EVÎN ÇÎÇEK

 

 

L’analyse du racisme, de la xénophobie et de l’antisémitisme en France  et

sur la « Sociologie du phénomène  Le Pen, »

 

                             

L’objet de cette étude est l’analyse du racisme, de la xénophobie et de l’antisémitisme en France . Ce sujet a fait l’objet  de la «  sociologie  du  phénomène le Pen » de Jacques le Bohec* qui  présente ici de manière critique et argumentée les différentes explications du phénomène. Il démonte également les principales illusions attachées au sujet (« gaucho-lepénisme », « national-populisme »), dont les ressorts sont davantage à rechercher dans le racisme de classe des analystes envers les milieux populaires que dans une sociologie empiriquement fondée.** Le sujet du,livre constitue l’un des événements majeurs de la  vie politique française ,composé par les quatre chapitres. « Le premier   aborde  la genèse  du phénomène  Le Pen, c’est -à -dire, les circonstances  de la progression des votes de la transformation des structures  du champ politique  provoquée par l’entrée dans l’offre  « effective ».Le deuxième chapitre examine la biographie de J.M.Le Pen en la sociologisant, ce qui permet de mettre  au jour sa  trajectoire sociale  et son habitus,c’est-à-dire les dispositions stables issues de la socialisation (éducation,expériences apprentissage). Ensuite ,on évoquera les explications habituelles des votes en montrant leurs caractéristiques leur contribution à la sociogenèse du phénomène  Le Pen. Enfin, le quatrième et le denier chapitre propose  un regard critique  sur les enquêtes menées auprès des lecteurs ».(1) Donc la Table des matières  est la suivante :

Introduction - Des évidences à revisiter - Un objet à dépassionner - Pourquoi « phénomène Le Pen »? - Refonder la grille explicative - Organisation de l’ouvrage - I / L’entrée d’un parti marginalisé - La conjoncture favorable de 1982-1983 - La conjoncture du printemps 1982 - L’enclenchement du processus - Trois élections partielles - J.-M. Le Pen « prophète en son pays » ? -  Le scrutin européen de 1984 - Le renforcement grâce aux ralliements - Des médias intéressés - La campagne de juin 1984 - Les répercussions du scrutin européen - II / La trajectoire sociale de J.-M. Le Pen - L’illusion biographique - Instrumentalisations croisées - Des points de coordination entre adversaires - Une approche sociobiographique - Apprentissages primaires (1928-1942) - Expériences (para)scolaires (1942-1953) - Quête éperdue d’une issue (1953-1962) - Marginalité politique (1962-1983) - L’habitus clivé de J.-M. Le Pen - III / Les explications proposées - Les explications classiques – Typologie – Apports – Limites - Des explications intégrées au phénomène - Une réflexivité rare - Conditions propices - - Angles disciplinaires - Fétichisme du sol - Obsession textuelle - L’étiquetage - Concours involontaire - IV / L’enquête auprès des électeurs - Méthodes quantitatives - Intentions de vote - Agrégats improbables - Approche dite « écologique » - Méthodes qualitatives – Infiltration – Reportage – Entretien - Restituer la complexité - Sens et usages variés du vote - Trajectoires sociobiographiques - Sens et usages du racisme - Épilogue - Six traits majeurs - Deux questions difficiles - Chronologie du phénomène Le Pen - Repères bibliographiques

**Professeur d es universités en Sciences de l’information et de la communication Responsable de la première année de la mention de master « information-communication » de l’université Lyon 2, ainsi que d’une des options de la spécialité « recherche ».

Ouvrages  Les Rapports presse-politique. Mise au point d’une typologie « idéale », L’Harmattan, coll. Logiques sociales, 1997, 254 pages.   Les Mythes professionnels des journalistes. Etat des lieux en France, L’Harmattan, coll. Communication et civilisation, 2000, 398 pages.  L’Implication des journalistes dans le phénomène Le Pen, volume 1, L’Harmattan, coll. Logiques sociales, 2004, 230 pages.  Les Interactions entre les journalistes et J.-M. Le Pen, volume 2, L’Harmattan, coll. Logiques sociales, 2004, 250 pages. 

 Sociologie du phénomène Le Pen, La découverte, coll. Repères, 2005, 122 pages.

 

Dans la belle tradition sociologique de Durkheim, Jacques Le Bohec commence par faire état des prénotions relatives au « phénomène Le Pen ». Mais c’est tout au long de l’ouvrage qu’il met en balance les explications avancées ici et là et leurs limites en en montrant tantôt les biais techniques, tantôt les procédés réductionnistes, tantôt la fausse neutralité axiologique de ceux qu’il prend en flagrant délit d’ethnocentrisme. Le plus intéressant, cependant, réside moins dans le fait que chaque explication aurait une (petite) part de vérité que de montrer comment chacune des explications concourt à la construction du phénomène lui-même. Telle est la problématique centrale de l’auteur : mettre le doigt sur les formes de l’objectivation sociale qui, souvent à l’insu des chercheurs et des experts, se mue en objectivisme. Pour le dire autrement, et simplement à titre d’exemple, il est montré comment la labellisation savante (via l’exégèse des textes et des discours du Front national et de son chef) et statistique (via certains sondages) de parti « raciste » finit par donner un supplément de réalité quand ce n’est pas même un supplément d’âme. D’un côté, la reprise de l’étiquetage par les journalistes et hommes politiques, de l’autre la réappropriation du mot « racisme » par des électeurs (ainsi moins censurés pour user du vocable tantôt à titre de provocation, tantôt à titre d’écart distinctif, comme une marque de reconnaissance), ont pour effet de consolider « l’évidence raciste » tout en donnant bonne conscience à ceux qui le dénoncent. L’auteur ne cherche pas à nier le « qualificatif-disqualificatif » mais, ce faisant, il montre par le biais d’entretiens approfondis comment l’étiquette présumée révéler l’essence et la substance du phénomène est bien loin de rendre compte du sens et des usages du vote. En conclusion, « évidemment », l’auteur se garde bien de dire « ce qu’il faut faire » contre le phénomène, excepté d’en appeler à un exercice plus rigoureux des sciences sociales…

 

A côte de la sociologie le PEN Jacques le Bohec, avait publié un autre essai  intitulé , L'implication des journalistes dans le phénomène Le Pen, volume 1 (2)  dont  l’objet de l’étude est le résultat d’une recherche empirique à base d’entretiens, d’observations et d’analyses de contenu, cet ouvrage établit que certains journalistes sont impliqués dans le phénomène Le Pen, ce qui contredit l’un de leurs mythes professionnels, celui de l’extériorité par rapport au réel. L’auteur met en évidence leur contribution involontaire aux succès électoraux du Front national, effet contre-productif des actions souvent menées afin de le marginaliser d’urgence. Ces journalistes ne sont cependant pas les seuls acteurs sociaux en apparence extérieurs à avoir participé à la sociogenèse du phénomène (politologues, politiciens, etc.). Dans ce premier volume, l’auteur évoque les divers obstacles à surmonter pour entreprendre une recherche pointue sur un objet d’étude tellement sulfureux qu’il semble impossible de place le débat sur le terrain.

 

La question qui se pose  quel rapport établir entre J .M.Le PEN et  la construction de la genèse  du phénomène  Le Pen ? Comment ce phénomène sociologiquement est constitué  et comment Jacques le  Bohec la question ? Qui est le PEN ? Qu’est que genèse  du phénomène  Le Pen ?

 

« Si la biographie de J.M.Le Pen doit être étudiée  selon J ;L. Bohec, « ce n’est pas parce qu’il diffuserait  un charme inné qui attirait de  façon irrésistible des millions  d’électeurs dupés et séduits »(3) ; En effet, il y a des rapports réciproques  entre JM le Pen  et son phénomène.

 

 

1.      La biographie de J.M.Le Pen

Jean-Marie Le Pen, né Jean-Marie Louis Le Pen, est le fils de Jean-Marie Le Pen, patron pêcheur, et d'Anne-Marie Hervé, couturière et fille de paysans. Toute sa famille est essentiellement originaire du département du Morbihan. Le mot pen signifie en breton « tête », d'où son surnom de « Menhir ». Jean-Marie Le Pen est pupille de la nation : le bateau où se trouvait son père aurait heurté une mine allemande en 1942.

 

Il est élève au collège jésuite Saint François Xavier à Vannes, puis au lycée de Lorient. Il entre ensuite à la faculté de droit de Paris. Il est diplômé d'études supérieures de sciences politiques et licencié en droit. Il a été président des étudiants en droit de Paris puis, par la suite, président d'honneur de la « Corpo », de 1949 à 1951. Alors qu'il débute en politique, il fait changer son prénom de Jean en Jean-Marie (prénom de son père), sa femme considérant que ce dernier est plus à même d'attirer l'électorat catholique. Le mémoire pour le diplôme d'études supérieures de sciences politiques, rédigé en 1971, présenté par Jean-Marie Le Pen et Jean-Loup Vincent s'intitule Le Courant anarchiste en France depuis 1945.

 

Il tient une partie de son patrimoine de la vente de la société de cimenterie Lambert, que lui lègue par testament Hubert Lambert (héritier des ciments Lambert, décédé sans enfant à l'âge de 42 ans et auteur de très nombreux articles dans diverses revues nationalistes). Cette succession donne lieu à un début de poursuites judiciaires, qui sont abandonnées après négociation avec les cousins Lambert. Cette fortune miraculeuse le met à l'abri du besoin et aide son ascension politique à la fin des années 1970. Il tirait jusque là ses revenus des éditions phonographiques SERP. Depuis, il est assujetti à l'ISF. Traditionnellement, les dons aux partis politiques (comme des héritages) sont adressés à une association reconnue d'utilité publique. Jean-Marie Le Pen est condamné en 1997 pour ne pas avoir appliqué cette précaution à tous les dons. Il est un temps vice-président du Comité Pierre de Coubertin, et exerce les métiers de marin-pêcheur, mineur de fond, métreur d'appartements, ambulant des PTT…

 

En janvier 1953, il prend l'initiative d'organiser une colonne de secours d'étudiants volontaires pour porter assistance aux populations sinistrées lors d'inondations aux Pays-Bas. Il est alors président de la Corpo Droit à Assas et un des dirigeants, contesté, de l'UNEF. Il reçoit pour cette initiative l'appui public et politique de Vincent Auriol. En 1955, il est le délégué général de l'Union de défense de la jeunesse française.

 

Jean-Marie Le Pen est un ancien soldat des guerres d'Indochine et d'Algérie. Il arrive en Indochine en 1955, après la fin des combats, où il sert comme officier dans le 1er Bataillon étranger parachutiste en Indochine (sous-lieutenant). Il y est, entre autres, journaliste à Caravelle, l'organe du corps expéditionnaire français (1955)

 

Repéré par Pierre Poujade, il est élu député de Paris en 1956 sous les couleurs de l'Union et fraternité française (UFF). À vingt-sept ans, il est le plus jeune député de l'Assemblée nationale. Il sera exclu de l'UFF en 1957. Cette même année, il devient secrétaire général du Front national des Combattants (FNC). À ce titre, il soutient la candidature d'un Français de confession musulmane, Ahmed Djebbour, qui est élu. Jean-Marie Le Pen a prétendu avoir progressivement perdu son œil gauche suite à une cataracte traumatique consécutive à une bagarre en 1958 (Jean Marcilly, Le Pen sans bandeau, 1984), mais il a changé de version depuis : il est devenu borgne, explique-t-il, suite à une maladie de l'œil.

 

L'année suivante, il est réélu député de Paris Ve et adhère au groupe parlementaire du Centre national des indépendants et paysans (CNI) présidé par Antoine Pinay. Il est à cette époque rapporteur du budget de la guerre à l'Assemblée nationale et de la défense au Sénat de la communauté. Il quittera par la suite les bancs de l'Assemblée nationale et se porte volontaire pour se battre pour la défense de l'Algérie française.

 

Quarante ans plus tard, il justifie l'usage de la torture lors de son temps de service en Algérie, contre des partisans avérés ou présumés du FLN, cette pratique étant, selon lui, nécessaire pour lutter contre le terrorisme. Il déclarait en 1962 dans un entretien accordé au journal Combat « J'ai torturé parce qu'il fallait le faire », après des propos dans le même sens tenus en 1957 à la tribune de l'Assemblée nationale et la même année lors d'un dîner consacré à la justice en Algérie. Il revient plusieurs années après sur ses déclarations et affirme n'avoir jamais lui-même pratiqué la torture.

 

Il participe plus tard à l'opération franco-britannique de Suez. Jean-Marie Le Pen est décoré de la Croix de la valeur militaire. Il estime que son engagement politique est fondé sur l'amour du peuple et de la patrie. Battu en 1962, Jean-Marie Le Pen crée une entreprise d'édition phonographique, la Serp (Société d'étude et de relations publiques), spécialisée dans l'édition de chants et de discours historiques. Il devient le directeur de campagne de Jean-Louis Tixier-Vignancour, candidat à l'élection présidentielle de 1965.

 

En janvier 1971, sa maison de disques (la Serp) édite un disque intitulé Le IIIe Reich. Voix et chants de la Révolution allemande, ainsi qu'entre autres les chants de l'Armée rouge ou les discours des dirigeants communistes, comme Lénine. L'un de ces disques lui vaut une condamnation en 1971 pour « apologie de crimes de guerre ». En 1972, il est appelé à présider le jeune Front national (parti créé par Ordre nouveau, afin d'élargir son champ électoral) et continue son combat pour ses idées nationalistes. Les résultats électoraux du Front national sont en hausse depuis les élections municipales de 1983, à Dreux notamment.

 

Jusqu'ici titulaire de scores extrêmement faibles lors des scrutins, la forte poussée électorale d'un de ses adjoints à Dreux en 1983 puis une médiatisation de son discours suite à cette percée (invitation par Europe 1, radio privée, à l'automne 1983, puis sur Antenne 2, chaîne de télévision publique, en février 1984, notamment à L'Heure de vérité à la demande discrète de François Mitterrand) l'aide à acquérir une dimension qu'il n'avait jamais atteinte auparavant, ce qui aboutit au score national de 10,95 % de la liste qu'il conduit aux élections européennes de juin 1984 (il sera réélu en 1989, 1994, 1999 et 2004). La droite doit se positionner par rapport à Jean-Marie Le Pen, situation inédite depuis 1967-68, car elle intégrait depuis l'essentiel de l'extrême droite dans ses rangs (la majorité des cadres du FN viennent des partis de droite ou ont travaillé avec eux).

 

Néanmoins, à la suite de la décision de la Cour européenne des Droits de l'Homme (CEDH), il est privé de son siège de parlementaire le 10 avril 2003. Cette décision fait suite à sa condamnation en 1998 pour agression et à un arrêt du Conseil d'État du 31 mars 2000 mettant fin à son mandat d'eurodéputé. En 1992 et 1998, il est élu au Conseil régional de Provence-Alpes-Côte d'Azur. Il rencontre le plus de succès dans des régions comme l'est et le sud-est de la France. Ces résultats s'expliquent en partie par de nombreuses tensions sociales, liées entre autres aux tensions entre communautés d'origine maghrébine et Pieds-Noirs ; mais de forts résultats sont enregistrés dans des communes très aisées comme Cagnes-sur-mer. Fin 1998, une scission avec Bruno Mégret handicape le Front national : il perd la moitié de ses cadres et des milliers d'adhérents. Le FN chute à 6 % aux élections européennes de 1999 et n'obtient que 6 sièges.

 

De son premier mariage avec Pierrette Lalanne, épousée le 29 juin 1960 à Paris (VIIIe arrondissement), et dont il divorce en 1985 ou 1986, il a eu trois filles (Marie-Caroline, Yann, Marine) qui lui ont donné neuf petits-enfants. La plus jeune de ses filles, Marine Le Pen, est membre du Bureau politique du Front national et l'une de ses vice-présidentes depuis avril 2003 (à la suite du Congrès de Nice). Jean-Marie Le Pen se remarie le 31 mai 1991 avec Jeanne-Marie Paschos dite Jany, née en 1933, divorcée de l'homme d'affaires belge Jean Garnier et fille d'un marchand de tableaux grec et d'une mère en partie néerlandaise.

 

Selon  J. Le Bohec quatre raison président à ce chapitre: - L’illusion biographique - Instrumentalisations croisées - Des points de coordination entre adversaires - Une approche sociobiographique - Apprentissages primaires (1928-1942) - Expériences (para)scolaires (1942-1953) - Quête éperdue d’une issue (1953-1962) - Marginalité politique (1962-1983) - L’habitus clivé de J.-M. Le Pen ;Une deuxième question qui a été posée, pourquoi  “phénomène le PEN”? (p;7)quel raport établir  entre la personnalité criminelle  et le Pen et sa participation à la Torture et  à la guerre indochine? Nous traitons le sujet par les condamnation de J.M. Le Pen;

 

2. Le phénomène Le Pen et la Criminalité:

 

Au fonde la criminalité de Le Pen,  il existe des phonomènes de l’ordre psychologiqeu et psychiatrique ; Du fait que son père a servi des poisons fraiches  aux  nazis  occupants,il doit être considéré comme collaborateur donc  il n’y pas de place  pour graver son nom  sur lemonuments aux morts. Jacques le Bohec affirme que « Socialement, c’est un  déclassement brutal qui perturbe  l’adolescent.Déjà turbulent, il devient indiscipliné à l’école et fait quatre cents coups(rébellion,impolitesse,altercations)bagarres,chapadage,  vantardise etc(4) Il ajoute  que « Il reste à Paris s’inscrivant à la faculté  de droit.La capitale, lieu de l’échec paternel, est le lieu où ses ambitions doivent se réaliser : »Boursier d’Etat, j’entendais, par respect pour la mémoire de mon père,réussir ce qu’il n’avait pas pu faire »(Le Pen,1984,p.3-)(5) On se pose la question quel mémoire d’un pourra exister que servir des poissons aux nazis ?Mais il reste  de montrer la criminalité  de Mr Le Pen ;

Janvier 1960 : condamné pour des menaces de mort proférées à l’encontre d’un commissaire de police.

27    avril 1964 : condamné pour coups et blessures volontaires.

           16 janvier 1969 : condamné à trois mois de prison avec sursis et 20 000 F de dommages et intérêts pour coups et blessures volontaires par le Tribunal de grande instance de Paris.

14    janvier 1971 : reconnu coupable par la Cour de cassation d'« apologie de crime de guerre ». La pochette d'un disque édité par la Serp affirmait : « La montée vers le pouvoir d'Adolf Hitler et du Parti national-socialiste fut caractérisée par un puissant mouvement de masse, somme toute populaire et démocratique, puisqu'il triompha à la suite de consultations électorales régulières, circonstance généralement oubliée. »

11    mars 1986 : condamné au franc symbolique pour « antisémitisme insidieux » (peine confirmée en appel le 9 juillet). Jean-Marie Le Pen s'en était violemment pris à des journalistes juifs ou d'ascendance juive : « Je dédie votre accueil à Jean-François Kahn, à Jean Daniel, à Yvan Levaï, à Elkabbach, à tous les menteurs de la presse de ce pays. Ces gens-là sont la honte de leur profession. Monsieur Lustiger me pardonnera ce moment de colère, puisque même Jésus le connut lorsqu'il chassa les marchands du temple, ce que nous allons faire pour notre pays. » Et il leur accordait comme circonstance atténuante de n'avoir « appris le français que récemment ».

27    mars 1986 : reconnu coupable d'apologie de crimes de guerre dont la déportation pour l'édition d'un disque sur lequel on peut entendre « un hymne du parti nazi » et « Vive Hitler ».

15    novembre 1987 : condamné à 3000 F d'amende et 8000 F de dommages et intérêts à verser au Mrap pour « provocation à la haine, la discrimination et la violence raciale » par le Tribunal de Paris à la suite de la distribution d'un tract lors des élections municipales de 1983. Condamné lors du même procès à 5 000 F d'amende pour « provocation à la discrimination, à la haine ou à la violence raciale » pour ses propos lors d'une l'émission du 14 février 1984, selon lesquels « le monde islamo-arabe » constituerait un « danger mortel ». Peines confirmées par la Cour d'appel de Paris (11ème chambre) le 29 mars 1989.

8 juin 1993 (pourvoi n°89-83298) : Cassation partielle de l'arrêt de la cour d'appel de Paris du 29 mars 1989 en ses dispositions portant condamnations pénales et civiles du chef du délit de provocation à la discrimination raciale. Pour la cour d'appel, Le Pen « met l'accent sur le "monde islamo-arabe qui actuellement pénètre dans notre pays" et le "danger mortel" pour les français de se voir ainsi "colonisés" ; que de tels propos sont de nature à créer dans l'esprit des français l'idée qu'ils sont menacés dans leur identité même par la présence sur leur térritoire de musulmans venant du tiers monde, à faire naître envers ce groupe déterminé, à raison de sa religion des réactions de rejet et à provoquer des actes discriminatoires voire de violence » alors que pour la Cour de cassation,

 

« les expressions reprochées au demandeur ne désignaient aucune personne ou aucun groupe de personnes autre que des populations étrangères indéterminées, n'étaient de nature à inciter le public ni à la haine, ni à la violence, ni à la discrimination raciale et n'avaient pas dépassé les limites du droit à la libre expression sur le phénomène de l'immigration, la cour d'appel a dénaturé les propos incriminés et fait une fausse application de l'article 24 alinéa 6 de la loi du 29 juillet 1881 » 

 

23    ai 1991 : condamné par la Cour d'appel de Lyon pour « utilisation du terme SIDA pour stigmatiser l'immigration qui représenterait un danger aussi grave que la maladie porte une atteinte intolérable à la dignité des malades, qui ont droit au respect et à la solidarité et également une atteinte intolérable à la dignité des populations immigrées ».

 

18    écembre 1991 : condamné par la Cour d'appel de Versailles pour « banalisation de crimes contre l'humanité » et « consentement à l'horrible » pour avoir déclaré : « Je me pose un certain nombre de questions. Je ne dis pas que les chambres à gaz n'ont pas existé. Je n'ai pas pu moi-même en voir. Je n'ai pas étudié la question. Mais je crois que c'est un point de détail de l'histoire de la Seconde Guerre mondiale. [...] Si, c'est un point de détail ! Voulez-vous me dire que c'est une vérité révélée à laquelle tout le monde doit croire, que c'est une obligation morale ? Je dis qu’il y a des historiens qui débattent de ces questions. »

3        juin 1993 : condamné à 10 000 francs (1 524 euros) d'amende par la Cour d'appel de Paris pour son « Durafour-crématoire » (prononcé après l'appel de Michel Durafour à « exterminer le Front national ») « injure publique » au ministre de la Fonction publique de l'époque, Michel Durafour. Le 7 décembre de la même année, la Cour de cassation a rejeté son pourvoi.

8        novembre 1995 : condamné à un redressement de 1,4 million de francs pour « oublis de plus-value boursière et sous-estimation de loyer ».

16    ovembre 1996 : condamné pour « atteinte gravement portée à un magistrat ».

6        janvier 1997 : condamné à 6 000 F d'amende par le Tribunal de Strasbourg pour avoir qualifié l'association Ras l'front de « mouvement de tueurs de flics ».

4        juillet 1997 : condamné par le Tribunal de Paris pour propos racistes.

26    écembre 1997 : condamné à 300 000 F de consignation pour diffusion du jugement dans des journaux, à un franc symbolique de dommages et intérêts à onze associations plaignantes et à payer leurs frais de justice par le Tribunal de Nanterre pour « banalisation de crimes contre l'humanité, consentement à l'horrible », pour avoir dit que « dans un livre de mille pages sur la Seconde Guerre mondiale, les camps de concentration occupent deux pages et les chambres à gaz dix à quinze lignes, ce qui s'appelle un détail ».

 

2        avril 1998 : condamné à deux ans d'inéligibilité (réduits à un an par la cour d'appel, qui ajoute 8000 F d'amende) et trois mois de prison avec sursis par le Tribunal correctionnel de Versailles pour « violences en réunion » et « injures publiques » (faits requalifiés par la Cour d'appel en « violences sur personne dépositaire de l'autorité publique dans l'exercice de ses fonctions ») pour avoir agressé la maire et candidate socialiste Annette Peulvast-Bergeal (qui portait son écharpe d'élue) lors des législatives de 1997.

9        septembre 1998 : condamné au franc symbolique pour avoir présenté une tête en carton à l'effigie de Catherine Trautmann lors d'un meeting du Front national en 1997.

10    septembre 1999 : La Cour d'appel de Versailles considère que la réitération des propos pour lesquels il a déjà été condamné, i.e. « le point de détail », sur le fondement de l'article 1382 du Code civil (responsabilité délictuelle), caractérise le trouble illicite et confirme le jugement de première instance. (MRAP, avril 2002)

10    uin 1999 : condamné à 12 000 DM (environ 6 000 €) d'amende par le tribunal d'instance de Munich pour incitation à la haine raciale et apologie de crime de guerre, i.e. « le point de détail » (MRAP, avril 2002)

2        avril 2004 : Le tribunal correctionnel de Paris a condamné Jean-Marie Le Pen à 10 000 euros d'amende pour provocation à la haine raciale, en raison de propos tenus l'an précédent dans une interview au quotidien Le Monde (il avait déclaré notamment « Le jour où nous aurons en France, non plus 5 millions mais 25 millions de musulmans, ce sont eux qui commanderont »). Jean-Marie Le Pen devra également verser 5 000 euros de dommages et intérêts à la Ligue des droits de l'homme et la même somme à la Ligue internationale contre le racisme et l'antisémitisme (Licra), qui étaient parties civiles..

 

 Il  faut ajouter  les  tortures effectuées  par J.M. Le Pen pendant la guerre d’Algérie , le Journal Le Monde  en date du  4 Juin 2002  avait posé des questions suivante «  Comment négliger, dans ces conditions, le succès d’une extrême droite qui a construit l’essentiel de son fonds de commerce sur le rejet de l’étranger, surtout quand celui-ci vient de l’autre côté de la Méditerranée ? Comment ne pas voir, dans l’extraordinaire malaise qui s’est emparé de la France et qui s’est exprimé le 21 avril, les traces d’une nouvelle arabophobie, qui s’ajoute à la vieille judéophobie et contribue à nourrir les fantasmes exploités par le Front national ? Comment, surtout, oublier le passé personnel de son chef en Algérie, qu’attestent maints témoignages, depuis ceux qu’a rendus publics il y a quarante ans l’historien Pierre Vidal-Naquet jusqu’à ceux que produit aujourd’hui Le Monde ? (..) Finalement « La justice a donné raison à ceux qui ont dénoncé les actes de torture commis par Jean-Marie Le Pen, en les relaxant des poursuites en diffamation. La plus haute juridiction française, la Cour de cassation, a ainsi confirmé, en juin 2001, un arrêt de la cour d’appel de Paris en faveur de Pierre Vidal-Naquet. Quelques mois auparavant, elle avait pris la même décision en faveur de Michel Rocard, qui, en 1992, à la télévision, avait accusé Jean-Marie Le Pen d’avoir torturé. La Cour avait estimé en particulier que l’ancien premier ministre « avait poursuivi un but légitime en portant cette information à la connaissance des téléspectateurs ». Le Monde se réclame du même « but légitime » pour continuer de porter cette information à la connaissance de ses lecteurs. » Selon le même journal du- 5/6 mai 2002 «  C’est un fait, un simple fait d’histoire : Jean-Marie Le Pen, l’un des deux candidats proposés aux suffrages des Français pour le second tour de l’élection décisive, celle du chef de l’Etat, a lui-même pratiqué la torture, sous l’uniforme de l’armée française, durant la guerre d’Algérie (1954-1962) conclue par l’indépendance de ce pays qui fut pendant près d’un siècle et demi le joyau de notre empire colonial. Cette information que rappelaient légitimement nos éditions du 4 mai avec des précisions apportées par l’enquête de notre envoyée spéciale à Alger, est pratiquement passée inaperçue. Elle n’a pas fait partie des débats publics, télévisés ou radiophoniques, et n’a guère été commentée par les éditorialistes.(..).L’épisode algérien, point de départ de la carrière activiste de Le Pen, n’est pas un mauvais souvenir qu’il faudrait continuer à enfermer avec gêne dans un placard à mémoire honteuse. Tout au contraire, il éclaire en profondeur les succès du Front National. Le silence sur ce passé : tout comme les votes silencieux pour une extrême droite au programme clairement raciste et xénophobe disent l’impensé colonial qui continue de travailler l’identité française, le rapport de la France au monde et aux autres, et plus précisément à ces autres venus du Sud, Maghrébins, Arabes et Berbères, partageant une culture musulmane qu’ils soient pratiquants en religion ou indifférents au culte. Quelles que soient les solutions politiques et sociales qui seront trouvées à la crise ouverte par le vote du 21 avril, les futurs gouvernants devront affronter clairement cette réalité-là : la xénophobie a progressé en France, s’assume sans honte et prend ordinairement la forme d’une nouvelle arabophobie qui fut insuffisamment combattue et qui réveille la vieille judéophobie. Tel est aussi l’enjeu du 6 mai : redonner à la France ses couleurs, toutes ces couleurs qui donnent sens à sa devise républicaine. » Mais ,La cour d’appel de Paris valide à son tour l’enquête du "Monde" sur Le Pen et la torture en Algérie par Pascale Robert-Diard [Le Monde, 8 octobre 2004]En déboutant le président du Front national de ses poursuites en diffamation, l’arrêt confirme le jugement du 26 juin 2003 qui avait reconnu la "crédibilité certaine" des témoignages recueillis.

 

Jean-Marie Le Pen a perdu, en appel, le procès en diffamation qu’il avait intenté à la journaliste Florence Beaugé et au directeur du Monde, Jean-Marie Colombani, après la publication, en mai et juin 2002, d’une série d’articles qui faisaient état de témoignages évoquant la participation à la torture pendant la guerre d’Algérie de l’ancien lieutenant du 1er régiment étranger de parachutistes (1er REP), engagé volontaire en janvier 1957.

 

Dans un arrêt rendu mercredi 6 octobre, la cour, présidée par Laurence Trebucq, a confirmé le jugement le 26 juin 2003 par la 17e chambre du tribunal correctionnel de Paris, qui avait estimé que l’enquête réalisée par la journaliste du Monde était "particulièrement sérieuse et approfondie" et que les témoignages dont elle s’était fait l’écho étaient "cohérents" et offraient "une crédibilité certaine" (voir l’article précédent, Le Monde du 28 juin 2003).

La juridiction d’appel confirme également en tous points le jugement de première instance sur la caractère sérieux et approfondi de l’enquête réalisée par Florence Beaugé, chargée des questions du Maghreb au service international du Monde. Elle observe en premier lieu que l’argument de M. Le Pen, selon lequel, en qualité d’officier de renseignement, il n’était pas chargé de procéder aux interrogatoires des personnes interpellées pendant la guerre d’Algérie, est contesté par plusieurs déclarations publiques de l’intéressé lui-même qu’il a ensuite démenties en affirmant avoir été "mal compris"

 

La cour rappelle notamment les propos tenus par M. Le Pen, en 1957, à la tribune de l’Assemblée nationale et la même année lors d’un dîner consacré à la justice en Algérie, puis en 1962 dans un entretien accordé au journal Combat - dans lesquels il avait à la fois justifié la pratique de la torture et revendiqué l’avoir lui-même pratiquée : "J’ai torturé parce qu’il fallait le faire."

 

Sur le deuxième point contesté, celui de la pertinence des témoignages publiés dans l’enquête de Florence Beaugé, la cour relève que "les premiers juges ont, à bon droit, au vu des pièces versées, estimé que la journaliste avait recueilli des récits crédibles - et non invraisemblables comme le soutient la partie civile - et, au vu des témoignages des victimes mais aussi d’autres témoins des faits que les victimes elles-mêmes, lesquels se recoupent et se complètent".

 

Elle ajoute que "la journaliste a fait preuve, ainsi que le tribunal l’a constaté, de prudence dans l’expression, dans la mesure où, si les termes employés sont forts, elle s’est attachée à rapporter les déclarations des témoins qu’elle a entendus, sans assortir leurs dires de commentaires qui puissent en altérer le sens ou en renforcer la portée et qu’elle utilisé fréquemment le mode conditionnel".

 

Les juges d’appel estiment en outre que "la valeur probante et l’origine"des nouvelles pièces versées à l’audience du 26 juin par la défense de M. Le Pen - notamment des extraits du journal des marches et opérations d’un régiment de zouaves présentées comme provenant des archives de l’armée et recueillis par le directeur des affaires juridiques du Front national, Marcel Ceccaldi - "sont sujettes à caution, s’agissant de photocopies (...) pour la plupart dépourvues de références précises".

 

En conséquence, estimant que "les conditions de la bonne foi de la journaliste sont réunies", la cour d’appel déboute M. Le Pen de toutes ses demandes. »

 

Le  Journaliste Philippe Bernard,  dans Le Monde en date du 4 mai 2002 affirmait que «  Des Algériens affirmant avoir été torturés sous son commandement avaient témoigné lors des procès en diffamation intentés par le président du Front national aux journalistes auteurs de ces articles. Le tribunal correctionnel avait relaxé les auteurs, estimant que le délit de diffamation n'était pas constitué : selon les juges, M. Le Pen ne pouvait pas se prévaloir d'une atteinte à son honneur puisqu'il approuvait l'usage de la torture pendant la guerre d'Algérie. Mais la cour d'appel avait infirmé ce jugement et estimé que l'honneur du président du Front national avait été atteint puisqu'il n'avait pas lui-même revendiqué le recours à la torture. Cet arrêt avait été confirmé par la Cour de cassation en 1989.

 

Mais un épisode plus récent a illustré le changement d'optique de la plus haute juridiction judiciaire française sur la question. Le 2 février 1992 sur TF1, en pleine controverse sur l'immigration et à quelques mois des élections législatives de 1993, Michel Rocard avait affirmé : "Il faut tout de même savoir qui est M. Le Pen, et s'en souvenir. En Algérie, il a torturé."Poursuivi en diffamation par le leader d'extrême droite, l'ancien premier ministre, condamné en première instance, avait été relaxé en appel à Paris. Mais cette dernière décision qui reconnaissait la bonne foi de M. Rocard, avait été cassée, la Cour de cassation confirmant sa première jurisprudence Le Pen.

 

Au terme d'un second procès devant la cour d'appel de Rouen, Michel Rocard avait bénéficié d'une nouvelle relaxe. Et la Cour de cassation avait fini par s'incliner. Dans son arrêt du 24 novembre 2000, elle s'appuie sur le principe de la liberté d'expression protégée par la Convention européenne des droits de l'homme pour estimer que "la protection de la réputation d'un homme politique doit être conciliée avec la libre discussion de son aptitude à exercer les fonctions pour lesquelles il se présente au suffrage des électeurs".

Relevant que M. Le Pen avait reconnu, dans une interview publiée dans Combat en 1962 : "Je le sais, je n'ai rien à cacher. J'ai torturé parce qu'il fallait le faire", la haute juridiction a jugé que M. Rocard "avait poursuivi un but légitime en portant cette information à la connaissance des téléspectateurs" et que sa bonne foi avait ainsi été caractérisée.

Le même type d'appréciation a conduit la Cour de cassation, plus récemment encore, le 19 juin 2001, à rejeter le pourvoi formé par M. Le Pen contre un arrêt de la cour d'appel de Paris rendu en juin 2000, qui avait confirmé la relaxe de l'historien Pierre Vidal-Naquet. Dans le second tome de ses Mémoires consacré à la période 1955-1998 et intitulé Le Trouble et la lumière (Le Seuil), le militant anticolonialiste évoquait "les activités tortionnaires de Jean-Marie Le Pen, député du Quartier latin". Estimant que ces écrits s'appuyaient sur une "enquête sérieuse" attestée par de nombreux documents et témoignages, la cour d'appel s'est référée à la convention des Nations unies contre la torture pour juger que le mot "torture", "quelle que soit sa connotation, (...) correspond aux actes en cause". Les magistrats en ont conclu que Pierre Vidal-Naquet pouvait bénéficier de l'excuse de bonne foi, jugement confirmé en cassation.

 

Devant les tribunaux, l'évocation de faits de torture commis pendant la guerre d'Algérie relève d'une procédure particulière en raison des lois d'amnistie. Celles-ci interdisent d'évoquer les faits eux-mêmes. Conséquence, l'auteur des propos ou des écrits poursuivis pour diffamation ne peut se défendre, comme c'est le cas habituellement, en apportant la preuve de leur véracité. Il lui faut convaincre les juges de sa bonne foi.(..) Si le séjour de Jean-Marie Le Pen dans l'Algérie en guerre a été bref - de janvier à fin mars 1957 -, le lieutenant du 1er régiment étranger de parachutistes (REP), attaché à la division Massu, a laissé dans l'ex-colonie française de terribles souvenirs.

 

Elu député poujadiste à l'âge de 28 ans, ayant voté l'envoi du contingent en Algérie décidé par le gouvernement de Guy Mollet, Jean-Marie Le Pen s'engage en 1956 pour six mois "par solidarité avec ces jeunes hommes", expliquera-t-il plus tard dans le livre La France est de retour. Il débarque en pleine bataille d'Alger, juste avant que le général Massu se voie déléguer, le 7 janvier 1957, par le gouverneur général Robert Lacoste, les pouvoirs de police dans le département d'Alger.

 

Basé à la Villa des Roses (aujourd'hui rasée et remplacée par un jardin public sur les hauteurs d'El-Biar, face à la mer), Jean-Marie Le Pen est affecté à des tâches antiterroristes. Officiellement, il fait du renseignement. L'objectif est de mettre fin à la vague meurtrière d'attentats déclenchée en zone urbaine par le FLN. Il est apprécié de son supérieur direct, le capitaine Martin, qui certifiera par la suite que Le Pen n'a "jamais été chargé d'interrogatoires, que [son] comportement a toujours été très militaire et notamment très profondément respectueux d'autrui [et] manifeste de grandes qualités humaines dans tous ses actes". Le lieutenant Le Pen quitte Alger le 31 mars 1957, après avoir été décoré de la croix de la valeur militaire par le général Massu.

Le souvenir qu'a laissé Jean-Marie Le Pen en Algérie ne correspond en rien au certificat de bonne conduite du capitaine Martin. Les Algériens qui ont eu à faire à lui, dans le cadre des opérations de "maintien de l'ordre", suivant la terminologie employée par les autorités françaises à l'époque, et qui acceptent de témoigner, gardent l'image d'un homme "extrêmement violent" et, par-dessus tout, d'un "tortionnaire".

Tant d'années après, la plupart des survivants d'exactions croyaient avoir tourné la page. Aucun ne parle avec plaisir ou complaisance des supplices et des humiliations subies. Evoquer la tortures est pour chacune des victimes faire remonter à la surface une insupportable douleur. Si certains se sont résolus à cette souffrance ces jours-ci, c'est, disent-ils, "parce qu'il faut que les Français sachent qui est cet homme qui a la prétention de diriger leur pays".

 

Le Pen et la torture : l'enquête du "Monde" validée par le tribunal Le Monde, 28 juin 2003 Le président du Front national avait attaqué le quotidien pour des articles parus en 2002 faisant état, sur la foi de témoignages concordants, de sa participation à la torture pendant la guerre d'Algérie. La 17e chambre correctionnelle de Paris a reconnu "la crédibilité certaine" des faits.


Cinquante pages : par son ampleur exceptionnelle, le jugement est de poids. La 17e chambre correctionnelle du tribunal de Paris a relaxé Le Monde, jeudi 26 juin, et débouté Jean-Marie Le Pen de ses poursuites en diffamation. Le président du Front national s'estimait atteint dans son honneur et sa considération par des articles sur la torture en Algérie publiés les 4 mai et 4 juin 2002, avant le premier tour de l'élection présidentielle et le deuxième tour des législatives. Signés par Florence Beaugé, spécialiste de l'Algérie au Monde, ils faisaient état, sur la foi de témoignages concordants, de la participation de M. Le Pen à la torture pendant la guerre d'Algérie. Alors jeune député poujadiste, le lieutenant Le Pen s'était engagé volontairement en Algérie en janvier 1957 et y était resté trois mois, en pleine bataille d'Alger, en tant que chef de section d'une compagnie d'appui au 1er régiment étranger de parachutistes (1er REP).
Les faits étant amnistiés et prescrits, il ne s'agissait pas, pour le tribunal, de dire si Jean-Marie Le Pen avait effectivement torturé en Algérie mais si Le Monde disposait d'éléments suffisants pour le croire. Seule pouvait donc être jugée la bonne foi du journal : les écrits doivent alors, selon la jurisprudence, obéir à un but légitime, ne pas être inspirés par une animosité personnelle, respecter la prudence dans l'expression et être le fruit d'une enquête sérieuse et approndie. Après avoir étudié ces quatre critères, le tribunal, présidé par Edith Dubreuil, conclut dans son jugement que Le Monde doit "bénéficier de l'excuse de bonne foi, compte tenu du caractère concordant des témoignages que la journaliste a rapportés et des vérifications auxquelles elle a personnellement procédé, son travail n'ayant nullement consisté, comme il a déjà été dit, à établir la preuve de la vérité des faits exposés par elle - impossible en tout état de cause - mais à informer ses lecteurs sur des circonstances qui lui paraissait dignes d'intérêt et offrant une crédibilité certaine". M. Le Pen a fait appel de la décision.
Selon le jugement, la "légitimité du but poursuivi" par le journal n'est "pas contestable dès lors qu'il s'est agi d'informer les lecteurs du journal, à la veille d'élections majeures pour le pays -l'élection présidentielle et le premier tour des élections législatives-, sur le passé d'un homme politique, candidat à la magistrature suprême, désormais en lice avec un seul autre concurrent, et également leader d'un parti politique présentant, sur le territoire national, de nombreux candidats à la députation".
Le tribunal constate que le journal "n'a pas fait preuve d'animosité personnelle particulière" à l'égard de Jean-Marie Le Pen, même si la raison d'être d'une publication, " dans une société démocratique, est à coup sûr d'informer ses lecteurs mais aussi de faire des choix d'opinion". Le tribunal constate également que Le Monde a respecté le principe du contradictoire et est resté prudent dans l'expression, Florence Beaugé ayant rapporté les déclarations des témoins "sans assortir leurs dires du moindre commentaire".


Pour relaxer Le Monde, le tribunal constate surtout que le journal a effectué une enquête "particulièrement sérieuse et approfondie". Le jugement rappelle les conditions dans lesquels Florence Beaugé a indiqué avoir travaillé. A la barre, elle a déclaré avoir consacré une grande partie de son temps aux événements d'Algérie. Alors qu'elle couvrait l'actualité, le passé surgissait sans cesse, et avec lui des noms, dont celui de Le Pen, "associé à une très grande violence". Elle a recueilli des témoignages de victimes de la torture, puis de tortionnaires : les révélations du général Massu, les dénégations du général Bigeard, les aveux du général Aussaresses. Ces témoignages sur les exactions qu'aurait commises la section du lieutenant Le Pen, la nuit du 2 au 3 février 1957 dans la casbah, ont été publiés.


Pour appuyer ses dires, Le Monde a produit à l'audience un poignard sur le fourreau était écrit : "J.M. Le Pen 1er REP". Ce poignard avait été remis au journal par Mohammed Cherif Moulay, le fils d'Ahmed Moulay, haut responsable politico-militaire du FLN. Il l'avait retrouvé dans la maison où son père avait été torturé à mort en présence de Jean-Marie Le Pen, dans la nuit du 2 au 3 mars 1957, alors que lui-même était âgé de 12 ans.
A la barre, il a raconté qu'une unité de parachutistes dirigée par un homme qu'il avait identifié plus tard comme étant le lieutenant Le Pen avait surgi dans sa maison de la casbah. Il a aux juges avoir vu son père subir le supplice de l'eau, qui consiste à noyer la victime en lui administrant de force des litres d'eau savonneuse, puis de l'électricité. Il l'avait ensuite retrouvé criblé de balles, le ventre encore gonflé. Le tribunal remarque que ce poignard produit à l'audience "apparaît semblable à ceux que portaient les officiers en activité appartenant à d'autres régiments également placés sous le commandement du général Massu -dont dépendait le 1er REP-".
L'avocat de Jean-Marie Le Pen, pour qui les témoignages recueillis à l'audience sont d'odieux mensonges, avait déclaré à l'audience qu'étant chargé de "l'exploitation du renseignement et des arrestations", le lieutenant n'avait jamais eu pour mission de procéder à des interrogatoires et ne s'était jamais rendu dans la casbah, laquelle n'était pas dans le secteur d'affectation du 1er REP. Le général Martin, alors capitaine, était venu le confirmer à la barre.


Cependant, le tribunal souligne que le général Aussaresses, en écho aux écrits du général Massu, avait écrit dans une attestation produite à l'audience que les régiments n'étaient pas cantonnés à leur secteur : "On dépassait les vanités personnelles pour donner la priorité au rendement." De même, assurait le général Aussaresses dans cette même note, les interrogatoires pouvaient être menés "par des officiers qui n'étaient pas forcément des officiers de renseignement." "Il doit en être conclu,note le tribunal, que si, comme l'a souligné à la barre le général Martin, la ville d'Alger avait bien été à l'origine, divisée en secteurs d'intervention précis réservés à chaque régiment, ce découpage avait très vite été oublié dans la pratique au profit de l'efficacité des recherches à effectuer, à partir des informations obtenues sur telles personnes ou telle opération signalée".


Le tribunal estime que Florence Beaugé a eu connaissance de nombreux témoignages "allant dans le même sens"


 Le général Maurice Schmitt, l'ancien chef d'état-major des armées, sera au centre de deux procès en diffamation, les 4 et 11 juillet, à Paris. Le premier est intenté par Louisette Ighilahriz, militante du FLN, dont le témoignage dans Le Monde, en juin 2000, avait servi de catalyseur d'un débat sur les exactions commises par l'armée pendant la guerre d'Algérie.


Le général Schmitt avait qualifié ce récit, le 6 mars 2002 sur France 3, de "soi-disant témoignage" et le livre de Louisette Ighilahriz, Algérienne (Fayard), de "tissu d'affabulations, de contrevérités"


Le second procès a été intenté par Henri Pouillot, un ancien appelé, témoin des tortures dans la villa Susini à Alger, qualifié pendant la même émission par le général Schmitt, soit de "menteur", soit de "criminel". Maurice Schmitt, qui était lieutenant pendant la guerre d'Algérie, est le plus haut responsable militaire à être poursuivi pour une affaire de diffamation liée à l'utilisation de la torture.

 

Trois ans qui ont modifié le regard sur la guerre d'Algérie le 20 juin 2000
. Témoignage, à la "une" du Monde, de Louisette Ighilahriz, torturée et violée à l'âge de 20 ans, au siège de la 10e division parachutiste, pendant la bataille d'Alger, en 1957. Cette ancienne militante du FLN met en cause les généraux Massu et Bigeard et recherche l'homme qui l'a sauvée, un médecin militaire, le commandant Richaud.

22 juin 2000

Dans une interview au Monde, le général Jacques Massu exprime ses regrets et déclare que "la torture n'est pas indispensable en temps de guerre, on pourrait très bien s'en passer". Le même jour, le général Marcel Bigeard dément tout en bloc et qualifie le récit de Louisette Ighilahriz de "tissu de mensonges".

31 octobre 2000


. L'Humanité publie l'appel de 12 intellectuels, parmi lesquels Pierre Vidal-Naquet et Henri Alleg, qui réclament la reconnaissance et la condamnation par l'Etat français de l'usage de la torture en Algérie.

9 novembre 2000 Le Monderévèle "l'affaire Mohamed Garne", né d'un viol collectif de sa mère par des soldats français, en août 1959 en Algérie. Ce "Français par le crime" demande la reconnaissance par la justice française du préjudice subi.

        23 novembre 2000

       Premiers aveux du général Paul Aussaresses  dans Le Monde. L'ancien coordinateur des   services de renseignements à Alger révèle notamment avoir abattu de sang-froid 24 Algériens. De son côté, le général Massu déclare que la pratique de la torture devrait être reconnue par la France et condamnée. 28 décembre 2000 Enquête du Monde sur les troubles psychiques liés à la guerre. 350 000 anciens d'Algérie seraient concernés.

Mai 2001 la  publication du livre du général Aussaresses, Services spéciaux Algérie, 1955-1957.

27 juin 2001
. Trois anciens militants du FLN accusent sur France 3 le général Maurice Schmitt, ancien chef d'état-major, d'avoir été le "chef d'orchestre" de leurs tortures,
en 1957, à Alger.

12 octobre 2001
. Publication par Le Monded'une enquête sur les viols pendant la guerre d'Algérie.

22 novembre 2001
. Mohamed Garne se voit accorder une pension de l'Etat français.

26 novembre 2001
. Procès du général Aussaresses au tribunal correctionnel de Paris. Il est poursuivi pour "complicité d'apologie de crimes de guerre" et sera condamné en janvier 2002 à 7 500 euros d'amende (peine confirmée en appel en avril 2003.)

Face à cette situation Jacques Le Bohec pense que :

.«  Le phénomène Le Pen  n’est pas une substance  incréée, qui relèverait par exemple d’un racisme congénital.Ce  genre d’approche présente deux inconvénients : elle naturalise le phénomène  en le décrivant comme un avènement inéluctable, une famille politique, une fonction tribunicienne ou effet de balancier ; elle oublie sa genèse sociale et jusqu’à lui accorder une aura de mystère. »(6)

2. « Le phénomène Le Pen n’est  pas  sans cause ni raison » (7) Mais la question qui se pose  comment la société française a produit une telle situation politique ? Comment les sociologues puissent  analyser les électoraux successif du FN de 1973 à 2004 ? Comment en 1974 Le Pen a obtenu 1900921 voix  et  21-04-2002 4804713 français ont voté pour lui ? Alors  qu’il est dans une situation criminelle et son parcours politique (voir à Annexe-I) ne pourra jamais  lui permettre  d’accéder à la présidence de la République ? Quelle sont des causes et des raisons qui ont préparé  à ces circonstances  terribles. ?

«  Comme toute science, la sociologie  en tâtonnant, par ajustement sucessifs.C’est pourquoi il convient de les  évoquer. La seconde raison  est plus complexe. Ces explications ne sont pas extérieures  au phénomène Le Pen. »(8)  En effet, « les commentateurs  estiment que  les votes ayant des conséquences politiques  et les électeurs étant censés exprimer une opinion politisée en sacrifiant  au rituel électoral il doivent focaliser  leur regard sur le personnel politique.Or, ce réflexe, se révèle d’une faible valeur explicative car l’ordre politique et  l’ordre social, sont exagérément séparés » selon le Prof.B. Lacroix(9) Selon les deux journalistes le Monde ,Edwy Plenel et  Allain Rollat, les votes sont la conséquence directe des cries de la société française.

            La comparaison est également faite avec les répercutions du krach boursier de 1929 et les années 1930. Mais vision historique  tend à n’expliquer présente que le passé : » pour comprendre  le ph »nomène,il faut rétournet aux sources. » estime Philippe Burrin(Le Nouvel Observateur, 5 juin 1987) ; Dans cette perspective, le phénomène Le Pen peut être rapproché de l’avènement des dictateurs comme l’arrivée d’Adolf Hitler à la chancellerie du III.ème Reich en janvier 1933.Or, Benito Mussolini, l’incarnation du fascisme, prend la tête du  gouvernement italien des 1922 »(10)

      Dans la comparaison historique  a toutes les chances  d’exclure l’idée que le phénomène Le Pen puisse être original et inclassable (Lacroix,1985,p.552)(11)

        Dans  La trajectoire sociale de J.-M. Le Pen  Jacques Le Bohec  insiste sur - L’habitus clivé de J.-M. Le Pen –  l’ambition et l’anticonformisme , et son esprit gaulois, il ajoute que « Son discours dépend de son parcours personnel/nationalisme français dû à une quête de prestige et de gloire dans la capitale,ce qui suppose de conserver intacte la grandeur française ;libéralisme économique lié à une origine familiale éloignée des services publics et à son budget de bourgeois millionnaire ; rapport à l’immigration lié à l’enfance bercée par une France coloniale et catholique ;antijudaïsme lié à un éducation catholique »(12)

      Dans  Les explications proposées -  Jacques Le Bohec  développe son analyse  sur les titres suivants Les explications classiques – Typologie – Trois élements  nous paraissent   importants. Gaucho lepénisme, lepénisation des esprits (national populisme) « Or, les noms et les qualifications à propos du phénomène Le Pen, ne manquent pas : fascisme, racisme, extrême droite, populisme.. »(13) « Lepénisme, selon  Le Nouvel Observateur, en somme, est un  national populisme ou un populisme national, qui d’une certaine façon peut être une version abâtardie du bonapartisme ou de la droite autoritaire »(14) Selon Jacques le Bohec, « Des catégories  conçues  comme des entités comme des entités abstraites englobant des situations politiques de façon indépendants de époque, des cultures nationales, conjonctures, de la polysémie, des programmes partisans ou langage  comme instruments de lutte  sont difficilement opérationnels. Par exemple le terme « extrême droite », »fascisme »,et « populisme » tende,t  à éterniser  une esence.Ils sont utilisés par  des historiens du politique qui usent  de concepts désintellectualiser et atemporels(pourvoir,droite,gauche etc. ;) en leur attribuant un contenu immuable(essence pérenne, manifestations cycliques ,etc.) »Le même travail d’énonciation établit une filiation entre  hier et aujourd’hui en chassant le moindre doute  sur la continuité qu’il définit », indique  Prof. Bernard Lacroix,(15)  S’il est utile d’examiner  les explications  fournies, c’est également parce qu’elles participent à la construction symbolique  du phénomène Le Pen  est »aussi et entre autres  le produit du travail symbolique  qui concourt à la définition sociale de son existence » d’après  B. Lacroix(16) Quant au « lepénisation des esprits » l’ Expression employée pour la première fois par Robert Badinter en 1997 lors du débat à l'Assemblée nationale à propos de la loi Debré sur l'immigration et qui désigne l'acceptation et l'appropriation progressive par le public des thèmes développées par Jean-Marie Le Pen.

   Jacques Le Bohec utilise deux types de methodes dans  l’enquête auprès des électeurs  

1- Méthodes quantitatives - Intentions de vote - Agrégats improbables - Approche dite « écologique »

 2-- Méthodes qualitatives – Infiltration – Reportage – Entretien - Restituer la complexité - Sens et usages variés du vote - Trajectoires socio biographiques - Sens et usages du racisme –

             Dans les méthodes quantitatives, «  la passation d’un questionnaire auprès  d’une population ou d’un échantillon de celle-ci est une technique reconnue pour collecter des données empiriques. Dans le premier cas, on transmet ou soumet la liste des questions à l’ensemble de la population, comme lorsqu’on étudie des cadres du FN à l’occasion d’un Congrès. Dans le seconde cas, on se fonde sur une méthode statistique consistant à interroger une partie représentative de cette population, selon deux  techniques : tirage aléatoire ou la méthode des quotas ; » (17)

Quant aux Méthodes qualitatives, « l’une  des façons d’enquêter consiste à s’infiltrer dans le parti politique afin de voir ce qui s’y passe. L’enquête peut être incognito ou à visage découvert.On peut  citer à cet égard Anne Tristan(1985), qui s’est fait passer pour une secrétaire au chômage dans un quartier nord de Marseille, au milieu des années 1980, dans une démarche proche de celle de Gunther Walraff(Tête de turc) et Albert  Londres (chez les fous). Une journaliste  québécoise, Denyse Beaulieu, a été accepté dans l’entourage de J.M.Le Pen, à l’occasion d’une campagne électorale (Globe, octobre 1987) ; Ce fut le cas de Claude Askovitch qui a passé  beaucoup de temps auprès  des  dirigeants  du FN entant que  journaliste de Marianne pour préparer un livre. Quant à .Bizeuil, il a adhéré à une association caritative dirigée par un pasteur, qui dépendait du FN(2003).(18)

Cette démarche  présente  plusieurs  caractéristiques selon Le Bohec . «  Tout d’abord, elle participe de la croyance que la cause des succès électoraux du FN se situe  à l’intérieur de l’organisation partisane. Ensuite ,il est postulé que la vérité est soigneusement  achée qu’il faut mettre en œuvre des stratagèmes pour  la dévoiler. En outre,elle pose deux problèmes : l’observateur identifié doit faire la différence entre les scènes et des propos authentiques qui seraient  passés de la même manière en son absence, et  des simulacres et saynètes  concoctées à son attention ; l’observateur   est l’un des  protagonistes de la situation relatée »(19)

En conclusion, six points de repères majeurs semblent pertinents dans  l’analyse  de la construction du phénomène Le Pen :

En premier lieu, on met accent sur le processus  les étapes  qui se succèdent ;

En deuxième lieu, Pen, se caractérise  par une structuration interne marquée par des mobilisations multisectorielles, c’est à dire des interventions de plusieurs  catégories d’acteurs dont les coups ne sont plus régis par la logique  spécifique de leur champ socioprofessionnel.

En troisième lieu, on doit aussi intégrer les dénonciations morales à la grille d’analyse ; Les récurrences des réactions de type moral à la progression des votes. En quatrième lieu, il faut également tenir compte du travail de construction symbolique. Cinquièmement il s’agit d’un effet d’offre.Finalement les usages  sociaux variés du vote.

Ces analyses permettent –elles de répondre à ces questions : Quel est l’avenir politique du FN ? Que peut-on faire d’efficace  pour marginaliser ce parti ?

C’est ici qui réside l’enjeux des élections présidentielles en 2007 en France.

    

EVÎN ÇÎÇEK, Fribourg, 10-09-2006

 

 

 

BIBLIOGRAPHIE

1. Jacques Le Bec,   Sociologie  du  phénomène le Pen  Editions La  Découverte, 2005 ,p.10

                  2.J. Le Bohec  (éd. L'Harmattan, coll. Logiques sociales, 2004, 320 pp., 27 euro, ISBN: 2-7475-7020-7

3.Jacques le Bohec, ,   Sociologie  du  phénomène le Pen ,p ;32

4-J ;L.Bohec,ibid. p.39

5 .Ibid.p.39

6.Ibid.p.11

7.Ibid.p.11

8.Ibid.p.50

9 .Lacroix,B. « Ordre politique et ordre social.Objectivisme,objectivation et Analyse Politique,Traité de la Science politique ,Tome.I. Science politique,Science Sociale,l’ordre politique PUF,Paris, 1985,p.551-554

10-J.Le Bohec, ibid.pp.62-63

11- Lacroix,B. « Ordre politique et ordre social.Objectivisme,objectivation et Analyse Politique,Traité de la Science politique ,Tome.I. Science politique,Science Sociale,l’ordre politique PUF,Paris, 1985,p.552

 

12.J. Le Bohec, ibid.p.49

13.J.Le Gohec, ibid.p.65

14.Le nouvel Observateur, le 5 juin 1985

15. Lacroix,B. « Ordre politique et ordre social.Objectivisme,objectivation et Analyse Politique,Traité de la Science politique ,Tome.I. Science politique,Science Sociale,l’ordre politique PUF,Paris, 1985,p.552

16.Lacoix,B.ibid ;p.551

17. J. Le Bohec, ibid.p.71

18. . J. Le Bohec, ibid.p.76

19-ibidem.pp.76-77

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