Dr Ali KILIC
Présentation de la thèse de doctorat en philosophie des sciences
 devant les membres du Jury
 Présidé par Prof.Dr.François Dagognet,
Prof. J. C.Beaune, Prof.J.J.Wunenberger, Prof. Daniel Jacobi
Le 29 décembre 1988 à l’Université de Bourgogne
Sujet  de la thèse
La Classification des Sciences et l’Informatique
Les Fondements Philosophique de l’Informatique
 
 

 

Quelle raison peut-on avoir de s’interroger sur la nature de la classification des sciences et quel rapport établir entre la classification des sciences et l’informatique? D’où viennent les idées sur les fondements philosophiques de l’informatique? Est-ce que ces idées viennent d’une problématique du développement historique de la classification des sciences ou bien d’un autre ordre méthodologique ou épistémologique? Autrement dit l’histoire de la philosophie des sciences aurait-elle besoin d’une telle explication théorico philosophique sur le problème de la réorganisation scientifique du savoir et sur ses fondements? D’abord comment l’opposition entre les deux notions peut-elle constituer une unité surtout avec les notions qui ne sont pas d’emblées_dans le même contexte? D’une part la classification des sciences est une vieille problématique, on monte à Aristote et au Moyen Age est un problème plus philosophique que scientifique disons que est un problème encyclopédique, d’autre part l’informatique a une signification très variée qui n’a pas directement des rapports avec les notions de la classification des sciences qui ne sont pas sur le même plan?

 

Tout d’abord,il existe une tendance dominante chez les informaticiens français et européens et une approche sur la définition “d’une science informatique”o u des sciences informatiques” ou “des branches scientifiques de l’informatique” liée à celle de la technologie.Les informaticiens d’aujourd’hui cherchent le caractère d”une science unique “(informatique) et refusent la division du travail intellectuel et la différenciation des sciences,leur détachement de l’informatique,sans considérer le progrès scientifique et technique ,selon la division du travail scientifique et la spécificité variable de son objet. Cette tendance d’une  science unique coïncide d’une part avec la philosophie positiviste qui renonce à son rôle de “Sciences des Sciences”, d’autre part avec la tendance dérivée de la pensée de Marx, élaborée par Engels défendant l’unification des Sciences de l’Homme avec celles des sciences de la nature pour la réalisation d’une seule science.

 

Dans ces conditions, “y-a-t-il une ou plusieurs informatiques” (l) demande J.D.Warnier; il ajoute “au niveau des axiomes et les principe élémentaires fondamentaux il n’ y a qu’une seule science informatique.” Puisqu’il accepte “u n e seule science informatique” quelles sont les divergences et les différences entre les axiomes et les principes élémentaires fondamentaux” de l’informatique et ceux de la philosophie ? S’il n’ Y a pas  de divergences et de différences. comment peut-on étudier “autant de branches informatiques que l’on découvre de branches de l’activité humaine nécessitant le traitement de la chose écrite, en d’autres termes,des données”non seulement au niveau des sciences appliquées, mais aussi dans la structure technologique de branches scientifiques informatiques? Comment peut-on distinguer l’informatique fondamentale, en général, de l’informatique de la gestion, de l’informatique médicale, de l’informatique scientifique, de la téléinformatique, de la télématique ou de l’informatique des satellites qui ont des missions distinctes? A partir de l’analyse de la technologie de l’informatique, pouvons –nous introduire “les classification des techniques” qui ne s’effectuent plus selon les produits mais selon 1 e s opérations “(2) dans ce domaine, pour établir les rapports avec la classification des sciences? Autrement dit, si la classification des sciences a été interprétée par les philosophes du XIX ème siècle comme la connexion des sciences et si cela n’a pas conduit la réduction de la philosophie à une science unique, alors nous pouvons poser la question de l’union de la science, de la manière posée par Marx: Comment « les sciences de la nature comprendront plus tard aussi bien la science de l’homme, que la science de l’homme englobera les sciences de la nature » est-ce qu’« il y aura une seule science »(3) ou non? Ouelle sera le rôle de l’informatique dans la réalisation de l’union des sciences? En d’autres termes, dans le processus de la réalisation de l’union d’«une seule science » est-ce qu’il y aura « une seule science informatique ou plusieurs informatiques »? Considérant que les informaticiens d’aujourd’hui qui cherchent le caractère d’«une science unique» (informatique) et qui refusent la diversification et la- différenciation des branches scientifiques de l’informatique on se demande d’où viennent ces informaticiens? Où vont -ils? Vers quelle tendance de la« science»? Vers « une seule science » proposée par Marx? Ou vers la « science unique >> développée par les néo-positivistes du positivisme logique ? Si ces informaticiens s’approchent de la conception de la science élaborée par Marx, alors comment « les sciences de la nature comprendront » la science de l’homme? Mais s’ils se dirigent vers la doctrine du néopositivisme ou du positivisme logique, alors, quelle aura leur place dans la cité de la science, dans le cas où, « 1 a science de l’homme englobera les sciences de la nature? >> Par quel critère peut-on distinguer l’analyse logique de la science qui veut organiser le savoir scientifique dans le cadre d’une « science unique » et celle de la conception d’«une seule science »de Marx? Quelle est la signification de la valeur d’« une seule science » ou d’une « science unique » pour la philosophie des sciences de notre siècle? S’ il  y a des divergences et des différences entre les axiomes et les principes élémentaires fondamentaux » de l’informatique et ceux de la philosophie,par quels moyens pouvons nous chercher les fondements philosophiques de l’informatique?

 

Autrement dit Qu’est-ce que l’informatique? Est-ce une science? une technologie ou un ensemble des techniques ? Si oui, quel est l’objet de cette science? Si l’informatique est considérée comme une science y-a-t-il une ou plusieurs sciences de l’informatique ? Y- a- t-il une classification des informatiques? Si oui quelle est sa place dans le schéma de la classification des sciences? En d’autres termes, si l’informatique est considérée comme technologie et si l’on définie avec les savants la technologie comme « science des lois scientifiques et techniques du processus de la production, alors quelle est sa place en tant que science physico -technique et mathématique dans le schéma de la classification des sciences? Autrement dit qu’est-ce qui différencie et diversifie la technologie en général de la technologie de l’informatique en particulier? Si l’informatique est considérée comme ensemble des techniques, alors quels sont ses rapports avec les sciences et l’homme? Quel rapport établir entre la classification l’homme? Quel rapport établir entre la classification des sciences et les multiples domaines d’applications de l’informatique? Quelle est la méthodologie de l’informatique? Quels sont les caractéristiques d’un modèle de la classification des sciences et de l’informatique?

 

La deuxième question : Qu’est-ce que la classification? Que signifie à l’heure actuelle la classification des sciences? Quels sont les objets des sciences? Comment ont-elles été classifiées? Comment s’accordent-elles avec la diversité des expériences humaines? Quelle est la particularité spécifique du problème pour la philosophie des sciences de l’homme de notre époque?

 

Troisième question : Y- a -t-il une classification des informatiques? Si oui quelle est la base de diversification et différenciation des branches scientifiques de l’informatique? Quel rapport établir entre la classification des sciences et la révolution scientifique et technique?

Quatrième question:  Quelles sont les perspectives du développement des sciences pour une nouvelle civilisation humaniste et quels sont les conclusions que pouvons-nous tirer?

                                      Méthodologie

Pour suivre notre démarche philosophique, nous avons utilisé la méthode dialectique. Utilisant cette méthode dans un premier temps, nous nous avons posé la question de l’informatique, élaborant les fondements logiques et mathématiques et les fondements linguistiques de l’informatique,.Dans un deuxième temps, la problématique historique de la classification des sciences, nous nous avons voulu montrer la corrélation entre les sciences à partir des lois générales de la nature,de ses résultats par le caractère de l’objet de la science et les rapports objectifs entre les objets des diverses sciences,dans leur développement,leur mouvement propre. .Dans un troisième temps, nous avons examiné les sciences physiques ,chimiques, biologiques comme base de la diversification et de la différenciation des branches scientifiques de l’informatique, analysant le système de l’informatique classique et moderne, le processus dialectique du savoir humain en philosophie et en informatique( l’intelligence artificielle et les fondements de la connaissance scientifique) pour établir les rapports entre la philosophie et les révolutions scientifiques et les perspectives d’une nouvelle conception de l’humanisme proposant dans un nouveau schéma de la classification des sciences.

 

Qu’est-ce que l’informatique? Est-ce une science? Une technologie ou l’ensemble des techniques et des outils? Selon l’Académie des Sciences l’informatique est la science du traitement rationnel, notamment par machines automatiques de l’information considérée comme le support des connaissances humaines et des communication dans les domaines techniques et sociaux”

 

Cette définition de l’Académie des Sciences est notre point de départ.Mais nous l’avons élargit cette définition sous plusieurs formes.

D’abord, L’informatique est une science physico- technique et mathématique scientifiquement associée à la deuxième série de la classification des sciences de la nature : Cela implique

1.L ‘informatique:

-est à la fois une science du traitement rationnel” une science systématique, logique-mathématique.C e la nécessite l’analyse des fondements logiques et mathématiques de l’informatique (la logique binaire, la logique booléenne)

 

2.L ‘Informatique, est à la fois une science du traitement automatique de l’information par machines ou ordinateurs.Dans ce sens là, elle est d’une part l’informatique physique, et d’autre part l’informatique technologique qui implique les autres branches scientifiques comme la télématique ou la téléinformatique qui s’attache à l’étude et à la réalisation des composants et de ses sous-ensembles électriques, mécaniques qui entrent dans la réalisation matérielle des ordinateurs et des systèmes informatiques. Cela exige l’analyse d’une part des fondements physiques et technologiques de l’informatique

 

3.L’informatique en tant qu’une science du traitement rationnel et automatique de l’information considérée comme le support des connaissances humaines et des communications soulève la naissance de plusieurs disciplines scientifiques:

 

D’abord l’informatique épistémologique, l’ingénierie de la connaissance, l’intelligence artificielle, Les systèmes Experts ,la reconnaissance des formes, la synthèse de la parole, des symboles et des ‘images, et puis l’ingénierie humaine, l’ergonomie, l’interaction homme machine, le developpment de l’ingénierie de la communication dans le domaine de la téléinformatique et de l’informatique des satellites,

4.L’informatique en tant qu’une science appliquée à la production a des résultats sur le plan de la différenciation et de la diversification de la production ainsi que de la division du travail scientifique. Ainsi dans un premier temps nous avons étudié les fondements logiques mathématiques de l’informatique.La logique de Boole est utilisée dans la systématisation de la connaissance scientifique en informatique comme instrument de raisonnement d’argumentation.On considère que cette logique mathématique est aussi le résultat de la pensée logique mathématique de Leibniz comme base des idées philosophico linguistiques développée dans Ars Comniatoria (1666).

 

Dans un deuxième temps nous avons distingué l’activité historique en quatre périodes fondamentales et étudié les fondements linguistiques de l’informatique.” depuis les tableaux de Lavoisier qui traduisent le monde en une nouvelle chimie symbolique ou expressive” jusqu’aux classifications sophistiquées par lesquelles le vivant entre dans une raison systématique, écrivait Professeur Dagognet, l’idée fondamentale et le problème associé qui régissent sa philosophie sont posés:ils concerne l’ordre du réel et la possibilité conjointe que cultive le langage scientifique.”Partant de là,Nous avons analysé les principaux langages évolués et symboliques::COBOL, FORTRAN, List Processing, ALGOL, BASIC,PROLOG, PASCAL.Et puis les langages orientés objets.

4.L’informatique en tant qu’une science appliqué à la production a des résultats sur le plan de la différenciation et de la diversification de la production ainsi que de la division du travail scientifique :D’une part le développment des langages bien adaptés aux ordinateurs repondent relativement aux besoins de la société; d’autre part le perfectionnement scientifique basé sur la recherche fondamentale dans le domaine des sciences renonce, élargit le développement des forces productives par la différenciation de la technologie des logiciels. Ainsi nous avons brièvement étudié la structure des ordinateurs qui sont appelés calculateurs digitaux, par opposition aux calculateurs analogiques. Ils traitent l’information digitale, c’est à dire, l’information digitale analogique continue, discontinue qui est la base de la classification des ordinateurs.Cette technologie a une logique finale dans la pratique matérielle et sociale de l’humanité. En effet,”la technologie implique une réflexion sur les mode de liaison.Elle constitue un lieu de passage de la rationalité scientifique proprement dite à la rationalité des sciences humaines.La technologie devient alors science de la commande et du contrôle de l’information (et en particulier de l’information scientifique) entre les hommes”(4).Ceci dit, entre la technologie et la classification des sciences “existe” historiquement une liaison profonde et réciproque”. La technologie accède, de manière explicite et systématique, aux classifications des sciences (. . .).L’une des plus remarquables parmi ces classification, est celle d’Ampère ainsi que nous posons la question qu’est-ce que la classification?

                           Qu’est-ce que la classification?

Dans la langue française la classification suppose une attention scientifique et un ordre,non plus pratique,mais théorique,c’est à dire reposant sur une connaissance rationnelle des choses classées et les faisant comprendre.En d’autres termes la classification est un cas particulier d’opération logique utilisée dans les sciences ou dans le domaine de l’activité pratique.Les classifications se fondent généralement sur les caractères essentiels des objets.Dans ce cas, la classification met en évidence les ressemblances et les différences essentielles des objets a vue valeur cognitive.Ainsi, la classification représente une activité cognitive qui consiste à répartir les êtres, d’après certaines de leurs ressemblances,en différentes classes subordonnées; entre elles en un système hiérarchique; à distribuer par classes,par catégories;autrement dit, c’est une représentation de l’ensemble des connaissances systématiques, particulièrement dans les sciences,d’un système de divisions et de subdivisions établi parmi des objets dont on veut faciliter ou régulariser l’étude.Dans d’autres cas, lorsqu’il s’agit seulement d’organiser les objets en système, on se base sur des critères de commodité mais qui n’ont pas de rapport avec les objets eux-mêmes.

Dans un premier temps, la classification est la répartition d’un ensemble d’objets en un certain nombre d’ensembles partiels coordonnés et subordonnés.Dans un deuxième temps, elle est la manière d’ordonner entre eux des concepts, suivant certaines relations qu’on veut mettre en évidence:relation de genre à espèce; relation de tout à partie; relations de généalogie, de hiérarchie, etc.Dans ce domaine ,nous avons trois principales formes de la classification:La première c’est la forme statistique,c’est à dire la classification automatique ;l’ensemble de méthodes qui permettent à l’aide d’algorithmes,de conduire sur un ensemble d’individus une série de partitions emboîtées les unes dans les autres. La deuxième, c’est la forme au sens biologique de la classification qui a été fondée par Linné, sur une ressemblance unique, aisée à observer, entre les espèces que l’on range dans le même groupe.Mais ce mode de classification est rejeté.L a troisième c’est la forme philosophique de la classification.

C’est ainsi que nous avons examiné en détail quatre stades principaux du développement de la science et de la connaissance: 1 e stade de l’intuition immédiate le stade de l’analyse et le stade de la synthèse qui repose sur l’analyse antérieure(l’objet de la connaissance auparavant désarticulé est reconstitué mentalement dans son entité et dans sa réalité initiale) dans ce stade la tendance à la différenciation des connaissances s’est renforcé avec le temps.et puis le stade dialectique, où chaque science peut être caractérisée de façon double : premièrement, selon l’objet matériel par lequel, elle diffère de la science précédente, deuxièmement, selon la forme inférieure du mouvement le plus proche grâce à la quelle cette science est liée à la science précédente.. .C’est le caractère de l’objet d’une science et la différenciation de ses connaissances qui possèdent des fondements objectifs de chaque nouvelle science .Un tel lien s’établit parce que la forme inférieure du mouvement entre dans une forme supérieure de même que le mouvement d’une molécule séparée entre dans l’état physique (thermodynamique) du gaz. Ainsi cette l’unité dialectique du mouvement de la matière( l’objet matériel) et du mouvement de la connaissance scientifique du monde réel constitue une base réelle sur laquelle on peut non seulement construire un modèle de la classification dialectique des sciences, mais également donner à chaque science particulière une définition précise qui indiquera sa place dans le nouveau schéma de la classification des sciences.Par exemple la physique nucléaire est une science qui se trouve au confluent de ses faits expérimentaux souvent fugitifs et faisant intervenir un matériel sophistiqué,et de la physique quantique.Le problème qui est posé aux physiciens: est le suivant quel modèle du noyau peut-on proposer pour rendre compte des observations et des expérimentations et qui soit en accord avec les lois de la physique atomique? Et si la physique nucléaire est une branche scientifique de la physique atomique, elle a donné naissance à la physique des hautes énergies, se diversifiant de la chimie nucléaire et des autres branches scientifiques de la physique atomique, comment pouvons nous alors expliquer la base de la loi du passage des quantitatifs en qualitatifs d’une science à l’autre dans l’analyse des formes du mouvement atomique du point de vue du développement de la contradiction fondamentale qui est à leur base et cette contradiction débouchera-t-elle sur une nouvelle approche de la classification? Et la question qui s’est posée aux informaticiens et aux philosophes est la suivante:

Quel modèle de la classification des sciences peut-on proposer pour rendre compte de l’unité problématique de l’organisation scientifique du savoir concernant la classification des sciences et l’informatique et qui soit en accord avec les lois dialectiques de la nature? Autrement dit, le modèle atomistique de la classification dialectique des sciences basé sur la contradiction dialectique (la divisibilité de la matière thèse selon laquelle la matière est l’un et l’autre; elle est à la fois divisible et continue et, en même temps elle n’est ni l’un, ni l’autre) et sur l’unité dialectique des éléments atomistiques permettra-t-il d’analyser et de traduire toute expérience historique des sciences dans l’unité de l’organisation scientifique du savoir? En d’autres termes, cette approche déterminera-t-elle le fondement commun de tous les domaines du savoir?

 

A partir de cette perspective nous avons abordé les principes fondamentaux de la classification des sciences.Ce sont des principes, subjectifs, objectifs, comparatifs, (ou comparaison) de la classifications des sciences. .Dans un premier temps nous avons examiné le principe subjectif de la classification des sciences chez Bacon Hobbes, d’Alembert, Diderot,ainsi que la classification rationnelle chez Comte selon le principe de coordination, la classification naturelle des sciences André Marie Ampère dans un deuxième temps, la classification des sciences selon le principe objectif chez Descartes,Gassendi,et la classification artificielle des sciences A.Augustin, Cournot, et puis la particularité du développement de la classification des sciences en Allemagne, chez Kant ,Schelling,Hegel et puis la logique de la connexion des sciences chez Marx. Et la classification dialectique des sciences basée sur le principe de subordination chez F.Engels. Une première réflexion est accentuée sur la pensée positiviste de A. Comte qui attribue à la philosophie « authentique », une fonction fondamentale. La philosophie positive, est elle-même une science spéciale, tandis que le rapport entre la philosophie et la science est résumé dans le mot d’ordre : « la science est sa propre philosophie ». Enfin, le rapport entre la philosophie et la science est liée à une

Interprétation déterminée de la place de la science dans la culture humaine.Le néopositivisme en tant qu’une forme moderne du positivisme, prive la philosophie de son objet, ne considérant que la connaissance de la réalité ne relève que la pensée quotidienne ou concrètement scientifique. Selon la pensée positiviste, la philosophie n’est concevable que dans la mesure où elle se livre à l’analyse du langage dans lequel s’expriment ces types de pensée. Autrement dit l’analyse philosophique ne s’étend pas à la réalité objective, elle doit se limiter exclusivement à l’expérience immédiate du langage.Selon les représentants du courant de l’empirisme logique l’expression philosophie des sciences” peut s’appliquer à la fois aux recherches des formes philosophiques de réflexion de la science, à la fois aux des investigations de type fondamentale à la recherche portant sur les conditions de possibilité de la science. une philosophie véritablement scientifique n’est possible, selon le positivisme logique, qu’en tant qu’analyse logique du langage de la science.Cette analyse doit, d’une part, supprimer la « métaphysique »( c’est-à-dire la philosophie traditionnelle) et, de l’autre, étudier la structure logique du savoir scientifique afin de mettre au jour le contenu empiriquement vérifiable des thèses et concepts de la science.On envisagea, comme but ultime de cette analyse, de réorganiser le savoir scientifique dans le cadre d’une « science unique » qui estomperait les différences entre les sciences isolées physique,biologie,psychologie, etc.

Il faut remarquer cependant que l’expression” philosophie d e s sciences” est fréquemment utilisée pour désigner, les idées, critères principes qui sont mis en oeuvre dans la démarche scientifique, le terme” présupposition”. L’étude des présuppositions des diverses sciences, et de la science en général, fait l’objet de ce qu’on appelle les recherches sur les fondements”. Ces recherches mettent en oeuvre ses méthodes de caractère relativement scientifique, telle que l’axiomatisation, la construction des modèles. Etc. Pour certains auteurs (en particuliers ceux qui appartiennent à la tradition stricte du néopositivisme) seuls problèmes philosophiques qui peuvent être posés à propos de la science, sont les problèmes du fondement.Pour eux la philosophie des sciences” est donc un synonyme de recherche sur les fondements. Autrement dit, seul le savoir totalisateur était capable d’embrasser tout le savoir intelligible.La découverte et l’étude des fondements et explication par leur moyen des phénomènes naturels et sociaux.

La deuxième réflexion est accentuée sur l’idée du fondement chez Hegel. Comme catégorie du système de la logique dialectique le fondement fut élaboré par Hegel. Dans “La Science de la Logique” Hegel analyse les lois et les catégories fondamentales de la dialectique, de la logique et de la théorie de la connaissance, élabore le premier système de la logique dialectique. La loi unique pour Hegel est la loi” qui unifie en soi la loi de la chute des corps sur la terre et celle du mouvement céleste, ne les exprime pas toutes les deux.L’unification de toutes les lois dans 1’ attraction universelle, est posé comme étant. L’attraction universelle dit seulement toute chose a une différence constante avec une autre l’entendement croit avoir trouvé par là, une loi universelle, capable d’exprimer la réalité effective comme telle dans son universalité”(S). Ainsi Hegel fut englober l’unification dans une seule conception du développement bien qu’il interprète de manière idéaliste les trois principaux domaines d’objet des connaissances humaines:L e monde naturel (la nature) le monde historique (la société et son histoire) le monde spirituel (la pensée humaine). Le fondement selon Hegel est une détermination de réflexion de l’essence. Autrement dit le fondement est la médiation réelle de l’essence avec soi. Le fondement est d’abord le fondement absolu comme base en général pour le rapport fondamental; mais de façon plus précise il se détermine comme forme et matière et se donne un contenu.

Deuxièmement, il est le fondement déterminé comme fondement d’un contenu déterminé; en tant que rapport- fondamental devient extérieur à soi dans sa réalisation en général, il passe dans la médiation conditionnante.

 

Troisièmement, le fondement présuppose une condition; mais la condition présuppose tout autant le fondement: l’inconditionné est leur unité. La chose en soi, qui par la médiation du rapport conditionnant passe dans l’existence” (6).

En effet cette, l”unification dans une seule conception du développement du monde naturel” du monde historique et du monde spirituel” constitue le fondement de la pensée de Marx comme un tout composé du matérialisme dialectique, du matérialisme historique, de l’économie politique, de la doctrine scientifique de la société d’une part celle-ci a renversé la dialectique idéaliste de Hegel, d’autre part a développé une nouvelle conception de la classification des sciences.Ainsi, la philosophie pour Marx, ne peut se réaliser que par la suppression du prolétariat, le prolétariat ne peut être supprimé sans la réalisation de la philosophie. En triomphant, le prolétariat se supprime en même temps que son contraire, par l’avènement d’une société sans classe et proprement humaine. Pour certains”cette société est l’appropriation réelle de l’essence humaine par l’homme et pour l’homme, le retour de l’homme à lui-même à titre d’homme social- retour complet, conscient, et qui concerne toutes les richesses du développement antérieur.” pour les autres représente une utopie dans une structure anthropologique de l’imaginaire.Mais selon Marx cette société mettra fin à l’antagonisme entre l’homme et la nature, entre l’homme et l’homme, entre l’individu et l’espèce, entre l’existence et l’essence, entre objectivation et l’affirmation de soi, entre la liberté et la nécessité grâce à l’application de la science à la production dans le processus du développement scientifique et technologique comme base matérielle de la réalisation de l’unification des sciences. Cette nouvelle conception de la classification des sciences développée par Engels est une généralisation logique et le reflet du processus historique donné en quatre principes: Selon le principe du reflet des degrés de la nature,selon lequel la classification des sciences reflète le développement des formes du mouvementLdans le cadre d’un phénomène local particulier qui consiste à la transformation successive des différentes formes d’énergie.Selon ,le principe du développement des formes du mouvement de leur substrat ; selon lequel la classification des sciences est analysée dans une série :premièrement, comme reflet des degrés successifs de l’histoire de la nature et deuxièmement comme histoire de la science de la nature logiquement généralisée et résumée c’est à dire comme le développement successif des sciences particulières. etc.

Ainsi nous avons étudié les formes de l’énergie, mécanique, cinétique, potentielle, électrique, du point de vue macroscopique et du point de vue microscopique, l’énergie calorique et biochimique et l’énergie nucléaire.

En étudiant le principe de Pauli qui limite d’électrons, nous avons interprété les spectres des atomes de valence utilisant le modèle vectoriel pour les atomes à deux électrons de valence qui se compose de quatre vecteurs de moment orbitaux, Ii, et 12 et de moment du Spin Si et S2.S i dans un champ magnétique faibleJous ces quatre vecteurs se combinent entre eux en donnant le vecteur du moment cinétique total de l’atome J, alors il est fort possible que à partir des éléments de la régularité des spectres atomiques de la classification périodique nous trouvons la structure fondamentale du schéma de la classification des sciences.

Ce processus s’universalise, la science devient une force transformatrice productive directe, influence non seulement les sciences de la nature, mais aussi les sciences sociales. Nous remplaçons à la place du vecteur résultant L les sciences de la nature, vecteur résultant S = les sciences sociales et à la place nombre quantique J = l’unité totale de la science

Pour constater une meilleure interaction de la science philosophique avec les sciences de la nature, les sciences sociales et techniques nous prendrons interactions fondamentales des particules élémentaires de la physique nucléaire qu’elle vise d’une part à l’intégration des connaissances scientifiques, à leur union générale, d’autre part, à la différenciation des connaissances scientifiques et techniques.

En prenant les sciences physiques, chimiques, biologiques comme base du développement de la diversification et de la différenciation des branches scientifiques de l’informatique, j’ai développé une approche concernant les sciences particulières reflétant les aspects de la matière qui se développent et en passent les uns et les autres, ainsi que les formes de son mouvement qui évoluent de façon contradictoires à travers le dédoublement ultérieur opposées. Car le caractère contradictoire du développement de la nature se manifeste dans le dédoublement de la nature en domaines des phénomènes qui sont liés à la fois aux éléments de la nature, à la l’essence de la structure de la nature et à la fois à la nature de l’homme, et de la société. Par conséquent, nous pouvons expliquer très clairement la corrélation de la physique et de la chimie et des sciences de transition entre elles reflète directement les rapports du mouvement des particules élémentaires aux noyaux atomiques et des atomes aux molécules: Le mouvement des particules élémentaires ( protons, neutrons, positrons, électrons deutons, hadrons,mésons, leptons etcs) qui forment des atomes est l’objet de la physique subatomique, de la physique nucléaire et de la physique des particules élémentaires, mais les molécules qui forment les corps est l’objet de la physique moléculaire ( super atomique). Par conséquent, l’ordre de disposition des sciences correspond à l’ordre de développement des formes discrètes de la matière elles-mêmes. Finalement, tout comme les atomes; les molécules constituent on objet à la fois pour la chimie et pour la physique. Pour la chimie elles ne sont que des systèmes complexes, le produit interaction des atomes; pour la physique (moléculaire), elles sont des « cellules» initiales ; c’est à partir d’elles que se forment les agrégats logiques déterminés. Par cette perspective épistémologique que nous répondons aux défenseurs de l’approche moniste métaphysique d’une science unique dans le domaine de l’informatique,ainsi que dans le domaine de la philosophie des sciences .Car l’élaboration des problèmes fondamentaux des sciences de la nature, étroitement liés au développement de la conception philosophique et les rapides progrès de toutes les branches de la recherche fondamentale et leur intégration de plus en plus poussée aux sciences naturelles fondamentales, aux sciences techniques et même aux sciences sociales, intégration qui permet d’accroître le rôle transformateur de la science dans la maîtrise des forces de la nature et de transformer la science en une force productive directe; et-le progrès des sciences sociales et le renforcement de leur lien organique avec les sciences naturelles.

La place de l’informatique dans notre schéma de la classification des sciences D’abord je divise les sciences en deux parties fondamentales:

 

1. LES SCIENCES DE LA NATURE 2. LES SCIENCES DE L’HOMME

1. Les sciences de la nature dans notre schéma se divisent entre eux en trois séries:

I.  Les Sciences physico- techniques et mathématiques.

2. Les Sciences chimico- technologiques et biologiques

3. Les Sciences de la terre.

 

En effet, je place l’informatique du calcul et de l’automatisation en tant que science physico-technologique et mathématique scientifiquement associée à la tête de la première série de la classification des sciences de la nature et puis je divise: a)           L’informatique classique et ses subdivisions:

1. L’informatique formelle,

2. L’informatique formelle ou analytique

3.  L’informatique systématique et logique

          4.L’informatique physique et technologique.

5 .L’informatique méthodologique,

6.L’informatique appliquée.

 

La deuxième partie de l’informatique, c’est l’informatique contemporaine qui se divise en subdivisions suivantes:

1 .L’informatique de gestion,

2.L’informatique graphique,

3 .L’informatique médicale,

4.         La bio-informatique,

5 .L’informatique industrielle

     6.La robotique

7.         La télématique

8 .La téléinformatique

9.L’informatique scientifique et l’informatique des satellites

1O.L’informatique nucléaire et de l’astrophysique nucléaire.

 

Je place les sciences mathématiques, avec les subdivisons mathématique physique, logique mathématique, mathématique appliquée etc. après l’informatique. Je donne la troisième place dans la série des sciences physico techniques et mathématiques aux sciences physiques. Je les divise de la manière suivante:

1.3.  La physique générale

1 .4.La physique atomique, subatomique, super atomique,

1.5. La physique nucléaire

1 .6.La physique du plasma

1.7. La physique des quanta- physique quantique l.8.La physique des hautes énergies

1.9. La physique des particules élémentaires

1.10.            La physique contemporaine (Optique, spectroscopie, la thermodynamique, la théorie du magnétisme, de l’électricité, de l’électronique, de la radio, de la radioactivité etc;)

1.11 .La mécanique (ondulatoire,)

1.12.  Les sciences physico techniques de l’énergétique

1.13. Les sciences physico- techniques de mécanique et de processus de commande (la cybernétique et les processus de gestion).

2. Les sciences chimico-technologiques et biologiques

Dans un premier temps j’ai divisé la chimie générale en deux partie fondamentales: celle de la chimie élémento-organique et celle de la chimie non - organique, dans un deuxième temps, suite à l’analyse que j’ai fait à la page 323 de cette étude je l’ai divisé en subdivisions suivantes:

      2.I.La chimie générale et technique

      2.2.La physico- chimie et la technologie des substances inorganiques

            2.3LA biochimie, la biophysique et la chimie des composés       physio-

                logiquement  actifs   ( chimie des composés complexes)

2.4. L’électrochimie, radiochimie 2.5.La physique chimique

    2.6.La cinétique chimique

     2.7. La physiologie

                2.8.La biologie générale et ses subdivisions( microbiologie,biologi   moléculaire

2.9. La science de la vie : La médecine et ses branches scientifiques.

                    3. Les Sciences de la terre

                          Je divise les sciences de la terre en six séries  fondamentales suivantes:

3.1. La géologie 3.2. La géophysique 3.3. La géochimie

3.4.     L’océanographie 3.5. La physique de l’atmosphère

3.6. La physique de géographie;

 II. LES SCIENCES DE L’HOMME

 Quant aux sciences de l’homme, je place la dialectique

 à la tête des sciences philosophiques, avec plusieurs subdivisions de la philosophie : la logique, l’épistémologie, l’esthétique.En deuxième lieu, l’histoire, puis l’économie et le droit enfin la littérature et la linguistique et les autres disciplines des sciences de l’homme constituent le fondement de notre classification dont elles ont la supériorité sur les autres sciences dans l’ensemble de la science moderne a pour fondement les lois générales de la connaissance scientifique qui unissent les sciences naturelles entre elles les relient à la philosophie et aux sciences sociales.

              En effet, avant de placer l’informatique du calcul et de l’automatisation en tant que science physico-technologique et mathématique scientifiquement associée à la tête de la première série de la classification des sciences de la nature il convient de parler de l’approche moniste métaphysique et qui défend l’unité absolue de l’informatique et qui refuse la division et la diversification des branches scientifiques de l’informatique. La deuxième, c’est l’approche historique qui part de l’étape de l’évolution relative de la technologie de l’informatique qui réduit l’informatique « en tant que discipline » en trois dimensions: « La première informatique fut celle de la mise en place des principes essentiels et grandes innovations. Elle s’est dégagée progressivement du grand mouvement d’idées qui accompagne l’invention de l’ordinateur, sans toujours se distinguer claire ment de la cybernétique.

                La deuxième informatique, celle des années soixante et soixante-dix,fut caractérisée par la mise en place des grands systèmes centralisés.Elle se construisit en partie par opposition à une certaine cybernétique « métaphysique » (7). Selon cette approche, l’informatique va progressivement s’autonomiser et apparaître comme le domaine spécialement dédié aux ordinateurs et à leurs applications. Elle devenait ainsi une technique de manipulation de l’information là où la cybernétique engageait une réflexion sur les finalités de l’usage des techniques dans le monde moderne. « La troisième informatique..., est celle de la diversification des moyens et des méthodes, celles des réseaux et de la cohabitation entre micro-informatique, petits et grands systèmes»(7)

                 Finalement cette approche historique n’a pas de perspective scientifique,ni gnoséologique, ni méthodologique, ni un constat fondamental concernant le développement des sciences et des techniques.

                La troisième approche c’est la division de de l’informatique en cinq grands domaines par Ph.Dreyfus.Cette approche est positive mais reste dans la conception de l’informatique classique que Je distingue cette ‘informatique classique celle de l’informatique contemporaine avec les subdivisions suivantes:

               a)   L’informatique classique et ses subdivisions:

                      1.    L’informatique formelle,

                       2.   L’informatique formelle ou analytique

                       3.   L’informatique systématique et logique

                       4. L’informatique physique et technologique.

                   5 .L’informatique méthodologique,

                                         6. L’informatique appliquée.

                                       La première, c’est l’informatique formelle, ou analytique. C’est la branche de l’informatique la plus proche des sciences exactes. L’informatique ne diversifie pas seulement selon objet de la recherche et selon la division scientifique du travail mais aussi « selon les opérations » et leurs utilisations dans le système d’exploitation.

 
La deuxième, c’est l’informatique systématique et logique
Qu’elle étudie l’architecture des systèmes informatiques dans lesquels interviennent d’une part des ordinateurs avec leurs unités centrales de traitement, leurs mémoires et leurs organes d’entrée/sortie,
 
Cette approche classique et traditionnelle de Dreyfus est loin de voir le processus du développement technologique de l’informatique systématique et logique qui a donné lieu à la naissance de la téléinformatique, de la télématique et ainsi que de l’informatique des satellites et de l’informatique graphique. Il y a un mélange entre l’informatique physique et technologique et celle de la téléinformatique dans la troisième division de l’informatique chez Ph.Dreyfus.
 
La troisième, c’est l’informatique physique et technologique sont des caractéristiques de l’informatique classique relativement dépassées.
La quatrième, c’est l’informatique méthodologique q u i se rapporte aux recherches en méthodes de programmation et exploitation des ordinateurs et des systèmes informatiques. Celle-ci a donné lieu à la naissance d’une autre discipline scientifique de l’informatique: Systèmes experts des sciences, Intelligence Artificielle, la reconnaissance des formes, la synthèse de la parole, l’ingénierie de la connaissance.
La cinquième, c’est l’informatique appliquée qu’elle pénètre les activités du monde moderne.
 
La deuxième partie de l’informatique, c’est l’informatique contemporaine qui se divise en subdivisions suivantes:
1 .L’informatique de gestion,
2. L’informatique graphique,
3 .L’informatique médicale,
4.  La bioinformatique,
5. L’informatique industrielle
6.  La robotique
7.  La télématique
8 .La téléinformatique
                      9 .L’informatique scientifique et l’informatique des satellites
                       10..L’informatique nucléaire et de l’astrophysique nucléaire.
                    D’abord, la construction de la science informatique théorique qui constituent la base fondamentale de la première étape de cette science sur laquelle s’élève la science générale de l’informatique sur les deux divisions suivantes: l’informatique théorique et l’informatique pratique. La diversité vient, soit à l’intérieur de la logique théorique, soit à l’extérieur dans les applications. Cette deuxième phase nécessite la description des phénomènes pour établir la base empirique de la construction.La troisième phase est constituée d’hypothèses de départ, de découvertes empiriques, de conclusions d’un raisonnement de la construction. Les branches scientifiques de l’informatique en tant qu’outils concrets de vérification des hypothèses dans cette phase jouent un rôle qui se diversifie de l’informatique classique et traditionnelle et entrent dans une nouvelle phase du développement, modifiant non seulement le raisonnement, mais aussi l’application scientifique des techniques.
 
Premièrement, du point de vue de la philosophie des sciences l’informatique est une science technologique scientifiquement associée aux sciences physico techniques et mathématiques qu’ il n’ y a pas « une seule science informatique » mais il y a plusieurs branches scientifiques de l’informatique qui sont liées à la fois aux sciences chimico- technologiques et biologiques à la fois aux sciences de la terre et aux sciences de l’homme. Elle se diversifie de l’informatique classique, du point de vue de l’éthique de la science.A partir de l’analyse dialectique de la technologie de l’informatique nous avons introduit « la classification des techniques » qui « ne s’effectuent plus selon les produits, mais selon les opérations en basant sur les sciences physiques , chimiques et biologiques comme la base de la diversification et différenciation des branches scientifiques de l’informatique, de leurs connexion dans le schéma de la classification dialectique des sciences.
 
 
La base de la diversification des branches scientifiques de l’informatique ont causes militaires, économique, politique et technologique.D’une part L’application des systèmes intelligents de traitement informatique de la connaissance aux problèmes de la défense a produit son effet sur la stratégie militaire. D’autre part, après les recherches effectuées par le Japon sur les « effets économiques et sociaux des investissements orientées vers l’information », les japonais ont mis « en évidence les besoins de la prochaine société informationnelle. Besoins auxquels l’informatique traditionnelle ne pourra subvenir.Il fallait donc penser des systèmes informatiques radicalement différents. Ainsi passe-t-on de l’ordinateur de 3 ème génération.... directement à celui de cinquième ! »(8).
 
Elle est aussi économique: Il s’agit de la production du matériel informatique et sa diversification dans le processus de production par rapport aux besoins différenciés sur le marché concurrentiel. Ainsi, « Pionnier du réseau local avec Ethernet, l’américain 3 Com vient d’opérer une spectaculaire diversification en se lançant dans la bureautique. La firme a en effet décidé de sortir ses propres postes de travail spécialement conçus pour les réseaux. Il s’agit d’une machine basée sur 80286 ( qui équipe habituellement les PC AT ) et quelques circuits sur mesure, qui offre une mémoire centrale de 1 Mo extensible à 4 Mo. (...) la firme estime que sa proposition est 30 et 50 % moins chère qu’une solution classique avec un mini-ordinateur et des terminaux.3 Com estime espère vendre 12000 stations dans le monde pendant la première année de commercialisation....!! reste que le marché mondial des réseaux locaux a du mal à démarrer...» Mais « pari tenu pour les neuf premiers mois de l’année puisque le groupe a engrangé une activité de 79 millions de dollars(+76%) pour un bénéfice net de 8 millions avec une progression équivalente.»(9).
 
Cette situation affirme que tout le changement radical ne vient pas des choses irréelles, abstraites, au contraire tout provient de la base de production matérielle et de l’exploitation des richesses principales et du développement des forces productives . Du fait que, le caractère différencié de la technique en tant que marchandise n’est pas indépendante de la différenciation et de la connexion du capital et l’originalité de la diversification en tant que technique nouvelle ou la nouvelle technologie est en même temps en contradiction avec les lois du développement du capital lui-même. Au fond c’est la base matérielle de la production qui détermine la différenciation et la diversification des branches scientifiques dans son ensemble.
 
 
 
 
 
La question est aussi technologique
 
Car “La technologie est la science des lois scientifiques et techniques du processus de la production”(lO)
 
Alors quelles sont ces lois scientifiques et techniques” leur rôle dans le processus de la production dans les sociétés des classes technologiquement avancées, dans lesquelles les conditions de production et de vie des hommes,Ieurs forces productives,leurs rapports sociaux se détachent et deviennent en quelque sorte des puissances étrangères qui les dominent, les subjuguent et qui les écrasent ? Et les hommes étant réduits aux statut individus impuissants,morcelés, fragmentaires ,amputés de leurs forces sociales définis par leurs corporalité organique,par la subjectivité qu’on l’appelle “privée”,autrement dit,dans le processus de l’informatisation de la société de classes,le système de l’appropriation privée des richesses collectivement produites aboutit infailliblement au sousdéveloppement de la richesse principale,<les hommes eux mêmes, quels résultats envisagerons -nous par l’application de la Révolution Scientifique et Technique,dans la nouvelle société informatisée?comment pouvons-nous résoudre les nouveaux problèmes posés par la nouvelle situation et dans quelle mesure ces “technologies” universellement développées, peuvent créer les possibilités du plein du développement de tous les individus par les conditions et les contradictions qui n’ont jamais existé dans le passé?
 
Au fond, c’est la question de la libération de l’homme qui est posée dans une nouvelle conception de l’humanité qu’elle est à la fois le monde social et objectif dans lequel nous vivons en tant que des individus concrets avec notre subjectivité,et à la fois le développement de l’individualité qui n’a pas d’autre sens sans l’humanité développée que par l’appropriation par nous mêmes de l’ensemble de ces forces extérieures,par lesquelles nous avons créé notre propre fin.*Par quels moyens nous pouvons garantir la libération de l’homme du processus de production direct à la suite de la remise des fonctions de commande et de contrôle aux systèmes automatiques, autorégulateurs ou la libération de l’activité du travail routine, sa transformation en un acte de création dans une technologie qui peut devenir à la fois un instrument d’intervention autogestionnaire des hommes dans la vie et dans la société informatisée;elle peut devenir à la fois_un instrument de
 
 
 
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transformation des bases productives aux systèmes automatiques, à la robotisation qui donnent un nouveau contenu au procès non seulement de la production,mais aussi aux rapports sociaux?Le problème c’est de savoir, dans quelle mesure l’informatisation non seulement contribue à élever le travail, à accroître les poids des composantes pertinentes,cognitives,créatives des activités laborieuses, mais aussi à la perfectionnement de la division du travail scientifique?Autrement dit,comment peut-on poser la question de la dialectique de l’utilisation complète du potentiel intellectuel de l’homme et du système informatisé,pour une combinaison harmonieuse entre l’intelligence artificielle en cours de perfectionnement et la pensée humaine en développement ? En d’autres termes, comment l’unité “de la dialectique “qui réside” dans le dédoublement de l’un et la connaissance de ces parties contradictoires,et de la dialectique comme méthode de la connaissance” qui” consiste à identifier les tendances contradictoires,s’excluant mutuellement opposées dans tous les phénomènes et processus de la nature,dont ceux de la société “(11) peuvent enrichir l’humanité?
 
Dans l’orientation de la philosophie des révolutions scientifiques la question de l’interaction de la philosophie avec la connaissance scientifique des sciences est élaborée par une analyse dialectique et une généralisation de toute la science de la nature et de la science de l’homme.L’analyse méthodologique de l’organisation de la science par disciplines, à partir de la classification des sciences constitue la principale unité structurale des sciences et ne doit pas être considérée seulement un système unitaire des sciences, mais elle( la classification des sciences ) vise d’une part, à l’intégration des connaissances scientifiques, à leur union générale, à la découverte de leurs liens dialectiques, d’autre part à la différenciation des connaissances scientifiques et techniques, leur ramification de la connaissance scientifique, car celle-ci comprend divers types de liaisons( communicationnelles, organisationnellles, réflexives etc.). A ce niveau,il s’agit de résoudre le problème scientifique de l’organisation des sciences et les fondements philosophiques de l’informatique sur trois plans fondamentaux
 
Premièrement, une critique était absolument nécessaire contre les positions dogmatiques dans l’histoire des sciences. Deuxièmement cette analyse critique a donné une solution nouvelle aux nombreux problèmes concrets de la science de la nature, de la science de l’homme et des sciences techniques et des branches scientifiques de l’informatique. Elle a clarifié la voie du développement de la science de la nature qui englobera de la science de l’homme pour réaliser une seule science utilisant les sciences techniques et les appliquant à la production rendant toutes les possibilités créatrices, émancipatrices des sciences techniques à la disposition des sciences de l’homme,pour la réinterprétation des sciences de la nature dans la transformation du monde et de la société scientifiquement avancée, informatisée, automatisée, harmonisée et humanisée.Dans cette société l’unité dialectique des sciences au sein d’une seule science devient une réalité. Cela constitue le fondement de toutes les sciences y compris la synthèse de la science et de la philosophie.En effet cette unité dialectique de l’intégration du savoir n’est pas la fusion dans laquelle les disciplines qui y participent perdent leur identité, mais leur interaction, leur enrichissement réciproque dans l’intérêt de la solution collective des problèmes d’ensemble dont chacun est étudié par une science spéciale sous un seul aspect. Cela nous a obligé à étudier l’objet des sciences et tout particulièrement de l’informatique en tant que science physico-technique et mathématique ( science technologiquement unificatrice ) afin d’élaborer un système et une théorie de la science se distinguant de l’idéalisme subjectif et de l’idéalisme objectif et de
 
mettre en évidence la réalisation historique d’une seule science. D’une part la classification dialectique des sciences est la continuation directe de la classification des sciences posée les philosophes français, d’Alembert, Diderot, Gassendi, Descartes, Saint Simon, A; Comte, A. M. Ampère et Antoin Augustin Cournot, d’autre part, nous avons posé la question de l’unité problématique dans les fondements de la classification des sciences, prenant les sciences physiques, chimiques, biologiques comme base des sciences fondamentales de la connexion et de la différenciation des branches scientifiques de l’informatique. Celle-ci est inséparable du processus de la connaissance scientifique. Mais Il nous semble que la philosophie ne peut jouer son rôle efficace dans le développement de la conception scientifique du monde,ainsi que dans l’interprétation des fondements philosophiques de l’informatique, que si elle parvient à se faire valoir aux côtés des autres sc~nces, comme leur égale, c’est-à-dire comme une activité cognitive dialectique permanente dotée de sa problématique précise, justiciable d’une étude aussi méticuleuse et concrète que l’objet de n’importe quelle science y compris l’éthique de la science.
 
Cette problématique socio-éthique et humaniste manifeste quatre tendances fondamentales:Premièrement la science en tant que forme particulière de l’activité humaine cherche à réunir avec lui-même le sujet direct de cette activité : l’homme.Cela se manifeste en ce qu’elle devient de moins en moins socialement aliénée et de plus en plus « humainement mesurable » c’est-à-dire corrélable avec les qualités et les besoins de l’homme exprimés non seulement en termes d’objectifs et de résultats sociaux, aussi de qualités subjectives. Cette tendance résulte d’une valorisation croissante du rôle de l’homme en tant que sujet de l’activité scientifique.En d’autres termes la science pénètre toujours plus impérieusement dans la vie non seulement sociale, mais aussi individuelle des gens, la transformant notablement, mettant en place des normes et des structures nouvelles et inconnues; Ce qui a une grande importance dans ce processus, c’est l’homme dans l’unité de ses propriétés sociales et biologiques, qui devient un des principaux objets de la connaissance scientifique, des sciences de la nature et de la société. Deuxièmement, cette tendance a une sociologisation et une humanisation plus claires et directes de la science contemporaine y compris l’informatique reflète des processus plus généraux liés à la nécessité d’une régulation socio-éthique et humaniste de la science.Par conséquent, non seulement la science détermine l’activité créative cognitive, mais cette dernière confère à la science une qualité nouvelle, une orientation humaniste, ce qui est très important pour la société et la science elle-même. Car sans une telle orientation culturelle la science et ses applications peuvent devenir une force monstrueuse, diabolique, servant à détruire tout ce qui vit sur Terre.Plus la science pénètre en profondeur les mystères, plus elle rend l’homme puissant, mais plus son utilisation implique de responsabilité. Cela soulève la question des fondements de l’éthique de la science et donc de l’exigence d’une responsabilité philosophique des savants et des scientifiques; C’est au travers de cette question que nous nous sommes interrogés sur la nature de la classification des sciences et les fondements philosophiques de l’informatique.
 
Troisièmement la nécessité et la scientificité de l’histoire de la classification des sciences nous a conduit à proposer une nouvelle interprétation de la classification. Car, l’histoire de la classification des sciences effectuée par les sciences avait besoin d ‘une telle explication sur le problème traité pour deux raisons :La première est que sans poser la problématique historique de la classification des connaissances scientifiques et aborder clairement le problème de son changement et de ses manifestations dans les diverses domaines de la science et surtout dans le domaine de l’informatique il est impossible de pénétrer dans l’unité problématique des fondements philosophiques de l’informatique. La deuxième, c’est que « l’histoire des sciences concerne une activité axiologique, la recherche de la vérité.C’est au niveau des questions des méthodes, des concepts que l’activité scientifique apparaît comme telle .C’est pourquoi le temps de l’histoire des sciences ne saurait être un filet latéral du cours général du temps.»(12).Ainsi nous considérons que d’une part « la science et la culture consistent bien à emporter le réel avec soi-même sans être submergé par lui.»(13).Et d’autre part nous pensons que la science est née des besoins et des activités sociales des hommes par lesquelles ils modifient la nature, se modifient eux-mêmes et changent leur conception du monde et leur mentalité.Il est tout à fait possible d’aborder la question de la structure générale de la connaissance scientifique sous l’angle de l’analyse de l’appareil conceptuel fondamental la classification des sciences en général, d’une science en particulière comme informatique.Par exemple, en chimie, comme en physique, les sciences elles-mêmes se formaient et leur objet se précisait parallèlement à la transformation des notions premières encore assez floues en concepts fondamentaux, rigoureusement scientifiques, processus qui dura une bonne centaine d’années.On observe la même chose dans les autres domaines fondamentaux du savoir scientifique.Le processus de formation des sciences fondamentales définissant l’objet de chacune d’elles dégage la structure générale de l’ensemble du savoir scientifique, au départ sous les traits les plus généraux. Cette structure peut être figurée de la façon suivante:La science en général en tant que sphère d’activité de tous les savants; une branche particulière de la science ( par exemple chimie ou physique):
une sphère étroite d’activité scientifique individuelle d’un savant.
 
Quatrièmement, des réponses de la philosophie de notre époque dépend la valeur de l’existence de plus de cinq milliards d’êtres humaines dans un monde plein d’angoisses et des contradictions.Ces réponses philosophiques ouvrent des possibilités pour la science et pour l’informatique et multiplient les découvertes et les inventions étonnantes,capables d’assurer à tous les hommes du monde une vie digne. La fonction de la philosophie et de la science et les créations de l’intelligence de l’homme,dans le processus social du monde,n’ aboutissent pas à la négation totale des richesses principales ,c’est à dire des individus eux-mêmes, à cause d’un système social, mais au contraire la vérité de l’existence de l’humanité dissoudra cette antagonisme et mettra fin à toutes les difficultés posées à la situation humaine.
 
C’est le rôle de la science,la fonction de la pensée philosophique et la possibilité extraordinaire née avec la révolution scientifique et technique au seuil du siècle de l’avenir qui en même temps crée la nécessité fondamentale de la désaliénation de la production automatisée qui diffère de la production simple ou machinisme classique non seulement par les moyens de travail employés,mais aussi par le rôle de l’homme
C’est aussi le problème de l’aliénation de la vie politique et sociale et l’agravation de la précarité de l’existence humaine.Alors qu’il y a des possibilités émancipatrices absolument nécessaire pour l’appropriation par les hommes associés ou de la pré-appropriation de ces puissances formidables,ces forces objectives,ces savoirs,ces systèmes symboliques,ces rapports sociaux qui sont les leurs et peuvent être à leur disposition.Le problème c’est de savoir,de faire passer sous leur contrôle conscient, de les gérer ensemble de manière rationnelle selon les finalités du développement de l’ensemble des individus.C’est la perspective historique du nouvel humanisme qui coïncide avec le développement de l’individualisme concurrentiel sous la formule de B.Brecht “monter,toujours monter sur quelqu’un” .Alors que tous les individus peuvent s’élever tous ensemble dans la paix.
 
 
 
 
 
Je tiens à remercier à Monsieur le Professeur DAGOGNET d’avoir présidé le Jury, également je remercie à Monsieur le Professeur J.C.Beaune qui a dirigé ma thèse, et à Monsieur le Professeur J.J.Wunenburger, à Monsieur le Professeur Daniel Jacobi d’avoir assisté à cette soutenance.
Ali  KILIÇ, Dijon, le 19 Décembre 1988
 
 
 
 
BIBLIOGRAPHIE
 
 
(1), Jean Dominique Warnier, Homme face à l’intelligence artificielle
Les Editions d’Organisations, Paris, 1 984, p. 19
(2), Jean Claude Beaune, L’Automate et ses Mobiles
Flammarion, Sciences Humaines, Paris, 980, p. 19
(3), Karl Marx, Manuscrits 1 844, Editions Sociales, Paris, l962, p.96
(4), J.C.Beaune, Technologie, PUF, Paris, l972, p.8
(5), Hegel, Phénoménologie de l’esprit, Tome, I, p. 124
(6), Hegel,  Science de la Logique, Doctrine de l’Essence, Tome, Traduit de l’alm.par J.P.Labarière et
G.Jarzyk,Aubier,Paris, l9’76,p.9l
(7), Philippe Bréton, Histoire de l’informatique,p. 127
Editions La Découverte, Paris,1987
(8), Florence Antomachi-A.Castiel-E.Seyden, Pense .. . . Machine Editions C.E.S.T.A.!986, p.!44
 
(9), Informatique Magasine, Revue Pratique des PME-PMI Juin août !987, N°9, p.!6
(10), Hirschfeld, Veba Technika, Technologie,Prague, 1963 ‘p.259
(!!),V.I.Lénine,OEUVRES,Paris-Moscou,T.38,pp.343 -344
(12), Georges Canguilhem,
Etudes d’Histoires er de Philosophie des Sciences,Lib.JVrin,Paris,1983,p.!9
(!3),François Dagognet, Mémoire Pour l’Avenir,p.49
(14),Louis de Broglie, Certitudes et Incertitudes de la Science Editions Albin Michel, Paris, l966,p.295
 
 

 

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