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Seve
Evîn Cîcek Sociologue,
Ecrivain, Journaliste Kurde LETTRE
A TERESA TODA
Très Chère Teresa Je
viens de lire ta lettre que tu as envoyée
à la Conférence des
Ecrivains emprisonnés. Ta lettre est publiée en langue française
sur notre Site du
Centre de PEN KURD, elle figure aussi dans
la demande envoyée au Dr
Bernard Kouchner [1]
Ministre des Affaires Etrangères de la France et de l’Union Européenne
à Nicole Borvo, Sénatrice du PCF, Mme Marie George
B, Présidente du PCF Francis
Wurtz, M. Daniel COHN-BENDIT et Mme Monica
FRASSONI, co-Présidents du Groupe des Verts/Alliance libre européenne au
Parlement européen. M. Francis WURTZ, Président du Groupe confédéral
de la Gauche Unitaire Européenne (GUE) au Parlement européen à
Monsieur Barosso et à Massimo
d’Alema, à Jean Claude Juncker le premiere Ministre
Luxembourgeois à Monseiur Ban Ki moon Secretaire Général de
l’ONU par Dr Ali KILIC et je veux lire ta belle lettre et tu dis. « Mon
nom est Teresa Toda. Je suis journaliste, et membre du Conseil de
l’administration de Centre Club Pen Basque. Je suis en
prison depuis le 1 Décembre 2007, en mesure de purgent de 10
ans à peine de prison. Mon seul "crime" est d'avoir
travaillé en tant que Rédactrice en chef adjointe dans le journal
basque EGIN, fermé par les autorités espagnoles en 1998. Le rédacteur
en chef, Jabier Salutregi, est également en prison on demande
12 ans de son e prison. Avec 10 membres du conseil d'administration du
Journal, nous étions tous les deux condamnés après 16 mois d'essai, dans
un maxi-affaire qui a impliqué des différentes associations
basques oeuvrant dans les domaines des mouvements sociaux, de la langue
basque et de la politique indépendantiste. Le procès était en
proie à de graves irrégularités, dont le droit européen des associations
a pleinement connaissance.
Je
suis sociologue, écrivaine et
journaliste Kurde chère
Teresa. Je sais le EUSKAL PEN a
fait beaucoup des activités
en faveur des Journalistes du Kurdistan. J’ai envoyé une lettre à
la présidente LAURA MINTEGI pour remercier aux écrivains et aux Journalistes du
Peuple Basque et je condamne le gouvernement de l’ Espagne
d’avoir emprisonné les écrivains
et les journalistes Basques et bafoue
les droits fondamentaux de la
nation Basque. Je pense que le Gouvernement de Monsieur Zapatéro mène la même
politique de Franco contre le peuple Basque,il interdit les journaux et
emprisonne les journalistes supprime la
liberté d’expression. En
tant que sociologue, écrivaine. Journaliste Kurde je vis dans les mêmes
conditions que vous ; C’est la raison pour laquelle je suis en
exil depuis 1993, en Suisse et mes livres
sont interdits en Turquie et à ma place mon éditeur est condamné à
quinze mois à peine de prison. J’étais
bouleversée au moment où
j’ai appris que« Les forces de police espagnoles ont lancé une opération
pour arrêter les citoyens basques poursuivis dans le dossier 18/98 qui ont
été condamnés par l'Audience nationale, bien que la sentence n'ait
toujours pas été rendue publique. Le mandat du tribunal spécial
concernerait 46 personnes, selon les agences de presse. Pour le moment, nous
savons qu'ont été arrêtés Alberto Frías, Elena Beloki, Txema Matanzas,
Jexux Mari Zalakain, Javier Salutregi, Javi Balanzategi, Joxe Mari Olarra,
Mikel Korta, Iñaki O'Shea, Juan Mari Mendizabal, Jose García Mijangos,
Iker Casanova, Natale Landa, Manu Intxauspe, Olatz Egiguren, Mario Zubiaga
et Ruben Nieto ; Bien qu'au début l'arrestation de
Teresa Toda ait été annoncée, la porte-parole elle-même des personnes
poursuivies a démenti ce fait.Selon ce qu'a pu savoir Gara, Alfredo Frías
a été arrêté au siège d'Eguzki [mouvement écologiste] de Gasteiz,
Elena Beloki dans la rue Urbieta d'Hernani et Txema Matanzas dans la prison
de Soto del Real où il avait un parloir. Pour sa part, Javi Balanzategi a
été appréhendé à son bureau par six à huit policiers.»[2] J’ai
vu que «Le Tribunal National
espagnol ayant lancé, le vendredi 30 novembre, un mandat d'arrêt contre 46
personnes inculpées dans le macro-dossier 18/98, les interpellations se
poursuivent. 37 détentions ont été dénombrées, à cette heure.
L'avocate Jone Goirizelaia a informé que l'Institutions Pénitentiaire
avait commencé à appliquer la dispersion à certains des détenus incarcérés
à la prison de Soto del Real» La question qui se pose est de savoir pour quelle raison le gouvernement espagnol
interdit les journaux du Pays Basque alors que selon la Loi Fondamentale«Tous
les citoyens du Pays basque ont le droit de connaître et d'utiliser les
langues officielles, tant oralement que par écrit. 2) Sont
reconnus aux citoyens du Pays basque les droits linguistiques fondamentaux
suivants: a)
Le droit d'entretenir des relations en euskara ou en castillan, oralement
et/ou par écrit, avec l'Administration et avec tout organisme ou entité établi
dans la Communauté autonome.b) Le droit de recevoir l'enseignement dans les
deux langues officielles.
Je
pense à vous à votre pays à votre peuple comme je pense à mon pays
et à mon pays. Euskadi
En basque on se nomme «euskaldunak», ceux qui parlent l'euskara, la
langue basque.
Le Pays Basque se situe à l'extrême occidental de la chaîne pyrénéenne,
donnant sur le golfe de Gascogne, à cheval entre les états français et
espagnol.
Les anthropologues défendent que le nôtre est le peuple le plus ancien
d'Europe. C'est peut-être vrai, mais au XXIème siècle nous nous tournons
vers l'avenir, le passé est déjà construit.
La langue qui a été définit est linguistiquement une île. Il s'agit
d'une des rares langues pré-indoeuropéennes d'Europe, elle n'a pas de lien
avec les langues germaniques ou latines qui l'entourent. Jusqu'à présent
son origine n'a pas été identifiée, et ceci contribue à accroître l'intérêt
des linguistes et à la multiplication des recherches.
Longuement considéré comme obstacle à l'intégration politique, le basque
a été maintes fois ridiculisé, interdit et persécuté par les pouvoirs
centralistes de l'état espagnol comme français. Pour les révolutionnaires
il s'agissait d'un instrument de réaction catholique contre les Lumières;
le général Franco le voyait comme ennemi de Dieu et de l'Espagne. Le
Kurdistan est considéré par les colonialistes turc,perse arabe de la même
façon. Mon pays a été partagé al première fois en 1916 entre la France
colonialiste et l’impérialisme anglais
et puis en il a été divisé morcelé
détruit entre les Etats colonialistes la Turquie l’Iran l’Irak
et la Syrie avec l’aide des
Etats impérialistes. Je sais qu’ il n'y a pas si longtemps, la France a
refusé de signer la Charte des Langues Européennes. En 2001, Jean-Pierre
Chevènement, alors ministre de l'intérieur, a même déclaré: «On ne
peut pas officialiser la langue basque, parce qu'on risque sinon une
balkanisation de la France».
Votre tradition orale est très variée; des balades, des chansons, des légendes
enrichissent la grande tradition européenne. Jean François Cerquand,
inspecteur de l'Académie de Bordeaux à Pau de 1874 à 1885, a été le
premier à recueillir les légendes et récits populaires basques.
Votre littérature écrite culte est relativement récente, elle débute au
XVIème siècle en Basse Navarre, trois ans après que Rabelais ait mis le
basque en bouche de Panurge. Mais pendant longtemps le basque a été exclu
de l'école, et son utilisation se limitait presque à la sphère
domestique. Les premiers écrivains furent donc des religieux, les seuls
lettrés de la société.
Vers la fin du XIXème et le début du XXème, des nouveaux poètes ont
surgi, et avec eux une nouvelle littérature rénovée et civile. Le
parisien Julien Vinson (1843-1916), professeur d'hindoustani et de tamul à
l'Ecole des Langues Orientales et grand connaisseur de l'euskara, a établi
la première bibliographie de notre langue en 1891.
La littérature contemporaine basque constitue une petite mais dynamique
industrie qui produit en moyenne trois cents nouveaux titres de fiction par
an, dont trente ouvrages de poésie. Même si le roman a connu un grand succès
les vingt dernières années, c'est la poésie qui demeure.
Cette tradition poétique du Peuple Basque a été inteprétée par
Victor Hugo en 1843 «
J'ajoute qu'ici un lien secret et profond et que rien n'a pu rompre unit, même
en dépit des Pyrénées, ces frontières naturelles, tous les membres de la
mystérieuse famille basque. Le vieux mot Navarre n'est pas un mot.
On naît basque, on parle basque, on vit basque et l'on meurt basque. La
langue basque est une patrie, j'ai presque dit une religion. Dites un mot
basque à un montagnard dans la montagne; avant ce mot, vous étiez à peine
un homme pour lui; ce mot prononcé, vous voilà son frère. La langue
espagnole est ici une étrangère comme la langue française. »[4] Hugo a consacré deux poèmes à la terre de la nation
Basque. « Et l'antique tilleul, sur
cette antique église, comme pour l'embrasser, au souffle de
la brise, penchait ses longs rameaux dorés par
le ciel bleu, et j'avais le coeur plein de toutes
les ivresses, car j'assistais, pensif, aux augustes
caresses
que la nature fait à Dieu. »[5] « Au borde des mers quand on
sommeille, tout caresse et berce l'oreille ; c'est le bruit du vent sur les flots ; c'est le bruit des flots sur les grèves
; on entend, à travers ses rêves, les chants lointains des matelots. »[6] Je pense que le
destin unique de Guernica et de la ville Martyre Halabja est unique.
Guernica est bombardée par les forces fascistes
de Franco et la ville Halabja
a fait l’objet des bombardements chimiques il y a vingt ans plus
5000 morts et 20000 blessés. L terre est contaminée on ne peut pas
cultiver pendant 30 ans et les enfants meurent à l’age de huit ans. Chère Teresa
je sais qu’il il y a beaucoup des choses qui sont écris sur la ville
de Guernice je pense
au poème de Paul Elourard intitulé
« la victoire de Guernica » en 1938
est frappante. Beau monde des masures De la nuit et des Visages bons au feu visages bons au
fond Aux refus à la nuit aux injures aux
coups Visages bons à tout Voici le vide qui vous fixe Votre mort va servir d'exemple La mort coeur renversé Ils vous ont fait payer la pain Le ciel la terre l'eau le sommeil Et la misère De votre vie Ils disaient désirer la bonne
intelligence Ils rationnaient les forts jugeaient
les fous Faisaient l'aumône partageaient un
sou en deux Ils saluaient les cadavres Ils s'accablaient de politesses Ils persévèrent ils exagèrent ils
ne sont pas de notre monde Les femmes les enfants ont le même trésor
De feuilles vertes de printemps et de
lait pur Et de durée Dans leurs yeux purs Les femmes les enfants ont le même trésor
Dans les yeux Les hommes le défendent comme ils
peuvent Les femmes les enfants ont les mêmes
roses rouges Dans les yeux
Chacun montre son sang » Et j’ai
conclu avec l’espoir vous les Journalistes du Peuple Basque et les écrivains
emprisonnés nous aurons la
liberté de nos pays. Dans ce combat plus de 56 journalistes de mon pays
sont tués et il y a des
dizaines de milliers des disparus. Nous vivons
sous Gul qui n’est pas
différent de Franco. Hitler et
Mussolini était des disciples de Mustafa Kemal. Mais ni Franco ; Ni
Hitler ; ni Mustafa Kemal ni Zapatéro ne pourront jamais notre cœur
et notre tête
nos bras fouillant les entrailles
de la terre qui ont
créé de tels dieux d'acier aux yeux de feu qu'ils
peuvent écraser la terre d'un
coup de poing. L'arbre
qui donne des grenades une fois par an peut
en donner mille fois plus. Si
grand, si beau est notre monde et
si vaste, si vaste, le bord des mers que
nous pouvons tous chaque nuit nous
allongeant côte à côte Je
suis absolument sur que nous allons cassé les murs des prisons et nous
supprimons les frontières. Je
vous embrasse chère Teresa Toda, Chère Laura ; ne perdez pas votre
espoir pour la construction de l’avenir de votre pays
et l’art et la poésie , la littérature doit servir à la liberté
d’expression,qu’elle n’est pas d’autre chose que la liberté du pays
Basque et Kurde. Cordialement. Seve
Evîn Cîcek Sociologue,
Ecrivain, Journaliste Kurde Fribourg,
le 16-04-2008 Suisse [1]
Dr
Ali KILIC
LIBERTE
POUR TERESA TODA, JABIER SALUTREGI, JOURNALISTES, ECRIVAINS BASQUES ET
LIBETE POUR LES PRISONNIERS POLITIQUES BASQUES,Lettre
à Bernard Kouchner Ministre des Affaires Etrangères de France
et de l’Union Européenne le 10 avril 2008 in www.pen-kurd.org [2] Source : Gara, 30 novembre 2007, http://www.gara.net/azkenak/11/51063/es/La-Audiencia-Nacional-ordena-detencion-46-procesados-macrosumario-18-98 [3] Loi fondamentale sur la normalisation de l'usage de l'euskara Loi 10/1982 du 24 novembre [4]
Victor Hugo, Alpes et Pyrénées, 1843 [5] St. Sébastien, 30 juillet 1843
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