser les impressions d’autrui. Les analyses d’Erving Goffman permettent d’analyser certaines expériences scolaires en termes de règles spécifiques au cadre, chaque cadre étant vulnérable à l’activité des acteurs, aux transformations qu’ils sont susceptibles de lui faire subir. Ainsi, on peut relever des « ruptures de cadres », des « activités hors cadre », des défaillances dans l’activité de cadrage. L’apport d’Erving Goffman se situe aussi, avec d’autres représentants de l’interactionnisme symbolique (comme Howard S. Becker, 1963 et 1998) dans la théorie de la stigmatisation ou de l’étiquetage selon laquelle la déviance est le produit d’un processus d’exclusion au cours duquel l’individu est désigné comme « déviant ». La perspective est renversée, partant du principe interactionniste que le monde n’est pas « donné » mais « construit » : il ne s’agit pas de chercher les raisons pour lesquelles les individus ont des comportements déviants, mais plutôt de comprendre par quels processus et par qui ils sont étiquetés de cette manière
 
Dans une foule, deux personnes qui désirent converser ensemble doivent montrer des signes d’orientation permettant de débuter une relation (Kendon, 1970), avant de traverser un certain nombre de phases (Kendon & Feber, 1973 ; Schegloff, 1968). Dans les phases les plus centrales de l’interaction, les participants sont confrontés au problème persistant de savoir comment faciliter le flot continu d’informations. Kendon (1972, 1973) identifia 5 niveaux dans une hiérarchie d’intentionnalité définie en unités de discours
 
Kendon (1970) a émit l’hypothèse que les auditeurs fournissent des répliques non-verbales distinctives après avoir décodé les paroles de l’orateur à différents niveaux. .
 
Rosenfeld s’intéresse plus particulièrement aux interactions dyadiques en face-à-face, dans lesquelles le but est d’échanger l’information encodée d’abord à travers le langage parlé.
 
Il émet l’hypothèse que les conversations sont des structures ordonnées d’unités d’informations et soutient que le flot ordonné d’informations verbales est influencé par un simple signal perçu par le canal non-verbal.
 
En effet, les participants émettent une série de signaux, qui n’apparaissent pas au hasard dans le processus conversationnel : ils arrivent à la fin d’une unité cohérente de l’information verbale.  Certains signaux non-verbaux, survenus à une jointure naturelle dans le discours, sont importants, car ils indiquent si les rôles orateur-auditeur doivent continuer ou être inversés
 
Cependant, les participants ne sont pas toujours d’accord sur quand ces rôles doivent être inter-changés. Ainsi, il peut y avoir des signaux conflictuels ou ignorés par l’autre. Il arrive parfois que les participants se trompent simplement sur la signification d’un signal.
 
Rosenfeld et Hancks ont trouvé que seulement 6% des réponses des auditeurs étaient accompagnés par l’éloignement du regard par rapport à l’orateur contre 25% qui consistent en plusieurs mots (« c’est vraiment vrai ») et en l’éloignement du regard.
 
La fin de la phrase grammaticale et les pauses contribuent à prédire le changement d’orateur, mais ces mesures sont insuffisantes pour définir une unité de discours. Kendon (1967) rapporte que seulement 49% des signaux d’accompagnements verbaux se produisent à la fin de la phrase.
 
La proposition phonémique est un segment rythmique du discours qui consiste en un court suivi de mots (Boomer, 1978 ; Dittmann & Llewellyn, 1967 ; Trager, 1962 ; Trager & Smith, 1951). Les réponses des auditeurs se produisent rarement à un autre moment qu’aux jointures qui séparent les propositions phonémiques. L’association entre les jointures et les réponses comme « mm-hmm » ou des mouvements de la tête a été statistiquement signifiante. Les propositions phonémiques qui se terminent par une augmentation ou une diminution du ton, appelées jointures finales (Dittmann, 1972a), précèdent régulièrement les réponses verbales et non-verbales de l’auditeur (Dittmann & Llewellyn, 1967, 1968).
 
Le point, qui peut être grossièrement défini comme étant une série de propositions phonémiques correspondant à la notion ″faire le point″, est caractérisé par une activité persistante des yeux et de la tête. La position, comprenant une séquence de points, est marquée par un déplacement grossier de la posture et durait typiquement de .5 à 6 minutes. Enfin, la présentation consiste en toutes les positions de l‘orateur dans un discours continu et marqué par un changement complet d’emplacement.
 
Rosenfeld rappelle que le ton final de la proposition phonémique de l’orateur prédit la réponse de l’auditeur. En 1968, une étude de Dittmann et Llewellyn indique qu’un mouvement du corps dans la proportion phonémique est un inhibiteur majeur de la réponse de l’auditeur.
 
Sur la base des études de Duncan, Rosenfeld suppose que le regard et l’achèvement de la phrase grammaticale à une jointure indiquent que l’auditeur devrait donner une réponse quelconque, sans préciser laquelle. Cette réponse devrait être influencée par les répliques non-verbales de l’orateur.
 
Les réponses de l’auditeur lors d’une jointure tendent à démontrer de la compréhension ou de l’accord, alors que les mouvements de la tête semblent être le signe de l’attention.
 
C’est l’auditeur qui doit signifier à l’orateur qu’il veut prendre la parole. Pour ce faire, il a plusieurs techniques, soit il emploie le langage non-verbal, mais audible (prendre sa respiration), soit il fait un mouvement significatif (mouvements de la tête).
 
Efron (1941/1972) a démontré que les facteurs culturels influencent l’acquisition de la gesticulation. Cependant, il est clair que les signaux non-verbaux impliqués dans le contrôle conversationnel sont codés de manière moins arbitraire que ne le sont les contenus linguistiques avec lesquels ils sont associés.
 
Enfin un troisième courant théorique « constructiviste » représenté par Peter Berger et Thomas Luckman, est qualifié par Philippe Corcuff (1995) de « constructivisme phénoménologique » (partant des individus et de leurs interactions) par opposition au « constructivisme structuraliste » de Pierre Bourdieu. Peter Berger et Thomas Luckman étudient la connaissance dans la vie quotidienne et son activation dans des situations de face à face. L’individu dispose d’une réserve d’expériences préalables qui lui sont propres ou qui proviennent d’autrui.
 
Mais, Schuman  a ouvert le débat sur ce genre d’approche de  l’action en s’inspirant du courant des travaux de Garfinkel en ethnométhodologie, elle a introduit l’idée que l’acteur avait beau faire tous les plans aussi précis qu’il voudrait avant son action, il se trouve qu’au moment de s’engager dans l’action il doit procéder à une analyse en contexte au fur et à mesure que l’action va se dérouler et que l’engagement même de l’action va créer des circonstances que l’acteur n’avait pas pu anticiper au moment ou il construisait son plan d’action. Ainsi, il s’adapte à ces circonstances au fur et à mesure qu’elles se développent, du fait même de son action.  Il y aura donc une partie d’improvisation dans laquelle  l’acteur va prendre appui sur  des savoir faire, des skills  incorporés qui lui fournissent une sorte de répertoire sur lequel il va s’appuyer pour s’adapter, s’ajuster aux circonstances. 
 
L’autre aspect de l’argument de Schuman c’est de dire que lorsque l’on construit un plan il faut le considérer à peu près comme étant de la même nature que lorsque l’on fait un compte rendu à posteriori de son action.  Aussi bien quand on anticipe l’action que quand on en fait un compte rendu à posteriori’  on adopte un certain rapport à l’action, c’est à dire que l’on fait le l’action un objet et donc on peut considérer sous certains aspects ce type de rapport alors que quand on est dans l’effectuation de l’action on n’a pas du tout ce rapport là, on n’appréhende pas son action comme un objet qu’il faut organiser et  structurer par la pensée, le raisonnement, la délibération.
 
Harold Garfinkel avait identifié une dérive consistant à considérer les acteurs comme des « idiots culturels », très conformes à ce qu’on attend d’eux dans une société et peu réflexifs. Il ne faudrait pas cependant tomber dans l’excès inverse et considérer que les individus dévéloppent des compétences sociales au caractère réflexif illimité et permanent. Plusieurs auteurs soulignent les risques d’une telle interprétation. Ainsi bien qu’affirmant que l’organisation sociale ne peut empêcher l’existence de marges de liberté et de négociation, l’ »analyse stratégique » estime que les acteurs se contentent généralement de satisfactions immédiates et saisissent plus les opportunités qui se présentent qu’ils ne poursuivent d’objectifs à long terme (Crozier et Friedberg, 1977). Ils font ainsi preuve d’une « rationalité limitée » (H.A.Simon, 1959) qui procède d’une information incomplète sur les déterminants de la situation présente, notamment l’action imprévisible de leurs concurrents, leur vision partielle du monde, le caractère parfois contradictoire des objectifs à atteindre.
 
Dans un autre registre théorique, Anthony Giddens a défini la compétence comme étant « Tout ce que les acteurs connaissent (ou croient), de façon tacite ou discursive, sur les circonstances de leur action et de celle des autres, et qu’ils utilisent dans la production et la reproduction de l’action » (p.440). S’il affirme que « Tous les êtres humains sont des agents compétents. Tous les acteurs sociaux ont une connaissance remarquable des conditions et des conséquences de ce qu’ils font dans leur vie de tous les jours ». Mais « La compétence des acteurs humains est sans cesse limitée, d’un côté par l’inconscient et, de l’autre, par les conditions non reconnues et les conséquences non intentionnelles de l’action » (pp.343 et 344). Anthony Giddens a ainsi élaboré une théorie de la structuration qui vise à « faire appréhender les structures sociales sous l’angle du mouvement ». Il définit le concept de structuration comme étant le « Procès des relations sociales qui se structurent dans le temps et dans l’espace via la dualité du structurel » (Giddens, 1987, p.444). La « dualité du structurel » renvoie à l’idée selon laquelle la construction du monde social s’effectue de manière circulaire, les dimensions structurantes étant à la fois préexistantes et produites par l’action.
 
Précisément, la notion de compétences sociales met en question l’accent mis sur l’importance des déterminations structurelles. Elle interroge notamment des notions comme celles d’ »intériorisation des structures objectives », d’ »incorporation des structures sociales », de « système de dispositions », d’ »habitus » élaborées par Pierre Bourdieu, Bernard Lahire et Jean-Claude Kaufmann. S’ils relèvent l’intérêt d’une sociologie qui cherche des explications dans le passé des acteurs et qui retient la dimension inconsciente des actes, s’attachent aussi à une analyse plus contextualisée et plus détaillée du fonctionnement de l’action. Au lieu de reconstituer des principes généraux de dispositions (comme dans l’habitus), ils reconsidèrent, en la revalorisant, la place de la réflexivité de l’individu.
 
Dans ce sens, l’interaction linguistique participe à ce projet d’interfaces anthropomorphiques. La difficulté de l’interaction est réduite pour l’utilisateur mais se déplace sur la conception d’interpréteurs fiables et rapides. Le langage naturel est généralement dégénéré en un dialecte dérivé pour assurer un compromis entre une communication peu contrainte et une interprétation efficace des énoncés de l’utilisateur. L’interaction entre l’utilisateur e la machine est subordonnée à une tâche principale.
 
Trois considérations nous ont amenées à nous intéresser  dans ce domaine ?.Une langue apparaît tout d’abord comme un langage de haut niveau, fortement sémantisé, qui rend l’interaction plus puissante et la facilite. Par son intermédiaire, l’utilisateur peut travailler sur les objets, les relations et les actions qui lui sont familiers, sans être contraint de descendre au niveau des primitives graphiques et de fournir des données numériques précises, [Lapré et Hudson 87, p.127-128 ; Quintrand et al. 91, p.41-43 ; Gaildrat et al. 93, p.267 ; Arnold et Lebrun 93, p.113]. En second lieu, les réalisations informatiques permettent d’étudier les changements provoqués lorsqu’une personne doit passer par une interface informatisée pour accomplir une activité, seule ou avec d’autres personnes, alors que la machine n’intervenait pas auparavant [Andersen 90, pp.43,58,361-370; Wood 94]. Elles posent en particulier le problème de « l’écart », à conserver ou à atténuer le plus possible, entre les fonctionnements de l’utilisateur et de la machine [Rabardel 93, pp.107-108].
 
Un troisième point ,  auquel sera consacré l’essentiel de cette introduction, concerne la fonction de l’activité perceptive dans la conception et sa manifestation à travers les « représentations externes » [Rabardel 93, pp.102-104 ; Wood 94, p.34]] que sont les énoncés linguistiques et les images à l’écran. En conception les images et les énoncés jouent un rôle actif dans l’élaboration du produit à construire (Wood 94), ces deux types de présentation se complétant l’un l’autre [Neilson et Lee 94 ]. Cependant la perception et l’action constituent des dimensions encore peu étudiées des processus de conception [D. Schön cité par Edmonds 94, p.7] ; il en est de même de l’apport des représentations externes à l’action [Rabardel 93, Wood 94. 
 
La langue est utilisée en situation et se limite ici à la catégorie des « langages opératifs » ; elle est mise en oeuvre dans un « dialogue opératif » [Falzon 89, Luzzati 93] dont le but est la réalisation d’une tâche dans un domaine d’activité déterminé. En conséquence elle subit l’influence à la fois de la forme d’_expression dialogique, de la nature opérative de celle-ci, et des caractéristiques du domaine d’activité graphique où la dimension perceptive visuelle est fondamentale. Le vocabulaire et les structures syntaxiques d’une langue opérative constituent un sous-ensemble des possibilités offertes par la langue employée. A ce sous-ensemble s’ajoutent des termes et des schémas syntaxiques spécifiques.
 
Selon J.M . Marandin « on peut, à partir de ce type d'analyse, capter l'intuition que le phénomène a un rapport avec le thème du discours, ici le thème de la conversation. Il existe actuellement deux façons de définir le thème de discours (TD dorénavant). La première met au centre de la définition la relation "à propos" (aboutness) et définit le thème de discours comme un individu : un segment de discours est à propos d'un individu donné. La seconde met au centre de la définition le point (the issue) dont on parle et le TD est défini comme une  question . On notera que l'on peut toujours subsumer la première sous la seconde. »La seconde définition permet de concevoir que le TD puisse être complexe : non pas un individu, mais la ou les relations entre deux ou plusieurs individus 10. Elle est donc plus générale et c'est la raison pour laquelle je l'admettrai ici.. Lorsqu'on admet de définir le TD comme une question, on peut décrire l'accent C comme un marqueur de modification du thème de discours :
 
Par situation d’interaction, on entend tout ce qui constitue le contexte dans lequel une commande est émise et interprétée. Schuman  insiste sur la nature réactive des actions, dépendantes des circonstances dans lesquelles elles sont effectuées, par opposition au modèle de la planification qui se confond avec une théorie de l’action de type résolution de problème. L’activité de conception impose de privilégier une vision des actions comme réponses à des circonstances particulières et de rendre secondaire la planification aux objectifs prédéfinis. Le caractère situé de l’action implique donc que la signification des instructions pour l’action ne soit pas inhérente à l’instruction mais doive être recherchée par celui qui suit l’instruction en référence à la situation d’usage. L’interaction implique une vision partagée de cette situation par les acteurs. Dans le cas d’une interaction homme-machine, seules les composantes de la situation pouvant être, représentées en machine sont partageables, ce qui, par rapport à une relation interhumaine, reste très limitée.
 
La coopération peut être interne ou externe. La première est transparente pour ‘utilisateur, l’autre est extériorisée dans le dialogue. On trouve dans [Bourguet 92 ; aelen 92] la proposition de plusieurs stratégies de dialogue qui ont essentiellement our but d’aider l’utilisateur à préciser des informations qui manquent à ses énoncés decommande. L’interaction coopérative, conformément à la définition que nous avons onnée, implique des mécanismes de mise à jour et d’utilisation de connaissances de la art du système. La forme de dialogue n’est que la trace de ces mécanismes profonds. n propose de catégoriser les formes d’interaction coopérative en fonction des types de connaissances et des mécanismes qui permettent d’y accéder ou de les construire. Dans n premier temps, quatre classes d’interactions coopératives ont été isolées et ont donné  eu à des réalisations informatiques.
 
Dans  l’article intitulé « l’analyse  de conversation, de l’ethnométhodologie à la linguistique interactionnelle », Michel de Fornel et Jacqueline  Léon  ont affirmé que «  nous nous proposons de retracer l’histoire de l’analyse de conversation, en la resituant tant du point de vue de sa filiation, avec l’ethnométhodologie, la dialectologie et l’anthropologie linguistique que de ses relations avec les champs connexes apparus à la même époque aux États-Unis comme l’ethnographie de la communication, la sociolinguistique ou la grammaire générative. Dans une seconde partie, nous exposerons ses principaux concepts et les méthodes qui lui sont propres, et nous nous attacherons à montrer la spécificité de ses objets et de son orientation, qui apporte un renouvellement certain des problèmes traditionnellement traités par la pragmatique et les recherches sur le discours.  »
 
En effet, l’analyse de conversation  est considérée en sociolinguistique  et  en psychologie cognitive et du développement, à travers  les interactions   les concepts de schème, de scripts et de format, comme un phénomène fondamental impliqué dans l’émergence, la consolidation et l’extension des connaissances linguistiques .Autrement dit dans le champ de la linguistique, de façon récente, , l’analyse de conversation  constitue un objet d’étude,(discours) au sein d’approches attentives aux phénomènes énonciatifs, discursifs ou pragmatiques.
 
Une tendance manifeste à restreindre l’interaction au face-à-face individuel avec, dans sa foulée, une centration sur des entités individuelles sans appartenance sociale. Le terme de « membre » que l’ethnométhodologie leur applique ne doit pas tromper. Il ne s’agit pas plus d’une référence à une communauté d’appartenance qu’à la personne en elle-même. H. GARFINKEL et H. SACKS diront que « cela se rapporte plutôt à la maîtrise du langage commun 
L’objet de l’interaction semble lui aussi se restreindre à la stricte communication linguistique entre les membres, dans les limites d’une situation donnée.
 
La centration sur la communication conduit à une centration plus spécifique et plus forte encore sur son support premier : le langage. Théoriquement, il est déjà central, on l’a vu, du fait qu’il est le critère de filiation du membre au groupe. Méthodologiquement, il le sera d’autant plus, s’agissant finalement d’expliciter les mécanismes cognitifs aux moyens desquels les « membres » peuvent à la fois produire des significations accessibles à la compréhension des autres et comprendre, en retour, les leurs, en les interprétant à bon escient. Et de ce point de vue, il me paraît significatif que l’ethnométhodologie ait donné lieu à deux dérivés à tendance proprement linguistique pour le premier, et plus généralement cognitive pour le second, et finalement problématiques dans les deux cas.
 
Le premier dérivé correspond à ce qu’on appelle « l’analyse de conversation  » C’est un domaine de recherche qui tend à autonomiser ses pratiques, fondées par Harvey SACKS au milieu des années soixante, dans une branche propre, voire séparée de l’ethnométhodologie, de par sa centration sur l’étude des pratiques langagières et des échanges verbaux de la vie courante.
 
Le second renvoie à « la sociologie cognitive »  initiée par Aron V. CICOUREL dans une perspective plus indépendante encore de l’ethnométhodologie. Axée sur le langage, la communication et la connaissance, elle tend manifestement à déplacer les structures de l’extérieur environnemental à l’intérieur cognitif. Car si les faits sociaux ne sont pas des choses indépendantes des acteurs mais des accomplissements pratiques, réalisés par des membres dotés de compétences sociales, à l’effet de tenir leurs rôles dans les interactions, alors, dit A. CICOUREL, il faut poser la question des « conditions minimales » nécessaires à la formation de cette « compétence interactionnelle », en tenant « explicitement compte des caractéristiques qui permettent à l’acteur d’identifier et d’agir selon les comportements “ appropriés ”  »
 
L’auteur situe alors ces caractéristiques, c’est-à-dire finalement la capacité de décider de l’interaction « normale » et « convenable »,  dans des structures profondes, par analogie avec les structures de N. CHOMSKY dans le domaine de la linguistique. Ces structures, qu’il appelle « procédés interprétatifs », agiraient à la manière de schèmes cognitifs qui nourrissent la compétence à gouverner les interactions. « L’acquisition et l’utilisation de procédés interprétatifs dans le temps est une organisation des connaissances qui assure en permanence un sens de la structure sociale »
.
 
BIBLIOGRAPHIE GENERALE
 
Boden, Deirdre (1990) 'People are Talking: Conversation Analysis and Symbolic Interaction'. In: H. S. Becker and M. McCall (eds), Symbolic Interaction and Cultural Studies, Chicago: University of Chicago Press: 244‑73
 
Boden, Deirdre (1994) The business of talk: organizations in action. Cambridge: Polity Press
 
Boden, Deirdre (1994) 'Talk, Text and History: President Kennedy and the Mississippi Crisis'. In D. Crowley and D. Mitchell (eds), Communication Theory Today. Cambridge: Polity Press.
 
Boden, Deirdre (1995) 'Agendas and arrangements: everyday negotiations in meetings'. In: A. Firth, ed. The discourse of negotiation: studies of language in the workplace. Oxford: Pergamon: 83-100
 
Boden, Deirdre, D. Bielby (1983) 'The past as resource: a conversational analysis of elderly talk', Human development 26: 308-19
 
Boden, Deirdre, D.B. Bielby, (1986) 'The way it was: topical organization in elderly conversation', Language and Communication 6: 12 & 73-89
 
Boden, Deirdre, Harvey L. Molotch (1994) 'The compulsion of proximity'. In: R. Friedland, Deirdre Boden, eds. NowHere: space, time and modernity. Berkeley: University of California Press: 257-86
 
Boden, Deirdre, Don H. Zimmerman, eds. (1991) Talk and social structure: studies in ethnomethodology and conversation analysis. Cambridge: Polity Press
Cicourel, Aaron V. Method and measurement in sociology. New York: The Free Press
 
Cicourel, Aaron V. (1968) The social organization of juvenile justice. New York: Wiley  (London: Heinemann, 1976)
 
Cicourel, Aaron V. (1973) Cognitive sociology: language and meaning in social interaction. Harmondsworth: Penguin
 
Cicourel, Aaron V. (1974) Theory and method in a study of Argentine fertility. New York: Wiley
 
Cicourel, Aaron V. (1981) 'The role of cognitive-linguistic concepts in understanding everyday social interactions'. Annual Review of Sociology 7: 87-106
 
Cicourel, Aaron V. (1985) 'Doctor-patient discourse'. In: T.A. van Dijk,ed. Handbook of discourse analysis. London: Academic Press, vol. III: 193-202
Cicourel, Aaron V. et al. (1974) Language use and school performance. New York: Academic Press Garfinkel,
Harold (1963) 'A conception of, and experiments with, "trust" as a condition of stable concerted actions'. In: O.J. Harvey, ed. Motivation and social interaction: cognitive approaches. New York: Ronald Press: 187-238
 
Garfinkel, Harold (1964) 'Studies in the routine grounds of everyday activities', Social Problems 11: 22550 (reprinted in: In: David Sudnow, ed. Studies in social interaction. New York: Free Press: 1972)
 
Garfinkel, Harold (1967) Studies in ethnomethodology. Englewood Cliffs, N.J.: Prentice-Hall
 
Garfinkel, Harold (1967) 'Practical sociological reasoning: some features in the work of the Los Angeles Suicide Prevention Center'. In: E.S. Shneidman, ed. Essays in selfdestruction. New York: Science House: 171-287 [reprinted in: Travers, M. & John F. Manzo, eds. (1997) Law in Action: Ethnomethodological & Conversation Analytic Approaches to Law. Aldershot, UK: Dartmouth Publishing Co.: 25-41]
 
Garfinkel, Harold, ed. (1986) Ethnomethodological studies of work. London: Routledge & Kegan Paul
 
Garfinkel, Harold (1988) 'Evidence for locally produced, naturally accountable phenomena of order, logic, reason, meaning, method, etc. in and as of the essential quiddity of immortal ordinary society (I of IV): an announcement of studies', Sociological Theory 6: 10-39
 
Garfinkel, Harold (1990) 'The curious seriousness of professional sociology'. In: Bernard Conein, M. de Fornel, L. Quéré, Les formes de la conversation. Vol 1. CNET: 69-78
 
Garfinkel, Harold (1991) 'Respecification: evidence for locally produced, naturally accountable phenomena of order*, logic, reason, meaning, method, etc. in and as of the essential haecceity of immortal ordinary society (I) an announcement of studies'. In: Button, ed. Ethnomethodology and the human sciences. Cambridge: Cambridge University Press: 10-19
 
Garfinkel, Harold (1996) 'An Overview of Ethnomethodology's Program', Social Psychology Quarterly 59 (1996): 5‑21
 
Garfinkel, Harold (2001) 'Le Programme de l ethnométhodologie'. In: Fornel, Michel de, Albert Ogien, Louis Quéré (dir.) L'ethnométhodologie: une sociologie radicale [Colloque de Cerisy]. Paris: Editions La Découverte [Collection "Recherches"]: 31-56 [A translation of Garfinkel, 1996]
 
Garfinkel, Harold (2001) 'Postface: l'ethnométhodologie et les legs oublié de Durkheim'.
In: Fornel, Michel de, Albert Ogien, Louis Quéré (dir.) L'ethnométhodologie: une sociologie radicale [Colloque de Cerisy]. Paris: Editions La Découverte [Collection "Recherches"]: 439-444
 
Garfinkel, Harold (2002) Ethnomethodology's Program: Working Out Durkheim's Aphorism. Edited and Introduced by Anne Rawls. Lanham, MD: Rowman & Littlefield
 
Garfinkel, Harold, Eric Livingston (2003) 'Phenomenal field properties of order in formatted queues and their neglected standing in the current situation of inquiry'.  In: Mike Ball (ed.) Image Work, a Special Issue of Visual Studies 18/1 ( April 2003): 21-28
 
Garfinkel, Harold, Michael Lynch, E. Livingston, (1981) 'The work of a discovering science construed with materials from the optically discovered pulsar', Philosophy of the Social Sciences. 11: 131-58
 
Garfinkel, Harold, Harvey Sacks, (1970) 'On formal structures of practical action'. In: John C. McKinney & E.A. Tiryakian, eds. Theoretical sociology: perspectives and developments. New York: Appleton-Century-Crofts: 338-66
 
Garfinkel, Harold, D. Lawrence Wieder (1992) 'Two incommensurable, asymmetrically alternate technologies of social analysis'. In: Graham Watson, R.M. Seiler, eds. Text in context: studies in ethnomethodology. Newbury Park, etc. Sage: 175-206
Jefferson, Gail (1972) 'Side sequences'. In: David Sudnow, ed. Studies in social interaction. New York: Free Press: 294-338
 
Jefferson, Gail (1973) 'A case of precision timing in ordinary conversation: overlapped tag-positioned address terms in closing sequences', Semiotica 9: 47-96
 
Jefferson, Gail (1974) 'Error correction as an international resource', Language in Society 2: 181-99
 
Jefferson, Gail (1978) 'Sequential aspects of story telling in conversation'. In: J.N. Schenkein, ed., Studies in the organization of conversational interaction. New York: Academic Press: 213-48
 
Jefferson, Gail (1978) 'What's in a "Nyam"?', Sociology 12: 135-9
 
Jefferson, Gail (1979) 'A technique for inviting laughter and its subsequent acceptance/declination'. In: George Psathas, ed., Everyday language: studies in ethnomethodology. New York: Irvington: 79-96
 
Jefferson, Gail (1980) 'On "trouble-premonitory" response to inquiry', Sociological Inquiry 50: 153-85
 
Jefferson, Gail (1981) 'Caveat speaker'. Final report SSRC (mimeo)
 
Jefferson, Gail (1983) 'On exposed and embedded correction in conversation'. Studium Linguistik, 14: 58-68
 
Jefferson, Gail (1984) 'On stepwise transition from talk about a trouble to inappropriately next-positioned matters'. In: Atkinson, J. Maxwell, John Heritage, eds. Structures of Social Action: Studies in Conversation Analysis. Cambridge: Cambridge University Press: 191-222
 
Jefferson, Gail (1984) 'On the organization of laughter in talk about troubles'. In: Atkinson, J. Maxwell, John Heritage, eds. Structures of Social Action: Studies in Conversation Analysis. Cambridge: Cambridge University Press: 346-69
 
Jefferson, Gail (1984) 'Notes on a systematic deployment of the acknowledgement tokens "Yeah" and "Mm hm"', Papers in Linguistics 17: 197-206
 
Jefferson, Gail (1985) 'On the interactional unpacking of a "gloss"', Language in Society 14: 435-66
 
Jefferson, Gail (1985) 'An exercise in the transcription and analysis of laughter'. In: T.A. van Dijk,ed. Handbook of discourse analysis. London: Academic Press. Vol. 3: 25-34
 
Jefferson, Gail (1986) 'Notes on 'latency' in overlap onset', Human Studies 9: 15384
 
Jefferson, Gail (1987) 'On exposed and embedded correction in conversation'. In: Button, Graham, J.R.E. Lee, eds., Talk and social organisation. Clevedon: Multilingual Matters: 86-100
 
Jefferson, Gail (1988) 'On the sequential organization of troubles talk in ordinary conversation'. Social Problems 35: 418-41
 
Jefferson, Gail (1989) 'Preliminary notes on a possible metric which provides for a 'standard maximum' silence of approximately one second in conversation'. In: Roger, D., Peter Bull, eds., Conversation: an interdisciplinary perspective. Clevedon: Multilingual Matters: 166‑96
 
Jefferson, Gail (1990) 'List‑construction as a task and a resource'. In: George Psathas, eds. Interaction Competence. Washington, D.C.: University Press of America: 63-92
 
Jefferson, Gail (1993) 'Caveat speaker: Preliminary notes on recipient topic‑shift implicature', Research on language and social interaction 26: 1‑30
 
Jefferson, Gail (1996) 'A case of transcriptional stereotyping', Journal of Pragmatics 26: 159-70
 
Jefferson, Gail (2003) 'A Note on Resolving Ambiguity'. In: Phillip Glenn, Curtis D. LeBaron, Jenny Mandelbaum, eds. Studies in Language and Social Interaction: In honor of Robert Hopper. Mahweh, N.J. Lawrence Erlbaum: 221-40
 
Jefferson, Gail, John R.E. Lee, (1981) 'The rejection of advice: managing the problematic convergence of a "TroublesTelling" and a "Service Encounter"', Journal of Pragmatics 5: 399-422
 
Jefferson, Gail, Harvey Sacks, Emanuel A. Schegloff (1987) 'Notes on laughter in the pursuit of intimacy'. In: Button, Graham, J.R.E. Lee, eds., Talk and social organisation. Clevedon: Multilingual Matters: 152-205
 
Jefferson, Gail, Jim Schenkein (1977) 'Some sequential negotiations in conversation: unexpanded and expanded versions of projected action sequences', Sociology 11: 87103 (also in: J.N. Schenkein, ed., Studies in the organization of conversational interaction. New York: Academic Press (1978): 155-72)
Have, Paul ten (1977) 'Etnomethodologie'. In: L. Rademaker, H. Bergman, red. Sociologische stromingen. Utrecht: Het Spectrum: 145-68
 
Have, Paul ten (1980) 'Openingssequenties'. In: A. Foolen, e.a. red., Conversatieanalyse. Groningen: Xenos: 63-84
 
Have, Paul ten (1981) 'Lokale en globale samenhangen in raadgevende gesprekken', Tijdschrift voor Taal en Tekstwetenschap 1: 24-45
 
Have, Paul ten, (1982) 'Sociologische gespreksanalyse', Tijdschrift voor Taal en Tekstwetenschap 2: 90-104
 
Have, Paul ten (1983) 'Leren in hulpverlenende gesprekken', Bulletin Leren van Volwassenen nr. 12: 107-23
 
Have, Paul ten, (1985) 'Contrastive analyses of interview talk'. In: T. Hak, J. Haafkens, G. Nijhof, eds. Working papers on discourse and conversational analysis. Rotterdam: Instituut Preventieve Sociale Psychiatrie EUR: 151-63 (nr. 6 in series Konteksten)
 
Have, Paul ten, (1985) 'Een methode voor de etnomethodologie?', Sociologisch Tijdschrift 12: 368-80
 
Have, Paul ten, (1986) 'De formulering van klachten in huisartsspreekuurgesprekken'. In: J. Creten, G. Geerts, K. Jaspaert, eds. Werkinuitvoering: momentopname van de sociolinguïstiek in België en Nederland. LeuvenAmersfoort: Acco: 125-34
 
Have, Paul ten (1986) 'Conversatieanalyse tussen uniciteit en universaliteit'. In: Scholtens & Springorum, red. 33-47
 
Have, Paul ten, (1987) Sequenties en formuleringen; aspecten van de interactionele organisatie van huisartsspreekuurgesprekken [Sequences and formulations: aspects of the interactional organization of general practice consultations]. Dordrecht: Foris
 
Have, Paul ten (1988) 'De dokter zwijgt'. In: F.H. van Eemeren, R. Grootendorst, red. Taalbeheersing in ontwikkeling. Dordrecht: Foris Publications: 393-99
 
Have, Paul ten, (1989) 'The consultation as a genre'. In: B. Torode, ed. Text and Talk as Social Practice. Dordrecht/Providence, R.I.: Foris Publications: 115-35
 
Have, Paul ten (1990) 'Und der Artz schweigt. SpechstundenEpisoden, in denen Ärtze auf Patienteninformationen sprachlich nicht reagieren'. In: K. Ehlich, A. Koerfer, A. Redder, R. Weingarten, Hrsg. Medizinische und therapeutische Kommunikation. Opladen: Westdeutscher Verlag: 103-21
 
Have, Paul ten (1990) 'Feiten en fouten: de 'Bolderkaraffaire' als interprofessionele methodenstrijd', Kennis en Methode 14:104-28
 
Have, Paul ten (1990) 'Methodological issues in conversation analysis', Bulletin de Méthodologie Sociologique, Nr. 27 (June): 23-51 [also: http://www.pscw.uva.nl/emca/mica.htm]
 
Have, Paul ten (1990) '"Dus met deze medicijnen los ik dat probleem niet op": medicatie en de organisatie van medische interactie', Medische Antropologie 2 (1990): 5-16
 
Have, Paul ten (1991) 'The doctor is silent: observations on episodes without vocal receipt during medical consultations'. In: Bernard Conein, M. de Fornel, L. Quéré, Les formes de la conversation, vol 2. Issy les Moulineaux: CNET, 1991: 55-76
 
Have, P, ten (1991) 'Vorm en inhoud van spreekuurgesprekken', Huisarts en Wetenschap 34: 330-5
 
Have, Paul ten (1991) 'Talk and institution: a reconsideration of the 'asymmetry' of doctorpatient interaction'. In: Deirdre Boden & Don H. Zimmerman, eds. Talk and social structure: studies in ethnomethodology and conversation analysis. Cambridge: Polity Press: 138-63
 
Have, Paul ten (1991) 'User routines for computer assisted conversation analysis'. The Discourse Analysis Research Group Newsletter, 7/3 (Fall): 39
 
Have, Paul ten (1991 e) 'Medische ondervraging: tussentijdse overwegingen bij lopend onderzoek'. In: R. van Hout & E. Huls, red. Artikelen van de Eerste Sociolinguïstische Conferentie. Delft: Uitgeverij Eburon: 207-23
 
Have, Paul ten (1993) 'Fragen von Ärzten. Erste Bemerkungen'. In: P. Löning, J. Rehbein, (Hg.), ArtzPatientenKommunikation: Analysen zu interdisziplinären Problemen des medizinischen Diskurses. Berlin, New York: Walter de Gruyter: 373-83
 
Have, Paul ten (1994) 'De concrete sociale orde: lichaam, machine en informatietechnologie' [The concrete social order: body, machine, and information technology], Kennis en Methode 18: 114-38
 
Have, Paul ten (1995) 'Disposal negotiations in general practice consultations'. In: A. Firth, ed. The discourse of negotiation: studies of language in the workplace. Oxford: Pergamon: 319-44
 
Have, Paul ten (1995) 'Formatting the consultation: communication formats and constituted identities'. In: E. Huls & J. KlatterFolmer, eds. Artikelen van de Tweede Sociolinguïstische Conferentie. Delft: Eburon: 245-68
 
Have, Paul ten (1995) 'Medical ethnomethodology: An Overview', Human Studies 18: 245-61
 
Have, Paul ten (1997) 'A doctor's body work: an exploratory exercise'. In: A. Marcarino, ed., Analisi della conversatione e prospettive di recerca in etnometodologia. Urbino: Editioni QuattroVenti: 207-18
 
Have, Paul ten (1997) 'Een basisprocedure voor conversatie‑analytisch onderzoek' [A basic procedure for conversation‑analytic research]. In: L. Meeuwesen & HannekeHoutkoop‑Steenstra (red.), Sociale Interactie in Nederland. Utrecht: ISOR: 15‑42
 
Have, Paul ten (1999) Doing conversation analysis: a practical guide.. London, etc.: Sage Publications
 
Have, Paul ten (1999) 'Structuring Writing for Reading: Hypertext and the Reading Body', Human Studies 22: 273‑98
 
Have, Paul ten (2000) 'Computer‑Mediated Chat: Ways of Finding Chat Partners', M/C ‑ A Journal of Media and Culture 4(3) http://www.media-culture.org.au/archive.html#chat
 
Have, Paul ten (2001) 'Lay Diagnosis in Interaction' Text 21: 251B260
 
Have, Paul ten (2001) 'Applied conversation analysis'. In: Alec McHoul and Mark Rapley, eds. How to Analyse Talk in Institutional Settings: A Casebook of Methods. London: Continuum: 3‑11
 
Have, Paul ten (2002, September) 'The Notion of Member is the Heart of the Matter: On the Role of Membership Knowledge in Ethnomethodological Inquiry' [53 paragraphs]. Forum Qualitative Sozialforschung / Forum: Qualitative Social Research [On‑line Journal], 3(3). Available at: http://www.qualitative‑research.net/fqs/fqs‑eng.htm
 
Have, Paul ten (2002) 'Ontology or methodology? Comments on Speer's "natural" and "contrived" data: a sustainable distinction? Discourse Studies 4: 527-30
 
Have, Paul ten (2002) 'Comparing telephone call openings: Theoretical and methodological reflections'. In: Kang Kwong Luke, Theodossia‑Soula Pavlidou (eds.) Telephone Calls: Unity and diversity in conversational structure across languages and cultures. Amsterdam: John Benjamins: 233-48
Have, Paul ten (2002) 'Reflections on transcription'  cahiers de praxématique 39: 21-43
Have, Paul ten (2003) 'Teaching students observational methods: visual studies and visual analysis'. In: Mike Ball (ed.) Image Work, a Special Issue of Visual Studies 18/1 ( April 2003): 29‑35
 
Have, Paul ten (2004) 'Ethnomethodology'. In: In: Seale, Clive, David Silverman, Jay Gubrium, Giampietro Gobo, eds. Qualitative research practice . London, etc.: Sage Publications: 151-64
 Have, Paul ten (2004) Understanding qualitative research and ethnomethodology. London etc. Sage Publications
 
Have, Paul ten, George Psathas, eds. (1995) Situated order: Studies in the social organization of talk and embodied activities. Washington, D.C.: University Press of America
 
Marandin, J.M. (1986) 'Des mots et des actions: compliment, complimenter et l'action de complimenter'. In: Bernard Conein et al. (1986) Lexique et faits sociaux. (Lexique 5). Lille: Presses Universitaires de Lille:65-99
 Schegloff, Emanuel A. (1963) 'Toward a reading of psychiatric theory', Berkeley Journal of Sociology 8: 61-91
 
Schegloff, Emanuel A. (1968) 'Sequencing in conversational openings', American Anthropologist, 70: 1075-95 [many reprints]
Schegloff, Emanuel A. (1972) 'Notes on a conversational practice: formulating place'. In: David Sudnow, ed. Studies in social interaction. New York: Free Press: 75-119
 
Schegloff, Emanuel A. (1978) On some questions and ambiguities in conversation'. In: W.U. Dressler, ed. Current trends in textlinguistics. Berlin: De Gruyter: 81-102 (reprint: Atkinson, J. Maxwell, John Heritage, eds. Structures of Social Action: Studies in Conversation Analysis. Cambridge: Cambridge University Press: 28-52)
 
Schegloff, Emanuel A. (1979) 'Identification and recognition in telephone conversation openings'. In George Psathas, ed. Everyday language: studies in ethnomethodology. New York: Irvington: 23-78
 
Schegloff, Emanuel A. (1979) 'The relevance of repair to syntax-for-conversation'. In: T. Givon, ed. Syntax and semantics 12: Discourse and syntax. New York: Academic Press: 261-86
 
Schegloff, Emanuel A. (1980) 'Preliminaries to preliminaries: "Can I ask you a question?"', Sociological Inquiry 50: 104-52
 
Schegloff, Emanuel A. (1982) 'Discourse as an interactional achievement: some uses of "uh huh" and other things that come between sentences'. In: D. Tannen (ed.), Analyzing discourse: text and talk.(Georgetown University Roundtable on Languages and Linguistics). Washington, D.C.: Georgetown University Press: 71-93
 
Schegloff, Emanuel A. (1984) 'On some gestures relation to talk'. In: Atkinson, J. Maxwell, John Heritage, eds. Structures of Social Action: Studies in Conversation Analysis. Cambridge: Cambridge University Press: 266-96
 
Schegloff, Emanuel A. (1986) 'The routine as achievement', Human Studies 9: 111-51
 
Schegloff, Emanuel A. (1987) 'Analyzing single episodes of interaction: an exercise in conversation analysis', Social Psychology Quarterly 50: 101-14
 
Schegloff, Emanuel A. (1987) 'Recycled turn beginnings: a precise repair mechanism in conversation's turntaking organization'. In: Graham Button,, J.R.E. Lee, eds., Talk and social organisation. Clevedon: Multilingual Matters: 70-85
 
Schegloff, Emanuel A. (1987) 'Between macro and micro: contexts and other connections'. In: J. Alexander, et al. eds. The micro-macro link. Berkeley and Los Angeles: University of California Press: 207-34
 
Schegloff, Emanuel A. (1987) 'Some sources of misunderstanding in talk-in-interaction', Linguistics 25: 201-18
 
Schegloff, Emanuel A. (1988) 'Goffman and the analysis of conversation'. In: Paul Drew, A. Wootton, eds., Erving Goffman: exploring the interaction order. Cambridge: Polity Press: 89-135
 
Schegloff, Emanuel A. (1988) 'On a virtual servomechanism for guessing bad news: a single-case conjecture', Social Problems 35: 442-57
 
Schegloff, Emanuel A. (1988) 'Description in the social sciences I: talk-in-interaction', IPrA Papers in Pragmatics 2: 1-24
 
Schegloff, Emanuel A. (1988) 'Discourse as an interactional achievement II: An exercise in conversation analysis'. In: D. Tannen, ed. Linguistics in context: Connecting observation and understanding. Norwood, N.J.: Ablex
 
Schegloff, Emanuel A. (1988) 'Presequences and indirection: applying speech act theory to ordinary conversation', Journal of Pragmatics 12: 55-62
 
Schegloff, Emanuel A. (1988/9) 'From interview to confrontation: observations on the Bush/Rather encounter'. Research on Language and Social Interaction 22: 215-40
 
Schegloff, Emanuel A. (1989) 'Reflections on language, development, and the interactional character of talk-in-interaction'. In: M.H. Bornstein, J.S. Bruner, eds. Interaction in human development. Hilsdale, N.J.: Lawrence Erlbaum: 139-53
 
Schegloff, Emanuel A. (1990) 'On the organization of sequences as a source of "coherence" in talk-in-interaction'. In: B. Dorval, ed. Conversational organization and its development, Norwood, N.J.: Ablex: 51-77
 
Schegloff, Emanuel A. (1991) 'Reflections on talk and social structure'. In: Boden, Deirdre, Don H. Zimmerman, eds. Talk and social structure: studies in ethnomethodology and conversation analysis. Cambridge: Polity Press: 44-70
 
Schegloff, Emanuel A. (1991) 'Conversation Analysis and Socially Shared Cognition'. In L. Resnick, J. Levine, S. Teasley (eds.), Perspectives on Socially Shared Cognition. Washington, D.C.: American Psychological Association: 150‑71
 
Schegloff, Emanuel A. (1992) 'Repair after next turn: The last structurally provided defense of intersubjectivity in conversation', American Journal of Sociology, 98:1295-1345
 
Schegloff, Emanuel A. (1992) 'To Searle on conversation: A note in return. In: H. Parrett, J. Verschueren, eds. (On) Searle on Conversation. Amsterdam/Philadelphia: John Benjamins: 113‑28.
 
Schegloff, Emanuel A. (1992) 'On talk and its institutional occasions'. In: Drew, Paul, John Heritage, eds. Talk at work: interaction in institutional settings. Cambridge: Cambridge University Press: 101-34
 
Schegloff, Emanuel A. (1992) 'In another context'. In: A. Duranti, C. Goodwin, eds., Rethinking context: language as an interactive phenomenon. Cambridge: Cambridge University Press: 193-227
 
Schegloff, Emanuel A. (1993) 'Reflections on Quantification in the Study of Conversation', Research on Language and Social Interaction, 26: 99‑128
 
Schegloff, Emanuel A. (1995) 'Parties and talking together: Two ways in which numbers are significant for talk-in-interaction'. In: Paul ten Have, George Psathas, eds., Situated order: Studies in the social organization of talk and embodied activities. Washington, D.C.: University Press of America: 31-42
 
Schegloff, Emanuel A. (1995) 'Discourse as an interactional achievement III: The omnirelevance of action', Research in Language and social interaction 28: 185-211
 
Schegloff, Emanuel A. (1996) 'Issues of relevance for discourse analysis: contingency in action, interaction and co-participant context'. In: E.H. Hovy, D. Scott, eds. Computational and conversational discourse: Burning issues B An interdisciplinary account. Heidelberg: Springer Verlag: 3-38
 
Schegloff, Emanuel A. (1996) 'Turn organization: one intersection of grammar and interaction'. In: Ochs, E., Emanuel A. Schegloff, S.A. Thompson, eds., Interaction and Grammar. Cambridge: Cambridge University Press: 52-133
 
Schegloff, Emanuel A. (1996) 'Confirming allusions: towards an empirical account of action', American Journal of Sociology 104: 161-216
 
Schegloff, Emanuel A. (1996) 'Some practices of referring to persons in talk‑in‑interaction: a partial sketch of a systematics'. In: B. Fox, ed. Studies in anaphora. Amsterdam: Benjamins: 437‑85
 
Schegloff, Emanuel A. (1997) 'Whose text? Whose context?', Discourse & Society 8: 165-87
 
Schegloff, Emanuel A. (1997) 'Practices and Actions: Boundary Cases of Other‑Initiated Repair', Discourse Processes 23: 499‑545
 
Schegloff, Emanuel A. (1997) '"Narrative Analysis" Thirty Years Later', Journal of Narrative and Life History 7: 97-106
 
Schegloff, Emanuel A. (1997) 'Third turn repair'. In: G.R. Guy et al, eds. Towards a social science of language: Papers in honor of William Labov, Volume 2: Social interaction and discourse structures. Amsterdam: John Benjamins: 31-40
 
Schegloff, Emanuel A. (1998) 'Reply to Wetherell', Discourse & Society, 9: 413-16
 
Schegloff, Emanuel A. (1998) 'Reflections on studying prosody in talk‑in‑interaction', Language and speech 41: 235‑63
 
Schegloff, Emanuel A. (1998) 'Body torque', Social Research 65: 535‑86
 
Schegloff, Emanuel A. (1999) 'On Sacks on Weber on Ancient Judaism: Introductory Notes and Interpretive Resources', Theory, Culture and Society 16:1‑29
 
Schegloff, Emanuel A. (1999) 'What Next?: Language and Social Interaction Study at the Century's Turn', Research on Language and Social Interaction 32: 141-8
 
Schegloff, Emanuel A. (1999) 'Discourse, pragmatics, conversation, analysis', Discourse Studies 1: 405-35
 
Schegloff, Emanuel A. (1999) '"Schegloff's Texts" as "Billig's Data": A critical reply', Discourse & Society 10: 558-72
 
Schegloff, Emanuel A. (1999) 'Naivety vs. Sophistication or Discipline vs. Self-Indulgence: A rejoinder to Billig', Discourse & Society 10: 577-82
 
Schegloff, Emanuel A. (2000) 'Overlapping talk and the organization of turn-taking for
conversation', Language in Society 29:1-63
 
Schegloff, Emanuel A. (2000) 'On granularity', Annual Review of Sociology 26: 715-20
 
Schegloff, Emanuel A. (2000) 'When "others" initiate repair', Applied Linguistics 21: 205-43
 
Schegloff, Emanuel A. (2001) 'Accounts of conduct in interaction: interruption, overlap, and turn-taking'. In: J.H. Turner, ed. Handbook of sociological Theory. New York/Dordrecht: Kluwer Academic/Plenum: 287-321
 
Schegloff, Emanuel A. (2001) 'Getting serious: Joke 6 serious "no"', Journal of Pragmatics 33: 1947-55
 
Schegloff, Emanuel A. (2001) 'Overwrought utterances: "Complex" sentences in a different sense'. In: J. Bybee, M. Moonan, eds. Complex sentences in grammar and discourse: Essays in honor of Sandra A. Thompson. Amsterdam: John Benjamins: 321-36
 
Schegloff, Emanuel A. (2002) 'Survey interviews as talk‑in‑interaction'. In: Maynard, Douglas W., Hanneke Houtkoop‑Steenstra, Nora Cate Schaeffer & J. van der Zouwen (eds.)
Standardization and Tacit Knowledge. Interaction and Practice in the Survey Interview. New York: John Wiley: 151‑61
 
Schegloff, Emanuel A. (2002) 'Reflections on research on telephone conversation: Issues of cross‑cultural scope and scholarly exchange, interactional import and consequences'. In: Kang Kwong Luke, Theodossia‑Soula Pavlidou (eds.) Telephone Calls: Unity and diversity in conversational structure across languages and cultures. Amsterdam: John Benjamins: 249-81
 
Schegloff, Emanuel A. (2002) 'Beginnings in the telephone'. In: J.E. Katz, M. Aakhus, eds. Perpetual contact: mobile communication, private talk, public performance. Cambridge: Cambridge University Press: 284-300
 
Schegloff, Emanuel A. (2002) 'On "opening sequencing": an introductory note'. In: J.E. Katz, M. Aakhus, eds. Perpetual contact: mobile communication, private talk, public performance. Cambridge: Cambridge University Press: 321-25
 
Schegloff, Emanuel A. (2002) 'Opening sequencing'. In: J.E. Katz, M. Aakhus, eds. Perpetual contact: mobile communication, private talk, public performance. Cambridge: Cambridge University Press: 326-85
 
Schegloff, Emanuel A. (2003) 'On ESP Puns'. In: Phillip Glenn, Curtis D. LeBaron, Jenny Mandelbaum, eds. Studies in Language and Social Interaction: In honor of Robert Hopper. Mahweh, N.J. Lawrence Erlbaum: 531-40
 
Schegloff, Emanuel A. (2003) 'The Surfacing of the Suppressed'. In: Phillip Glenn, Curtis D. LeBaron, Jenny Mandelbaum, eds. Studies in Language and Social Interaction: In honor of Robert Hopper. Mahweh, N.J. Lawrence Erlbaum:241-62
 
Schegloff, Emanuel A.  (2003) 'Conservation Analysis and Communication Disorders' In: Charles Goodwin, ed. Conversation and Brain Damage. New York: Oxford University Press: 21-5
Schegloff, Emanuel A., Gail Jefferson, Harvey Sacks (1977) 'The preference for self-correction in the organization of repair in conversation', Language 53: 361-82
 
Schegloff, Emanuel A. Elinor Ochs, Sandra Thompson (1996) 'Introduction'. In: Elinor Ochs, Emanuel A. Schegloff, Sandra A. Thompson, eds., Interaction and Grammar. Cambridge: Cambridge University Press: 1-51
 
Schegloff, Emanuel A., Harvey Sacks (1973) 'Opening up closings', Semiotica 8: 289-3
Sacks, Harvey (1963) 'On sociological description', Berkeley Journal of Sociology 8: 1-16
 
Sacks, Harvey (1967) 'The search for help: no one to turn to'. In: E.S. Shneidman, ed. Essays in selfdestruction. New York: Science House: 203-23
 
Sacks, Harvey (1972) 'An initial investigation of the usability of conversational data for doing sociology'. In: David Sudnow, ed. Studies in social interaction. New York: Free Press: 31-74
 
Sacks, Harvey (1972) 'On the analyzability of stories by children'. In: J.J. Gumperz, & D. Hymes, ed. Directions in sociolinguistics: the ethnography of communication. New York: Rinehart & Winston: 325-45
 
Sacks, Harvey (1972) 'Notes on police assessment of moral character'. In: David Sudnow, ed. Studies in social interaction. New York: Free Press: 280-93
 
Sacks, Harvey (1973) 'On some puns with some intimations'. In: R.W. Shuy, ed. Sociolinguistics: current trends and prospects (Report of the 32rd annual round table meeting on linguistics and language studies). Washington, D.C.: Georgetown University Press: 135-44
 
Sacks, Harvey (1974) 'An analysis of the course of a joke's telling in conversation'. In: J. Sherzer, R. Bauman, ed. Explorations in the ethnography of speaking. London: Cambridge University Press: 337-53
 
Sacks, Harvey (1975) 'Everyone has to lie'. In: M. Sanches, B. Blount, eds. Sociocultural dimensions of language use. New York: Academic Press: 57-80
 
Sacks, Harvey (1978) 'Some technical considerations of a dirty joke'. In: J.N. Schenkein, ed., Studies in the organization of conversational interaction. New York: Academic Press: 249-70
 
Sacks, Harvey (1979) 'Hotrodder: a revolutionary category'. In: George Psathas, ed., Everyday language: studies in ethnomethodology. New York: Irvington: 7-14
 
Sacks, Harvey (1980) 'Button button who's got the button?'. Sociological Inquiry 50: 318-27
 
Sacks, Harvey (1984) 'Notes on methodology'. In: Atkinson, J. Maxwell, John Heritage, eds. Structures of Social Action: Studies in Conversation Analysis. Cambridge: Cambridge University Press: 2-27
 
Sacks, Harvey (1984) 'On doing "being ordinary"'. In. Atkinson, J. Maxwell, John Heritage, eds. Structures of Social Action: Studies in Conversation Analysis. Cambridge: Cambridge University Press: 413-29
 
Sacks, Harvey (1985) 'The inference-making machine'. In: T.A. van Dijk,ed. Handbook of discourse analysis. London: Academic Press. Vol. III: 13-23
 
Sacks, Harvey (1986) 'Some considerations of a story told in ordinary conversation' Ed. Gail Jefferson from unpublished lectures 1 and 2 (Winter 1970), Poetics 15: 127-38
 
Sacks, Harvey (1987) 'On the preferences for agreement and contiguity in sequences in conversation'. In: Button, Graham, J.R.E. Lee, eds., Talk and social organisation. Clevedon: Multilingual Matters: 54-69
 
Sacks, Harvey (1987) '"You want to find out if anybody really does care"'. In: Button, Graham, J.R.E. Lee, eds., Talk and social organisation. Clevedon: Multilingual Matters: 219-25
 
Sacks, Harvey (1992) Lectures on conversation. 2 vols. Edited by Gail Jefferson with introductions by Emanuel A. Schegloff. Oxford: Basil Blackwell
 
Sacks, Harvey (1999) 'Max Weber's Ancient Judaism', Theory, Culture and Society 16: 31‑99
 
Sacks, Harvey, Emanuel A. Schegloff (1979) 'Two preferences in the organization of reference to persons in conversation and their interaction'. In: George Psathas, ed., Everyday language: studies in ethnomethodology. New York: Irvington: 15-21
 
Sacks, Harvey, Emanuel A. Schegloff, Gail Jefferson (1978) 'A simplest systematics for the organization of turn taking for conversation'. In: J.N. Schenkein, ed., Studies in the organization of conversational interaction. New York: Academic Press: 7-55 (1974)
 
Saft, Scott (1998) 'Some uses and meanings of utterance initial iya in Japanese discourse'. In: N. Akatsuka, et al. (eds.) Japanese/Korean Linguistics 7. Stanford: CSLI: 261-37
 
 

 

print

copyright © 2002-2005 info@pen-kurd.org