Sedat YURTDAÞ
 
La goutte
 
La goutte
 
Une goutte
 
Une goutte d’eau.
 
Tu es comme une goutte d’eau!..
 
On n’ose même pas te regarder.
 
“…”
       
Mais j’espère que tu ne seras pas salie. Que tu coules toujours. Que l’eau propre, l’eau filtrant naissent de toi. Le devant, le derrière, le bas, le haut et les cotés te soient toujours ouverts. Que tu ne t’étouffes pas ; que tu ne souffres pas. Aie la tête haute. Que ton souffle ne soit pas coupé et que tu ne sentes pas mauvais. Que tu brilles toujours avec clarté.   
 
On n’ose pas. On n’ose pas te fixer directement. On n’a pas le courage, le courage de regarder ton visage, tes yeux, ta bouche et tes dents, tes pommettes et fossettes, tes soucils et cils, tes mèches et boucles, ton bas de nuque et ton cou, ta poitrine et ton front, tes mains et doigts, ta belle allure et ton élégance.
 
À ton sourire
 
À ton rire
 
Ta marche
 
Ta silhouette…”
 
Loo loo cela suffit! Défavorisé, qu’est-ce qui t’arrive? Mais, personne n’a senti une fleur?
 
Lê lê, cela suffit pas, cela ne suffit pas!.. Les endroits où tu marches, la beauté de ton talon, les traces de ton pied... Tes pieds qui laissent, dans le sol et le sable, les traces de leur bise. Tes pieds  qui, au bord de la rivière, du pâturage des plaines ou plateaux, dans la lumière des yeux, dans  le coeur des traces, laissent des traces de temples.
 
Tout le courage que l’on a ne suffit pas à pouvoir rester debout, rester sur ses pieds. Nature ne sors pas ton dos. Ne sois pas tiède. Ne te dessèches pas. Ne te reposes pas sur un endroit ou sur quelque chose, ne demandes pas la force d’une personne.
 
Notre situation est complètement injuste ; c’est une injustice! C’est une persécution ; cette tyranie est à cause de ta beauté. Je sais toutefois que cela n’a pas d’importance!..C’est de l’antagonisme. L’antagonisme malséant à coté de la bonté. Illusoire à coté de la tendresse. Un antagonisme profond, coloré, inoubliable... C’est inné. Quelque chose qui n’a pas de pareil (sans rival). C’est un argument. Une preuve...Une preuve naturelle. Une preuve de spiritualisme universel. La raison d’un travail soigné. Un travail difficile à imaginer. Un travail qui bloque la compréhension. Il nous met dans un autre état.
 
 “Crois-moi, rien de ce que tu dis ne me touche!”
“Malgré cela, dans notre dernière soirée, où on est seul, je voudrais t’ouvrir mon coeur, te dire ce que je ressens, te le raconter ; l’étaler à tes pieds.
 
“Tu sais, beaucoup de gens finissent leur vie sur les chemins sans ânes!..”
 
 “Qu’il ne soit pas lourd à entrendre pour les mères et pères, pour les soeurs et frères, pour la nature, même pour Dieu. Et que l’on ne dise pas, nous, aussi, avons donné la vie aux garçons et filles. Nous, aussi, avons nos filles, nos belles soeurs, nos soeurs belles et delicates, les plus grâcieuses!
 
Non seulement les vieilles filles mais aussi celles qui sont jeunes, à peine nubiles, ne disent “mais qu’est-ce que nous avons de moins qu’elle?”  Nous sommes aussi très belles, jeunes, agitées et folles!” et ne se comparent pas à toi. Qu’elles ne se mettent pas en concurence avec toi. La concurrence qu’elles ont perdue d’avance!.. Toutes ne peuvent même pas représenter la bonne nouvelle qui t’annonce, le cadeau de ton arrivée.
 
Que les hommes, les jeunes ou les plus jeunes continuent leur chemin (circulent). Pour leur tranquillité. Pour leur fièrte pour eux, pour leur élégance et leur existance. Qu’ils ne se rabaissent pas à un travail inutile et voué à l’échec. Qu’ils ne cherchent pas de problèmes. Qu’ils marchent sans lever la tête, sans regarder ce qui se passe autour d’eux. D’eux-mêmes, de ce qu’ils ont – et peu importe ce qu’ils ont- qu’il soient contents. Dites-vous c’est suffisant, dites-vous merci. Qu’ils s’éloignent de toi. Qu’ils se sauvent de la catastrophe. Du déluge. Du déluge sombre, vivant et noir. Qu’il se protège du fléau. De grands fléaux!.. Qu’ils tirent les rideaux de leurs oreilles et de leur yeux. Que, pour eux, tu n’existes pas. Que tu ne sois pas venue. Que soit un commérage, une fleure, un faux, un mensange sans fondement ; un rêve. Que leur vie ne soit pas toujours sans goût. De leur amoureux, de leurs bien aimés, de ceux qui tiennent la main ; de ceux qu’ils aiment, qu’ils ne refroidissent pas. Ne vous éloignez pas d’eux, ne vous sauvez pas; qu’ils ne deviennent pas stupides. Qu’ils ne perdent pas la tête. Ne soyez pas râleurs, amoureux de désespoir et de désolement.
 
“Puisque tu vois dans quel état tu es, pourquoi tu ne te tais pas?”
 
“Peut-être que l’on meurt quand l’espoir meurt.”
 
Raison, en te regardant une seule fois seulement, mes yeux sont frappés par toi. A tel point que l’on est dérouté de son chemin, sans qu’il y ait une raison précise. (Je ne sais pas si j’ai perdu mon chemin, ou bien je retrouve le chemin perdu que beaucoup d’autres cherchent depuis longtemps).   
 
On peut, dès que l’on voit, d’un seul coup, d’un clin oeil, laisser tomber une religion pour une autre. Comme s’il ne connaît qu’une seule religon! Comme s’il est hors de lui. Il ressemble à celui qui se rebelle contre ses connaisances et autres  ou bien contre Dieu, à un rebelle, à un fou furieux... 
 
Je comprends pourquoi Ferhad a percé un trou dans la montagne pour Þîrîn.... Mais après toi “goutte”, pourquoi Zîn a bu de la bouteille remplie de poison comme si elle buvait une tasse d’eau au bord du Tigre frais, sans soupçon et avec une sérénité inimaginable. Mais après toi “goutte”.
 
“Peu importe à quoi tu me compares, c’est en vain. La raison continue sur ton chemin”
 
“Ne bloques pas le chemin s’il te plaît”
 
Saches que tu n’es pas une goutte de pluie qui partira après le séchage. Tu n’es pas une goutte d’eau à qui on n’a plus besoin une fois que l’on a plus soif... Tu es une goutte d’eau de vie. C’est pour cela que je vole comme des papillons qui volent derrière leur mort, je vole vers le feu non lavé. Avec la bonne humeur et amour. En connaissance de cause et avec le consentement.
 
Mais alors quel genre de personne que tu es?
 
D’où es-tu venu?
 
Pourquoi tu t’es fait voir ?
 
Quel est ton but?
      
Qu’est-ce que tu vas me faire encore?
 
Si, comme tu le dis, je reste sans toi, qu’est-ce que je vais devenir?
 
Je suis avec toi mais sans toi. Je ne suis pas à cotê de toi, mais je t’attend.
 
Un jour...vers le soir, ma tête penchée, je marchais. J’étais inconscient et distrait et innocent. 
 
Je t’ai croisé. Je suis peut être coupable. Je suis amoureux de ton regard, des larmes de tes yeux, prisonnier de l’arrière porte de tes cils. Je suis perdu dans tes cheveux, ton admirateur. Je suis ta sacrifice, ton prisonnier; ton esclave.
 
“…”
 
Exact. Désormais, je sais. Voir les choses si loin, cet amour, ces choses folles, ces agitations ne sont pas l’affaire des descendants d’Adam. C’est le travail des dieux. C’est un signe, un jeu, une devinette...   
 
‘Nefîlîîm!..’
 
Si l’on regarde la chose à l’envers, c’est l’examen de ceux qui sont mieux que nous. C’est une souffrance de ce monde ; un coup, un assassinat, une vengeance.
 
Je comprends, Je trouve. Tu viens du ciel. Du pays du ciel. Des étages supérieurs. Auprès des gens du ciel. Avec une mission importante. Avec un sentiment important. Avec une attention importante. 
 
Tenir tes mains, t’embrasser, te serrer dans mes bras, former une seule personne avec toi est en moi un sentiment très fort. Je n’arrive pas à te retenir et te dire “ne t’en vas pas”. Mais, je ne peux pas te dire “au revoir”, non plus!..
 
J’ai embrassé tes mains, j’étais conscient. J’ai embrassé tes doigts, ton poignet, ton coude, j’étais conscient de moi-même.
 
J’ai embrassé ton mâchoir, ton nez, les bords de tes lèvres. Mon esprit était embrouillé.
 
Mais lorsque j’ai embrassé ta gorge, ta poitrine, ton nombrile et je me suis perdu dans une forêt, j’ai eu le vertige. Le monde m’est devenu sombre et noir. La lune et le soleil se sont éclipsés ensemble. La terre a tremblé. Tout est ruiné dans le noir. Ni taper dans les fer-blancs, ni la marmitte et assiettes n’ont servi à rien.
 
Pendant ce temps, j’ai perdu mon esprit. Même encore, mes jours et nuits ne sont plus les mêmes.
 
Contrairement au livre d’Hanok…
 
Tu es venue comme cela et tu pars comme cela.
 
Le cerveau, l’amour et la vie partent aussi avec toi.
 
Mes yeux sont frappés par tes yeux mielleux.
 
Le temps, l’existance, l’année et l’époque partent aussi avec tes yeux.
 
Tu t’en vas, tu t’en vas à l’opposé de “Nefîlim”…
 
Bléssée
 
Malade
 
Comme celui qui est dans le lit de mort
 
A moité mort... un mort que tu laisses derrière toi en partant
 
Tu ne caches pas, tu laisses au vu de tout le monde et tu pars.
 
J’ai peur que mon cadavre soit à coté d’un village, sur une crête déshabillée et nue, dans un cimetière sans nom. Qu’à part des pierres sans formes précises, à part les petits cailloux désagrégés et la terre dispersée, il n’y a rien sur moi.
 
Un village vide. Un village d’où une fumée noire s’elève de temps en temps. D’abord, la voie de l’imam du village, puis celle des enfants, des chevreaux, agneaux, poules et chiens, et ensuite, la voix des jeunes femmes et hommes du village vont s’éteindre. Je ne vais pas jaunir ni à cause du froid, de la chaleur, de la pluie et ni à cause de la neige. Je vais fondre de la tristesse, de solitude et du silence.
 
Je n’avais pas voulu une tombe construite, mais une telle mort non plus. Dans un tel cimetière abandonné...
 
Alors, des années et des époques se sont passées.
 
Les serpents et scorpions, laissez-nous tranquilles. Mais je le sais. Quoi qu’il arrive, ni je te laisserai tombé “çilk” et ni je ne reculerai d’un pouce de ce à quoi je crois.
 
02 septembre 2003 syurtdas@yahoo.com
 
 
 
 
 

 

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